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Mémorandum 1 à 24

  • + L'Église des Vrais Chrétiens Orthodoxes de Chypre +

    + Mgr Matthieu +.jpg

    + Monseigneur MATTHIEU - Archevêque de Bienheureuse Mémoire des Vrais Chrétiens Orthodoxes. +

    Confesseur et gardien du Saint Calendrier de l'Église Orthodoxe des Pères (Julien).

     

    http://oprotoklitos.blogspot.com/

     

    Monseigneur Epiphane, métropolite de l'Eglise de C

    Monseigneur Épiphane, Métropolite de Chypre (Église des Vrais Chrétiens Orthodoxes)

    Monseigneur Sébastien, Métropolite de Chypre - Larnaca.

     

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  • Saint Evangile de Saint Matthieu.

     

    Sainte Écriture Orthodoxe en français, en référence au texte grec.

     

     

    Le Nouveau Testament

     

    Saint Matthieu.jpg

     

     LE SAINT ÉVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON

    SAINT MATTHIEU

     

    Chapitre 1

    1 Livre de la généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham.

    2 Abraham engendra Isaac. Isaac engendra Jacob. Jacob engendra Juda et ses frères.

    3 Juda engendra de Thamar, Pharès et Zara. Pharès engendra Esrom. Esrom engendra Aram.

    4 Aram engendra Aminadab. Aminadab engendra Naasson. Naasson engendra Salmon.

    5 Salmon engendra de Rahab, Booz. Booz engendra de Ruth, Jobed. Jobed engendra Jessé. Et Jessé engendra David, qui fut roi.

    6 Le roi David engendra Salomon, de celle qui fut la femme d’Urie.

    7 Salomon engendra Roboam. Roboam engendra Abia. Abia engendra Asa.

    8 Asa engendra Josaphat. Josaphat engendra Joram. Joram engendra Ozias.

    9 Ozias engendra Joatham. Joatham engendra Achaz. Achaz engendra Ezéchias.

    10 Ezéchias engendra Manassé. Manassé engendra Amon. Amon engendra Josias.

    11 Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la déportation à Babylone.

    12 Après la déportation à Babylone, Jéchonias engendra Salathiel. Salathiel engendra Zorobabel.

    13 Zorobabel engendra Abioud. Abioud engendra Eliakim. Eliakim engendra Azor.

    14 Azor engendra Sadok. Sadok engendra Akhim. Akhim engendra Elioud.

    15 Elioud engendra Eléazar. Eléazar engendra Mathan. Mathan engendra Jacob.

    16 Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, que l'on appelle Christ.

    17 Voici donc le nombre de toutes ces générations, depuis Abraham jusqu'à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à la déportation à Babylone, quatorze générations ; et depuis la déportation à Babylone jusqu'au Christ, quatorze générations.

    Naissance de Jésus

    18 Quant à la naissance de Jésus Christ, ce fut ainsi qu’Il fût engendré : Marie, sa Mère ayant été fiancée à Joseph et, avant qu'ils eussent mené vie commune, elle se trouva enceinte par le fait de l'Esprit Saint.

    19 Or Joseph, son époux, qui était un homme juste, et qui ne voulait pas la dénoncer, se proposa de rompre avec elle secrètement.

    20 Mais comme il était dans cette pensée, voici que l'Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains point de prendre auprès de toi Marie, ton épouse ; car l'enfant qui a été engendré en elle vient du Saint-Esprit.

    21 Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

    22 Or tout ceci se fit pour accomplir la parole du Seigneur qui avait été dite par le Prophète (1).

    23 " Voilà que la Vierge concevra dans son sein, et elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom d'Emmanuel ", ce que l'on interprète par : Dieu avec nous (2).

    24 Joseph, s’étant réveillé fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait ordonné, et prit chez lui son épouse.

    25 Cependant il ne l'avait point connue, quand elle enfanta un fils, auquel il donna le nom de Jésus.

    1- Isaïe, VII, 14.(Les Septante)
    2- Parce qu'il sera tout à la fois Dieu et homme.

     

    Chapitre 2

    Adoration des mages

    1 Jésus venait donc de naître à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, lorsque arrivèrent à Jérusalem des mages venus d'Orient, qui demandèrent :

    2 « Où est le Roi des Juifs, qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

    3 Quand il apprit cela, le roi Hérode en fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.

    4 Il assembla tous les Grands Prêtres, et les Scribes du peuple, et il s'informa auprès d'eux du lieu où le Christ devait naître.

    5 Ils lui répondirent : « À Bethléem de Judée, car voici ce qui a été écrit par le Prophète (3) :

    6 Et toi, Bethléem, maison d'Ephratha, toi si petite parmi les milliers des fils de Juda, de toi me sortira un rejeton pour être prince d'Israël, et ses origines existent depuis le commencement, de toute éternité. »

    7 Alors, Hérode fit venir en secret les mages et s’enquit d’eux avec grand soin en quel temps l'étoile leur était apparue,

    8 et les envoyant à Bethléem, il leur dit : « Allez, informez vous exactement de ce petit enfant ; et lorsque vous l’aurez trouvé, faites-le moi savoir, afin que j’aille moi aussi, me prosterner devant lui. »

    9 Après avoir entendu le roi, les mages partirent. Et voici que l'étoile qu'ils avaient vu en Orient, allait devant eux, jusqu'à ce qu'étant arrivée au-dessus du lieu où était l'enfant, elle s'y arrêta.

    10 Lorsqu'ils virent l'astre, ils éprouvèrent une très grande joie.

    11 Ils entrèrent dans la maison, y virent l'enfant avec Marie sa mère, et se prosternèrent devant lui. Puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l’or, de l'encens blanc, et de la myrrhe.

    12 Mais, ayant été avertis en songe de n'aller point retrouver Hérode, ils s'en retournèrent en leur pays par un autre chemin.

    La Fuite en Égypte

    13 Après que les mages furent partis, l'Ange du Seigneur apparut en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte et restes-y, jusqu'à ce que je vienne te parler ; car Hérode cherchera l'enfant pour le faire périr. »

    14 Joseph se leva, prit dans la nuit l'enfant et sa mère, et il se retira en Égypte.

    15 Et il y demeura jusqu’à la mort d’Hérode, afin que cette parole que le Seigneur avait dite par le Prophète fut accomplie (4) : " Ils sont tombés dès l'aurore : le roi d'Israël est tombé ; Israël est un enfant, et moi je l'aimais, et j'ai rappelé ses fils de l’Égypte. "

    Le Massacre des Innocents

    16 Alors Hérode, voyant qu'il avait été trompé par les mages, fut pris d'une violente fureur, et envoya tuer tout ce qu'il y avait d'enfants à Bethléem et dans tout son territoire, depuis l'âge de deux ans et au dessous, selon la date dont il s'était fait exactement informer par les mages.

    17 Alors s'accomplit ce qui avait été dit par le Prophète Jérémie (5) :

    18 " Voici ce que dit le Seigneur : Une voix a été entendue en Rama, avec des lamentations, des gémissements et des larmes ; et Rachel pleurante n'a point voulu être consolée sur ses fils, car ils ne sont plus. "

    Retour à Nazareth

    19 Après la mort d’Hérode, l'Ange du Seigneur apparut en songe à Joseph en Égypte et lui dit :

    20 « Lève-toi, prends l'enfant et sa mère, et va en la terre d’Israël ; car ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant sont morts. »

    21 Joseph s'étant levé, prit l'enfant et sa mère et entra en terre d'Israël.

    22 Cependant, quand il apprit qu'Archélaüs régnait sur la Judée à la place d’Hérode son père, il craignit d'y aller ; et, ayant été averti en songe il se retira dans les contrées de la Galilée.

    23 Et il vint habiter dans une ville nommée Nazareth, afin que fût accompli ce qui avait été dit par les Prophètes (6) : " Il sera appelé Nazôréen. "

    3- Michée, V, 2. (Les Septante)
    4- Osée, XI, 1. (Les Septante)
    5- Jérémie, XXXVIII, 15. (Les Septante) ; XXXI (Hébraïque).
    6- cp. « nazir » dans le livre des Juges, XIII, 5-7 (Les Septante)

     

    Chapitre 3

    Prédication de Jean le Baptiste

    1 En ces jours là paraît Jean le Baptiste qui prêchait dans le désert de Judée,

    2 en disant : « Repentez-vous, parce que le Royaume des Cieux est tout proche. »

    3 Car c'est de lui qu’a parlé le Prophète Isaïe (7) quand il a dit : " On entend la voix de celui qui crie dans le désert : Préparez la voie du Seigneur, redressez les sentiers de notre Dieu."

    4 Lui, Jean, avait un vêtement de poils de chameau et une ceinture de cuir autour des reins ; et il se nourrissait de sauterelles, et de miel sauvage.

    5 Alors venaient à lui ceux de Jérusalem, de toute la Judée et de tout le pays des environs du Jourdain.

    6 Ils confessaient leurs péchés et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain.

    7 Comme il voyait beaucoup de Pharisiens et de Sadducéens qui venaient recevoir son baptême, il leur dit : « Engeances de vipères, qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? »

    8 Produisez donc un digne fruit de repentance !

    9 Et ne croyez pas que vous puissiez vous dire en vous-mêmes : « Nous avons Abraham pour père, car je vous le dis, Dieu peut faire naître de ces pierres que vous voyez, des enfants à Abraham.

    10 Déjà la cognée est mise à la racine des arbres. Tout arbre donc qui ne produit point de bon fruit sera coupé et jeté au feu.

    11 Pour moi, je vous baptise dans l'eau en vue du repentir ; mais Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; et je ne suis pas digne de porter ses sandales : Lui-même, vous baptisera dans le Saint-Esprit et le Feu.

    12 Il tient en sa main la pelle à vanner, Il nettoiera son aire, Il amassera le blé dans sa grange, mais Il brûlera la balle dans un feu qui ne peut s'éteindre. »

    Baptême de Jésus

    13 Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain trouver Jean pour être baptisé par lui.

    14 Mais Jean s'en défendait en disant : « C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et tu viens à moi ! »

    15 Jésus lui répondit : « Laisse faire ainsi, pour l’heure, car il convient que nous accomplissions ce qui a été décidé selon toute justice. » Alors Jean le laissa faire.

    16 Lorsque Jésus fut baptisé, Il sortit aussitôt hors de l'eau ; et voici que les Cieux s'ouvrirent et Il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

    17 Alors une voix se fit entendre qui venait des Cieux : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai pris plaisir (8). "

    7- Isaïe, XL, 3. (Les Septante)
    8- cp. Isaïe XLII, 1 (Les Septante)

     

    Chapitre 4

    La tentation au désert

    1 Alors Jésus fut conduit par l'Esprit dans le désert pour y être tenté par le diable.

    2 Et après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, Il eut faim.

    3 Alors le tentateur, s'approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, commande à ces pierres de se changer en pains. »

    4 Mais Jésus lui répondit : « Il est écrit : Que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. (9) »

    5 Le diable alors le transporta dans la Ville Sainte et l'ayant mis sur le faîte du Temple,

    6 il lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit : Il a pour toi donné ordre à ses Anges de te garder en toutes tes voies. Sur leurs mains ils te porteront, pour que ton pied ne heurte contre la pierre. (10) »

    7 Jésus lui répondit : « Il est écrit aussi : Tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu. (11) »

    8 Le diable le transporta encore sur une très haute montagne et il lui montra tous les royaumes du monde avec toute leur gloire, puis il lui dit :

    9 « Je te donnerai tout cela, si tombant tu te prosternes devant moi. »

    10 Mais Jésus lui répondit : « Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu craindras le Seigneur ton Dieu, tu ne serviras que lui, tu t'attacheras à lui. (12) »

    11 Alors le diable le laissa ; et aussitôt des Anges s'approchèrent et ils le servaient.

    Début du Ministère

    12 Or Jésus, ayant appris que Jean avait été mis en prison, Il se retira dans la Galilée.

    13 Quittant Nazareth, Il vint demeurer à Capharnaüm au bord de la mer, aux confins de Zabulon et de Nephtali.

    14 Afin que cette parole du Prophète Isaïe (13) fût accomplie :

    15 " Terre de Zabulon, et toi, terre de Nephtali, et vous, restes des habitants de la côte, et toi, Galilée des Gentils au-delà du Jourdain !

    16 Peuples qui marchez dans les ténèbres, voyez une grande lumière ; et vous qui habitez dans la région ténébreuse de la mort, une lumière luira sur vous ;"

    Premiers disciples

    17 Depuis ce temps là, Jésus commença à prêcher en disant : « Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est proche. »

    18 Comme Il marchait le long de la mer de Galilée, Jésus vit deux frères, Simon appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient leurs filets dans la mer, car ils étaient pêcheurs,

    19 et Il leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. »

    20 Aussitôt, ils laissèrent là leurs filets, et ils le suivirent.

    21 S'étant avancé plus loin, Il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui raccommodaient leurs filets dans leur barque, avec Zébédée leur père, et Il les appela.

    22 Et eux, aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

    Prédication en Galilée

    23 Jésus allait par toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, prêchant la Bonne Nouvelle du Royaume, et guérissant toutes sortes de maladies et d'infirmités parmi le peuple.

    24 Sa renommée se répandit par toute la Syrie, et on lui amena tous ceux atteints de maladies et oppressés de divers tourments et souffrances, des démoniaques, des épileptiques, des paralytiques, et Il les guérit.

    25 Et une grande multitude de peuple le suivit de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée et du pays d’au-delà du Jourdain.

    9- Deutéronome VIII, 3 (Les Septante)
    10- Psaume XC, 11-12 (Les Septante)
    11- Deutéronome VI, 16 (Les Septante)
    12- Deutéronome VI, 13 (Les Septante)
    13- Isaïe, IX, 2. (Les Septante)

     

    Chapitre 5

    Le sermon sur la montagne

    1 Jésus voyant la foule, gravit une montagne, et après qu’Il s'y fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.

    2 Alors Il prit la parole, et se mit à les enseigner disant : « 

    3 Heureux les pauvres en l'esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.

    4 Heureux les affligés, car ils seront consolés.

    5 Heureux les doux car ils hériteront la terre.

    6 Heureux ceux qui ont faim et qui ont soif de la justice, car ils seront rassasiés.

    7 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendrons eux-mêmes miséricorde.

    8 Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

    9 Heureux les pacifiques, car ils seront appelés fils (14) de Dieu.

    10 Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.

    11 Heureux êtes-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute, et si l'on dit faussement de vous toutes sortes de mal, à cause de moi.

    12 Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les Cieux ; car c'est bien ainsi qu'ils ont persécuté les Prophètes qui ont été avant vous.

    Le sel de la terre

    13 Vous êtes le sel de la terre, mais si le sel devient fade, avec quoi le salera-t-on ? Il n'est plus bon qu'à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes.

    14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.

    15 Et quand on allume une lampe on la met non sous le boisseau mais sur le porte-lampes, afin qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.

    16 Que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et qu'ils en rendent gloire à votre Père qui est dans les Cieux.

    La Loi nouvelle supérieure à la Loi ancienne

    17 Ne pensez pas que je sois venu détruire la Loi ou les Prophètes. Je ne suis pas venu pour détruire, mais accomplir.

    18 En vérité, en effet je vous le dis, avant que passent le ciel et la terre pas un seul iota, pas un seul petit trait ne viendra à passer de la Loi que tout ne soit accompli.

    19 Celui donc qui aura violé un seul de ces commandements même des plus petits, et aura enseigné aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le Royaume des Cieux. Mais celui qui les aura pratiqués et enseignés, sera appelé grand dans le Royaume des Cieux.

    20 Car je vous le déclare, si votre justice ne surpasse pas celle des Scribes et des Pharisiens, vous n'entrerez absolument pas dans le Royaume des Cieux.

    La colère

    21 Vous avez appris qu'il a été dit aux Anciens : " Tu ne tueras point ; et quiconque tuera sera soumis au jugement." (15)

    22 Mais moi je vous dis : Quiconque se mettra en colère contre son frère, méritera d'être jugé. Et quiconque dira à son frère : " raka ! " (16) méritera d'être jugé par le Sanhédrin. Mais celui qui dira à son frère : " stupide ! ", sera passible de la géhenne du feu.

    23 Si donc, tu viens présenter ton offrande à l'Autel, et que là tu te souviennes qu'il a quelque grief contre toi,

    24 laisse là ton offrande devant l'Autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; et alors, tu reviendras présenter ton offrande.

    25 Accorde-toi au plus tôt avec qui tu as eu un procès, pendant que tu es encore en chemin avec lui, de peur que ton adversaire ne te livre au juge, que le juge ne te remette au garde et que tu ne sois jeté en prison.

    26 En vérité, je te le dis, tu ne sortiras pas de là que tu n'aies rendu jusqu'au dernier quart de sou (17).

    L'adultère - le divorce, le scandale

    27 Vous avez appris qu’il a été dit aux Anciens : " Tu ne commettras point d'adultère."

    28 Mais moi je vous dis : Quiconque regarde une femme pour la désirer, a déjà commis avec elle l'adultère dans son cœur.

    29 Si donc ton œil droit est pour toi une occasion de péché, arrache-le et jette-le loin de toi ; car mieux vaut pour toi qu'un seul de tes membres périsse, que d'avoir ton corps entier jeté dans la géhenne.

    30 Et si ta main droite est pour toi une occasion de péché, coupe-la et jette-la loin de toi ; car mieux vaut pour toi perdre un seul de tes membres que d'avoir ton corps tout entier s'en aller dans la géhenne.

    31 Il a été dit aussi : " Quiconque répudiera sa femme, qu'il lui donne un acte de divorce."

    32 Mais moi je vous dis que quiconque répudie sa femme, si ce n'est pour cause d'infidélité, la fait tomber elle-même dans l'adultère, et quiconque épouse une femme répudiée commet un adultère.

    Il ne faut pas faire de serment

    33 Vous avez encore appris qu'il a été dit aux Anciens : " Tu ne te parjureras point, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de tes serments (18)."

    34 Mais moi je vous dis de ne jurer en aucune sorte, ni par le Ciel, parce que c'est le Trône de Dieu ;

    35 ni par la terre, parce qu'elle est l’escabeau de ses pieds ; ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du Grand Roi.

    36 Ne jure pas non plus par ta tête, parce que tu ne peux en rendre un seul cheveu blanc ou noir.

    37 Mais que votre parole soit : Oui ? Oui ; Non ? Non, car ce qui est dit en plus, vient du Mauvais.

    Le Talion

    38 Vous avez appris qu’il a été dit : " Œil pour œil et dent pour dent (19)."

    39 Et moi je vous dis de ne point résister au mauvais. Mais si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente lui encore l'autre.

    40 Si quelqu'un veut plaider en justice contre toi pour prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau.

    41 Et si quelqu'un veut te contraindre à faire mille pas avec lui, fais-en deux autres mille avec lui.

    42 Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut t'emprunter.

    Aimer ses ennemis

    43 Vous avez appris qu’il a été dit : " Tu aimeras ton prochain et tu détesteras ton ennemi (20)."

    44 Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent ;

    45 en sorte que vous soyez ainsi les fils de votre Père qui est dans les Cieux, lui qui fait lever son soleil sur les mauvais et sur les bons, et qui fait tomber la pluie sur les justes et les injustes.

    46 Car si vous n'aimez que ceux qui vous aiment, quelle récompense mériterez-vous ? Les publicains eux-mêmes ne le font-ils pas aussi ?

    47 Et si vous ne saluez que vos frères seulement, que faites vous de particulier ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?

    48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père qui est dans les Cieux est parfait.

    14- Voir l'homélie de Saint Jean Chrysostome tome 3, page 206-207. Tome 3 : https://archive.org/details/oeuvrescomplt03john
    15- Exode XX, 15 ; Lévitique XXIV, 21-22. (Les Septante)
    16- raka : Injure méprisante signifiant en Araméen tête vide, sans cervelle.
    17- Monnaie romaine équivalant au centime.
    18- Nombres, XXX, 3. (Les Septante)
    19- Exode, XXI, 24. (Les Septante)
    20- Notre Seigneur Jésus-Christ dénonce la deuxième partie de l'enseignement orale des docteurs de la Loi, où d'ailleurs le terme de « détestation envers l'ennemi » n'est stipulé nulle part explicitement dans l'Ancien Testament, et plus précisément dans le chapitre XIX au verset 17 du Lévitique (Les Septante) et (Hébraïque) souvent mis à tort en référence dans diverses traductions, où en réalité, dans ce verset il est fait simplement mention que de « réprimande » au prochain.

     

    Chapitre 6

    1 Prenez garde à ne pas faire vos bonnes œuvres devant les hommes pour en être regardés ; autrement vous n’en recevrez point de récompense de la part de votre Père qui est dans les Cieux.

    2 Aussi, chaque fois que tu fais un acte de compassion, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, pour être honorés par les hommes. Je vous dis en vérité qu'ils ont déjà reçu leur récompense.

    3 Pour toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache point ce que fait ta main droite.

    4 Afin que ton aumône soit cachée ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.

    La Prière

    5 De même, chaque fois que vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des places publiques, pour être vus des hommes. En vérité, je vous dis qu'ils ont reçu déjà leur récompense.

    6 Mais toi, chaque fois que tu pries, entre dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père dans le secret : Et ton Père qui voit dans le secret, te le rendra.

    7 Or, priant, ne parlez pas beaucoup comme font les païens ; ils s'imaginent que par l'abondance de paroles ils seront mieux entendus.

    Oraison Dominicale

    8 Ne vous rendez donc pas semblables à eux, parce que votre Père sait ce dont vous avez besoin avant que vous le lui ayez demandé.

    9 Pour vous, priez donc ainsi : Notre Père qui es aux Cieux que ton Nom soit sanctifié,

    10 que ton Règne arrive, que ta Volonté soit faite, sur la terre comme au Ciel.

    11 Donne-nous aujourd’hui notre pain substantiel.

    12 Et remets-nous nos dettes comme nous remettons nous-mêmes à nos débiteurs,

    13 et ne nous soumets pas à l'épreuve mais délivre-nous du Malin.

    14 Car si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père Céleste vous pardonnera aussi vos péchés.

    15 Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs fautes, votre Père ne vous pardonnera point non plus les vôtres.

    16 Quand vous jeûnez, ne prenez point un air sombre comme font les hypocrites. Ils paraissent avec un visage défait, afin de bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. En vérité, je vous le dis, ils ont reçu déjà leur récompense.

    17 Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;

    18 afin qu’il ne paraisse pas aux hommes que tu jeûnes, mais seulement à ton Père qui est dans le secret, et ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

    Les vains soucis

    19 Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où la mite et le rongeur ravagent, et où les voleurs percent et volent.

    20 Mais faites vous des trésors dans le Ciel, où ni la mite et le rongeur ravagent, et où ni les voleurs ne viennent dérober après avoir percé les murs.

    21 Car en effet là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.

    La lampe du corps

    22 La lampe qui éclaire ton corps, c'est l’œil. Si donc ton œil est sain, tout ton corps sera lumineux.

    23 Mais si ton œil est mauvais, tout ton corps sera ténébreux. Si donc la lumière qui est en toi n'est qu'obscurité, combien sera grande cette obscurité !

    L'argent – Les vains soucis – La Providence

    24 Nul ne peut servir deux maîtres ; car ou bien il détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon (21).

    25 C'est pourquoi je vous le dis : Ne vous inquiétez point pour votre vie de ce que vous aurez à manger ou à boire, ni de quoi vous vêtirez votre corps. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?

    26 Considérez les oiseaux du ciel ; ils ne sèment ni ne moissonnent. Ils n'amassent point dans les greniers, et pourtant votre Père Céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?

    27 Et quel est celui d'entre vous qui à force de soucis, pourrait ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ?

    28 Pourquoi aussi vous inquiétez-vous pour ce dont vous vous vêtirez ? Instruisez-vous des lis des champs. Ils ne peinent pas, et ne filent pas.

    29 Et cependant je vous le dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'a jamais été vêtu comme l'un d'eux.

    30 Si Dieu revêt donc ainsi l'herbe des champs, qui n'est là qu'aujourd'hui et qui demain sera jetée au four, combien ne fera-t-Il pas bien plus pour vous, gens de si peu de foi ?

    31 Ne vous inquiétez donc pas en disant, que mangerons-nous ? Que boirons-nous ? Ou de quoi nous vêtirons-nous ?

    32 Car ce sont les païens qui recherchent ainsi toutes ces choses ; or votre Père Céleste sait bien que vous avez besoin de tout cela.

    33 Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa Justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.

    34 Ne vous mettez donc point en souci du lendemain ; demain aura souci de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.

    21- Ou l'argent.

     

    Chapitre 7

    La Charité

    1 Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés.

    2 Car du jugement que vous aurez jugé vous serez jugés, et l’on se servira envers vous de la même mesure dont vous vous serez servis.

    3 Pourquoi observes-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, tandis que tu ne remarques pas la poutre qui est dans ton œil ?

    4 Ou comment diras-tu à ton frère : Laisse-moi ôter la paille de ton œil, alors qu'il y a une poutre dans le tien ?

    5 Hypocrite, retire d’abord la poutre de ton œil, et après cela tu verras clair pour ôter la paille de l’œil de ton frère.

    6 Ne donnez pas aux chiens ce qui est Saint, et ne jetez pas vos perles devant les porcs, de peur qu'ils ne les foulent aux pieds, et que se tournant contre vous, ils ne vous déchirent.

    Les règles de la prière

    7 Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira.

    8 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à celui qui frappe on ouvrira.

    9 Aussi, qui est l'homme d'entre vous qui donnerait une pierre à son fils, lorsqu'il lui demande du pain ?

    10 Ou, s’il lui demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ?

    11 Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les Cieux donnera-t-il ce qui est bon à ceux qui le lui demandent !

    12 Faites vous-mêmes aux hommes tout ce que vous voudriez qu'ils fassent pour vous ; car voilà en effet la Loi et les Prophètes.

    La porte étroite

    13 Entrez par la porte étroite ; car large est la porte et vaste le chemin qui mène à la perdition, et nombreux sont ceux qui le prennent ;

    14 que la porte est étroite et resserré le chemin qui mène à la Vie , et peu nombreux ceux qui le trouvent.

    Les faux prophètes

    15 Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous revêtus de peaux de brebis, mais qui au-dedans sont des loups rapaces.

    16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits : Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ?

    17 Ainsi tout arbre qui est bon donne de bons fruits, mais tout arbre qui est pourri porte de mauvais fruits.

    18 Un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits, ni un arbre pourri en porter de bons.

    19 Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits, est abattu et il est jeté au feu.

    20 C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.

    Il ne suffit pas de dire : Seigneur, Seigneur !

    21 Ce n'est pas celui qui me dit : Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le Royaume des Cieux ; mais celui faisant la volonté de mon Père qui est dans les Cieux.

    22 Beaucoup me diront en ce jour-là : " Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ; n'est-ce pas aussi en ton nom que nous avons chassé les démons, et en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? "

    23 Et alors je leur déclarerai : " Je ne vous ai jamais connus ; écartez-vous loin de moi, vous qui commettez l'iniquité. "

    Conclusion du Sermon sur la montagne

    24 Aussi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, je le comparerai à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc.

    25 La pluie est tombée, qui a fait venir les torrents, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison, et elle ne s’est point effondrée, car elle était fondée sur le roc.

    26 Mais quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique , sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable.

    27 La pluie est tombée les torrents sont venus, les vents ont soufflé et sont venus fondre sur cette maison, et elle s'est écroulée. Et grande a été sa ruine. »

    28 Or quand Jésus eut achevé ces paroles, les foules étaient frappées de stupeur par son enseignement.

    29 Car Il les enseignait comme Celui qui en a l'autorité, et non pas comme leurs Scribes.

     

    Chapitre 8

    Guérison d’un lépreux

    1 Comme Jésus descendait de la montagne, des foules nombreuses se mirent à le suivre.

    2 Alors un lépreux vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »

    3 Jésus étendant la main, le toucha, et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » et au même instant, il fut purifié de la lèpre.

    4 Jésus lui dit : « Garde-toi bien de parler de ceci à personne ; mais va te montrer au prêtre, et présente l'offrande prescrite par Moïse pour leur servir de témoignage. »

    Le centurion de Capharnaüm

    5 Alors que Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion vint à lui en le suppliant et disant :

    6 « Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, il est paralytique et souffre terriblement. »

    7 Jésus lui dit : « Je vais venir et je le guérirai. »

    8 Et le centurion lui répondit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu viennes sous mon toit ; mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri.

    9 Car moi-même qui ne suis qu'un homme soumis à une autorité, j'ai sous mes ordres des soldats, et je dis à celui-ci : « Va, et il va, et à un autre : Viens et il vient, et à mon esclave : Fais ceci, et il le fait. »

    10 Jésus entendant ces paroles s'étonna, et dit à ceux qui le suivaient : « Je vous le dis en vérité, pas même en Israël je n'ai trouvé une foi aussi grande.

    11 Aussi, je vous déclare que beaucoup viendront du levant et du couchant, et prendront place au festin du Royaume des Cieux avec Abraham, Isaac et Jacob,

    12 tandis que les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors : c’est là que seront les pleurs et les grincements de dents. »

    13 Puis Jésus dit au centurion : « Va, et qu'il te soit fait selon ta foi. » Et à l'heure même son serviteur fut guéri.

    Guérison de la belle-mère de Pierre et d'autres malades

    14 Jésus alla dans la maison de Pierre, et vit que sa belle-mère était couchée parce qu’elle avait la fièvre.

    15 Jésus lui toucha la main, et la fièvre la quitta ; elle se leva aussitôt et se mit à le servir.

    16 Le soir venu, on lui présenta beaucoup de possédés de démon, et Il en chassa les esprits par sa parole et guérit tous ceux qui étaient malades :

    17 afin que cette parole du Prophète Isaïe fut accomplie : « Il porte nos péchés, Il souffre pour nous ; et nous avons remarqué qu'Il était dans la peine, dans la douleur, dans la torture. (22) »

    Dispositions nécessaires pour suivre Jésus

    18 Jésus se voyant environné d'une grande foule de peuple, ordonna que l'on passât sur l'autre rive.

    19 Alors un scribe s'approcha et lui dit : « Maître je te suivrai en quelque lieu que tu ailles. »

    20 Jésus lui répondit : « Les renards ont leurs tanières, et les oiseaux du ciel ont leurs nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer la tête. »

    21 Un autre, qui était de ses disciples, lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord ensevelir mon père. »

    22 Mais Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts. »

    La tempête apaisée

    23 Puis Il monta dans la barque, et ses disciples le suivirent.

    24 Et voici qu'il s'éleva sur la mer une si grande tempête, que les vagues couvraient la barque. Jésus cependant dormait.

    25 Ses disciples s'approchèrent de lui et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous, nous périssons ! »

    26 Mais Il leur dit : « Pourquoi avez-vous peur, hommes de si peu de foi ? » Alors Il se leva, et commanda aux vents et la mer, et il se fit un grand calme.

    27 Et saisis d'étonnement, tous disaient : « Quel est cet homme-ci ? À qui même les vents et la mer obéissent ? »

    Les possédés de Gersesa

    28 Jésus étant arrivé à l'autre bord du lac, au pays des Gergéséens (23), deux démoniaques sortant des tombeaux vinrent au devant de lui, des êtres qui étaient si furieux que personne ne pouvait passer par ce chemin.

    29 Ils se mirent en même temps à crier : « Qu'avons-nous à faire avec toi, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? »

    30 Or il y avait, à quelque distance, un grand troupeau de porcs en train de paître.

    31 Les démons suppliaient Jésus lui disant : « Si tu nous jettes dehors, envoie-nous dans le troupeau de porcs. »

    32 Et Jésus leur dit : « Allez. » Les démons sortirent des possédés, et entrèrent dans les porcs. Et voici que tout le troupeau courut se précipiter dans le lac du haut de la falaise, et périt dans les eaux.

    33 Alors ceux qui les gardaient s'enfuirent, et allèrent à la ville où ils rapportèrent toutes ces choses, et ce qui était arrivé aux démoniaques.

    34 Aussitôt, toute la ville sortit au devant de Jésus, et l'ayant vu, ils le supplièrent de s'éloigner loin de leurs territoires.

    22- Isaïe, LIII, 4. (Les Septante)

    23- Dans le texte grec, on lit Gadaréniens ; dans la Vulgate Géraséniens. Origène avait trouvé ces deux leçons dans les manuscrits ; il les rejette l'une et l'autre. Gerasa, dit-il, est une ville d'Arabie, elle n'est située sur le bord d'aucune mer ; Gadara est une ville de Judée auprès de laquelle sont des bains célèbres, mais elle n'est pas sur le bord de la mer. Gergesa est une ville ancienne située sur le lac de Tibériade, et l'on y montre encore le rocher d'où les porcs se précipitèrent dans la mer. Jérôme est du même avis. (Histoire de l’Église - Tome I, du Père Wladimir Guettée)

     

    Chapitre 9

    Guérison du paralytique

    1 Jésus monta dans une barque, traversa le lac, et vint dans sa ville.

    2 On lui présenta un paralytique, étendu sur son lit. Jésus voyant la foi de ces gens, dit au paralytique : « Enfant, aie confiance, tes péchés sont pardonnés. »

    3 Aussitôt quelques uns des Scribes se dirent en eux-mêmes : Celui-ci blasphème.

    4 Mais Jésus, voyant ce qu'ils pensaient, leur dit : « Pourquoi avez-vous de mauvaises pensées dans vos cœurs ?

    5 Car quel est donc le plus facile, de dire : Tes péchés sont pardonnés ; ou de dire : Lève-toi et marche ?

    6 Et afin pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés : Lève-toi, - dit-Il alors au paralytique,- prends ton lit et va dans ta maison. »

    7 Et celui-ci se leva, et s'en retourna dans sa maison.

    8 Et les foules qui le virent furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu, de ce qu'Il avait donné une telle autorité aux hommes.

    Appel de Matthieu

    9 Jésus, passant, vit un homme assis à la table des taxes, il s'appelait Matthieu, et Il lui dit : « Suis-moi. » Et, se levant, il le suivit.

    10 Or, comme Jésus était étendu à table dans la maison de Matthieu, il advint que beaucoup de collecteurs des taxes et de pécheurs vinrent s'étendre à table avec Jésus et ses disciples.

    11 Ce que voyant, les Pharisiens dirent à ses disciples : « Pourquoi votre Maître mange-t-Il avec les collecteurs des taxes et les pécheurs ? »

    12 Jésus, les ayant entendu, leur dit : « Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, mais les malades qui ont besoin d'un médecin.

    13 C'est pourquoi allez apprendre le sens de cette parole : " Parce que je préfère la miséricorde aux sacrifices, et la connaissance de Dieu aux holocaustes. (24)" Car ce ne sont pas les justes, mais les pécheurs que je suis venu appeler. »

    14 Alors les disciples de Jean vinrent trouver Jésus et lui dirent : « Pourquoi nous et les Pharisiens nous jeûnons beaucoup, et que tes disciples ne jeûnent pas ? »

    15 Jésus leur répondit : « Les amis de l'époux peuvent-ils être dans la tristesse tant que l’époux est avec eux ? Mais il viendra des jours où l'époux leur sera enlevé, et c'est alors qu’ils jeûneront.

    16 Personne ne met une pièce d'étoffe non foulé à un vieux vêtement ; car le morceau rapporté tire sur le vêtement, et la déchirure devient pire.

    17 On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et ainsi le vin et les outres se conservent. »

    La fille de Jarre et la femme malade

    18 Pendant que Jésus leur parlait ainsi, un chef de la synagogue s'approcha de lui, et se prosterna devant en lui disant : « ma fille vient de mourir ; mais viens lui imposer ta main et elle vivra. »

    19 Alors Jésus se levant, le suivit avec ses disciples.

    20 Et voilà qu'une femme, qui depuis douze ans était affligée d'une perte de sang, s'approcha de Jésus par derrière, et toucha la frange de son vêtement.

    21 Car elle se disait en elle-même : Si je touche seulement son vêtement, je serai sauvée.

    22 Jésus s'étant retourné, et la voyant, lui dit : « Ma fille, aie confiance, ta foi t’a sauvée. » Et, à l'heure même, cette femme fut sauvée.

    23 Lorsque Jésus fut arrivé en la maison du chef de la synagogue, voyant les joueurs de flûte ainsi qu'une troupe de gens qui faisaient grand bruit,

    24 Il leur dit : « Retirez-vous ; la jeune fille n'est pas morte, elle dort. » Et ils se moquèrent de lui.

    25 Mais quand on eut mis la foule dehors, Il entra, prit cette jeune fille par la main, et elle se releva.

    26 Et le bruit s’en répandit dans toute cette contrée.

    Guérison des deux aveugles et du possédé

    27 Comme Jésus sortait de ce lieu, deux aveugles le suivirent en criant : « Fils de David, aie pitié de nous ! »

    28 Quand Il fut entré dans la maison, ces aveugles vinrent à lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je puisse faire cela ? » Et ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. »

    29 Alors Il leur toucha les yeux en disant : « Qu’il vous soit fait selon votre foi. »

    30 Aussitôt leurs yeux furent ouverts, et Jésus leur intima sévèrement : Prenez garde que personne ne le sache.

    31 Mais eux, s'en étant allés, répandirent ses louanges dans la contrée entière.

    32 Après qu’ils furent sortis, on lui présenta un homme sourd-muet, et possédé du démon.

    33 Le démon ayant été chassé, le sourd-muet se mit à parler, et la foule saisie d'étonnement disait : « Jamais rien de semblable ne s’est vu en Israël ! »

    34 Mais les Pharisiens disaient : « Il ne chasse les démons que par le prince des démons. »

    35 Or Jésus parcourait toutes les villes et les villages, enseignait dans leurs synagogues, prêchant la Bonne Nouvelle du Royaume, et guérissant toute maladie et toute langueur.

    36 Voyant les foules, Jésus fut profondément ému de compassion pour elles, car elles étaient épuisées et abattues, comme des brebis qui n'ont point de berger.

    37 Alors Il dit à ses disciples : « La moisson est abondante, mais il y a peu d'ouvriers.

    38 Demandez donc au Seigneur de la moisson qu'Il envoie des ouvriers à sa moisson. »

    24- Osée VI, 6. (Les Septante)

     

    Chapitre 10

    Les Douze – La mission

    1 Jésus ayant appelé ses douze disciples, leur donna autorité sur les esprits impurs, afin de les chasser et de guérir toutes sortes de maladies et d’infirmités.

    2 Les noms des douze apôtres sont les suivants : Le premier, Simon qui est appelé Pierre, et André son frère ; Jacques fils de Zébédée, et Jean son frère ;

    3 Philippe et Barthélémy ; Thomas et Matthieu le collecteur des taxes ; Jacques, fils d'Alphée et Thaddée ;

    4 Simon le Cananéen, et Judas l'Iscariote, celui-là même qui le livra.

    5 Jésus envoya ces douze apôtres, après leur avoir donné ses instructions : « Ne prenez pas le chemin des païens, et n'entrez dans aucune ville des Samaritains.

    6 mais allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël.

    7 Partout, en faisant route, proclamez que le Royaume des Cieux est proche.

    8 Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons, vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.

    9 Ne vous procurez ni or, ni argent, ni menue monnaie à mettre dans vos ceintures,

    10 ni besace pour la route, ni deux tuniques, ni sandales, ni bâton ; car l'ouvrier mérite sa nourriture.

    11 Mais dans quelque ville ou village que vous entriez, informez-vous de quelqu'un d'honorable et demeurez chez lui jusqu’à ce que vous partiez de là.

    12 En entrant dans sa maison, saluez la en disant : « Paix à cette maison. »

    13 Et si cette maison en est digne, que votre paix descende sur elle ; mais si elle n'en est pas digne, que votre paix revienne à vous.

    14 Et lorsqu’on ne voudra ni vous recevoir ni écouter vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville en secouant la poussière de vos pieds.

    15 En vérité je vous le dis, au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville.

    Annonce des persécutions

    16 Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu de loups. Soyez donc avisés comme les serpents, et innocents comme les colombes.

    17 Méfiez-vous des hommes ; en effet ils vous livreront aux sanhédrins, et ils vous feront fouetter dans leurs synagogues.

    18 Vous serez menés à cause de moi devant les gouverneurs et devant les rois, en témoignage pour eux et pour les nations.

    19 Mais lorsqu'on vous livrera entre leurs mains, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire, car ce que vous aurez à dire vous sera donné à l'heure même.

    20 Parce que ce n'est pas vous qui parlerez ; mais c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous.

    21 Le frère alors, livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se soulèveront contre leurs parents et ils les feront mettre à mort.

    22 Vous serez détestés par tous à cause de mon Nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu'à la fin sera sauvé.

    23 Lorsque l'on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous le dis en vérité, vous n'aurez pas achevé de parcourir toutes les villes d'Israël, avant que ne vienne le Fils de l'homme.

    24 Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni l'esclave plus que son seigneur.

    25 C'est assez pour le disciple d'être comme son maître, et pour l'esclave d'être comme son seigneur. S'ils ont appelé le père de famille Béelzéboul, que ne diront-ils pas de sa maisonnée !

    Ne craignez point

    26 Ne les craignez donc point. Car il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni rien de secret qui ne doive être connu.

    27 Dites en plein jour ce que je vous dis dans l'obscurité, et ce que l'on vous dira à l'oreille, proclamez-le sur les toits.

    28 Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne.

    29 Deux passereaux ne se vendent ils pas un as ? Et pourtant il n'en peut tomber un seul à terre, à l'insu de votre Père.

    30 Pour vous, les cheveux mêmes de votre tête sont tous comptés.

    31 Ainsi ne craignez point, vous valez bien plus qu'un grand nombre de passereaux.

    32 C'est pourquoi quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, à mon tour je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les Cieux ;

    33 mais quiconque me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les Cieux.

    Tous ne sont pas du Christ – Il faut se renoncer

    34 Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive.

    35 Car je suis venu séparer le fils d'avec son père, la fille d'avec sa mère, et l'épouse d'avec sa belle-mère.

    36 Et l'homme aura pour ennemis ceux de sa maison.

    37 Celui qui aime son père ou sa mère plus qu'il ne m'aime, n'est pas digne de moi ; et celui qui aime son fils ou sa fille plus qu'il ne m'aime, n’est pas digne de moi.

    38 Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas,n'est pas digne de moi.

    39 Celui qui, ayant trouvé sa vie la perdra ; et celui qui aura perdu sa vie à cause de moi, la trouvera.

    40 Celui qui vous accueille, m’accueille, et celui qui m'accueille, accueille Celui qui m'a envoyé.

    41 Celui qui reçoit un Prophète en qualité de Prophète, recevra une récompense de Prophète ; et celui qui reçoit un juste en qualité de juste, recevra une récompense de juste.

    42 Et quiconque aura donné à boire ne serait-ce qu'un verre d'eau fraîche à l'un de ces petits simplement parce qu’il est de mes disciples, je vous le dis en vérité, il ne perdra absolument pas sa récompense. »

     

    Chapitre 11

    Le message de Jean le Baptiste

    1 Quand Jésus eut achevé de donner ses instructions à ses douze disciples, Il partit de là pour aller enseigner et prêcher dans les villes du pays.

    2 Or Jean le Baptiste, ayant appris dans sa prison les œuvres du Christ, lui envoya de ses disciples,

    3 pour lui dire : « Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »

    4 Et Jésus leur répondit : « Allez, rapporter à Jean ce que vous entendez, et ce que vous voyez :

    5 Les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds-muets entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.

    6 Et heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ! »

    7 Comme ils s'en allaient, Jésus commença à dire aux foules au sujet de Jean : « Qu'êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ?

    8 Qu'êtes-vous donc allés voir ? Un homme vêtu d'étoffes délicates ? Mais ceux qui portent des vêtements d’étoffes délicates demeurent dans les palais des rois.

    9 Mais qu'êtes-vous donc allés voir ? Un Prophète ? Oui, vous dis-je, et bien plus qu'un Prophète.

    10 Car c'est de lui qu'il est écrit : " Voici que j'envoie mon Ange, et il surveillera la voie devant moi, et le Seigneur que vous cherchez viendra soudain dans son Temple, avec l'Ange de l'Alliance que vous avez désiré ;" (25)

    11 En vérité, je vous le dis, parmi ceux qui sont nés des femmes, il n'en a point paru de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui.

    12 Mais depuis le temps de Jean le Baptiste jusqu'à maintenant, le Royaume des Cieux est soumis à la violence et ce sont les violents qui s'en emparent.

    13 Car tous les Prophètes aussi bien que la Loi, ont prophétisé jusqu'à Jean le Baptiste.

    14 Et si vous voulez le comprendre, c'est lui cet Élie qui doit venir.

    15 Que celui qui a des oreilles pour entendre, l'entende ! »

    16 « Mais à qui comparerai-je cette génération ? Elle ressemble à des enfants assis sur les places publiques s'adressant à leurs compagnons :

    17 Nous avons joué de la flûte pour vous, et vous n'avez point dansé ; nous vous avons chanté des complaintes funèbres et vous n'avez point pris le deuil.

    18 Car Jean est venu, ne mangeant ni ne buvant, et ils disent : " Il est possédé du démon " ;

    19 le Fils de l'homme est venu mangeant et buvant, et ils disent : " Voilà un homme gourmand, et qui aime le vin, un ami de collecteur des taxes et des pécheurs ". Mais justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. »

    Reproche aux villes impénitentes

    20 Alors Jésus commença à faire des reproches aux villes où Il avait opéré la plupart de ses miracles, de ce qu'elles ne s'étaient pas repenties.

    21 « Malheur pour toi, Chorazin ! Malheur pour toi, Bethsaïda ! Car si les miracles qui ont été faits au milieu de vous, avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu'elles auraient fait pénitence sous le sac et dans la cendre.

    22 C'est pourquoi je vous déclare, qu'au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous.

    23 Et toi, Capharnaüm, t'élèveras-tu jusqu'au Ciel ? Tu descendras jusqu'aux enfers ; parce que si les miracles qui ont été opérés au milieu de toi, avaient été faits dans Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui.

    24 C’est pourquoi, je vous le dis, au jour du jugement, le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi. »

    Le Père et le Fils

    25 En ce temps là, Jésus prit la parole et dit : « Je te bénis, Père, Seigneur du Ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants.

    26 Oui, Père,je te bénis car tel a été ton bon plaisir.

    27 Toutes choses m'ont été données par mon Père ; et personne ne connaît le Fils, si ce n'est le Père, comme personne ne connaît le Père, si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler.

    Le joug du Seigneur

    28 Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés de fardeaux, et je vous donnerai du repos.

    29 Prenez sur vous mon joug, et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez le repos pour vos âmes.

    30 En effet mon joug à porter est bienfaisant, et mon fardeau léger. »

    25- Malachie, III, 1.(Les Septante)

     

    Chapitre 12

    Les épis arrachés

    1 En ce temps là, Jésus vint à passer à travers des moissons, un jour de sabbat, cependant ses disciples ayant faim, se mirent à arracher des épis et à les manger.

    2 Ce que voyant, les Pharisiens lui dirent : « Voilà tes disciples qui font ce qu'il n'est point permis de faire au jour du sabbat ! »

    3 Mais Jésus leur répondit : « N'avez-vous point lu ce que fit David, un jour qu'il avait faim, lui et ceux qui étaient avec lui :

    4 Comme il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de proposition, qu'il ne lui était pas permis de manger, ni à lui, ni à ceux qui étaient avec lui, mais aux seuls Prêtres ?

    5 Ou n’avez-vous point lu dans la Loi qu'aux jours du Sabbat, les Prêtres violent le Sabbat dans le Temple sans être coupables ?

    6 Or, je vous le dis, il y a ici plus grand que le Temple.

    7 Mais si vous saviez ce que signifie cette parole : " Je veux la miséricorde et non le sacrifice ", vous n'auriez pas condamné des innocents.

    8 Car le Fils de l'homme est Maître du Sabbat. »

    L'homme à la main desséchée

    9 Étant parti de là, Jésus s'en alla dans leur synagogue.

    10 Or, il s'y trouvait un homme qui avait la main desséchée, les Pharisiens demandèrent à Jésus : « Est-il permis de faire des guérisons, aux jours de sabbat ? » C'était pour avoir sujet de l'accuser.

    11 Mais Il leur répondit : « Quel sera celui d'entre vous qui, n'ayant qu'une brebis, si celle-ci vient à tomber dans une fosse le jour du sabbat, n'irait pas la prendre pour l'en retirer ?

    12 Or, combien un homme vaut-il bien plus qu'une brebis ! Il est donc permis de faire une bonne action les jours de sabbat. »

    13 Puis Il dit à cet homme : « Étends ta main. » Il l'étendit, et elle devint saine, comme l'autre.

    14 Alors les Pharisiens sortirent, et tinrent conseil au sujet de Jésus sur les moyens de le faire périr.

    Jésus, le serviteur de Dieu

    15 Mais Jésus, en ayant eu connaissance, se retira de ce lieu. Il fut suivi par de grandes foules, et Il guérit tous ceux qui étaient malades.

    16 Et Il leur enjoignit de ne pas le faire connaître :

    17 Afin que fut accomplie cette parole du Prophète Isaïe (26) :

    18 " Jacob mon serviteur, je te protégerai ; Israël est mon élu, mon âme l'a agréé ; j'ai répandu sur lui mon esprit, et Il révélera mon jugement aux nations.

    19 Il ne criera pas, Il ne faiblira pas ; sa voix au dehors ne sera pas entendue.

    20 Il ne broiera pas le roseau déjà brisé ; Il n'éteindra pas la mèche qui fume encore ; mais Il révélera le jugement selon la vérité.

    21 Il brillera et ne sera point détruit jusqu'à ce qu'Il ait placé le jugement sur la terre, et les nations mettront leur espérance en son nom."

    Jésus et Béelzéboul

    22 Alors on lui présenta un possédé qui était aveugle et sourds-muet, et Il le guérit, en sorte que cet homme qui était aveugle et sourds-muet, se mit à parler et à voir.

    23 La foule entière fut saisie d’étonnement et disait : « N'est-ce point là le fils de David ? »

    24 Mais les Pharisiens, entendant cela, disaient : « Cet homme-là ne chasse les démons que par Béelzéboul, le prince des démons. »

    25 Jésus cependant, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même sera dévasté, et toute cité ou toute maison divisée contre elle-même ne pourra se maintenir.

    26 Si donc Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même : Dès lors comment son royaume pourra-t-il alors subsister ?

    27 Et si c’est par Belzébuth que moi, j'expulse les démons, par qui vos fils les expulsent-ils ? C'est pourquoi eux-mêmes seront vos juges.

    28 Mais si c'est par l'Esprit de Dieu que moi, je chasse les démons, le Royaume de Dieu est donc parvenu jusqu’à vous.

    29 Ou encore comment quelqu’un peut-il entrer dans la maison de celui qui est fort et piller ce qu’il possède, s’il n’a tout d’abord enchaîné cet homme fort ? C'est alors qu’il pourra piller sa maison.

    30 Qui n'est point avec moi est contre moi, et qui ne rassemble point avec moi disperse.

    Le péché contre le Saint Esprit

    31.C'est pourquoi je vous le dis, tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes ; mais le blasphème contre l'Esprit ne leur sera point pardonné.

    32 Et quiconque aura parlé contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné ; mais pour celui qui aura parlé contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni en ce monde ni dans le monde à venir.

    33 Ou bien reconnaissez que l'arbre est bon et que son fruit l'est aussi ; où bien dites que l'arbre étant pourri, son fruit aussi est pourri. Car c'est à son fruit que l'on reconnaît l'arbre.

    34 Engeances de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, alors que vous êtes mauvais ? Car la bouche parle de la surabondance du cœur.

    35 L'homme qui est bon, tire de bonnes choses de son bon trésor, et l'homme mauvais en tire de mauvaises, de son mauvais trésor.

    36 Or je vous le dis, au jour du jugement, les hommes auront à rendre compte de toute parole sans fondement qu'ils auront dite.

    37 Car vous serez justifiés d'après vos paroles, et c'est d'après vos paroles que vous serez condamnés. »

    Le signe de Jonas

    38 Alors, quelques uns des Scribes et des Pharisiens, prenant la parole, lui dirent : « Maître, nous voudrions voir un signe qui vienne de toi. »

    39 Il leur répondit : « Cette génération mauvaise et adultère qui réclame un signe, il ne lui sera point donné d’autre signe que le signe du Prophète Jonas (27) :

    40 Car, de même que Jonas le Prophète, fut trois jours et trois nuits dans le ventre du grand poisson, ainsi le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre.

    41 Les hommes de Ninive ressusciteront, au jour du jugement, avec cette génération et ils la condamneront, car ils se sont repentis à la prédication de Jonas, et voici qu'il y a ici plus que Jonas !

    42 La reine du midi ressuscitera, lors du jugement, avec cette génération et elle la condamnera, parce qu'elle est venue des extrémités de la terre pour écouter Salomon et sa sagesse, et voici qu’il y a ici plus que Salomon !

    L'Esprit impur

    43 Lorsque l'esprit impur est sorti d'un homme, il s'en va errer par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point.

    44 Alors il se dit : " Je retournerai dans ma maison, d'où je suis sorti. " Et quand il y est revenu, il la trouve inoccupée, balayée et ornée.

    45 Alors, il s'en va prendre avec lui sept autres esprits plus méchants que lui, et entrant dans cette maison, ils y en font leur demeure, et le dernier état de cet homme devient pire que le premier. Ainsi en sera-t-il également de cette génération mauvaise. »

    La mère de Jésus et ses proches

    46 Jésus parlait encore à la foule, quand sa mère et ses frères qui se tenaient dehors, cherchèrent à lui parler.

    47 Quelqu'un lui dit : « Voilà ta mère et tes frères qui sont là dehors, et qui cherchent à te parler. »

    48 Mais Il répondit à celui qui lui parlait ainsi : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? »

    49 Puis, étendant la main vers ses disciples Il dit : « Voici ma mère et mes frères.

    50 En effet celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les Cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère. »

    26- Isaïe, XLII, 1-4. (La Septante)
    27- Jonas II, 1 (Les Septante)

     

    Chapitre 13

    La Parabole du Semeur

    1 Ce jour là, Jésus sortit de la maison et s’assit au bord de la mer.

    2 Et des foules nombreuses s’assemblèrent autour de lui, au point qu'Il monta dans une barque, où Il s'assit, et toute la foule se tenait sur le rivage.

    3 Et Il leur dit beaucoup de choses en se servant de paraboles. Il disait :

    4 « Voici que le semeur est sorti pour semer. Et pendant qu'il semait, des grains tombèrent le long du chemin, et les oiseaux vinrent et les mangèrent.

    5 D'autres grains tombèrent dans des endroits pierreux, où il n'y avait pas beaucoup de terre, et tout aussitôt ils ont levé parce que la terre où ils étaient n'avait pas de profondeur.

    6 Mais le soleil s'étant levé, ils furent brûlés, et comme ils n'avaient point de racine, ils se desséchèrent.

    7 D'autres tombèrent parmi les épines, et les épines venant à croître les étouffèrent.

    8 D'autres, cependant tombèrent dans la bonne terre et donnèrent du fruit, un grain en rapporta cent, un autre soixante, un autre trente.

    9 Que celui qui a des oreilles, entende ! »

    Explication des paraboles

    10 Alors les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »

    11 Jésus leur répondit : « Parce que c'est à vous qu'il a été donné de connaître les mystères du Royaume des Cieux, mais à ceux-là, ce n'est pas donné.

    12 Car à quiconque possède l'on donnera, et il aura surabondance ; mais à celui qui n'a point, on lui ôtera même ce qu'il a.

    13 C'est pourquoi je leur parle en paraboles, parce que tout en voyant, ils ne voient point, et qu'en entendant, ils n'entendent ni ne comprennent point.

    14 Ainsi s'accomplit pour eux la prophétie d'Isaïe (28) : " Et il dit : Pars, et dis à ce peuple : Vous entendrez de vos oreilles, et ne comprendrez point ; vous regarderez de vos yeux, et ne verrez point ;

    15 Car le cœur de ce peuple s'est endurci ; et ils ont fait la sourde oreille, et ils ont fermé leurs yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur cœur ne comprenne, qu'ils ne se convertissent à moi, et que je ne les guérisse."

    16 Mais pour vous, bienheureux sont vos yeux, parce qu'ils voient, et vos oreilles parce qu'elles entendent !

    17 Car en vérité, je vous le dis, beaucoup de Prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu ; entendre ce que vous entendez, et ils ne l'ont pas entendu.

    18 Vous donc, écoutez ce que signifie la parabole du semeur :

    19 " Quiconque écoute la Parole du Royaume et ne la comprend pas, alors le Malin vient, et s’empare de ce qui a été semé dans son cœur ; c'est là celui qui a reçu la semence le long du chemin.

    20 Celui qui a reçu la semence dans des endroits pierreux, c'est celui qui entend la Parole et la reçoit dans l'instant avec joie et l'accepte :

    21 Mais il n'y a point en lui de racines ; il est l'homme d'un moment ; surviennent des épreuves ou des persécutions à cause de la Parole, aussitôt il succombe.

    22 Quant à celui qui a reçu la semence parmi les épines, c'est celui qui entend la Parole ; mais les soucis de ce monde et l’illusion des richesses l'étouffent et elle ne porte point ses fruits.

    23 Mais celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est celui qui écoute la Parole et qui la comprend ; alors celui-là porte du fruit et donne l'un cent, un autre soixante, un autre trente."

    L’ivraie

    24 Jésus leur proposa une autre parabole : « Voici à quoi ressemble le Royaume des Cieux : Un homme avait semé du bon grain dans son champ.

    25 Mais pendant que ses gens dormaient, son ennemi vint semer des ivraies au milieu du blé, et s’en alla.

    26 Or, quand le blé eut monté en herbe, puis en épi, alors apparut aussi les ivraies.

    27 Les serviteurs du maître du domaine vinrent lui dire : " Seigneur, n'avais-tu pas semé de la bonne semence dans ton champ ? D'où vient donc qu’il s’y trouve des ivraies ? "

    28 Il leur répondit : " C'est un ennemi qui a fait cela." Les serviteurs lui dirent alors : " Veux-tu donc que nous allions les ramasser ? "

    29 Et Il leur dit : " Non, de peur qu'en ramassant les ivraies vous ne déraciniez en même temps le blé.

    30 Laissez l'un et l'autre croître ensemble jusqu'à la moisson, et au temps de la moisson je dirai aux moissonneurs : " Cueillez d'abord les ivraies, et liez-les en bottes pour les consumer, et puis rassemblez le blé dans ma grange."

    Le grain de sénevé

    31 Il leur proposa une autre parabole, en disant : « Le Royaume des Cieux est semblable à une graine de moutarde, qu’un homme a pris et a semé dans son champ.

    32 C’est bien la plus petite de toutes les graines ; mais quand elle a poussé c’est la plus grande de toutes les plantes potagères, et elle devient un arbre, en sorte que les oiseaux du ciel viennent faire leur nid dans ses branches. »

    Le levain

    33 Il leur dit encore cette autre parabole : « Le Royaume des Cieux est semblable à du levain qu'une femme a pris et qu'elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que la pâte fût toute levée. »

    Explication des paraboles

    34 Toutes ces choses, Jésus les dit aux foules en se servant de paraboles, et Il ne leur parlait point autrement qu’en paraboles,

    35 afin que fut accomplie cette parole du Prophète qui disait (29) : " J'ouvrirai ma bouche en paraboles ; je dirai les choses qui ont existé dès le commencement."

    36 Alors, ayant renvoyé les foules, Il revint à la maison et ses disciples s'approchèrent de lui en disant : « Explique-nous la parabole des ivraies semées dans le champ. »

    37 Et Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c'est le Fils de l'homme ;

    38 et le champ c'est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; et les ivraies, ce sont les fils du Mauvais ;

    39 l'ennemi qui l'a semée, c'est le Diable ; la moisson, c'est la fin du monde ; et les moissonneurs, ce sont les Anges.

    40 Et donc les ivraies sont ramassés et entièrement brûlées par le feu, ainsi en sera-t-il à l'achèvement du monde.

    41 Le Fils de Dieu enverra ses Anges, qui ramasseront et enlèveront hors de son Royaume tout ce qu'il y a de scandaleux, et tous ceux qui commettent l'iniquité,

    42 et ils les jetteront dans la fournaise du feu : C'est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents.

    43 Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Que celui-là entende qui a des oreilles !

    Le trésor et la perle – le filet

    44 Le Royaume des Cieux est encore semblable à un trésor caché dans un champ ; qu’un homme a trouvé et qu'il cache de nouveau, alors, si grande est sa joie qu'il va vendre tout ce qu'il possède, et achète ce champ.

    45 Il en va aussi du Royaume des Cieux comme d'un marchand qui recherche de belles perles,

    46 et qui en ayant trouvé une de grand prix, s’en est allé vendre tout ce qu'il a et l'achète.

    47 Le Royaume des Cieux est encore semblable à un filet jeté dans la mer et qui ramasse des poissons de toutes espèces.

    48 Lorsqu'il est rempli, les pêcheurs le halent sur le rivage, puis s'assoient et rassemblent ceux qui sont bons dans des paniers, mais rejettent ceux qui ne valent rien.

    49 Il en sera de même à la fin des temps : Les Anges s'avanceront et ils sépareront les mauvais d'au milieu des justes,

    50 et ils les jetteront dans la fournaise de feu : C'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

    51 Jésus leur dit : « Avez-vous compris toutes ces choses ? » Ils lui répondirent : « Oui »

    52 Il leur dit alors : « C'est pourquoi tout scribe devenu disciple de ce qui regarde le Royaume des Cieux, est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. »

    Jésus rejeté par Nazareth

    53 Lorsque Jésus eut terminé ces paraboles, Il partit de là.

    54 Et, étant venu dans son pays natal, Il enseignait le peuple dans leur synagogue ; de sorte que tous étaient saisis d'étonnement et disaient : « D'où lui viennent cette sagesse et ces miracles ?

    55 N'est-ce pas là le fils du charpentier ? Sa mère ne s'appelle-t-elle pas Marie et ses frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ?

    56 Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes parmi nous ? D'où lui vient donc tout cela ? »

    57 Et Il était pour eux une pierre d'achoppement. Mais Jésus leur dit : « Un Prophète n'est méprisé que dans sa patrie, et dans sa maison. »

    58 Alors à cause de leur manque de foi, dans ce lieu Il ne fit pas là beaucoup de miracles.

    28- Isaïe, VI, 9-10. (Les Septante)
    29- Psaume LXXVII, 2. (Les Septante)

     

    Chapitre 14

    1 En ce temps là, Hérode le Tétrarque entendit la renommée de Jésus.

    2 Et il dit à ses serviteurs : « Cet homme est Jean le Baptiste ; c'est lui-même qui et ressuscité d'entre les morts ! Et voilà pourquoi des miracles s'opèrent par lui ! »

    3 Car Hérode avait fait arrêter Jean, il l'avait fait enchaîner à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe,

    4 parce que Jean lui disait : « Il ne t'est pas permis de l'avoir. »

    5 Hérode aurait voulu le faire mourir, mais il craignait le peuple, parce qu'il tenait Jean pour un Prophète.

    6 Or, comme on célébrait l'anniversaire de la naissance d'Hérode, la fille d'Hérodiade dansa au milieu de l'assemblée, et elle plut à Hérode,

    7 au point qu'il affirma avec serment de lui donner tout ce qu'elle demanderait.

    8 Elle donc, poussée par sa mère, lui dit : « Donne-moi ici même, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. »

    9 Le roi fut contristé, mais à cause de ses serments et de ceux qui étaient à table avec lui, il ordonna de la lui donner.

    10 Et il envoya décapiter Jean dans sa prison.

    11 Et sa tête, fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille qui la porta à sa mère.

    12 Alors les disciples de Jean vinrent prendre son corps et l'ensevelirent ; puis ils allèrent en informer Jésus.

    Premier miracle du pain

    13 Quand Jésus entendit cette nouvelle, Il partit de là dans une barque, pour se retirer à l'écart, dans un lieu désert. L'ayant appris les foules sortirent de leurs villes et le suivirent à pied.

    14 Quand Jésus débarqua Il vit ce peuple immense et en fut profondément ému ; et Il guérit leurs malades.

    15 Le soir venu, les disciples s'approchèrent de lui et lui dirent : « Ce lieu est désert, et l'heure est déjà passée ; renvoie donc les foules, afin qu'ils aillent dans les villages acheter de la nourriture. »

    16 Mais Jésus leur dit : « Ils n'ont pas besoin d'y aller, donnez leur vous-mêmes à manger. »

    17 Ils lui répondirent : « Mais nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons. »

    18 Jésus leur dit : « Apportez-les moi ici. »

    19 Et, après avoir donné l'ordre aux foules de s'étendre sur l'herbe, Il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au Ciel, Il les bénit ; puis, rompant les pains, Il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent aux foules.

    20 Ils en mangèrent tous et furent rassasiés, et l’on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient.

    21 Or, ceux qui en avaient mangé étaient au nombre d'environ cinq mille hommes sans compter les femmes et les petits enfants.

    Jésus marche sur les eaux

    22 Aussitôt après Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à passer avant lui sur l'autre bord du lac, pendant qu'Il renverrait les foules.

    23 Après qu'Il les eut renvoyées, Il monta sur la montagne pour prier à l'écart ; et le soir étant venu, Il se trouvait seul.

    24 Cependant la barque, était déjà éloignée au milieu de la mer, battue par les vagues, car le vent était contraire.

    25 À la quatrième veille de la nuit, (30) Jésus alla vers eux, en marchant sur la mer.

    26 Lorsqu'ils le virent marcher sur les eaux, les disciples furent troublés et se dirent : « C'est un fantôme », et à cause de la peur ils se mirent à crier.

    27 Mais aussitôt Jésus leur parla et leur dit : « Rassurez-vous, c'est moi, n'ayez pas peur. »

    28 Pierre alors lui répondit : « Seigneur si c'est toi, commande que j'aille à toi en marchant sur les eaux. »

    29 Jésus lui dit alors : « Viens ». Et Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.

    30 Mais, voyant comme le vent était fort il prit peur, et commençant à couler, il s'écria : « Seigneur, sauve-moi ! »

    31 Aussitôt, Jésus étendant la main le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

    32 Et quand ils furent montés dans la barque ; le vent s'apaisa.

    33 Alors ceux qui étaient dans la barque, vinrent se prosterner devant lui en disant : « Tu es vraiment le Fils de Dieu. »

    34 Ayant traversé le lac, ils abordèrent au territoire de Gennésareth.

    35 Les habitants de ce lieu l'ayant reconnu, envoyèrent des messagers dans tout le pays d'alentour et on lui amena tous les malades.

    36 Et ils suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son vêtement ; et tous ceux qui la touchèrent furent guéris.

    30- De trois à six heures du matin.

     

    Chapitre 15

    Les Pharisiens et leur tradition

    1 Alors des Scribes et des Pharisiens venus de Jérusalem s'approchèrent de Jésus, et lui dirent :

    2 « Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des Anciens ? Car ils ne se lavent pas les mains pour manger leur pain. »

    3 Jésus leur répondit : « Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu pour garder votre tradition ?

    4 Car Dieu a dit dans ses commandements : " Honore ton père et ta mère ", et aussi : " Que celui qui maudira son père ou sa mère, soit puni de mort."

    5 Mais vous, vous dites : Celui qui dira à son père ou à sa mère : " J'ai fait don à Dieu de ce par quoi j'aurais pu vous assister - celui-là n’aura pas à honorer son père ou sa mère."

    6 Ainsi, au nom de votre tradition, vous avez abrogé le commandement de Dieu.

    7 Hypocrites ! Isaïe a bien prophétisé en ce qui vous concerna quand il a dit (31) :

    8 " Mais ils ne l'aimaient que de bouche, et de leur langue ils lui mentaient. Car leur cœur n'était pas droit envers lui, et ils ne furent pas fidèles à son alliance.

    9 Et le Seigneur a dit : Ce peuple s'approche de moi en parole, et il m'honore des lèvres ; mais son cœur est loin de moi. Ils m'honorent en vain, enseignant la science et les maximes des hommes."

    10 Puis, Il fit approcher la foule et Il leur dit : « Écoutez et comprenez.

    11 Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme ; mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui souille l'homme. »

    12 Alors ses disciples s'approchèrent pour lui dire : « Sais-tu que les Pharisiens, ayant entendu cette parole, s'en sont scandalisés ? »

    13 Mais Il leur répondit : « Toute plante que mon Père céleste n'a point plantée sera déracinée.

    14 Laissez-les ; ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles. Et si un aveugle sert de guide à un autre aveugle, tous les deux tomberont dans une fosse. »

    15 Pierre, prenant la parole, lui dit : « Explique-nous la parabole ? »

    16 Jésus lui dit : « Êtes-vous donc encore vous-mêmes sans intelligence ?

    17 Ne comprenez vous pas que tout ce qui entre dans la bouche descend dans le ventre, pour être jeté dehors aux lieux d'aisances ?

    18 Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c'est cela ce qui rend l’homme impur.

    19 Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les actions impudiques, les vols, les faux-témoignages, les blasphèmes.

    20 Ce sont là les choses qui rendent l'homme impur ; mais de manger sans avoir lavé ses mains, ce n'est point ce qui rend l'homme impur. »

    La Cananéenne

    21 Jésus étant parti de ce lieu, se retira dans les environs de Tyr et de Sidon.

    22 C'est alors qu'une femme, une Cananéenne qui venait de ce pays là se mit à crier et à lui dire : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ; ma fille est cruellement tourmentée par un démon. »

    23 Mais Il ne lui répondit pas un mot. Alors ses disciples s'approchèrent, et lui firent cette demande : « Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. »

    24 Mais Il leur dit : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d 'Israël. »

    25 La femme pourtant alla se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours. »

    26 Jésus lui dit : « Il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »

    27 Mais elle lui répondit : « De grâce Seigneur il est vrai, mais les petits chiens mangent quand même les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »

    28 Alors, Jésus lui répondit : « O femme, ta foi est grande : Qu’il te soit fait selon ton désir. » Et à cette heure même sa fille fut guérie.

    Second miracle des pains

    29 Jésus quitta ce pays et s'en alla près de la mer de Galilée. Il s'avança dans la montagne et là Il s'assit.

    30 De grandes foules alors vinrent à lui, ayant avec elles des boiteux, des aveugles, des sourds-muets, des estropiés et beaucoup d'autres malades que l'on mit aux pieds de Jésus, et Il les guérit.

    31 De sorte que tout le peuple était dans l'admiration, en voyant les sourds-muets qui entendaient et parlaient, les infirmes qui étaient guéris, les boiteux qui marchaient, les aveugles qui recouvraient la vue, et il rendait gloire au Dieu d'Israël.

    32 Cependant Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit : « J'ai pitié de ces foules ; car il y a déjà trois jours qu'elles continuent à rester auprès de moi, et elles n'ont rien à manger. Je ne veux pourtant pas les renvoyer à jeun, de peur que les forces ne leur manquent en chemin. »

    33 Ses disciples lui dirent : « Où prendrions-nous donc dans ce lieu désert assez de pains pour rassasier une si grande multitude ? »

    34 Et Jésus leur répondit : « Combien avez-vous de pains ? » – « Sept, lui dirent-ils, et quelques petits poissons. »

    35 Alors Il commanda aux foules de s'étendre à terre.

    36 Puis Il prit les sept pains et les poissons, et après avoir rendu grâces, Il les rompit et les donna à ses disciples, et les disciples les donnèrent aux foules.

    37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta sept corbeilles pleines des morceaux qui restaient.

    38 Or ceux qui en avaient mangé étaient au nombre de quatre mille hommes, sans compter les femmes et les petits enfants.

    39, Après, ayant renvoyé les foules, Jésus monta dans la barque, et se rendit dans les territoires de Magadan (32).

    31- Psaume LXXVII, 36-37 ; Isaïe XXIX, 13 (Les Septante)
    32- Ou Magdala.

     

    Chapitre 16

    Sadducéens et Pharisiens

    1 Les Pharisiens et les Sadducéens vinrent aussi trouver Jésus, et pour le mettre à l'épreuve, ils lui réclamèrent de leur faire voir un signe venant du Ciel.

    2 Jésus leur répondit : « Quand le soir est venu, vous dites : " Il va faire beau, parce que le ciel est rougeoyant."

    3 Et le matin vous dites : " Aujourd'hui, il y aura un orage car le ciel est d'un rouge sombre." Vous savez donc reconnaître ce que présagent les aspects du ciel, et vous n'êtes pas capables de discerner les signes des temps !

    4 Génération mauvaise et adultère qui réclame un signe ! Mais il ne lui en sera point donné d'autre que le signe du Prophète Jonas. » Et les laissant là, Jésus s'en alla.

    5 Cependant en passant de l'autre coté du lac, ses disciples oublièrent de prendre des pains.

    6 Jésus leur dit alors : « Veillez à vous garder avec soin du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! »

    7 Or ils raisonnaient entre eux et se disaient : « C'est parce que nous n'avons pas pris de pains. »

    8 Mais Jésus connut leur pensée et leur dit : « Gens de si peu de foi, pourquoi raisonner ainsi entre vous de ce que vous n'avez pas pris de pain ?

    9 Ne comprenez-vous point encore, et ne vous souvenez-vous pas des cinq pains distribués à cinq mille hommes, et combien de paniers vous avez emportés ?

    10 Ni les sept pains distribués à quatre mille hommes, et combien de corbeilles vous avez emportées ?

    11 Comment ne comprenez-vous pas que ce n'est pas à propos de pain que je vous ai dit : Gardez-vous du levain des Pharisiens et des Sadducéens ! ? »

    12 Alors ils comprirent qu'Il ne leur avait pas dit de se garder du levain qu'on met dans le pain, mais de l'enseignement des Pharisiens et des Sadducéens.

    Pierre confesse sa foi – Jésus est le Christ

    13 Cependant, Jésus étant allé vers le pays de Césarée de Philippe, posa cette question à ses disciples : « Au dire des gens, qu'est le Fils de l’homme ? »

    14 Ils lui répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste, pour d’autres Élie, pour d'autres encore Jérémie, ou quelqu'un des Prophètes. »

    15 Jésus leur dit : « Mais vous, qui dites-vous que je suis ? »

    16 Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

    17 Alors Jésus lui dit : « Tu es bienheureux, Simon, fils de Jonas, car ce n'est ni la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les Cieux.

    18 Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre (33) je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre Elle.

    19 Et je te donnerai les Clefs du Royaume des Cieux, et tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les Cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les Cieux. »

    20 Puis Il recommanda à ses disciples de ne dire à personne que c'était lui, Jésus, qui était le Christ.

    21 Dès lors, Jésus commença à déclarer à ses disciples qu'il fallait qu'Il montât à Jérusalem, qu'Il y souffrit beaucoup de la part des Anciens, des Grands-Prêtres, et des Scribes ; qu'Il y fut mis à mort pour ressusciter le troisième jour.

    22 Sur quoi Pierre, le prenant à part, se mit à le reprendre en lui disant : « À Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t'arrivera point ! »

    23 Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : « Va-t'en derrière moi, Satan ! Tu es une occasion de chute pour moi ; car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais des hommes. »

    24 Alors, Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive.

    25 Car celui qui voudra sauver sa vie, la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi, la trouvera.

    26 Que servira-t-il à un homme de gagner le monde entier, s'il vient à perdre son âme ? Ou que donnerait un homme en échange de son âme ?

    27 En effet le Fils de l'homme doit venir dans la Gloire de son Père avec ses Anges, et c'est alors qu'Il rendra à chacun selon ses œuvres.

    28 En vérité, je vous le dis, parmi ceux qui se tiennent ici présents, quelques-uns ne goûteront pas la mort, jusqu'à ce qu'ils voient le Fils de l'homme venant dans la majesté de son Règne. »

    33- La " Confession de Foi " de Pierre.

     

    Chapitre 17

    La transfiguration

    1 Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et les emmena à l'écart sur une haute montagne.

    2 Et Il fut transfiguré devant eux. Son visage se mit à resplendir comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.

    3 Et voici que leur apparurent Moïse et Élie qui parlaient avec lui.

    4 Pierre prit alors la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il nous est bon d'être ici ; si tu veux, faisons ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »

    5 Il parlait encore qu'une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et que de la nuée une voix se fit entendre disant : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection, écoutez-le."

    6 En entendant cette voix, les disciples tombèrent la face contre terre, et furent saisis d'une grande frayeur.

    7 Mais Jésus s'avança vers eux, les toucha et leur dit : « Relevez-vous, et ne craignez point. »

    8 Alors, levant les yeux, ils ne virent plus que Jésus, seul.

    9 En descendant de la montagne, Jésus leur fit cette défense : « Ne parlez à personne de cette vision, jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts. »

    10 Les disciples lui demandèrent aussi : « Pourquoi donc les Scribes disent-ils qu’Élie doit venir d’abord ? »

    11 Alors Jésus leur répondit : « Il est vrai qu’Élie doit venir, et rétablir toutes choses.

    12 Mais, je vous le dis, Élie est déjà venu ; et ils ne l'ont pas reconnu, et ils ont fait de lui tout ce qu'ils ont voulu. De même le Fils de l'homme lui aussi souffrira par eux. »

    13 Alors les disciples comprirent qu'Il leur parlait de Jean le Baptiste.

    14 Lorsqu'ils arrivèrent près de la foule, un homme s'approcha de Jésus, et tombant à genoux devant lui, il lui dit :

    15 « Seigneur, aie pitié de mon fils, il est épileptique et il souffre cruellement ; car souvent il tombe dans le feu, et souvent aussi dans l'eau.

    16 Et je l'ai présenté à tes disciples, mais ils n'ont pu le guérir. »

    17 Jésus prenant la parole, dit : « Génération incrédule et pervertie, jusqu'à quand serai-je avec vous ? Jusqu'à quand devrai-je vous supporter ? Amenez-le moi ici »

    18 Puis Jésus commanda avec menace au démon, et le fit sortir de l'enfant, qui fut guéri à cette heure même.

    19 Les disciples alors vinrent trouver Jésus en particulier, et lui dirent : « Pourquoi est-ce que nous, nous n'avons pas pu chasser ce démon ? »

    20 Jésus leur dit : « A cause de votre peu de foi. Car en vérité je vous le dis, si vous avez de la foi comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : " transporte-toi d'ici à là-bas ", et elle s'y transportera, et rien ne vous sera impossible.

    Annonce de la passion

    [21 Mais cette sorte de démon ne peut être chassé que par la prière et par le jeûne. »]

    22 Comme ils s'en retournaient en Galilée, Jésus leur dit : « Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes.

    23 Et ils le feront mourir, et au troisième jour Il ressuscitera. » Et les disciples en furent profondément affligés.

    Jésus et l'impôt

    24 Quand ils furent de retour à Capharnaüm, ceux qui étaient chargés de percevoir l’impôt des deux drachmes pour le Temple, vinrent trouver Pierre et lui dirent : « Est-ce que votre Maître paie les deux drachmes ? »

    25 Il répondit : « Oui. » Et lorsqu'ils furent entrés dans la maison, Jésus le prévenant, lui dit : « Que t'en semble, Simon ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils leurs impôts, ou leurs taxes ? De leurs propres fils, ou des étrangers ? »

    26 Pierre répondit à Jésus : « Des étrangers. » Alors Jésus lui dit : « Donc leurs fils en sont exempts.

    27 Cependant, pour ne pas les scandaliser, va à la mer jette l'hameçon et tire le premier poisson qui s’y prendra ; ouvre-lui la bouche, tu y trouveras un statère (34) ; prends-le et donne-le leur pour moi et pour toi. »

    34- Pièce de monnaie d'une valeur de quatre drachmes (monnaie en Grèce).

     

    Chapitre 18

    Le scandale – le pardon

    1 En ce temps là les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des Cieux ? »

    2 Alors, Jésus appela un petit enfant, le mit au milieu d'eux, et leur dit :

    3 « Je vous le dis en vérité, si vous ne changez pas et ne devenez pas comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le Royaume des Cieux.

    4 Ainsi, quiconque se fera humble comme l'est cet enfant, sera le plus grand dans le Royaume des Cieux,

    5 et quiconque accueille en mon Nom un petit enfant comme celui-ci, c'est moi-même qu'il accueille.

    6 Mais que si quelqu'un scandalise un seul de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui pendit au cou une de ces meules de moulin que tournent les ânes, et qu'on le jetât au fond de la mer.

    7 Malheur pour le monde à cause des scandales ! Car il est nécessaire qu'il arrive des scandales ; mais malheur pour l'homme par lequel le scandale arrive !

    8 Que si donc ta main ou ton pied te sont une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi. Car il vaut mieux pour toi que tu entres dans la Vie n'ayant qu'un pied ou qu'une main, que d'avoir tes deux pieds et tes deux mains et d’être jeté au feu éternel.

    9 Et si ton œil est pour toi un sujet de chute, arrache-le, et jette-le loin de toi. Il vaut mieux pour toi entrer dans la Vie n'ayant qu'un seul œil plutôt que d'avoir tes deux yeux, et d’être jeté au feu de la géhenne.

    10 Gardez-vous bien de mépriser aucun de ces petits, car je vous le dis, leurs Anges dans les Cieux se tiennent sans cesse en présence de mon Père qui est dans les Cieux.

    [11 Car le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu.]

    12 Que vous en semble ? Si un homme possède cent brebis, et qu'une seule d'entre elles vienne à s’égarer, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour aller chercher celle qui s'est perdue ?

    13 Et s'il arrive qu'il la retrouve, je vous dis en vérité, que cette brebis lui causera plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont point égarées.

    14 Ainsi, ce n'est pas la volonté de votre Père qui est dans le Ciel, qu'un seul de ces petits se perde.

    15 Que si ton frère a péché, va le trouver pour lui montrer seul à seul son erreur ; s'il t'écoute, tu auras gagné ton frère.

    16 Mais s'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes, afin que tout ce qui sera dit soit confirmé par la parole de deux ou trois témoins (35).

    17 Et s’il ne les écoute pas non plus, dis-le à l’Église, et s’il n'écoute pas non plus l’Église, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain.

    18 Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le Ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le Ciel.

    19 Je vous le dis encore, en vérité que si deux d’entre vous sur cette terre s'accordent sur quoi que ce soit qu’ils aient à demander, cela leur sera accordé par mon Père qui est dans les Cieux.

    20 Car là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis là au milieu d’eux. »

    21 Alors, Pierre s’approcha et lui dit : « Seigneur, combien de fois devrai-je pardonner à mon frère qui aura péché contre moi ? Le ferai-je jusqu’à sept fois ? »

    22 Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois.

    Le débiteur impitoyable

    23 C'est pourquoi le Royaume des Cieux est semblable à certain roi qui voulut faire ses comptes avec ses esclaves.

    24 Quand il eut commencé à le faire, on lui en présenta un qui lui devait dix mille talents.

    25 Mais comme il n'avait pas de quoi les rendre, son seigneur commanda qu'on le vendit, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu’il possédait pour que la dette fut acquittée.

    26 Cet esclave, se jetant alors à ses pieds, se prosternait devant lui en disant : " Seigneur, aie patience envers moi, et je te rendrai tout."

    27 Alors, profondément touché de compassion, le seigneur de cet esclave le laissa aller, et lui remit sa dette.

    28 Mais cet esclave étant sorti, rencontra un de ses compagnons de service qui lui devait cent deniers, et l'ayant saisi à la gorge, il l'étranglait en lui disant : " Rends-moi ce que tu me dois."

    29 Son compagnon, se jetant à ses pieds, le suppliait en lui disant : " Donne-moi du temps, et je te paierai tout."

    30 Cependant il ne voulait point l’écouter, mais il alla le faire jeter en prison jusqu'à ce qu’il payât sa dette.

    31 Les autres compagnons de service voyant ce qui se passait, en furent extrêmement affligés, et ils allèrent informer leur seigneur de tout ce qui était arrivé.

    32 Alors, son seigneur l'ayant fait venir, lui dit : " Méchant esclave, je t'avais remis tout ce que tu me devais, parce que tu m’en avais supplié.

    33 Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi-même j'ai eu pitié de toi ? "

    34 Et, plein de colère, son seigneur le livra aux tortionnaires, en attendant qu'il eût remboursé tout son dû.

    35 C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère du fond du cœur ses offenses. »

    35- Deutéronome XIX, 15 (Les Septante) ; Épître aux Romains XVI, 17 ; I Épître aux Corinthiens V, 11.

     

    Chapitre 19

    Question sur le divorce

    1 Jésus, ayant achevé ce discours, partit de la Galilée et s’en vint dans les territoires de la Judée, de l'autre côté du Jourdain.

    2 De grandes foules le suivirent, et là Il les guérit.

    3 Les Pharisiens vinrent aussi à lui pour le mettre à l'épreuve et lui dirent : « Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour quelque cause que ce soit ? »

    4 Jésus leur répondit : « N’avez-vous point lu que le Créateur, au commencement, créa l'homme et la femme, et qu’Il dit :

    5 " C'est pour cette raison, que l’homme quittera son père et sa mère, et qu'il s'attachera à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair." (36)

    6 Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni. »

    7 Ils lui répondirent : « Alors pourquoi Moïse a-t-il prescrit qu’on donnât à sa femme un acte de divorce pour la renvoyer ? »

    8 Jésus leur dit : « C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes. Mais cela n'a pas été ainsi dès le commencement.

    9 Or je vous le déclare, quiconque renvoie sa femme sauf en cas d'infidélité, et en épouse une autre commet un adultère ; »

    Mariage et célibat

    10 Ses disciples lui dirent : « Si telle est la condition de l’homme à l'égard de la femme, il n’y a pas avantage à se marier. »

    11 Jésus leur répondit : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela a été donné.

    12 Car il y a des eunuques qui sont nés ainsi du sein de leur mère ; il y en a qui ont été faits eunuques par la main des hommes ; et il en est aussi qui se sont rendus tels eux-mêmes à cause du Royaume des Cieux. Que celui qui peut comprendre, comprenne ! »

    Jésus et les enfants

    13 On lui présenta alors de petits enfants afin qu'Il leur imposât les mains et qu'Il priât pour eux. Mais les disciples les réprimandèrent.

    14 Alors Jésus leur dit : « Laissez en paix ces petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des Cieux est pour ceux qui leur ressemblent. »

    15 Et après leur avoir imposé les mains, Il partit de là.

    Le jeune homme riche

    16 Alors, un jeune homme s'approcha de Jésus, et lui dit : « Maître, que dois-je faire de bon pour acquérir la vie éternelle ? »

    17 Jésus lui dit : « Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon ? Un seul est le Bon. Si tu veux entrer dans la Vie, garde les commandements. »

    18 « Lesquels ? », lui dit-il. Jésus lui répondit : « Tu ne tueras pas ; tu ne seras pas adultère ; tu ne voleras pas ; tu ne porteras pas de faux témoignages.

    19 Honore ton père et ta mère, et tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

    20 Le jeune homme lui dit : « J’ai gardé tous ces commandements ; que me manque-t-il encore ? »

    21 Jésus lui dit : « Si tu veux être parfait, va vendre ce que tu possèdes et donne le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le Ciel ; puis viens et suis-moi. »

    22 Quand il eut entendu ces paroles, le jeune homme s'en alla tout triste ; car il avait de grands biens.

    23 Et Jésus dit à ses disciples : « En vérité, je vous le dis, il sera difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux.

    24 Je vous le dis encore une fois, il est plus facile à un chameau de passer par le chas d'une aiguille, qu'il ne l'est à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu. »

    25 Ses disciples entendant ces paroles, étaient fortement frappés de stupeur et ils se disaient : « Qui alors peut être sauvé ? »

    26 Jésus les regardant, leur dit : « Cela est impossible aux hommes ; mais tout est possible à Dieu. »

    27 Pierre alors lui répondit : « Pour nous, nous avons tout quitté pour te suivre, qu'en sera-t-il donc pour nous ? »

    28 Et Jésus leur dit : « En vérité, je vous le dis, pour vous qui m’avez suivi, lors de la régénération, quand le Fils de l'homme siégera sur le Trône de sa gloire, vous aussi vous siégerez sur douze Trônes, pour juger les douze tribus d’Israël.

    29 Et quiconque aura quitté à cause de mon nom, sa maison, ou des frères, ou des sœurs, ou un père, ou une mère, ou des enfants ou des champs, recevra cent fois plus et il héritera la Vie éternelle.

    30 Et nombreux de premiers seront derniers, et de derniers seront premiers.

    36- Genèse I, 27 ; II, 24. (Les Septante)

     

    Chapitre 20

    Les ouvriers de la 11ème heure

    1 En effet, il en est pour le Royaume des Cieux de même que pour un domaine dont le maître sortit de grand matin afin de louer des ouvriers pour travailler à son vignoble.

    2 Quand il fut convenu avec les ouvriers d'un denier pour leur journée, il les envoya à son vignoble.

    3 Il sortit encore vers la troisième heure, et en vit d'autres qui se tenaient sur la place publique sans rien faire.

    4 Et il dit à ceux-là : « Allez, vous aussi, à mon vignoble, et je vous donnerai ce qui sera juste » ; et ils y allèrent.

    5 Il sortit encore vers la sixième heure, et vers la neuvième heure et fit de même.

    6 Enfin vers la onzième heure, étant encore sorti, il en trouva d'autres qui étaient là sans rien faire, et il leur dit : « Pourquoi demeurez-vous là tout le jour, sans travailler ? »

    7 Ils lui répondirent, « C'est que personne ne nous a embauchés. » Il leur dit : « Allez, vous aussi à mon vignoble. »

    8 Et quand vint le soir, le maître du vignoble dit à son intendant : « Fais venir les ouvriers et donne leur leur salaire en allant des derniers jusqu'aux premiers. »

    9 Et ceux de la onzième heure vinrent et reçurent chacun un denier.

    10 Mais quand vinrent les premiers, ils pensèrent qu'ils recevraient davantage ; et ils reçurent eux aussi, un denier chacun.

    11 Et en le recevant, ils murmuraient contre le maître du domaine,

    12 et ils disaient : « Ceux-là venus les derniers n'ont travaillé qu'une heure seulement, et tu les traites de la même façon que nous qui avons supporté le poids du jour et de la chaleur brûlante. »

    13 Mais pour réponse, le maître dit à l'un d'entre eux : « Ami, je ne te fais point de tort. N’as-tu pas convenu avec moi d’un denier ?

    14 Prends ce qui est à toi, et va. Pour moi, je veux donner à celui-là qui est le dernier autant qu'à toi.

    15 Ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui est à moi ? Ou bien ton œil est-il mauvais parce que je suis bon ?

    16 Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. »

    Annonce de la passion

    17 Comme Jésus montait à Jérusalem, Il prit à part les Douze disciples et en chemin, Il leur dit :

    18 « Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux Grands-Prêtres et aux Scribes, et ils le condamneront à mort,

    19 ils le livreront aux païens pour qu'ils se moquent de lui, qu'ils le fassent fouetter et qu'ils le crucifient ; et le troisième jour Il ressuscitera. »

    La requête des fils de Zébédée

    20 Alors s'approcha de lui la mère des fils de Zébédée, avec ses fils, et elle se prosterna devant lui pour lui faire une demande.

    21 Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle lui dit, « Dis que dans ton Royaume, mes deux fils que voici siègent l'un à ta droite, et l'autre à ta gauche. »

    22 Mais Jésus lui répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons. »

    23 Et Jésus leur dit : « Ma coupe vous la boirez, et pour ce qui est de siéger à ma droite et à ma gauche, ce n'est pas à moi de vous le donner ; mais à ceux pour qui cela a été préparé par mon Père. »

    24 En entendant cela, les Dix s’indignèrent envers les deux frères.

    25 Mais Jésus les ayant appelés près de lui, leur dit : « Vous savez que les chefs des nations leur commandent en maîtres et que les grands exercent sur elles leur pouvoir.

    26 Il n’en doit pas être ainsi parmi vous ; mais que celui qui voudra devenir grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur.

    27 Et que quiconque voudra être le premier parmi vous, qu'il soit votre esclave.

    28 De même que le Fils de l'homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour une multitude. »

    Guérison de deux aveugles à Jéricho

    29 Et comme Jésus sortait de Jéricho, une foule immense le suivit.

    30 Or voici que deux aveugles, qui étaient assis au bord du chemin, apprenant que c'était Jésus qui passait, se mirent à crier : « Seigneur, fils de David, aie pitié de nous ! »

    31 La foule, cependant, leur enjoignait de se taire ; mais eux criaient encore plus fort : « Seigneur, fils de David, aie pitié de nous ! »

    32 Alors Jésus s’arrêta, les appela et leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »

    33 Ils lui répondirent : « Seigneur, que nos yeux s’ouvrent ! »

    34 Profondément ému de compassion, Jésus leur toucha les yeux, et aussitôt ils recouvrèrent la vue et se mirent à le suivre.

     

    Chapitre 21

    L'entrée triomphale à Jérusalem

    1 Comme ils approchaient de Jérusalem, et qu'ils étaient arrivés à Bethphagé, près du Mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples en leur disant :

    2 « Allez au village qui est devant vous, et tout aussitôt vous y trouverez une ânesse à l'attache, et son ânon avec elle ; détachez-les et amenez-les-moi.

    3 Et si quelqu'un vous dit quelque chose, répondez que le Seigneur en a besoin, et aussitôt il les renverra. »

    4 Et tout ceci se fit, afin que fut accomplie cette parole qu'avait dite le Prophète :

    5 " Car voilà que le Seigneur a proclamé ces mots jusqu'aux extrémités de la terre : Dites à la fille de Sion : Voilà que le Sauveur est venu à toi ayant ses récompenses et son œuvre devant lui."

    " Réjouis-toi grandement, Sion, ma fille, annonce à haute voix, Jérusalem, ma fille : Voilà que ton roi vient à toi, juste et sauveur, et Il est plein de douceur, Il est monté sur un âne, et sur un ânon, petit de l'ânesse. (37)"

    6 Les disciples s'en allèrent donc et firent comme Jésus leur avait commandé.

    7 Ils amenèrent l'ânesse et son ânon, et ils disposèrent sur eux leurs vêtements, sur lesquels Jésus s'assit.

    8 Alors une grande multitude de peuple étendirent leurs vêtements sur le chemin ; tandis que d'autres coupaient des branches aux arbres et ils les étalaient sur le chemin.

    9 Et toute cette foule qui marchait devant lui et celle qui suivait, lui criait : « Hosanna au Fils de David ! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des Cieux ! »

    10 Et lorsqu'Il fut entré, dans Jérusalem, toute la ville fut en émoi. Et l'on se disait : « Qui est celui-ci ? »

    11 Et la foule répondait : « C'est Jésus le Prophète, venant de Nazareth en Galilée. »

    Jésus au Temple chasse les vendeurs

    12 Puis Jésus entra dans le Temple et Il en chassa tous ceux qui y vendaient et qui y achetaient dans le Temple ; et Il renversa les tables des changeurs ainsi que les sièges des marchands de colombes.

    13 Et Il leur dit : « Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière ; mais vous, vous en faites une caverne de bandits. »

    14 Alors des aveugles et des boiteux s'approchèrent de lui dans le Temple, et Il les guérit.

    15 Or, quand les Grands-Prêtres et les Scribes virent les prodiges qu'Il avait faits, et que les enfants l'acclamaient dans le Temple en disant : « Hosanna au Fils de David ! » Ils s'indignèrent,

    16 et ils lui dirent : « Tu entends ce qu'ils disent ? » Alors Jésus leur répondit : « Oui, n'avez-vous jamais lu ceci : Vous avez mis la parfaite louange dans la bouche des enfants à la mamelle, [à cause de vos ennemis, pour confondre le haineux et le vindicatif] (38). »

    17 Et les quittant, Il sortit de la ville pour aller à Béthanie où Il demeura pendant la nuit.

    Le figuier maudit

    18 Comme Il revenait à la ville, de bon matin, Il eut faim.

    19 Et apercevant un figuier au bord du chemin, Il s'en approcha ; mais Il n'y trouva seulement que des feuilles. Il dit alors au figuier : « Jamais plus tu ne porteras de fruit ! » Et à l’instant même, le figuier se dessécha.

    20 A cette vue, les disciples furent saisis d'étonnement, et se dirent : « Comment ce figuier a-t-il pu se dessécher en un instant ? »

    21 Mais Jésus leur dit en réponse : « En vérité, je vous le dis, si vous avez la foi et si vous ne doutez pas, non seulement vous ferez ce que j'ai fait à ce figuier ; mais même si vous dites à cette montagne : " Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer ", cela se fera.

    22 Et tout ce que vous demanderez avec foi dans la prière, vous l'obtiendrez. »

    L'autorité de Jésus

    23 Quand Il fut entré dans le Temple, les Grands-Prêtres et les Anciens du peuple s'approchèrent de lui alors qu'Il enseignait, et lui dirent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t'as donné cette autorité ? »

    24 Jésus leur répondit : « Moi aussi je vous interrogerai, et si vous me répondez, je vous dirai moi aussi par quelle autorité je fais ces choses.

    25 Le baptême de Jean, d'où venait-il ? Du Ciel, ou des hommes ? » Mais ils raisonnèrent entre eux en disant : " Si nous répondons : du Ciel, Il nous dira : pourquoi alors, n'avez-vous pas cru en lui ?

    26 Et si nous disons qu'il venait des hommes il nous faut craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un Prophète. "

    27 Alors ils répondirent à Jésus : « Nous ne savons pas. » Et lui aussi leur dit : « Moi non plus je ne vous dis pas par quelle autorité je fais ces choses.

    Parabole des deux fils

    28 Quel est votre avis de ceci ? Un homme avait deux fils, et s'adressant au premier il lui dit : " Mon enfant, va travailler aujourd'hui à mon vignoble. "

    29 Mais il lui répondit : " je ne veux pas. " Cependant, un peu plus tard, touché de repentir, il y alla.

    30 Puis s'approchant alors du second, il lui dit la même chose. Et il lui répondit : " j’y vais, Seigneur. " Mais il n’y alla point.

    31 Lequel des deux a fait la volonté de son père ? » Ils lui dirent : « Le premier. » Jésus leur dit : « En vérité, je vous le dis, les collecteurs des taxes et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu.

    32 En effet Jean est venu à vous en suivant la voie de la justice, et vous n'avez pas eu foi en lui. Mais les publicains, au contraire, et les prostituées, ont cru en lui. Et vous, voyant cela, vous n'avez pourtant point été touchés de repentir pour avoir foi en lui.

    Parabole des Vignerons homicides

    33 Écoutez une autre parabole : Il y avait un homme qui était le maître d'un domaine. Il planta un vignoble, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir, et y bâtit une tour. Puis il afferma son vignoble à des vignerons, et partit pour un pays lointain.

    34 Or quand approcha le temps de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour en recueillir les fruits.

    35 Mais les vignerons se saisirent de ses serviteurs, battirent l'un, tuèrent l'autre et en lapidèrent un troisième.

    36 Il envoya encore d'autres serviteurs, plus nombreux que les premiers, et ils les traitèrent de même.

    37 A la fin, il leur envoya son fils en disant : " Ils auront du respect pour mon fils. "

    38 Mais en voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : " Voici l'héritier ; venez, tuons-le, et emparons-nous de son héritage. "

    39 Et ils se saisirent de lui, le jetèrent hors du vignoble, et le tuèrent.

    40 Maintenant, quand le maître du vignoble viendra, comment traitera-t-il ces vignerons ? »

    41 Ils lui répondirent : « Il fera misérablement périr ces misérables, et il affermera son vignoble à d'autres vignerons qui lui en rendront les fruits en leur temps. »

    La pierre d’angle

    42 Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : " La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs c'est elle qui est devenue la tête d'angle. C'est le Seigneur qui la faite, et elle est admirable à nos yeux (39). "

    43 C'est pourquoi je vous le dis : Le Royaume de Dieu vous sera enlevé loin de vous, et il sera donné à un peuple qui en produira ses fruits.

    44 Et celui qui tombera sur cette pierre sera fracassé, et elle écrasera celui sur qui elle tombera. »

    45 En entendant les paraboles que disait Jésus, les Grands-Prêtres et les Pharisiens comprirent que c'était d'eux qu'Il parlait.

    46 Et tout en cherchant à se saisir de lui ; ils craignirent les foules, parce qu'elles le tenaient pour un Prophète.

    37- Isaïe LXII, 11 ; Zacharie IX, 9. (Les Septante)
    38- Psaume VIII, 2. (Les Septante)
    39- Psaume CXVII, 22 (Les Septante)

     

    Chapitre 22

    Le festin des noces

    1 Jésus reprit la parole et leur parlant encore en paraboles, Il leur dit :

    2 « Le Royaume des Cieux est semblable à un roi qui célébrait le mariage de son fils.

    3 Il envoya ses serviteurs faire venir ceux qui étaient conviés aux noces, mais ils ne voulurent pas venir.

    4 Il envoya encore d'autres serviteurs en disant : " Dites aux invités : maintenant j'ai préparé mon banquet, mes taureaux et mes bêtes grasses sacrifiés ; tout est prêt, venez aux noces. "

    5 Mais eux, n'en tinrent aucun compte, et ils s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ;

    6 et les autres se saisirent de ses serviteurs, les couvrirent d'outrages, et les tuèrent.

    7 Le Roi, l'ayant appris, se mit en colère ; et, ayant envoyé ses armées, il extermina ces meurtriers et brûla leur ville.

    8 Alors il dit à ses serviteurs : " Le festin est prêt, mais ceux qui y avaient été invités n'en étaient pas dignes.

    9 Allez donc aux sorties des chemins, et conviez aux noces tous ceux que vous trouverez. "

    10 Étant sortis les serviteurs allèrent donc par les chemins, et ils rassemblèrent tous ceux qu'ils trouvèrent, les mauvais et les bons ; et la salle des noces fut remplie de convives.

    11 Or quand le Roi entra pour regarder ceux qui étaient à table, il vit là un homme qui n’avait point revêtu un vêtement de noce.

    12 Et il lui dit : " Ami, comment es-tu entré ici sans avoir un vêtement de noce ? " Et cet homme resta muet.

    13 Alors le Roi dit aux valets : " Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dehors, dans les ténèbres extérieures. " Là seront les pleurs et les grincements de dents.

    14 Car il y a de nombreux appelés, mais peu sont choisis. »

    Le tribut à César

    15 Alors les Pharisiens s’en allèrent et délibérèrent entre eux sur les moyens de piéger Jésus dans ses paroles.

    16 Et ils lui envoyèrent de leurs disciples avec des Hérodiens pour lui dire : « Maître, nous savons que tu es franc et que tu enseignes la voie de Dieu en toute vérité, sans te préoccuper de qui que ce soit ; car tu ne considères point l'apparence des hommes.

    17 Dis-nous donc ton avis : Est-il permis ou défendu de donner l'impôt à César ? »

    18 Mais Jésus, connaissant leur malice, leur dit : « Hypocrites, pourquoi cherchez-vous à me mettre à l'épreuve ?

    19 Montrez-moi la monnaie de l'impôt. » Ils lui présentèrent un denier.

    20 Et Il leur dit : « De qui est cette effigie, et son inscription ? »

    21 Ils répondirent : « De César. » Alors Il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

    22 Quand ils entendirent cette réponse, ils furent tout étonnés, et l'ayant laissé ils s'en allèrent.

    Sur la résurrection

    23 Ce jour là des Sadducéens, ceux-là mêmes qui disent qu'il n'y a pas de résurrection, s'approchèrent de lui, et l'interrogèrent en disant :

    24 « Maître, Moïse a dit : Si un homme meurt sans avoir d'enfant, son frère devra épouser la veuve, sa belle-sœur, pour donner une postérité à son frère.

    25 Or il y avait parmi nous sept frères ; le premier épousa une femme, puis mourut, et comme il n'avait pas d’enfant, il laissa sa femme à son frère.

    26 Il en fut de même pour le deuxième, et pour le troisième, et les autres jusqu'au septième.

    27 A la fin, après eux tous, cette femme elle aussi mourut.

    28 Lors donc de la résurrection, duquel des sept sera-t-elle la femme ? Puisque de tous elle l'a été ? »

    29 Jésus leur répondit : « Vous vous égarez, parce que vous ne connaissez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu.

    30 En effet, à la résurrection ni les femmes n'épouses ni elles ne seront épousées, mais on est comme des Anges dans le Ciel.

    31 Et pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous point lu ces paroles que Dieu vous a dites en ces termes :

    32 " Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob. (40) " Or Dieu n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants ! »

    33 En entendant cela, les foules étaient remplies d'admiration par son enseignement.

    Le plus grand commandement

    34 Mais les Pharisiens, ayant appris que Jésus avait réduit au silence les Sadducéens, s'assemblèrent dans le même lieu.

    35 Et l'un d'eux, docteur de la Loi, lui demanda pour le mettre à l’épreuve :

    36 « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi ? »

    37 Jésus lui dit alors : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton esprit, de toute ton âme, de toute ta force (41).

    38 C'est là le premier et le plus grand commandement.

    39 Mais le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même (42).

    40 De ces deux commandements dépendent toute la Loi et les Prophètes. »

    Jésus est le fils de David

    41 Or, comme les Pharisiens se trouvaient réunie, Jésus leur fit cette question :

    42 « Quel est votre avis au sujet du Christ ? De qui est-Il le fils ? » Ils lui dirent : « De David. »

    43 Il leur répondit : « Comment donc David, sous l’inspiration de l'Esprit, peut-il l'appeler Seigneur, quand il dit :

    44 " Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Siège à ma droite, jusqu'à ce que j'ai mis tes ennemis sous tes pieds pour te servir d’escabeau. (43) "

    45 Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-Il son fils ? »

    46 Et personne ne put rien lui répondre ; et depuis ce jour-là, nul n'osa plus l'interroger.

    40- Exode III, 6. (Les Septante)
    41- Deutéronome VI, 5 (Les Septante)
    42- Lévitique XIX, 18 (Les Septante)
    43- Psaume CIX, 1 (Les Septante)

     

    Chapitre 23

    Contre les Scribes et les Pharisiens

    1 Alors, Jésus parla à la foule et à ses disciples :

    2 « Les Scribes et les Pharisiens, leur dit-Il, se sont installés sur la chaire de Moïse.

    3 Observez donc et faites tout ce qu’ils vous diront de faire ; mais n'agissez pas comme ils agissent eux-mêmes, car ils disent ce qu’il faut faire et ne le font pas.

    4 Ils lient des fardeaux lourds et difficiles à porter, et les mettent sur les épaules des hommes, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du bout du doigt.

    5 Toutes leurs actions, ils les font pour être regardés par les hommes. C'est ainsi qu'ils portent de plus larges phylactères (44) et des franges plus longues.

    6 Ils aiment à occuper le premier divan dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues,

    7 à être salués sur les places publiques et à être appelés Rabbi (45) par les hommes.

    8 Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi ; car vous n'avez qu’un seul Maître, et vous êtes tous frères.

    9 Et ne donnez à personne sur la terre le nom de Père (46) ; car vous n'avez qu'un seul Père, Celui qui est dans les Cieux.

    10 Ne vous faites pas non plus appeler Maître ; car vous n'avez qu'un seul Maître le Christ.

    11 Mais le plus grand parmi vous se fera votre serviteur.

    12 Car quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé.

    13 Mais malheur pour vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous fermez aux hommes le Royaume des Cieux ! Vous n'entrez certes pas vous-mêmes, et vous ne laissez même pas entrer ceux qui le voudraient !

    14 Malheur pour vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, qui dévorez les biens des veuves, tout en affectant de faire de longues prières ; vous subirez de ce fait une condamnation plus sévère.

    15 Malheur pour vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, vous qui courez les mers et les continents pour faire ne fut-ce qu'un seul prosélyte, et après qu'il l'est devenu, vous faites de lui un fils de la géhenne deux fois plus que vous.

    16 Malheur pour vous, guides aveugles qui dites : " Si quelqu'un jure par le Temple, ce n'est rien ; mais s'il jure par l'or du Temple, il est tenu par son serment. "

    17 Stupides et aveugles ! Lequel est le plus important, l'or, ou le Temple qui a sanctifié cet or ?

    18 Et si quelqu'un, dites-vous encore, jure par l'Autel, cela n'est rien ; mais s'il jure par l'offrande que l’on met sur l'Autel, il est tenu par son serment.

    19 Aveugles ! Lequel est le plus grand, l'offrande, ou bien l'Autel qui sanctifie l’offrande ?

    20 Celui donc qui jure par l'Autel, jure par l'Autel lui-même et par tout ce qui est dessus.

    21 Et quiconque jure par le Temple, jure par le Temple et par Celui qui l'habite.

    22 Et celui qui jure par le Ciel, jure par le Trône de Dieu, et par Celui qui y siège.

    23 Malheur pour vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous payez la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, et que vous négligez ce qu'il y a de plus important dans la Loi, la justice, la miséricorde et la Foi. C'est ceci qu'il fallait pratiquer, sans négliger cela.

    24 Guides aveugles, qui filtrez le moucheron, et engloutissez la chamelle !

    25 Malheur pour vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, parce que vous purifiez l'extérieur de la coupe et de l'écuelle, tandis qu'à l'intérieur elles sont pleines de rapines et d'intempérance.

    26 Pharisien aveugle, commence par purifier l'intérieur de la coupe et de l'écuelle pour que l’extérieur en devienne pur lui aussi.

    27 Malheur pour vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, qui ressemblez à des sépulcres blanchis. Au dehors, ils ont belle apparence, mais le dedans est plein d'ossements de morts et de toute impureté.

    28 Il en est de même pour vous, qui de l'extérieur paraissez justes aux yeux des hommes, mais au dedans vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité.

    29 Malheur pour vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, vous qui bâtissez des tombeaux aux Prophètes, et qui ornez les tombeaux des justes,

    30 et vous dites : " si nous avions vécu au temps de nos pères, nous n'aurions pas été leurs complices pour verser avec eux le sang des Prophètes. "

    31 Ainsi, vous portez contre vous-mêmes le témoignage que vous êtes les fils de ceux qui ont été les meurtriers des Prophètes.

    32 Et vous, vous avez rempli la mesure de vos pères !

    33 Serpents, engeances de vipères, comment éviterez-vous le jugement de la géhenne ?

    34 C'est pourquoi, voici que je vous envoie des Prophètes, des sages, et des scribes. Il en est que vous tuerez et que vous crucifierez, vous en ferez flageller d'autres dans vos synagogues, et vous les persécuterez de ville en ville.

    35 Ainsi va retomber sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre depuis le sang d'Abel le juste, jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie, dont vous avez été les meurtriers entre le sanctuaire et l'Autel !

    36 En vérité, je vous le dis, tout cela retombera sur cette génération.

    37 Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les Prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés ! Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu !

    38 Maintenant votre demeure va vous être laissée déserte.

    39 Car je vous le dis, vous ne me verrez plus désormais jusqu'à ce que vous disiez : " Béni soit Celui qui vient au Nom du Seigneur ! ".»

    44- Petites boîtes renfermant les paroles essentielles de la Loi, que les Juifs attachaient à leurs bras ou à leurs fronts.
    45- Mot araméen signifiant : Mon maître.
    46- En araméen : Abba.

     

    Chapitre 24

    Les Signes de la Ruine de Jérusalem et du retour du Seigneur

    1 Comme Jésus sortait du Temple et s'éloignait de Jérusalem, ses disciples s’approchèrent pour lui faire remarquer les constructions du Temple.

    2 Mais Jésus leur dit : « Vous voyez tout cela, n'est-ce pas ? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit. »

    3 Comme Il s'était assis au Mont des Oliviers, ses disciples allèrent le trouver à l'écart, et lui demandèrent : « Dis-nous quand cela aura lieu, et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? »

    4 Jésus leur répondit : « Prenez garde que quelqu'un ne vous induise en erreur.

    5 Car beaucoup viendront sous mon nom, et vous diront : " Je suis le Christ ", et ils en égareront un grand nombre.

    6 Vous entendrez aussi parler de guerres et de rumeurs de guerre ; veillez à ne pas vous laisser alarmer, parce qu'il faut que tout cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin.

    7 Car on va voir se dresser nation contre nation, et royaume contre royaume, et il y aura en divers lieux des famines, et des tremblements de terre.

    8 Mais tout cela ne sera que le commencement des douleurs de l'enfantement.

    9 Alors on vous livrera aux tourments, on vous mettra à mort, et vous serez détestés par toutes les nations à cause de mon Nom.

    10 Alors aussi beaucoup failliront ; ils se trahiront et ils se détesteront les uns les autres.

    11 Et il s'élèvera de nombreux faux Prophètes qui en égareront beaucoup.

    12 Par suite de l'iniquité croissante, la charité de beaucoup se refroidira.

    13 Mais celui qui aura persévérer jusqu'à la fin , celui-là sera sauvé.

    14 Et la bonne nouvelle du Royaume sera proclamée par toute la terre, pour servir de témoignage à toutes les nations ; et alors arrivera la fin.

    15 Quand donc vous verrez l'abomination de la désolation, dont parle le Prophète Daniel (47), se dresser dans le Lieu Saint, que celui qui lit, comprenne,

    16 alors que ceux qui seront dans la Judée s'enfuient dans les montagnes ;

    17 que celui qui sera sur la terrasse ne descende point pour emporter quelque chose de sa maison ;

    18 et que celui qui sera aux champs ne revienne point en arrière pour emporter son vêtement.

    19 Malheur pour les femmes qui seront enceintes ou à celles qui allaiteront en ces jours là !

    20 Priez pour que votre fuite n'arrive ni durant l'hiver, ni un jour de sabbat ;

    21 car la détresse qu'il y aura en ce temps là sera si grande qu'il n'y en eut point depuis le commencement du monde jusqu'à maintenant, et qu'il n’y en aura jamais plus.

    22 Et si ces jours n'étaient abrégés, nulle chair ne serait sauvée, mais à cause des élus, ces jours-là seront abrégés.

    23 Alors, si quelqu’un vous dit : " Le Christ est ici ", ou " Il est là ", ne le croyez point.

    24 Car s’élèveront de faux Christs et de faux Prophètes, et ils opéreront de grands signes et des prodiges jusqu'à séduire, s'il était possible, les élus eux-mêmes.

    25 Ainsi, vous voilà prévenus.

    26 Si donc l'on vous dit : " Le voici dans le désert ", n'y allez pas ; ou : " Le voilà dans un lieu retiré "; n'en croyez rien.

    27 Car comme l'éclair sort depuis le levant et brille jusqu'au couchant, ainsi sera la venue du Fils de l'homme.

    28 Partout où sera le cadavre, là se rassembleront les vautours.

    Le Retour du Christ

    29 Et aussitôt après ces jours de détresse, le soleil s'obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les Puissances des Cieux seront ébranlées.

    30 Alors apparaîtra dans le ciel le Signe du Fils de l'homme, et toutes les tribus de la terre se lamenteront, et l'on verra le Fils de l'homme venir sur les nuées du Ciel avec puissance et une grande gloire.

    31 Et Il enverra ses Anges qui, au son éclatant d'une trompette, rassembleront ses Élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu'à l'autre.

    32 Apprenez cette comparaison prise du figuier. Quand ses rameaux sont déjà tendres, et qu'il pousse des feuilles, vous savez que l'été est proche.

    33 De même, vous aussi, quand vous verrez tout cela, sachez qu'Il est proche, aux portes.

    34 En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera point que toutes ces choses n'arrivent.

    35 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.

    Soudaineté de l’événement

    36 Mais pour ce qui est de ce jour-là et de cette heure-là, nul ne les connaît, ni les Anges des Cieux, ni le Fils, mais le Père seul.

    37 Or comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il à la venue du Fils de l’homme.

    38 Car de même que dans les jours avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et mari, jusqu'au jour où Noé entra dans l’arche ;

    39 et les gens ne s'aperçurent de rien, jusqu'à ce que survint le déluge qui les emporta tous. Ainsi en sera-t-il de l'avènement du Fils de l’homme.

    40 Alors, deux hommes seront dans le champ, un seul est pris, et un seul est laissé.

    41 Deux femmes qui seront à tourner la meule du moulin, une seule est prise, et une seule est laissée.

    42 Veillez donc, parce que vous ne savez pas quel jour votre Seigneur va venir.

    43 Or comprenez-le bien : Si le maître de la maison savait à quelle heure de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer les murs de sa maison.

    44 À cause de cela, vous aussi tenez-vous donc prêts ; parce que le Fils de l’homme viendra à l'heure à laquelle vous ne pensez pas.

    Parabole du Serviteur fidèle

    45 Quel est vraiment l'esclave fidèle et avisé que son seigneur a établi sur les gens de sa maison, pour leur donner leur nourriture dans le temps convenable ?

    46 Bienheureux cet esclave que son seigneur à son arrivée, trouvera occupé de la sorte !

    47 En vérité, je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens.

    48 Mais, si cet esclave est mauvais, et qu’il se dise en son cœur : Mon seigneur tarde à venir,

    49 et qu'il se mette à frapper ses compagnons de service, à manger et à boire en compagnie des ivrognes,

    50 le seigneur de cet esclave viendra au jour qu'il n'attend pas, et à l'heure qu'il ne connaît pas,

    51 il le châtiera très sévèrement, et lui fera partager le sort des hypocrites. Là seront les pleurs et les grincements de dents.

    47- Daniel IX, 27 (Les Septante)

     

    Chapitre 25

    Les Vierges Sages et les vierges folles

    1 Alors, le Royaume des Cieux sera semblable à dix vierges qui, prenant leurs lampes, s'en allèrent à la rencontre de l'époux.

    2 Or cinq d'entre elles étaient sottes, et les cinq autres avisées.

    3 Celles qui étaient sottes emportèrent leurs lampes, sans prendre d'huile avec elles.

    4 Mais les vierges avisées prirent avec leurs lampes, de l'huile dans des récipients.

    5 Cependant, comme l'époux tardait à venir, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent.

    6 Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : " Voici l'époux, sortez à sa rencontre ! "

    7 Alors toutes ces vierges se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes.

    8 Mais les sottes dirent à celles qui avaient été avisées : " Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. "

    9 Les vierges avisées leur répondirent : " Il n'y en aurait sans doute pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt à ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous. "

    10 Mais pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva et les vierges qui étaient prêtes, entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.

    11 Enfin les autres vierges arrivèrent aussi, qui disaient : " Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! "

    12 Mais il leur répondit : " En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas. "

    13 Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.

    La parabole des talents

    14 Car il en sera comme d'un homme qui, devant accomplir un voyage, appela ses esclaves et leur confia ses biens entre leurs mains.

    15 Il donna à l'un cinq talents, à un autre deux, à un autre encore un talent, à chacun selon ce dont il était capable, puis il partit en voyage.

    16 Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s'en alla les faire produire et en gagna cinq autres.

    17 Pareillement, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres.

    18 Mais celui qui n'en avait reçu qu'un, alla faire un trou dans la terre, et y cacha l'argent de son seigneur.

    19 Longtemps après, le seigneur de ces esclaves étant revenu, leur fit rendre leur compte.

    20 Et s'étant approché, celui qui avait reçu les cinq talents vint lui en présenter cinq autres en disant : " Seigneur, tu m'avais confié cinq talents, en voici cinq de plus que j'ai gagnés. "

    21 Son seigneur lui dit : " Bien, bon et fidèle serviteur. Tu as été fidèle sur peu de choses, je t'établirai sur beaucoup. Entre dans la joie de ton seigneur. "

    22 S'étant approché, celui qui avait reçu deux talents, vint aussi et lui dit : " Seigneur, tu m'avais confié deux talents, en voici deux autres que j'ai gagnés en plus. "

    23 Son seigneur lui dit : " Bien, esclave bon et fidèle. Tu as été fidèle sur peu de choses, je t'établirai sur beaucoup. Entre dans la joie de ton seigneur. "

    24 S'étant approché celui qui n'avait reçu qu'un seul talent, vint ensuite et dit : " Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n'as pas semé, et qui ramasses où tu n'as rien répandu.

    25 Alors j'ai pris peur et je suis allé cacher ton talent dans la terre ; voici, tu as ce qui est à toi. "

    26 Mais son seigneur lui répondit : " Esclave mauvais et paresseux ! Tu savais que je moissonne là où je n'ai pas semé, et que je recueille le grain où je n'ai rien répandu ?

    27 Il te fallait donc déposer mon argent chez les banquiers, et à mon retour, j'aurais recouvré mon bien avec un intérêt. "

    28 Qu'on lui ôte donc son talent, et qu'on le donne à celui qui a les dix talents.

    29 Car à celui qui a, l'on donnera et il aura en surabondance ; mais à celui qui n'a pas, on enlèvera même ce qu'il a.

    30 Et pour cet esclave inutile, qu'on le jette dans les ténèbres du dehors. Là seront les pleurs et les grincements de dents.

    Le jugement dernier

    31 Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire et tous les saints Anges avec lui, alors Il siégera sur son Trône de Gloire.

    32 Toutes les nations seront rassemblées devant lui, et il séparera les uns d'avec les autres comme le berger sépare les brebis d'avec les chevreaux.

    33 Et il placera les brebis à sa droite et les chevreaux (48) à sa gauche.

    34 Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : " Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde.

    35 Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger. J’ai eu soif, et vous m'avez donné à boire. J'étais un étranger, et vous m'avez recueilli.

    36 J'étais nu, et vous m’avez vêtu. J’ai été malade, et vous m’avez visité. J'étais en prison, et vous êtes venus me voir. "

    37 Alors les justes lui répondront : " Seigneur, quand est-ce-que nous t’avons vu avoir faim, et que nous t’avons donné à manger ; ou avoir soif, et que nous t’avons donné à boire ?

    38 Quand est-ce-que nous t'avons vu étranger, et que nous t'avons recueilli ; nu, et que nous t'avons vêtu ?

    39 Et quand est-ce que nous t'avons vu malade ou en prison, et que nous sommes allés te voir ? "

    40 Et le Roi leur répondra : " En vérité, je vous le dis, autant de fois que vous l'avez fait à l'égard de l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. "

    41 Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : " Allez loin de moi, maudits, allez au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et ses anges.

    42 Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire.

    43 J'étais étranger, et vous ne m'avez pas recueilli ; j'étais nu, et vous ne m'avez pas vêtu ; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. "

    44 Alors, eux aussi lui répondront : " Seigneur quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim ou avoir soif, ou bien être étranger ou nu, malade ou en prison, et que nous t'avons pas secouru ? "

    45 Alors il leur répondra : " En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait.

    46 Et ceux-ci s'en iront au châtiment éternel, et les justes à la Vie éternelle. »

    48- Le mot exact correspondant est chevreau et non chèvre ou bouc. Voir l'homélie de Saint Jean Chrysostome tome 3, page 166. Tome 3 : https://archive.org/details/oeuvrescomplt03john

     

    Chapitre 26

    Le complot des Prêtres

    1 Quand Jésus eut achevé tous ces discours, Il dit à ses disciples :

    2 « Vous savez que dans deux jours, c'est la Pâque, et le Fils de l'homme va être livré pour être crucifié. »

    3 Alors, les Grands-Prêtres, et les Anciens du peuple s'assemblèrent dans le palais du Grand-Prêtre qui s'appelait Caïphe,

    4 et ils délibérèrent sur les moyens de se saisir de Jésus par ruse et de le faire mourir.

    5 Cependant, ils se disaient : « Que ce ne soit pas pendant la fête, pour ne point susciter de tumulte parmi le peuple. »

    L'onction à Béthanie

    6 Comme Jésus se trouvait à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux,

    7 une femme s'approcha de lui, qui portait un vase d'albâtre rempli d'un parfum de grand prix, qu'elle répandit sur la tête de Jésus pendant qu’Il était à table.

    8 A cette vue, les disciples s'indignèrent et s'écrièrent : « A quoi bon ce gaspillage ?

    9 On aurait pu vendre ce parfum fort cher et en donner le prix aux pauvres. »

    10 Mais Jésus s'en aperçut et leur dit : « Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme ? C'est vraiment une bonne œuvre qu'elle a accomplie pour moi.

    11 Car vous aurez toujours les pauvres avec vous ; mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.

    12 En répandant ce parfum sur mon corps, elle l'a fait en vue de préparer ma sépulture.

    13 Je vous le dis, en vérité, partout où sera proclamée cette Bonne Nouvelle dans le monde entier, on racontera aussi, en mémoire de cette femme, ce qu'elle vient de faire. »

    Le repas pascal

    14 Alors l'un des Douze, celui qui s'appelait Judas Iscariote, alla trouver les Grands-Prêtres, et leur dit :

    15 « Que voulez-vous me donner pour que je vous livre Jésus ? » Ceux-ci lui versèrent trente pièces d’argent.

    16 Et dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour livrer Jésus.

    17 Le premier jour des azymes, les disciples s'en vinrent dire à Jésus : « Où veux-tu que nous te préparions de quoi manger la Pâque ? »

    18 Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : " Le Maître te fait dire : Mon temps est proche, c'est chez toi que je célébrerai la Pâque avec mes disciples." »

    19 Les disciples firent comme Jésus leur avait prescrit, et ils préparèrent la Pâque.

    20 Le soir venu, Jésus se mit à table avec les Douze.

    21 Et pendant qu'ils mangeaient, Il leur dit : « En vérité, je vous le dis, l'un de vous me livrera. »

    22 Profondément attristés ils se mirent chacun à lui demander : « Serait-ce moi, Seigneur ? »

    23 Jésus leur répondit : « Celui qui a porté la main avec moi dans le plat, celui-ci me livrera !

    24 Le Fils de l'homme s'en va, selon ce qui est dit de lui dans les Écritures (49) ; mais malheur pour l'homme par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux eût valu pour lui que cet homme-là ne fût point né ! »

    25 Alors, Judas, qui allait le livrer, prit la parole : « Serait-ce moi Rabbi ? » Jésus lui répondit : « Tu l’as dit. »

    26 Or, pendant qu'ils étaient à table, Jésus prit du pain, et l'ayant béni, Il le rompit et le donna à ses disciples en disant : « Prenez et mangez, ceci est mon corps. »

    27 Puis Il prit une coupe, et après avoir rendu grâces, Il la leur donna en disant : « Buvez en tous ;

    28 car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, qui est versé pour une multitude en rémission des péchés (50).

    29 Or je vous le dis, désormais, je ne boirai plus de ce produit de la vigne, jusqu'au jour où je boirai avec vous le vin nouveau dans le Royaume de mon Père. »

    30 Après le chant des psaumes, ils s'en allèrent au Mont des Oliviers.

    31 Jésus leur dit alors : « Vous allez tous vous scandaliser à cause de moi cette nuit même, car il est écrit : " Glaive, lève-toi contre mes pasteurs et contre l'homme qui habite ma ville, dit le Seigneur Tout-Puissant ; frappez le berger, enlevez les brebis, et j'étendrai ma main sur les petits (51)."

    32 Mais après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. »

    33 Et Pierre prenant la parole lui dit : « Si tous sont scandalisés à cause de toi, moi je ne le serai jamais. »

    34 Jésus lui dit : « En vérité, je te le dis, cette nuit même, avant que le coq n'aie chanté, tu me renieras trois fois. »

    35 Pierre lui répondit : « Quand même il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les autres disciples dirent de même.

    Gethsémani

    36 A ce moment, Jésus arriva avec eux jusqu'à un domaine appelé Gethsémani, et Il dit aux disciples : « Demeurez ici, pendant que je m'éloignerai pour prier. »

    37 Et prenant avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, Il fut bientôt saisi de tristesse et d'angoisse.

    38 Jésus leur dit alors : « Mon âme est triste à en mourir, demeurez ici et veillez avec moi. »

    39 Et, s'avançant un peu plus loin, Il se jeta la face contre terre et pria en disant : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux. »

    40 Puis Il revint auprès de ses disciples, et les trouvant endormis, Il dit à Pierre : « Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi !

    41 Veillez et priez, afin que vous n'entriez pas en tentation ; car l'esprit est ardent, mais la chair est faible. »

    42 S'étant éloigné encore une seconde fois, Il pria en disant : « Mon Père, s’il ne se peut faire que cette coupe s'éloigne de moi sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »

    43 Il revint et les trouva à nouveau en train de dormir, car leurs yeux étaient lourds de sommeil.

    44 Il les laissa, et s'en alla de nouveau prier pour la troisième fois, en disant encore les mêmes paroles.

    45 Il revint alors auprès des disciples et leur dit : « Désormais vous pouvez dormir et vous reposer ; voici venue l'heure, où le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs.

    46 Levez-vous, allons ! Voici qu'est là tout près, celui qui me livre. »

    L'arrestation de Jésus

    47 Jésus parlait encore quand survint Judas, l’un des Douze, et avec lui une troupe nombreuse de gens armés de glaives et de bâtons, qui était envoyée par les Grands-Prêtres et les Anciens du peuple.

    48 Or celui qui le livrait leur avait donné ce signe : " Celui à qui je donnerai un baiser, c'est lui, arrêtez-le."

    49 Et aussitôt, il s'avança vers Jésus et lui dit : « Salut à toi, Rabbi », et il lui donna un baiser.

    50 Mais Jésus lui dit : « Ami, fais ce pourquoi tu es ici. » Alors ils s'avancèrent, mirent les mains sur Jésus, et se saisirent de lui.

    51 Cependant, l'un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son glaive, le tira, frappa l'esclave du Grand-Prêtre, et lui trancha l'oreille.

    52 Mais Jésus lui dit : « Remets ton glaive à sa place. Car tous ceux qui prennent le glaive, périront par le glaive.

    53 Penses-tu donc que je ne puisse pas en ce moment prier mon Père, qui m'enverrait à l'instant plus de douze légions d’anges ?

    54 Comment donc s'accompliraient les Écritures, qui attestent qu'il doit en être ainsi ? (52) »

    55 Et dans le même temps, Jésus dit à la foule : « Comme pour un brigand, vous êtes sortis avec des glaives et des bâtons pour vous saisir de moi. Chaque jour, j'étais assis dans le Temple à vous enseigner, et vous ne m’avez point arrêté ;

    56 mais tout cela est arrivé, pour que fut accompli ce qu'ont écrit les Prophètes . » Alors tous les disciples l'abandonnèrent et s'enfuirent.

    Jésus devant Caïphe

    57 Ceux qui s'étaient saisis de Jésus l'emmenèrent chez Caïphe le Grand-Prêtre, là où les Scribes et les Anciens s'étaient rassemblés.

    58 Pierre, cependant, le suivait de loin, jusque dans la cour du palais du Grand-Prêtre. Il y entra et s'assit avec les gardes pour voir comment cela finirait.

    59 Or les Grands-Prêtres et tout le Sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus pour le condamner à mort.

    60 Mais ils n'en trouvèrent point, et bien que de nombreux faux témoins se fussent présentés, ils n'en trouvèrent pas non plus. A la fin cependant, il en vint deux,

    61 qui dirent : « Cet homme a déclaré : " Je puis détruire le Temple de Dieu et le rebâtir en trois jours." »

    62 Et le Grand-Prêtre se leva, et dit à Jésus : « Tu ne réponds rien ? Quel témoignage ces gens déposent ils contre toi ? »

    63 Mais Jésus gardait le silence. Aussi le Grand-Prêtre lui dit : « Je t'adjure par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ le Fils de Dieu ? »

    64 Jésus lui répondit : « Tu l'as dit ; d'ailleurs je vous le déclare, désormais vous verrez le Fils de l'homme siéger à droite de la Puissance et venir sur les nuées du Ciel. »

    65 Alors le Grand-Prêtre déchira ses vêtements, en disant : « Il a blasphémé ! Qu'avons-nous encore besoin de témoins ? Voici que maintenant vous avez entendu son blasphème !

    66 Qu'en pensez-vous ? » Ils répondirent : « Il mérite la mort. »

    67 Là-dessus, ils lui crachèrent au visage, ils le giflèrent et d'autres lui donnèrent des coups en disant : " Fais le Prophète pour nous, Christ, dis-nous qui t'a frappé ? "

    Le reniement de Pierre

    69 Pierre, cependant était assis dehors, dans la cour, quand une servante s'approcha et lui dit : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. »

    70 Mais il le nia devant tout le monde, en disant : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. »

    71 Comme il allait vers le portail pour sortir, une autre servante l'aperçut et dit à ceux qui étaient là : « Celui-ci aussi était avec Jésus le Nazaréen. »

    72 Une fois encore, il le nia avec serment : « Je ne connais pas cet homme. »

    73 Mais, peu après, ceux qui se tenaient là, s'approchèrent et dirent à Pierre : « Certainement, tu es toi aussi de ces gens là, et d'ailleurs même ta façon de parler te fait reconnaître. »

    74 Alors, il se mit à proférer des imprécations et à jurer : « Je ne connais pas cet homme ! » Et aussitôt le coq chanta.

    75 Et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : " Avant que le coq ne chante, tu me renieras trois fois." Et sortant à l'extérieur, il pleura amèrement.

    49- Psaume XL, 10 (Les Septante)
    50- Voir l'homélie de Saint Jean Chrysostome :Tome 3 : https://archive.org/details/oeuvrescomplt03john (page 197-198.)
    51- Zacharie XIII, 7 (Les Septante)
    52- Isaïe L, 6 ; LIII, 2-11 ; Daniel IX, 24-26 (Les Septante)

     

    Chapitre 27

    Le suicide de Judas

    1 Quand vint le matin, tous les Grands-Prêtres et les Anciens du peuple tinrent conseil contre Jésus, en sorte de le faire mourir.

    2 L'ayant chargé de liens, ils l'emmenèrent et le livrèrent à Ponce-Pilate, le gouverneur.

    3 Alors Judas, qui l'avait livré, le voyant condamné fut pris de remords, et rapporta les trente pièces d'argent aux Grands-Prêtres et aux Anciens,

    4 en leur disant : « J'ai péché en livrant un sang innocent. » Mais ils lui répliquèrent : « Que nous importe ? Cela te regarde. »

    5 Alors, il jeta les pièces d'argent dans le sanctuaire, sortit, et alla se pendre.

    6 Mais les Grands-Prêtres, ayant ramassé les pièces d'argent se dirent : " Il n’est pas permis de le verser au trésor, car c'est le prix du sang. "

    7 Mais après en avoir délibéré, ils achetèrent avec cet argent le champ du Potier pour la sépulture des étrangers.

    8 C'est pourquoi ce champ est encore appelé jusqu'à ce jour le « Champ du Sang ».

    9 Alors fut accompli ce qui avait été dit par le Prophète Jérémie (53) : " Et je leur dirai : S'il vous semble bon, donnez-moi un salaire ; sinon, refusez-le moi. Et ils ont pesé pour mon salaire trente sicles d'argent. Et le Seigneur me dit : Jette-les dans le creuset, et je verrai si l'argent a été éprouvé de la même manière que j'ai été éprouvé pour l'amour d'eux. Et je pris les trente sicles d'argent, et je les jetai au creuset, dans le Temple du Seigneur."

    Jésus devant Pilate

    11 Jésus, cependant, parut devant le gouverneur, et le gouverneur l'interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Et Jésus lui répondit : « Tu le dis. »

    12 Mais, aux accusations portées contre lui par les Grands-Prêtres, et les Anciens, Il ne répondit rien. Pilate lui dit alors :

    13 « N’entends-tu pas toutes les accusations qu’ils portent contre toi ? »

    14 Mais Il ne lui répondit sur rien, de sorte que le gouverneur était fort étonné.

    15 Or à chaque fête, le gouverneur avait coutume d'accorder à la foule la liberté d'un prisonnier, celui qu'elle voulait.

    16 Il y avait à ce moment un prisonnier fameux qui s'appelait Barabbas.

    17 Comme donc les Juifs étaient tous rassemblés, Pilate leur dit : « Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas ou Jésus, qu'on appelle Christ ? »

    18 Car il savait bien que c'était par jalousie qu'ils avaient livré Jésus.

    19 Or, tandis qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui envoya dire : « Ne te mêle point de l'affaire de ce juste ; car j'ai été aujourd'hui extrêmement tourmentée dans un songe, à cause de lui. »

    20 Mais les Grands-Prêtres et les Anciens persuadèrent les foules de réclamer Barabbas, et de faire périr Jésus.

    21 Alors reprenant la parole, le gouverneur leur dit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas. »

    22 Pilate leur répartit : « Que ferai-je donc de Jésus, qu'on appelle Christ ? » Tous répondirent : « Qu’Il soit crucifié ! »

    23 Et le gouverneur reprit : « Quel mal a-t-Il donc fait ? » Mais eux n'en criaient que plus fort : « Qu'Il soit crucifié ! »

    24 Pilate alors, voyant qu'il n'aboutissait à rien, mais que le tumulte croissait de plus en plus, se fit apporter de l'eau et se lava les mains devant la foule en disant : « Je suis innocent du sang de ce juste ; à vous d'en répondre. »

    25 Et tout le peuple répondit : « Que son sang retombe sur nous, et sur nos enfants ! »

    26 Alors, il leur relâcha Barabbas ; puis, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié.

    Jésus est outragé par les soldats – Le couronnement d'épines.

    27 Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire, et ils assemblèrent autour de lui la cohorte tout entière.

    28 Ils lui retirèrent ses vêtements, et le couvrirent d'une chlamyde (54) écarlate.

    29 Puis ils tressèrent une couronne d'épines, et la lui posèrent sur la tête avec un roseau dans la main droite ; puis, se mettant à genoux devant lui, ils se moquaient de lui en disant : « Salut à toi, roi des Juifs. »

    30 Ils lui crachaient au visage, et prenant le roseau, ils l'en frappaient sur la tête.

    31 Après s'être ainsi moqués de lui, ils lui retirèrent la Chlamyde, lui remirent ses vêtements et ils l'emmenèrent pour le crucifier.

    Le Supplice et la mort

    32 En sortant, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon. Ils le contraignirent à porter la croix de Jésus.

    33 Et étant arrivés au lieu appelé « Golgotha », qui veut dire : le Lieu du Crâne,

    34 ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel ; mais, Jésus l'ayant goûté ne voulut pas en boire.

    35 Après qu'ils l'eurent crucifié, ils se partagèrent entre eux ses vêtements en les tirant au sort. Ainsi fut accomplie la parole du Prophète : " Ils se sont partagé mes vêtements, et ma tunique, ils l'ont tirée au sort." (55)

    36 Et s'étant assis là, ils le gardaient.

    37 On plaça aussi au dessus de sa tête un écriteau indiquant le motif de sa condamnation où il y était écrit : Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs.

    38 En même temps, on crucifia avec lui deux brigands, l'un à sa droite, et l'autre à sa gauche.

    39 Les passants l'injuriaient, en hochant la tête,

    40 et lui disaient : « Toi qui détruis le Temple et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es le Fils de Dieu, et descends de la croix ! »

    41 De même les Grands-Prêtres eux aussi le raillaient, ainsi que les Scribes et les Anciens en disant :

    42 « Il en a sauvé d'autres, et Il ne peut se sauver lui-même ! Il est roi d'Israël, qu'Il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui !

    43 Il a mis sa confiance en Dieu ; que Dieu le délivre maintenant, s'Il l'aime ; car Il a bien dit : " Je suis Fils de Dieu. "

    44 Les brigands aussi qui étaient crucifiés avec lui l'injuriaient pareillement.

    45 Cependant à partir de la sixième heure, les ténèbres se firent sur toute la terre, jusqu'à la neuvième heure (56).

    46 Et vers la neuvième heure, Jésus clama d'une voix forte : « Eli, Eli, lema sabachtani ? », c’est-à-dire : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? "

    47 Certains de ceux qui étaient là, en l'entendant crier de la sorte, dirent alors : « Il appelle Élie, celui-ci ! »

    48 Aussitôt l'un d’eux courut prendre une éponge qu’il remplie de vinaigre, et, l'ayant mise au bout d’un roseau, il la lui donna à boire.

    49 Mais les autres disaient : « Laisse ! Voyons si Élie va venir le sauver ! »

    50 Or Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l'esprit.

    51 En même temps, le voile du Temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent,

    52 les tombeaux s'ouvrirent, et les corps de nombreux saints qui y reposaient, ressuscitèrent.

    53 Ils sortirent de leurs tombeaux, et entrèrent, après la Résurrection de Jésus, dans la Ville Sainte et se montrèrent à beaucoup de gens.

    54 Cependant, le centurion et ceux qui avec lui gardaient Jésus, à la vue du tremblement de terre et de tout ce qui se passait, furent pris d'une grande frayeur, et dirent : « Celui-ci était vraiment Fils de Dieu ! »

    55 Il y avait là aussi de nombreuses femmes qui regardaient de loin ; c'étaient celles qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée, pour le servir.

    56 Parmi elles, se trouvaient Marie de Magdala, ainsi que Marie, la mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

    La mise au tombeau

    57 Le soir venu, vint un homme riche de la ville d'Arimathie, nommé Joseph, qui était lui-même un disciple de Jésus.

    58 Il alla trouver Pilate, pour lui demander le corps de Jésus. Et Pilate ordonna qu'on le lui remît.

    59 Joseph prit le corps, l'enveloppa dans un linceul blanc, sans tache,

    60 et il le déposa dans son propre sépulcre, qui était tout neuf, et qu'il s'était fait tailler dans le roc. Puis il fit rouler une grande pierre devant l'entrée du sépulcre, et il s’en alla.

    61 Or Marie de Magdala et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau.

    62 Le lendemain, c'est-à-dire samedi, le jour qui suit la préparation du Sabbat, les Grands-Prêtres et les pharisiens se rendirent ensemble chez Pilate, et lui dirent : « Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit, lorsqu'Il était encore en vie : " Après trois jours, je ressusciterai ! "

    64 Ordonne donc que son sépulcre soit gardé jusqu'au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent, pendant la nuit, dérober son corps et ne disent au peuple qu’Il est ressuscité d’entre les morts ! Cette dernière imposture serait pire que la première. »

    65 Pilate leur répondit : « Vous avez un poste de garde ; allez, et faites le garder comme vous l'entendez. »

    66 Ils s'en allèrent donc, et pour s'assurer du sépulcre, ils en scellèrent la pierre et y mirent le poste de garde.

    53- Citation de Saint Matthieu empruntée aux Prophètes Zacharie XI, 12-13 et Jérémie XXXIX, 6-15 (Les Septante)
    54- Manteau de soldat romain de couleur rouge.
    55- Psaume XXI, 19 (Les Septante)
    56- C'est-à-dire de midi à trois heures après-midi.

     

    Chapitre 28

    Le tombeau vide - Les intrigues des juifs

    1 Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine, Marie de Magdala, et l'autre Marie vinrent voir le sépulcre.

    2 Et voici qu'il se fit un grand tremblement de terre ; car l'Ange du Seigneur descendit du Ciel, et vint faire rouler la pierre qui fermait le sépulcre et s'assit sur dessus.

    3 Son aspect ressemblait à l'éclair, et son vêtement était blanc comme la neige.

    4 De l’effroi qu'ils en eurent, les gardes du tombeau se mirent à trembler et devinrent comme morts.

    5 Mais l'Ange, s'adressant aux femmes, leur dit : « Pour vous, ne craignez point ; car je sais que vous cherchez Jésus, le Crucifié.

    6 Il n'est point ici, car Il est ressuscité comme Il l'avait dit. Venez, et voyez l'endroit où Il gisait.

    7 Et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d'entre les morts, voici qu'Il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. Voilà je vous l'ai dit. »

    8 Sortant aussitôt du tombeau, saisies de crainte et pleines d'une immense joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.

    9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue » Elles s'approchèrent, et embrassèrent ses pieds, se prosternant devant lui.

    10 Alors Jésus leur dit : « Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, c'est là qu'ils me verront. »

    11 Comme elles étaient en chemin, quelques uns des gardes regagnèrent la ville et annoncèrent aux Grands-Prêtres tout ce qui s'était passé.

    12 Ceux-ci se réunirent avec les Anciens, et décidèrent de donner aux soldats une forte somme d'argent en leur disant :

    13 « Dites que ses disciples sont venus durant la nuit dérober son corps pendant que vous dormiez. »

    14 Si le gouverneur vient à l'apprendre, nous l'apaiserons et nous ferons en sorte que vous ne soyez pas inquiétés.

    15 Les soldats ayant pris l'argent, firent comme il le leur avait été dit. Et cette fable s'est colportée parmi les Juifs encore aujourd'hui.

    Apparition en Galilée et mission universelle

    16 Les Onze disciples allèrent en Galilée, sur la montagne où Jésus leur avait dit de se rendre.

    17 Et quand ils le virent, ils se prosternèrent, cependant quelques uns doutèrent encore.

    18 Mais Jésus vint à eux et leur dit : « Tout pouvoir m’a été donnée au Ciel et sur la terre.

    19 Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, et baptisez-les au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ;

    20 apprenez leur à garder tout ce que je vous ai commandé. Et voici moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à l'achèvement du monde. »

    +

    Réf. : Explications du Saint Évangile de Saint Matthieu par Saint Jean Chrysostome.

    https://archive.org/details/oeuvrescomplt07john

    https://archive.org/details/oeuvrescomplt08john

    Notes du texte :

    1- Isaïe, VII, 14.(Les Septante)
    2- Parce qu'il sera tout à la fois Dieu et homme.
    3- Michée, V, 2. (Les Septante)
    4- Osée, XI, 1. (Les Septante)
    5- Jérémie, XXXVIII, 15. (Les Septante) ; XXXI (Hébraïque).
    6- cp. « nazir » dans le livre des Juges, XIII, 5-7 (Les Septante)
    7- Isaïe, XL, 3. (Les Septante)
    8- cp. Isaïe XLII, 1 (Les Septante)
    9- Deutéronome VIII, 3 (Les Septante)
    10- Psaume XC, 11-12 (Les Septante)
    11- Deutéronome VI, 16 (Les Septante)
    12- Deutéronome VI, 13 (Les Septante)
    13- Isaïe, IX, 2. (Les Septante)
    14- Voir l'homélie de Saint Jean Chrysostome tome 3, page 206-207. Tome 3 : https://archive.org/details/oeuvrescomplt03john
    15- Exode XX, 15 ; Lévitique XXIV, 21-22. (Les Septante)
    16- raka : Injure méprisante signifiant en Araméen tête vide, sans cervelle.
    17- Monnaie romaine équivalant au centime.
    18- Nombres, XXX, 3. (Les Septante)
    19- Exode, XXI, 24. (Les Septante)
    20- Notre Seigneur Jésus-Christ dénonce la deuxième partie de l'enseignement orale des docteurs de la Loi, où d'ailleurs le terme de « détestation envers l'ennemi » n'est stipulé nulle part explicitement dans l'Ancien Testament, et plus précisément dans le chapitre XIX au verset 17 du Lévitique (Les Septante) et (Hébraïque) souvent mis à tort en référence dans diverses traductions, où en réalité, dans ce verset il est fait simplement mention que de « réprimande » au prochain.
    21- Ou l'argent.
    22- Isaïe, LIII, 4. (Les Septante)

    23- Dans le texte grec, on lit Gadaréniens ; dans la Vulgate Géraséniens. Origène avait trouvé ces deux leçons dans les manuscrits ; il les rejette l'une et l'autre. Gerasa, dit-il, est une ville d'Arabie, elle n'est située sur le bord d'aucune mer ; Gadara est une ville de Judée auprès de laquelle sont des bains célèbres, mais elle n'est pas sur le bord de la mer. Gergesa est une ville ancienne située sur le lac de Tibériade, et l'on y montre encore le rocher d'où les porcs se précipitèrent dans la mer. Jérôme est du même avis. (Histoire de l’Église - Tome I, du Père Wladimir Guettée.)

    24- Osée VI, 6. (Les Septante)
    25- Malachie, III, 1.(Les Septante)
    26- Isaïe, XLII, 1-4. (La Septante)
    27- Jonas II, 1 (Les Septante)
    28- Isaïe, VI, 9-10. (Les Septante)
    29- Psaume LXXVII, 2. (Les Septante)
    30- De trois à six heures du matin.
    31- Psaume LXXVII, 36-37 ; Isaïe XXIX, 13 (Les Septante)
    32- Ou Magdala.
    33- La " Confession de Foi " de Pierre.
    34- Pièce de monnaie d'une valeur de quatre drachmes (monnaie en Grèce).
    35- Deutéronome XIX, 15 (Les Septante) ; Épître aux Romains XVI, 17 ; I Épître aux Corinthiens V, 11.
    36- Genèse I, 27 ; II, 24. (Les Septante)
    37- Isaïe LXII, 11 ; Zacharie IX, 9. (Les Septante)
    38- Psaume VIII, 2. (Les Septante)
    39- Psaume CXVII, 22 (Les Septante)
    40- Exode III, 6. (Les Septante)
    41- Deutéronome VI, 5 (Les Septante)
    42- Lévitique XIX, 18 (Les Septante)
    43- Psaume CIX, 1 (Les Septante)
    44- Petites boîtes renfermant les paroles essentielles de la Loi, que les Juifs attachaient à leurs bras ou à leurs fronts.
    45- Mot araméen signifiant : Mon maître.
    46- En araméen : Abba.
    47- Daniel IX, 27 (Les Septante)
    48- Le mot exact correspondant est chevreau et non chèvre ou bouc. Voir l'homélie de Saint Jean Chrysostome tome 3, page 166. Tome 3 : https://archive.org/details/oeuvrescomplt03john
    49- Psaume XL, 10 (Les Septante)
    50- Voir l'homélie de Saint Jean Chrysostome :Tome 3 : https://archive.org/details/oeuvrescomplt03john (page 197-198.)
    51- Zacharie XIII, 7 (Les Septante)
    52- Isaïe L, 6 ; LIII, 2-11 ; Daniel IX, 24-26 (Les Septante)
    53- Citation de Saint Matthieu empruntée aux Prophètes Zacharie XI, 12-13 et Jérémie XXXIX, 6-15 (Les Septante)
    54- Manteau de soldat romain de couleur rouge.
    55- Psaume XXI, 19 (Les Septante)
    56- C'est-à-dire de midi à trois heures après-midi.

    +

  • GUETTEE Wladimir - Bibliographie

    http://data.bnf.fr/documents-by-rdt/12253036/70/page1

     

    Bibliographie complétée et mise à jour des œuvres du Père Wladimir GUETTÉE

    (1816-1892)

    Note aux lecteurs et chercheurs : Tous ces livres et documents sont consultables à la Bibliothèque nationale de Paris; à la grande Bibliothèque de France F. Mitterrand [voir également le site très complet GALLICA-BnF sur internet]; à la prestigieuse Bibliothèque Sainte Geneviève à Paris : http://www.bsg.univ-paris3.fr/iguana/www.main.cls Catalogue : http://bsg-catalogue.univ-paris3.fr/bsg/Vubis.csp ; à la bibliothèque de l'Arsenal à Paris, au département des livres imprimés, ainsi qu'au service des microfiches; à la Bibliothèque de Lyon, cette dernière dispose d'un catalogue sur Internet. La Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg possède de très nombreux ouvrages du Père W. Guettée. Voir également le moteur de recherches Google qui propose des ouvrages complets aux formats numérisés et  PDF. (Lectures et téléchargements gratuits)

     

    (1) GUETTÉE (Abbé René-François-Wladimir). Acte d'appel adressé au pape, par M. l'abbé Guettée, d'une décision de M. François-Nicolas-Madeleine-Morlot, cardinal archevêque de Paris. (31 décembre 1857) Paris, Imprimerie de Dubuisson (s.d.). In-8°, 19 p.

    [ cote 8° Ln27.9284 ] Voir la microfiche m 20356.

     

    (2) Deux prétendus savants en présence de la science et de la religion, ou Réponse à MM. G. Wyrouboff et E. Goubert, par M. l'abbé Guettée. Paris, librairie de l'Union chrétienne, 1865. In-12, 24 p.

    [ cote Sp. 5323 ] Voir la microfiche m 18548.

    Relation BNF et lecture de l'ouvrage en ligne : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb31672430h

     

     

    (3) Du discours d'ouverture ( du cours des langues hébraïque, chaldaïque et syriaque, au Collège de France ) de M. E. Renan, par M. l'abbé Guettée. Paris, E. Dentu, 1862. In-8°, 15 p.

    [ cote 8° O2. 311 ] Voir la microfiche m 20357.

     

    (4) De l'Encyclique du 8 décembre 1864, par un docteur en théologie ( l'abbé R.-F.-W. Guettée ) Paris, Dentu, 1865. In-8°, 75 p.

    [ cote D. 56544 ] Voir la microfiche m 18549.

     

    (5) E. Renan devant la science, ou Réfutation de la prétendue " Vie de Jésus " de M. E. Renan au triple point de vue de l'exégèse biblique, de la critique historique et de la philosophie, par M. l'abbé Guettée. Deuxième édition - Paris, librairie de l'Union chrétienne, 1864. In-8°. VIII-470 p. Voir également la rubrique n° (30).

    a) Tolbiac [ cote H. 14974 ] Voir les microfiches m 18706 et 22847.

    Ouvrage en PDF : http://wladimirguettee.hautetfort.com/media/01/00/703608004.pdf

    Relation BNF et lecture de l'ouvrage en ligne : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30553411r

     

    b) Arsenal [ cote 8 - H - 18644 ] (1); Doc. numérisé : NUMM- 65596.

    Lien similaire pour cet ouvrage au format numérisé :  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65596n/f4.image

     

    (6) Essai bibliographique sur l'ouvrage de Bossuet intitulé : " Avertissement sur le livre des réflexions morales ", ou Réfutation des assertions de M. Poujoulat relatives à cet ouvrage, avec un appendice sur quelques réflexions de M. Dulac, de " l'Univers ", par l'abbé Guettée. Paris, J. Renouard, 1854. In-8°, 31 p.

    [ cote D. 36993 ] Voir la microfiche m 20308 ou 20358.

    Ouvrage PDF : https://books.google.fr/books?id=uxLRDsjNmTwC&printsec=frontcover&dq=Wladimir+Guett%C3%A9e&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=Wladimir%20Guett%C3%A9e&f=false

     

    (7) Exposition de la doctrine de l’Église catholique orthodoxe, accompagnée des différences qui se rencontrent dans les autres églises chrétiennes, par W. Guettée. Paris, librairie de l'Union chrétienne, 1866. In-16, XLI-487 p.

    [ cote D2. 12394 ] voir la microfiche m 18707.

    Ouvrage PDF : https://books.google.fr/books?id=LZ9DAAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=Wladimir+Guett%C3%A9e&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=Wladimir%20Guett%C3%A9e&f=false

     

    (8) Ekqesiz thx didaskaliaz thz orqodozon kaqolikhz ekklhsiaz, meta twn en taiz loipaiz cristianikaiz ekklhsiaiz apantiomenwn diaforwn upo B. Gettee. metafrasiz Markou Dhm. Mpalampanwz. Paris, librairie de l'Union chrétienne, 1867. In-16, XLIX-517 p. en grec.

    [ cote D2. 12468 ] Voir les microfiches m 21604; m 25358.

    Accès à cet ouvrage au format PDF : http://books.google.com/books?id=hN-V2-vNkD0C&hl=fr&pg=PP1#v=onepage&q&f=false

     

     

    (9) Histoire de l’Église de France, composée sur les documents originaux et authentiques, par l'abbé Guettée. Paris, V. Masson ( J. Renouard, etc. ), 1847-1856. 12 volumes In-8°.

    [ cote 8° Ld2. 16 ] Édition de 1857 : T. I-IX. [ cote 8° Ld2. 16 C - tomes 1 à 12 ]

    [ cote 8-H-18740 (complet); 8-H-18741 tomes : 9, 3 ]

    [ cote FB-30524 à 30535 - 12 tomes, Ed. Lyon, Paris - Guyot frères - 1847-1857 ]

    Ouvrages en PDF :

    tome 1 : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=wu.89092548353;view=1up;seq=9

    tome 2 : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=wu.89092548403;view=1up;seq=9

    tome 3 : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=wu.89092548775;view=1up;seq=9

    tome 4 : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=wu.89092548742;view=1up;seq=9

    tome 5 : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=wu.89092548726;view=1up;seq=7

    tome 6 : https://books.google.fr/books?id=050FAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=Wladimir+Guett%C3%A9e&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=Wladimir%20Guett%C3%A9e&f=false

    tome 7 : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=wu.89092548783;view=1up;seq=9

    tome 8 : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=wu.89092548718;view=1up;seq=9

    tome 9 : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=wu.89092548692;view=1up;seq=9

    tome 10 : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858042702260;view=1up;seq=9

    tome 11 : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=iau.31858042702278;view=1up;seq=9

    tome 12 : http://books.google.com/books?id=_hlX12k0xYMC&hl=fr&pg=PA468#v=onepage&q&f=false

     

    Identifiant ouvrages en ligne :

    tome 1 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6211752d

    tome 2 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6211897b

    tome 3 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6211903m

    tome 4 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6211642p

    tome 5 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6211905f

    tome 6 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6211633q

    tome 7 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62120151

    tome 8 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62119041

    tome 9 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6211749x

    tome 10 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62118995

    tome 11 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6211898r

    tome 12 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6211901s

    Relation BNF : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb305534154

     

    (10) Histoire de l’Église de France, ou Histoire du christianisme en France depuis son origine jusqu'à nos jours, par l'abbé Guettée. Paris, au bureau de l'administration de l'Histoire de l’Église de France, 1853. In-8°, 36 p.

    [ cote 8° Ld2. 17 ] (Extrait du T. VIII de l'ouvrage précédent ) Voir les microfiches m 20359; m 23754 - 9 tomes.

    Ouvrage en PDF : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=hvd.hnxdum;view=1up;seq=5

     

    (11) Histoire de l’Église, depuis la naissance de N.-S. Jésus-Christ jusqu'à nos jours, composée sur les documents originaux et authentiques, par Wladimir Guettée, T.I. Paris, Cherbuliez, ( 1869 ). In-8°.

    [ cote H. 14980 ] ( Il y a trois volumes consultables dont les tomes suivants : 1, 4, 6. )

     

    (12) Histoire des Jésuites, composée sur les documents authentiques en partie inédits, par l'abbé Guettée. Paris, Huet, 1858-1859. 3 vol. In-8°.

    [ cote H. 14975-14977 ] - [ cote H. 14978 ] 2ème édition - Paris, A. Sagnier, 1872.

    Ouvrage PDF : https://books.google.fr/books?id=d84CAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=Wladimir+Guett%C3%A9e&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=Wladimir%20Guett%C3%A9e&f=false

     

    (13) 1872. 2ème édition - Paris, A. Sagnier. In-8°.

    [ cote H. 14978 ] (T. I. incomplet )

    Ouvrage PDF : https://books.google.fr/books?id=l6NTAAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=Wladimir+Guett%C3%A9e&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=Wladimir%20Guett%C3%A9e&f=false

     

    (14) Introduction. Voir BESOIGNE (Jérôme ). Vie de M. Henri Arnauld, évêque d'Angers. Nouvelle édition - Angers, 1863. In-8°.

    [ cote 8° Ln27. 638 ]

     

    (15) Jansénisme et jésuitisme, ou Examen des accusations de jansénisme soulevées par M. Lequeux, contre l'abbé Guettée. Paris, Huet, 1857. In-8°, III-118 p.

    [ cote 8° Ld4. 5297 ] Voir la microfiche m 20360.

    Ouvrage PDF : https://books.google.fr/books?id=z8QCAAAAQAAJ&printsec=frontcover&dq=Wladimir+Guett%C3%A9e&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=Wladimir%20Guett%C3%A9e&f=false

     

    (16) Première lettre à Mgr Sibour, archevêque de Paris, à propos d'une mesure qu'il a cru pouvoir prendre contre M. l'abbé Guettée. Paris, l'auteur, 1856. In-8°, 14 p.

    [ cote 8° Ld2. 19 ] Voir la microfiche m 21605.

     

    (17) Lettre à M. Dupanloup, évêque d'Orléans, à propos de sa pastorale au clergé et aux fidèles de son diocèse, à l'occasion des fêtes de Rome, et pour leur annoncer le futur concile œcuménique, par l'abbé Guettée. Paris, Lebigre-Duquesne frères, 1868. In-8°, 44 p.

    [ cote D2. 12777 ] Voir la microfiche m 21606.

     

    (18) Lettre { 2ème lettre } à M. le prince Augustin Galitzin, par l'abbé Guettée. Paris, bureaux de l'Union chrétienne, 1862. Deux pièces In-8°.

    [ cote 8° Ln27. 9287 ] Voir la microfiche m 21607.

     

    (19) Lettre au R. P. Gagarin, de la Cie de Jésus, touchant l’Église catholique orthodoxe et l’Église romaine, ou Défense de " la Papauté schismatique " [cote D2. 13531] contre les calomnies et les erreurs du parti jésuitique, caché sous le pseudonyme de Boulgak, par l'abbé Guettée. Paris, librairie de l'Union chrétienne, 1867. In-8°, v-89 p.

    [ cote D2. 12728 ] Voir la microfiche m 18550.

     

    (20) Mémoire à consulter touchant une décision anti-canonique de M. Morlot, à l'encontre de M. l'abbé Guettée. ( 1er février 1858 ) - Paris, imprimerie de Dubuisson (s.d.). In-8°, 47 p.

    [ cote 8° Ld27. 9285. ] Voir la microfiche m 21611.

     

    (21) Mémoires pour servir à l'histoire de l’Église de France pendant le XIXème siècle, par R.-F.-W. Guettée, T. I. - Paris, Fischbacher, 1881. In-8°.

    [ cote 8° Ld3. 402 ]

     

    (22) Notice historique et archéologique sur l'église de Saint-Lubin à Suèvres, par M. l'abbé Guettée. Blois, imprimerie de Morard, 1850. In-8°, 18 p. et pl.

    [ cote 8° Lk7. 9592 ] Voir la microfiche m 21608.

     

    (23) Le nouveau dogme en présence de l’Écriture Sainte et de la Tradition catholique, ou lettres à Mgr Malou, évêque de Bruges, sur son livre intitulé : " L'Immaculée Conception de la B. Vierge, considérée comme dogme de Foi ", par M. l'abbé R.-F.-W. Guettée. - Paris, A. Johanneau (1859). In-8°, XLVII - 240 p.

    [ cote D. 46111 ] Voir la microfiche m 18708.

     

    (24) Observations d'un théologien sur la bulle de Pie IX relative à la conception de la Sainte Vierge, par l'abbé R.-F.-W. Guettée. Paris, chez les principaux libraires, 1855. In-8°, 75 p.

    [ cote D. 46326 ] Voir la microfiche m 18709.

     

    (25) La Papauté hérétique, exposé des hérésies, erreurs et innovations de l’Église romaine depuis la séparation de l’Église catholique au IXème siècle, par Wladimir Guettée. Paris, Sandoz et Fischbacher, 1874. In-8°, XII - 376 p.

    [ cote D2. 13856 ] Voir la microfiche m 20361. 

    Ouvrage PDF : https://books.google.fr/books?id=7-YbmvQv7e8C&printsec=frontcover&dq=Wladimir+Guett%C3%A9e&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=Wladimir%20Guett%C3%A9e&f=false

    Ouvrage en PDF : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=nnc1.cr60150203;view=1up;seq=7

     

     

    (26) La Papauté moderne condamnée par Saint Grégoire-le-Grand, extraits des ouvrages de Saint Grégoire-le-Grand traduits et commentés par l'abbé Guettée. Paris, Dentu, 1861. In-8°, 61 p.

    [ cote D2. 13532 ] Voir la microfiche m 20363.

    Relation BNF  lecture de l'ouvrage en ligne : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30553432q

     

    (27) La Papauté schismatique, ou Rome dans ses rapports avec l’Église orientale (Orthodoxe), par M. l'abbé Guettée. Paris, librairie de l'Union chrétienne, 1863. In-8°, XV - 398 p.

    [ cote D2. 13531 ] Voir la microfiche m 20362.

    Ouvrage PDF : https://books.google.fr/books?id=21lIAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=Wladimir+Guett%C3%A9e&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=Wladimir%20Guett%C3%A9e&f=false

    Ouvrage en PDF : http://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=nnc1.cr00312045;view=1up;seq=9

     

    (28) 1874. 2ème édition. Paris, Sandoz et Fischbacher. In-8°, XIX - 398 p.

    [ cote D2. 13855 ]

     

    (29) Réflexions ... intitulées : A propos d'un article inséré dans le " Courrier des Sciences ". (Extrait de " l'Union chrétienne ", 29 janvier 1865.) Voir VYROUBOV (Grigorii). La Science vis-à-vis de la religion. Paris, 1865. In-8°.

    [ cote R. 54178 ] Voir la microfiche m 21609.

     

    (30) Réfutation de la prétendue " Vie de Jésus " de M. E. Renan, ... par M. l'abbé Guettée, 1ère partie. Paris, librairie de l'Union chrétienne, 1863. In-8°, 462 p. Voir également la rubrique n° (5).

    [ cote H. 14979 ] [ cote P93/000999 ] 

    Lecture de l'ouvrage en ligne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65596n/f4.item.zoom

    Relation BNF : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30553411r

     

    (31) Requête et mémoire adressés à S. Exc. le ministre des Cultes, par M. l'abbé Guettée, en appel comme d'abus d'une décision de M. Morlot, 1er février 1858. - Paris, imprimerie de Dubuisson (s.d.). In-8°, 18 p.

    [ cote 8° Ln27. 9286 ]

     

    (32) Dr Wladimir Guettée. Souvenirs d'un prêtre romain devenu prêtre orthodoxe. - Paris, Fischbacher, 1889. In-8°, 421 p. et portrait.

    [ cote 8° Ln27. 39272 ]

    Lecture de l'ouvrage en ligne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5773595r

    Relation BNF : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30553437f

     

    (33) Supplément aux décrets du concile de la province de Bordeaux, célébré à la Rochelle en 1853 et publié en 1855, ou Défense de " l'Histoire de l’Église de France " contre les imputations contenues dans ces décrets, par M. l'abbé Guettée. Paris, l'auteur, 1855. In-8°, 47 p.

    [ cote 8° Ld2. 18 ] Voir la microfiche m 21612.

     

    (34) Une injustice. Appel à l'opinion publique d'une décision prise par le conseil de la Légion d'honneur, sur un avis illégal et calomnieux de M. Batbie, ... Signé : W. Guettée. - Bruxelles, imprimerie de Combe et Vande Weghe, 1874. In-8°, 31 p.

    [ cote 8° Ln27. 56677 ] Voir la microfiche m 21610.

     

    (35) Ed. CLEMENCET (Dom Charles). Histoire littéraire de Port-Royal. Publiée avec une introduction et la biographie de l'auteur par Monsieur l'abbé Guettée. Paris, 1868. In-8°. Deux exemplaires.

    [ cote 8° Ld3. 253 et Z. 45572 ] T.I. Voir la microfiche m 21613. (1)

    Ouvrage en PDF : https://books.google.fr/books?id=I9w8AAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=Wladimir+Guett%C3%A9e&hl=fr&sa=X&redir_esc=y#v=onepage&q=Wladimir%20Guett%C3%A9e&f=false

    Relation BNF : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb36064212z

     

    (36) Ed. LE DIEU (Abbé François). Mémoires et journal sur la vie et les ouvrages de Bossuet. - Paris, 1856-1857. Quatre volumes In-8°.

    [ cote 8° Ln27. 2496 ] Voir la microfiche m 21614. (1-4)

     

    (37) L'infaillibilité Papale en présence de la Sainte Écriture, de la Tradition Catholique et de la raison; ou lettres à Mgr Deschamps. Auteur : W. Guettée. (Docteur en théologie) Paris, 1870. Joël Cherbuliez, libraire-éditeur. 168 p.

    Classement de cet ouvrage dans le fichier des anonymes à la Bibliothèque nationale.

    [ cote E. 8073 ] 1

     

    AUTRES OUVRAGES   

    (38) La Divine Liturgie de notre Saint Père Jean CHRYSOSTOME - traduction nouvelle de l’Église catholique orientale - Paris, Fischbacher (s.d.). Réédition : 1913.

    Voir la microfiche m 18710.

    [ cote BB 8° SUP 372 ] Cette dernière cote est attribuée à la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris.

     

    REVUES

    (39) L'Observateur catholique, 12 volumes (1855-1866)

    [ cote : 8° Lc3. 83 ]

     

    (40) L'Union chrétienne, (1859-1891)

    1ère série : 7 volumes In-4

    2ème série : 7 volumes In-8

    11 volumes édités en France de 1859 à 1867 - et de 1868 à 1870.

    Volumes de 1870 à 1891 : édités en Belgique.

    [ cote : D. 2709 et D. 64175 ]

     

    De la mise à l'index de l'Histoire de l’Église de France - Paris, Bureaux de l'Union chrétienne, 1852.

     

    Lettres à quelques évêques, Paris, Bureaux de l'Union chrétienne, 1853-1854.

    Lettre à Mgr Pallu-Duparc, Évêque de Blois, contre la liturgie romaine.

    Lettre à Mgr Baillès, Évêque de Luçon, contre l'Index de Rome.

    Lettre à Mgr de Bonald, Archevêque de Lyon, contre l'autocratie papale.

     

    Très humble remontrance à Mgr l'Archevêque de Paris, à propos de son mandement sur l'Immaculée-Conception. Paris, Bureaux de l'Union chrétienne, 1855.

    Observations touchant le mandement de Mgr l'Archevêque de Paris (Mgr Sibour) sur le retour à la liturgie romaine - Paris, Bureaux de l'Union chrétienne, 1856.

    Mémoires contre un acte arbitraire et despotique de Mgr Morlot, cardinal-évêque de Paris (trois brochures), Paris, Bureaux de l'Union chrétienne, 1856.

    Réfutation du cours d'histoire ecclésiastique de M. l'abbé Lavigerie (aujourd'hui évêque de Nancy) contre Port-Royal. Paris, Bureaux de l'Union chrétienne, 1857.

     

    (41) Mémoire soumis à l'empereur Napoléon III, sur la restauration de l’Église gallicane. Paris, Bureaux de l'Union chrétienne, 1861. Imprimerie de Dubuisson, 20 p.

    [ cote L4d 5564 ]

     

    Histoire de l’Église, depuis la naissance de N. S. Jésus-Christ jusqu'à nos jours, composée sur les documents originaux et authentiques. (sept tomes) Paris, Cherbuliez, puis Sandoz et Fischbacher, 1869.

    Tolbiac - [ cotes H-14980 (1); H-14980 (4); H-14980 (6) ]

     

    (42) La Russie et son Église : Lettre à M. Soloviev, à propos de la brochure intitulée " L'idée russe ". Paris, Fischbacher, 1888 (se trouve à la bibliothèque du Saulchoir, à Paris.)

    [ cote 141 - SOL - GUE, n° 16016 ]

    Voir également l'ouvrage édité en 1990 par la Fraternité Orthodoxe Saint Grégoire PALAMAS : " Lettre à Soloviev - La Russie et son Église -, par le Père Wladimir GUETTÉE.

    ISBN 2-908 197-22-7.

    ISSN 0758-4873.

    Voir également sur le même sujet, la cote [ 8° M. Pièce 8209 ]

     

    Liturgie et Catéchisme à l'usage des fidèles de l’Église Catholique Gallicane.

     

    The Papacy; its historic origin and primitive relations with the Eastern churches. Translated from the French, and prefaced by original biographycal notice of the author. With an introd. by A. Cleveland Coxe : New York, Minos Pub. Co. n. d.

    New York, Minos Pub. Co, 1866.

    New York, Carleton, 1867.

    New York, Minos Pub. Co, 1954.

    Traduction des Quatre Évangiles.

     

    (43) Histoire de l’Église de France, composée sur les documents originaux et authentiques, par l'abbé W. Guettée (René-François-Wladimir).

    Tome I (-XII), 1847-1857.

    Douze volumes - In-8°

    Le tome 12 est suivi d'un supplément ou " Défense de l’Église de France " du même auteur.

    [ cote H 8° 547 ter inv. 3290 à 3301 ] cette cote est attribuée à la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris.

     

    (44) Jansénisme et jésuitisme, ou examen des accusations soulevées par M. Lequeux contre l'abbé GUETTÉE. Paris, 1857. In-8°, (III-118 p.)

    [ cote D 67.033 ] cette cote est attribuée à la bibliothèque Sainte Geneviève, à Paris. (76.147.)

     

    (45) Supplément aux décrets du Concile de la Province de Bordeaux, célébré à la Rochelle en 1853 et publié en 1885, ou Défense de l'Histoire de l’Église de France contre les imputations contenues dans ces décrets. 1855 - Paris, In-8°. 47 p. Guettée W.

    [ cote Br 66.392. ] et [ cote H 8° 547 ter inv. 3301. ] (pièce 2.) ces cotes sont attribuées à la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris.

     

    (46) Éditions de CLEMENCET (Dom Charles). Histoire littéraire de Port-Royal. T1. - Paris, 1868. GUETTÉE (abbé René-François-Wladimir).

    [ cote Q 8°SUP 1. 204. ] cette cote est attribuée à la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris.

     

    ÉTUDES & RÉ ÉDITIONS

    GUETTÉE Wladimir, " DE LA PAPAUTÉ " - textes choisis et présentés par le Père Patric RANSON. Éditions L'AGE D'HOMME - collection : La Lumière du Thabor. Lausanne - Paris, 1990. 248 p.

    ISBN 2-8251-0104-4.

     

    Un précurseur Wladimir GUETTÉE. Monastère orthodoxe Saint-Michel, à Lavardac - 47230. 1992. Jean-Paul BESSE. 176 p.

     

    GUETTÉE Wladimir, " La Papauté schismatique " - Collection Documents Monastère orthodoxe Saint-Michel. Lavardac, 47230.

    GUETTÉE Wladimir, " La Papauté hérétique " - Collection Documents Monastère orthodoxe Saint-Michel. Lavardac, 47230.

     

    Histoire de l’Église, depuis la naissance de Notre Seigneur Jésus-Christ jusqu'à nos jours. Composée sur les documents originaux et authentiques par Wladimir Guettée. Sept tomes. Réédités par le Monastère orthodoxe Saint-Michel - Lavardac, 47230.

    SSN 0753 - 4086.

     

    Père Wladimir GUETTÉE et Port-Royal. 127 p. Skit du Saint-Esprit. Le Mesnil-Saint-Denis. 1992.

    ISBN 2-9507360-0-9.

     

    CAHIERS GUETTÉE, 1 numéro de 100 p. 1993.

    Le Père Wladimir Guettée (1816-1892) de bienheureuse mémoire, historien précis, théologien et exégète, fut l'un de ces admirables témoins qui, en plein 19ème siècle revint à l’Église orthodoxe et fit connaître à l'Occident la Foi des Saints Pères et l’Église une du Crédo de Nicée-Constantinople.

    Cahiers Guettée entend d'abord rendre hommage au remarquable historien qu'il a été, et peu à peu republier les pages essentielles de son œuvre considérable, partialement occultées avec acharnement par ses adversaires. De plus, ils font connaître les nombreux écrits qui, se fondant sur les textes patristiques, ont objectivement démontré le peu de fondement, dans la véritable Tradition chrétienne, de la Papauté et de ses dogmes erronés.

    C'est aussi à une étude renouvelée du schisme entre l'Orient chrétien et l'Occident qu'ils nous incitent, étudiant lucidement, dans des sources toujours négligées jusqu'ici, la résistance et le rejet, à l'intérieur même de l'Occident, des innovations des théologiens Francs puis des scholastiques et, ainsi d'ailleurs jusqu'à nos jours face à l'apostasie de l’œcuménisme.

    ISSN 1247-3006.

     

    Site de la grande bibliothèque nationale de France :

    http://data.bnf.fr/documents-by-rdt/12253036/70/page1

     

    NOUVEAU : Réimpression à la demande des ouvrages du Père Wladimir Guettée en collaboration BNF - Hachette.

    http://www.hachettebnf.fr/recherche?search_api_views_fulltext=wladimir+Guett%C3%A9e

     


     

    +

     

     

  • Saint Photios le Confesseur, Patriarche de Constantinople. Réfutations des odieuses calomnies émisent par l'église catholique romaine, contre Saint Photios, Patriarche de Constantinople et dénonciateur (entres autres) de l'hérésie du filioque.

    Saint Photios 1er Patriarche de Constantinople.jpg

    " A Ignace et Photios, les patriarches très saints et orthodoxes :

    MÉMOIRE  ÉTERNELLE !

    A tout écrit, toute parole, tout acte allant contre les saints patriarches Taraise, Nicéphore, Méthode, Ignace et Photios :

    ANATHÈME ! "

     

    " Champion de l'Orthodoxie, défenseur des confesseurs de la foi droite,

    Pilier et fondation de l’Église, instrument de la grâce.

    Vase choisi, harpe de l'Esprit aux sons divins,

    Orateur enflammé, sage hiérarque, pédagogue illustre du monde,

    Trompette qui proclama, en parole et doctrine, que l'Esprit procède du Père seul,

    Comme le proclama, avec autorité divine, le fils du tonnerre, l'évangéliste Jean;

    Adversaire inébranlable des hérésies,

    Tu as coupé l'erreur de l'hérésie et défendu le Saint Symbole de la Foi contre les additions et les corruptions hérétiques,

    O grand Photios, Père très saint,

    Tu es illustre en parole, toi dont le nom est Lumière ! "

    +

  • + La Sainte Bible des Septante, traduction des textes grecs en français par Pierre GIGUET.+

     

    Les Saints Apôtres avec le Seigneur.jpg

     

    Liens qui permettent  la lecture ainsi que le téléchargement

    de la Sainte Bible des Septante en langue française.

     

    http://jesusmarie.free.fr/bible_septante.html

    http://jesusmarie.free.fr/bible_septante.pdf

     

    https://archive.org/details/LaBibleDesSeptanteEnFrancaisVol1

    https://archive.org/details/LaBibleDesSeptanteEnFrancaisVol2

    https://archive.org/details/LaBibleDesSeptanteEnFrancaisVol3

    https://archive.org/details/LaBibleDesSeptanteEnFrancaisVol4

    https://archive.org/details/LePremierLivreDesdras

     

     http://ba.21.free.fr/septuaginta/preface.html

     

    +

  • Lettre de Saint Marc d'Ephèse.

     

    Non habemus papam ! (Nous n’avons [et ne reconnaissons] pas de pape !)

    Petit rappel très utile...

    Source : La Lumière du Thabor - Revue Internationale

    de Théologie Orthodoxe - N°10, pages 19-31.

    Fraternité Orthodoxe Saint GRÉGOIRE PALAMAS - L'Age D'Homme.

     

     

     

    Notre Saint Père Marc d'Ephèse.jpg

     

     

    LETTRE ENCYCLIQUE A TOUS LES CHRÉTIENS ORTHODOXES

     

       de la terre et des îles 

     

      de Notre Père Théophore Saint Marc d’Éphèse.

     

    Les hommes qui nous ont menés en déportation, dans une captivité pernicieuse, et ont voulu nous attirer dans les bas-fonds de Babylone –les dogmes et les rites des Latins– n’ont pu conduire leur projet à terme, se rendant compte eux-mêmes de son absurdité foncière et de son impossibilité, et se sont arrêtés à mi-chemin, eux et tous ceux qui les ont suivis, sans demeurer ce qu’ils étaient, ni devenir ce qu’ils ne sont pas ; ils ont abandonné Jérusalem, la vraie vision de paix (cf. IS. 28 : 16 ; 1 Pierre 2 : 6) et la montagne de Sion, la Foi solide et inébranlable ; quant à être Babyloniens et en porter le nom, ils ne le veulent ni le peuvent ; en sorte qu’on pourrait justement les appeler Gréco-latins, ces déserteurs que nous qualifions généralement de Latinisants.

     

    Ces animaux mêlés, cousins des centaures de la fable, confessent avec les Latins que l’Esprit Saint procède du Fils et qu’Il a le Fils pour cause de Son existence –selon les propres termes de leur Définition de Foi conciliaire– et avec nous, disent qu’Il procède du Père ; avec les Latins, ils affirment que l’addition du Filioque au symbole fut chose légitime et bien fondée, et, avec nous, refusent de la réciter dans le Credo –quoique, s’agissant d’une chose légitime et bien fondée, rien n’empêche de la réciter, n’est-il pas vrai ? Toujours avec les Latins, ils disent que le pain azyme est bien Corps du Christ, mais, avec nous, n’oseraient pas y communier. Ne voilà-t-il pas des traits suffisants pour dépeindre l’humeur de ces personnages ? Si l’on ajoute que ce n’est pas l’amour de la vérité qui les a poussés à rencontrer les latins –cette vérité, qu’ils avaient entre les mains, ils l’ont trahie– mais l’appât de l’or et le désir de conclure une union factice, non celui de s’unir véritablement.

    2. Or il convient d’examiner le mode de leur union : car qui dit union dit moyen terme par lequel on s’unit. Dans le cas présent, c’est par le dogme relatif au Saint Esprit qu’ils ont cru s’unir aux Latins, en confessant avec eux qu’il tire aussi du Fils son existence ; pour tout le reste, ils diffèrent, et il n’y a rien entre eux, pas même une seule chose, qui leur soit commune ni même intermédiaire. Tout au contraire, on récite encore deux symboles différents, comme auparavant ; on célèbre deux liturgies dissemblables, avec consécration de pain levé dans l’azyme, dans l’autre ; deux baptêmes, dont l’un consiste dans une triple immersion, l’autre dans une affusion d’eau sur le sommet de la tête : et tandis que le premier comporte nécessairement la chrismation, le second peut même s’en passer ; deux coutumes enfin, en tout et pour tout différentes, qu’il s’agisse des jeûnes, des ordres ecclésiastiques ou de toute chose de ce genre. Où donc est l’union, quand aucun signe extérieur ne la rend tangible et manifeste ? Et comment se sont unis des gens qui entendent rester attachés à leurs propres usages –ils l’ont même déclaré d’un commun accord– et ne suivent pas les traditions reçues des Saints Pères ?

    3. Mais que disent ces raisonneurs ? "L’Église grecque n’a jamais dit que l’Esprit Saint procédait du Père seul, mais simplement qu’il procédait du Père ; or cette affirmation n’exclut pas le Fils de la procession ; de sorte que, sur ce sujet, nous étions autrefois unis et le sommes toujours à présent". Hélas ! Quelle bêtise ! Et quelle cécité ! Si l’Église grecque a toujours confessé la procession de l’Esprit hors du Père, pour avoir reçu cette doctrine du Christ Lui-même, des saints Apôtres et des Pères des Conciles ; et si elle n’a jamais confessé la procession hors du Fils, doctrine qu’elle n’a, de fait, reçue de personne ; qu’a-t-elle depuis toujours affirmé, sinon la procession hors du Père seul ? Car si l’Esprit ne procède pas du Fils, il est clair qu’il procède du Père seul.

     

    Voyez la même chose dans le Credo à propos de la génération. « Né du Père avant tous les siècles ».

    Qui ajoute ici "né du père seul" ? Nous l’entendons pourtant bien ainsi, et nous l’explicitons à qui le demande ; car nous n’avons pas appris que le Fils soit né d’aucun autre !

     Enfin, c’est en raison de cette doctrine que saint Jean Damascène, au nom de l’Église toute entière et de tous les chrétiens, déclare ceci : « Nous ne disons pas l’Esprit issu du Fils » (PG 94, c.832 B.). Si nous ne disons l’Esprit issu du Fils, il est clair que nous le disons issu du Père seul. Aussi dit-il un peu auparavant : « Pour le Fils, nous ne le disons point cause » (Ibid.) et dans le chapitre suivant : « Seul le Père est cause » (Ibid., c.849 B.).

    4. Que disent-ils encore ? "Nous n’avons jamais considéré les Latins comme hérétiques, mais seulement comme schismatiques".

    Cet argument, remarquons-le premièrement, c’est aux Latins qu’ils l’ont emprunté ; ceux-ci nous qualifient en effet de schismatiques, parce qu’ils n’ont rien à nous reprocher sur le dogme, mais estiment que nous avons été rebelles à l’allégeance qu’ils s’imaginent que nous leur devons. Voyons s’il est juste de leur rendre la politesse et si nous n’avons, nous, aucun reproche à leur faire sur la doctrine.

    Ils donnent, on le sait, pour cause du schisme, le fait d’avoir introduit au grand jour l’addition du Filioque qu’ils marmonnaient auparavant entre leurs dents ; pour notre part, nous nous sommes, les premiers, séparés d’eux, ou plutôt, nous les avons séparés et retranchés du corps commun de l’Église. Pour quelle raison, dites-moi ? Parce qu’ils avaient une doctrine orthodoxe ou de justes raisons d’introduire leur addition ? Et qui dira cela, à moins d’avoir la cervelle complètement dérangée ?!

    Ou bien parce que leur dogme était aberrant et impie et l’addition, illégitime ? C’est donc pour cause d’hérésie que nous nous sommes détournés d’eux ; telle fut la raison de notre séparation d’avec d’eux.

    Quelle autre cause pourrait-il y avoir en effet ? Les lois amies de la piété ne déclarent-elles pas : "Est hérétique, et sous le coup des lois concernant les hérétiques, celui qui dévie, si peu que ce soit, de la Foi Orthodoxe" (saint Photios, Nomocanon XII, c.2.). Si donc les Latins n’ont pas dévié d’un pouce de la Foi Orthodoxe, nous n’avons, évidement, pas eu raison de les retrancher de l’Église ; mais s’ils ont complètement dévié, et cela, dans la théologie du Saint Esprit, qu’il est infiniment périlleux de blasphémer, alors ils sont hérétiques, et nous les avons exclus de l’Église pour hérésie.

    Poursuivons. Pourquoi chrismons-nous ceux d’entre eux qui viennent à l’Orthodoxie ? N’est-ce pas, à l’évidence, parce qu’ils sont hérétiques ? Le huitième canon du Deuxième Concile Œcuménique dit en effet : « Ceux qui venant d’une hérésie rentrent dans l’Orthodoxie et s’agrègent à la part des élus, nous les recevons selon les rites et les usages suivants : Ariens, Macédoniens, Sabbatiens et Novatiens qui se donnent le nom de Cathares (Purs) et de Meilleurs, ainsi que les Quartodécimans ou Tétradites et les Apollinaristes, nous les recevons à condition qu’ils donnent un texte écrit, condamnant à l’anathème toute hérésie non conforme au dogme de la Sainte Église de Dieu Catholique et Apostolique, et qu’ils reçoivent, avant d’être admis, le sceau ou chrismation, que nous faisons avec le Saint Chrême sur le front, les yeux, les narines, la bouche et les oreilles, en disant : « Le Sceau du Saint Esprit » [1]. Tu vois dans quel groupe nous classons les Latins qui nous rejoignent ? Si les noms qu’énumère le canon ci-dessus sont tous hérétiques, les Latins le sont certainement.

    Enfin le très sage Patriarche d’Antioche, Théodore Balsamon, écrivait, dans ses Réponses à Marc, très Saint Patriarche d’Alexandrie : "Des prisonniers Latins, et autres personnes, se présentent dans nos églises catholiques et demandent la communion au Divins Sacrements. Pouvons-nous la leur accorder, telle est la question.

    –« Qui n’est pas avec moi est contre moi et qui n’assemble pas avec moi disperse » (Matt. 12: 30 ; Luc 11: 23). Étant donné que depuis de longues années la très célèbre Église d’Occident, celle de Rome, s’est séparée de la communion des quatre autres patriarcats, en s’isolant dans des rites et des dogmes étrangers à ceux de l’Église Catholique et Orthodoxe ; que, pour cette raison, dans la célébration des Divins Mystères, le pape n’a pas l’honneur d’être mentionné parmi les patriarches au moment de l’anaphore ; les personnes de confession latine ne peuvent recevoir des mains du Prêtre la sanctification des Purs et Divins Mystères, à moins qu’elles n’acceptent d’abord de renoncer aux dogmes et aux usages latins, et qu’elles reçoivent, comme l’ordonnent les canons, une instruction catéchétique et deviennent Orthodoxes à part entière" (PG 138, c.968 AB.).

    Tu entends ? Dit-il, oui ou non, qu’ils se sont séparés en s’isolant non seulement dans des rites mais encore dans des dogmes étrangers à l’Orthodoxie –or tout ce qui est étranger à l’Orthodoxie est hérétique– et qu’ils doivent, selon les canons, recevoir une catéchèse et devenir Orthodoxes à part entière ? Or il est clair que s’ils doivent être catéchisés, ils doivent aussi être chrismés. D’où a surgi leur réputation d’orthodoxie, quand tant d’époques et tant de Saints Pères et de Saints Docteurs les ont condamnés comme hérétiques ? Qui les a si facilement rendus orthodoxes ? C’est l’or, si tu veux bien dire la vérité, et les pots de vin que tu as touchés ; ou plutôt, l’or ne les a pas rendus Orthodoxes, mais toi, il t’a fait devenir semblable à eux et t’a donné ton lot parmi les hérétiques.

     [1] Cf. Saint Nicodème, Pidalion, Athènes 1957, p. 163, canon 7.

    5. "Mais si nous arrivions à mettre au point un moyen terme dans les dogmes, nous leur serions unis par ce dogmes mitoyen, tout en restant fidèles à nous-mêmes, sans être forcés de rien dire de contraire à nos habitudes et à nos Traditions". Voilà la belle raison qui a trompé la plupart, depuis le début, et les a engagés à suivre des meneurs qui les ont entraînés au gouffre de l’impiété. Croyant qu’il existe un milieu entre deux opinions, comme c’est le cas pour certains contraires, ces déserteurs se sont jetés dans la gueule du loup.

    Or, s’il est bien possible de trouver, entre deux opinions, une formulation moyenne qui les signifie également l’une et l’autre, par le jeu de l’équivoque, en revanche, entre deux opinions contradictoires relatives au même objet, il ne saurait y avoir d’opinion moyenne ; sans quoi, il y aurait aussi un moyen terme entre le vrai et le faux, entre l’affirmation et la négation. Mais il n’en est rien ; en toute chose, l’alternative est exclusive : ou bien l’affirmation ou bien la négation. Si donc le dogme latin, qui dit que l’Esprit Saint procède aussi du Fils, est vrai, le nôtre est faux puisque nous disons qu’Il procède du Père seul –telle est bien la raison pour laquelle nous nous sommes séparés d’eux ; si le nôtre est vrai, le leur sera forcément faux. Quel milieu peut-il y avoir entre ces deux choses ? Aucun ; sinon une formule ambivalente qui s’adapte aux deux opinions comme un cothurne qui va aussi bien au pied droit qu’au pied gauche. Et c’est une formule de ce genre qui nous unira ? Et que ferons-nous, quand nous en viendrons à l’examen mutuel du contenu de nos croyances et de nos doctrines ? Ou si nous pouvons nous appeler les uns les autres Orthodoxes quand nous pensons à l’opposé les uns des autres ? Pour moi, je ne crois pas ; à toi de voir, toi qui as l’art de tout embrouiller et de donner aux choses le nom qu’il te plait. Veux voir ci-dessous comment Saint Grégoire le Théologien parle des formules moyennes ?

    « C’était une figurine qui vous regarde de quelque côté que vous arriviez, un cothurne qui s’adapte aux deux pieds, un crible à tous les vents (Ecclésiastique "Siracide" 5: 9), tirant son autorité de leur malice à interpréter l’Écriture et de l’artifice imaginé contre la vérité ; car cette formule de "semblable selon les Écritures" était un appât qui recouvrait l’hameçon de l’impiété » (Grégoire de Nazianze, Homélie sur saint Athanase PG 35, c.1108 A.). Voilà pour le moyen terme qu’on avait inventé à l’époque. Du concile qui l’avait imaginé, il dit encore : « De quel nom appeler cette assemblée ? Tour de Babel, qui vit la juste confusion des langues –plût au ciel qu’elles se fussent ainsi confondues, ces langues à l’unisson dans le mal ! – Sanhédrin de Caïphe, qui condamna le Christ ? D’un autre nom encore ? Cette assemblée a tout confondu et renversé : elle a aboli l’antique et sainte doctrine de la Trinité et l’égalité d’honneur qui est son partage, en dressant ses batteries contre le CONSUBSTANTIEL et en battant ce rempart en brèche ; bref, elle a ouvert la voie à l’impiété, par ce moyen terme entre ce qu’on dit et ce qui est écrit. Car "ils ont eu de la sagesse pour mal faire, mais ils n’ont point su faire le bien" Jér. 4,22 » (Grégoire de Nazianze, ibid. c. 1105 C.)

    Voilà qui nous suffira sur cette question du moyen terme : nous avons amplement démontré qu’il n’en existe absolument pas et qu’une telle recherche est impie et étrangère à l’Église.

    6. Mais quelle attitude adopter, demandera-t-on, à l’égard de ces Gréco-latins mi-figue mi-raisin, qui, en bons amateurs des solutions moyennes, divisent en trois catégories les dogmes et les rites des Latins : ceux qu’ils approuvent ouvertement et sans réserve ; ceux qu’ils approuvent, mais sans les embrasser ; ceux qu’ils désapprouvent totalement ?

    Fuyez-les ! Fuyez-les comme des serpents, comme des gens qui font commerce du Christ, au gros et au détail, ou pire encore. Car ils sont de ceux qui, selon le Divin Apôtre, font de la piété une source de bénéfice (1 Tim. 6,5) et dont il dit encore « Fuis cette engeance » (1 Tim. 6, 11) car ce n’est point pour s’instruire, mais pour se remplir les poches qu’ils sont passés à l’ennemi. « Or qu’y a-t-il de commun entre la Lumière et les ténèbres ? Quelle entente du Christ avec Bélial ? Ou quelle part, du fidèle avec l’infidèle ? » (2 Cor. 6, 14-15).

     

    Car voici les faits : nous, avec saint Jean Damascène (PG 93, c.882 B) et tous les Pères sans exception, nous disons que l’Esprit ne procède pas du Fils ; eux, avec les Latins, disent que l’Esprit procède du Fils.

     

    Et nous, avec le Divin Denys, nous disons que le Père est la seule source de la Divinité suressentielle (PG 3, c.641 D) ; eux, avec les Latins, disent que le Fils aussi est source de Saint Esprit, expulsant par conséquent ce dernier hors de la Divinité.

     

    Nous, avec Saint Grégoire le Théologien, nous distinguons le Père du Fils par la causalité (PG 36, c.252 A) ; eux, avec les Latins, le conjoignent par la causalité.

     

    Nous, avec le vénérable Maxime, les Romains de son époque et les Pères occidentaux, nous ne faisons pas du Fils la cause de l’Esprit (PG 91, c.136 A) ; eux déclarent que le Fils est, selon les Grecs, "cause", selon les Latins "principe" de l’Esprit, dans leur Définition de Foire (il est juste de la décorer de cette appellation, puisqu’ils l’ont signée en foirant de peur).

     

    Nous, avec Justin, philosophe et Martyr, nous disons que l’Esprit sort du Père, comme le Fils sort du Père (PG 6, c.1224 A) ; eux, avec les Latins, disent que le Fils sort immédiatement, mais l’Esprit médiatement du Père.

     

    Nous, avec Saint Jean Damascène (PG 94, c.824 A) et tous les Pères sans exception, nous confessons ignorer en quoi diffèrent génération et procession ; eux, avec Thomas et les Latins, disent que les deux provenances différent par le médiat et l’immédiat.

     

    Nous, nous disons, selon les Pères, que la Volonté et l’Énergie de la nature Divine et incréée, sont incréées ; eux, avec les Latins et Thomas, disent que la volonté est la même chose que l’essence, et que l’énergie divine est créée, même si elle reçoit le nom de divinité, de lumière divine et immatérielle, d’Esprit Saint, et tous autres noms similaires ; ainsi ils élèvent les créatures infirmes au rang de divinité créée, de lumière divine créée, d’Esprit Saint créée !

    Nous affirmons que ni les Saints ne jouissent déjà du Royaume qui leur a été préparé et des biens indicibles, ni les pécheurs ne sont déjà tombés dans la géhenne, mais que les uns comme les autres attendent leur lot respectif, qui appartient au temps d’après la Résurrection et le Jugement ; eux, avec les Latins, veulent que les uns jouissent déjà, aussitôt après la mort, de ce dont ils sont dignes ; pour ceux qui sont dans l’entre-deux, c’est-à-dire qui sont morts sans avoir achevé de faire pénitence, ils ont inventé un feu purgatoire, différent de celui de la géhenne, auquel ils confient ces défunts afin, disent-ils, que leurs âmes une fois purifiées par ce feu, après la mort, ils trouvent eux aussi place dans le Royaume avec les Justes ; doctrine qui a même été consignée dans leur Définition de Foi.

     

    Nous, fidèles aux canons que les Apôtres ont fixés, nous abhorrons le pain azyme des Juifs ; eux déclarent dans la même Définition que le sacrifice que les Latins consacrent dans leur liturgie est le Corps du Christ.

     

    Nous disons que le simple fait d’avoir ajouté quelque chose au symbole de la Foi est illégitime, anti-canonique et anti-patristique ; eux le définissent comme un acte légitime et bien fondé ; tant ils savent s’accorder avec eux-mêmes et avec la vérité !

     

    Nous considérons le pape comme un patriarche parmi les autres, et cela, bien sûr, s’il est orthodoxe ; eux le proclament fort pompeusement vicaire du Christ, et père et docteur de tous les chrétiens. Puissent-ils être plus heureux que leur père, s’ils lui ressemblent quant au reste [2] ! Car lui joue de malchance et n’est pas heureux avec cet antipape qui le taraude sans cesse –et nos hommes n’ont pas envie d’imiter leur père et docteur !

    [2] Sophocle, Ajax. Saint Marc joue sur le nom de l’antipape Félix (Heureux).

    7. Fuyez-les donc, frères, eux et leur communion ; « ces hommes sont de faux apôtres, des artisans d’imposture, déguisés en apôtres du Christ. Rien d’étonnant du reste, car Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Ce n’est donc pas merveille si ses serviteurs eux aussi prennent l’apparence de serviteurs de la justice, eux dont la fin sera selon les œuvres » (2 Cor. 11, 13-15).

    Ailleurs, le même Apôtre dit encore d’eux : « De tels hommes ne servent pas Notre Seigneur Jésus Christ, mais leur propre ventre et par et par leurs belles paroles et leur langage doucereux, ils abusent les cœurs les plus simples (Rom. 16, 18) ; mais le solide fondement de la Foi tient bon, scellé de ce sceau (2 Tim. 2, 19) ». Et ailleurs : « Prenez garde aux chiens, prenez garde aux mauvais ouvriers, prenez garde aux faux circoncis » (Phil. 3, 2) ; ailleurs encore : « Si quelqu’un vous annonce un Évangile différent de celui que vous avez reçu, quand même ce serait un Ange descendu du ciel, qu’il soit anathème ! » (Gal. 1,8).

    Voyez la prophétie que renferme cette parole : « quand même ce serait un Ange descendu du ciel » afin que personne ne vienne vous objecter la primauté papale. Et le disciple bien-aimé : « Si quelqu’un vient à vous sans apporter cette doctrine, ne le recevez pas sous votre toi, ne lui dites pas bonjour ; car celui qui dit bonjour participe à ses œuvres mauvaises » (2 Jn 10-11).

    Les Saints Apôtres vous ayant fixé ces règles, tenez ferme et gardez les traditions écrites et non écrites que vous avez reçues, de peur que l’égarement des sans-loi ne vous séduise et ne vous fasse choir de votre propre constance.

     

    Puisse le Dieu Tout-Puissant faire que ces hommes reconnaissent leur erreur et qu’Il nous délivre de cette ivraie nuisible et nous rassemble dans ses greniers comme un froment pur et bon, dans le Christ Jésus Notre Seigneur ; à Lui convient toute Gloire, Honneur et Adoration, avec son Père sans principe et son tout Saint, Bon et Vivifiant Esprit, maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen !

     

     

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  • Annexe sur le Mémorandum / sur les néo-calendaristes.

     

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    Document annexe au Mémorandum du calendrier de l’Église

     

    RÉPONSES AUX NÉO-CALENDARISTES

     

    Publié dans les éditions "Age d'homme"

    Institut Saint Épiphane de Salamine (sous la juridiction de Mgr Sébastien de Chypre)

     

    Mardi 24 juin/ 7 juillet 1993 - Nativité de saint Jean Baptiste

                A propos de l'émission : « A la lumière de l'Orthodoxie » diffusée sur LOGOS le 30 juin du calendrier civil, sur le thème : « L'ancien et le nouveau calendrier », avec la participation de M. Phédon Papadopoulos, professeur de théologie, nous désirons faire quelques remarques, par amour de la Vérité. Certes, on ne saurait songer à reprocher à la hiérarchie néo-calendariste un souci de catéchiser ses fidèles; mais elle devrait le faire sur d'autres bases que celles de cette émission, sans lesquelles elle désinforme au lieu d'aider à comprendre.

                Comment les auditeurs pourraient-ils se former une idée juste des points controversés, du moment que les connaissances nécessaires, en théologie comme en histoire, leur font le plus souvent défaut ? Un seul exemple : si l'on avait eu connaissance du contenu exact de l'Encyclique de 1920 à laquelle l'orateur s'est référé au petit bonheur, comme cela l'arrangeait, la discussion aurait pris un tout autre tour ! Si la station de radio avait souhaité autre chose que de la propagande à sens unique, elle se devait d'inviter des théologiens des deux côtés, et de même compétence; alors les auditeurs auraient pu se former une idée moins imprécise de l'enjeu du débat.

                Je dis «une idée moins imprécise». En effet, la question n'a rien de simple et ne saurait être réglée en une heure d'émission ! À l'époque de l'iconoclasme, les adversaires des icônes soutenaient aussi devant les orthodoxes qu'il ne s'agissait que d'un changement sans caractère dogmatique - comme le prétendent encore aujourd'hui -, pour le nouveau calendrier, ses partisans. Les iconoclastes trouvaient indignes de la haute spiritualité chrétienne la vénération de planches coloriées et demandaient où cette vénération avait été prescrite. Cependant, à l'arrière-fond de ce changement d'apparence anodine, les Pères théophores surent discerner «l'hérésie et le bouleversement le plus athée qui soit».

                Il est, de même, difficile à un fidèle du nouveau calendrier, de soupçonner l'ampleur de l'apostasie qu'il recèle. Et ce n'est guère des émissions du genre de celle-ci qui nous aideront ! Nous vivons assurément une époque d'indifférence religieuse : beaucoup pratiquent de façon formelle, voire ne vont fêter Pâque que pour allumer des pétards le soir de la fête. Il existe néanmoins des êtres pieux, «des vrais Israélites, des hommes sans fraude», en grand nombre, parmi les néo-calendaristes; mais ils ne peuvent, spirituellement, franchir les cadres que l'enseignement de leurs docteurs leur ont malheureusement imposés.

     

    Les «anciens-calendaristes» font-ils de la propagande ?

     

                Voilà pourquoi nous nous efforçons de tenir, à l'égard des néo-calendaristes, une conduite digne et cohérente. Si quelqu'un vient dans nos églises, nous ne le chassons pas : «Celui qui vient à Moi, Je ne le chasserai pas» (Jn 6 : 37), ni ne refusons de prier pour lui, comme il se doit, ni de lui offrir l'hospitalité, sans viser d'autre but. Et ces choses, nous les devons à tout homme. Dieu qui fait luire son soleil sur les bons et les méchants et pleuvoir sur les justes et les injustes, n'agit pas par prosélytisme !

                Mais que le Seigneur nous garde du péché de se servir de son Saint Corps et Sang comme d'un moyen de prosélytisme, pour faire revenir les fidèles à l'ancien calendrier ! Nous prions, certes, pour que tous - néo-calendaristes, hérétiques, schismatiques, athées, etc. - reviennent à la vérité. Mais si les néo-calendaristes croient que là où ils se trouvent, ils communient au Corps et au Sang du Christ, qu’ils ont leur salut assuré, et que leur Église garde toutes les traditions sans innovation ni altération, et sans fouler aux pieds les Saints Canons, qu'ils cherchent en conscience, avec le critère de l'enseignement de l'Église, ce qu'ils répondront devant Dieu.

                Nous ne sommes pas prêts à organiser un quelconque «tourisme ecclésiastique», pas plus que nous n'essayons de faire nombre, contrairement à ce qui a été sottement prétendu au cours de l'émission. Un seul fidèle à la loi de Dieu vaut mieux que mille transgresseurs. C'est pourquoi nous avons refusé la diffusion télévisée de nos liturgies. Pourrions-nous, à l'heure où les Séraphins se voilent la face de crainte, donner nos Mystères en spectacle ?!

                Nous croyons, selon le livre des Actes, que le Seigneur «ajoute à l'Église le nom de ceux qui sont sauvés». Notre devoir n'est pas de faire de la propagande, mais de prendre garde à nous, de crainte que nos chutes ne scandalisent certains de ceux qui cherchent sincèrement la vérité.

     

    Précisions préliminaires

     

                Les deux intervenants de l'émission - M. Papadopoulos et son interlocuteur - nous ont lancé deux accusations contradictoires :

    - Le premier a dit que nous mettions en avant le Mont Athos et les Églises slaves, qui suivent l'ancien calendrier, pour paraître plus nombreux !

    - Le second a déclaré que nous nous glorifions d'être «le petit nombre des élus» ! Répondons-leur :

    A. Premièrement, nous ne nous considérons ni comme «ancien-calendaristes», ni comme «zélotes», ni rien d'autre. Ce que nous étions jusqu'au 9 mars 1923, nous le sommes encore à présent. Le nom que nous revendiquions alors, nous le revendiquons toujours. Nous adorons le Dieu de nos pères comme nous L'adorions alors : notre calendrier n'a pas vieilli !

                À cause des circonstances cependant, et comme la hiérarchie au pouvoir s'attribue le nom que nous revendiquons - celui d'orthodoxe - nous nous sommes vus contraints, pour éviter toute confusion, de faire usage d'épithètes et d'ajouts qui sont, en eux-mêmes, de purs et simples pléonasmes : «Vrai chrétien orthodoxe». Et puisque Notre très doux Seigneur et Sauveur, entre autres titres, reçoit celui d'Ancien des Jours, nous acceptons nous-mêmes l'appellation d'«anciens-calendaristes», portant ainsi son opprobre.

    B. Si nous mentionnons les Slaves et l'Athos, ce n'est pas pour les tirer à nous. Que dire des milliers d'anciens-calendaristes ukrainiens que compte l'Église papale ? Non, si nous rappelons l'Athos et les Slaves, c'est pour manifester clairement l'incohérence des néo-calendaristes. Car si c'est l'Église, comme ils le soutiennent, qui a changé le calendrier, pourquoi toute leur Église ne suit-elle pas le même nouveau calendrier liturgique ? Comment justifier un pareil chaos : dans la même Église, l'un célèbre la fête, tandis que l'autre jeûne, on célèbre deux fois l'an la Nativité du Christ qui ne S'est incarné qu'une fois, Noël tombe après la Théophanie, et autres absurdités ! Si le nouveau calendrier est meilleur, puisque corrigé, pourquoi tous ne l'adoptent-ils pas, et pourquoi suivent-ils le calendrier «ancien», à l'instar des «illettrés» que nous sommes, des «schismatiques privés du sacerdoce canonique» ? Or «ce qui est ancien, ce qui a vieilli, est près de disparaître» selon l'apôtre Paul ; quoique, pour nous, le calendrier en question ne soit nullement un calendrier ancien, mais celui de l'Église et des Saints Pères.

    C. Ce n'est ni le petit ni le grand nombre qui a raison, mais l'Église du Christ. Nous faisons tous nos efforts pour rester fidèles au Canon de saint Vincent de Lérins et pour vivre ce qui a été cru «toujours, partout et par tous» dans l'Église. C'est pourquoi, selon ses recommandations, nous suivons les Pères et l'antiquité. Si nous sommes nombreux, nous nous réjouissons de ce que beaucoup savent la vérité ; si nous sommes peu, nous ne cessons pas de glorifier Dieu : trois hommes peuvent, selon les Saints, être l'Église Universelle ; et, comme le dit saint Maxime le Confesseur : un chrétien et Dieu, voilà la majorité !

    D. À ceux qui aiment la vérité, nous disons qu'il faut être conscient de ce que l'on recherche. Les Pères disent : «Donne ton sang, tu recevras l'Esprit». Nous ne pouvons pas, d'un côté, rester attachés à nos petits plaisirs, aux biens de ce monde, et à un culte pratiqué par habitude, pour espérer, ensuite, apprendre la vérité dans une émission de télévision ! Dieu n'est pas le serviteur de nos curiosités ! Le Seigneur vient à notre recherche, en vue de notre bien éternel. Il nous a aimés le premier. Lorsque nous répondons à son Amour, Il Se fait connaître à nous ; et la Vérité nous libère des ténèbres. Dès lors, il devient possible de comprendre ce qu'il en est du calendrier des fêtes, quel enjeu s'y cache, et bien d'autres choses encore.

                C'est pourquoi nous disons qu'une confrontation entre des gens sérieux et informés aurait permis à l'auditeur moyen de se faire une idée moins fausse de l'enjeu spirituel ; ou tout au moins, de savoir où la chercher.

     

    Vrai et faux dialogue

     

                On nous a également accusés de falsification, de manière déloyale. Celui qui nous accuse ainsi devait le faire publiquement, en nous laissant la faculté de répondre. C'est pourquoi un fidèle du nouveau calendrier a téléphoné durant l'émission pour dire qu'on aurait dû permettre à «l'autre parti» de s'exprimer. Les organisateurs devaient-ils attendre ce rappel de leur devoir, et des règles démocratiques les plus élémentaires ?

                Cela dit, nous n'avons aucun goût pour la manie des dialogues et des discussions à perte de vue qui sévissent actuellement, et où chacun s'écoute parler. Peu nous importe de passer ou pas sur les ondes : nous avons besoin de pleurer nos péchés et non pas de nous donner en spectacle ! Les dialogues que les néo-calendaristes conduisent depuis de si longues années avec les papistes, les luthériens, les calvinistes et autres hérétiques ; les rencontres, symposiums, prières communes et échanges d'étudiants et de théologiens, à quoi tout cela a-t-il abouti ? A-t-on jamais vu un seul hétérodoxe revenir à l'orthodoxie à la suite des milliers de dialogues, de compromissions et de transgressions des Canons ? Le seul résultat a été la décadence spirituelle lamentable de l'Église nouvelle calendariste, qui se dégrade un peu plus chaque jour, et qui s'est mise sous l'anathème des Saints Pères et des Canons.

                Si vous le souhaitez cependant vraiment, nous pouvons tous témoigner. Chacun de nous se tient prêt à «se défendre avec douceur et crainte, devant quiconque nous demande raison de l'espérance qui est en nous» (1 P 3 : 15). Nous expliquerons avec patience tout ce que nous croyons et pour quelle raison nous le croyons. Ensuite, que celui qui nous interroge compare nos dires avec la Tradition de l'Orthodoxie et, s'il trouve juste notre manière de faire, qu'il l'embrasse ; s'il ne la trouve pas juste, qu'il suive la Tradition ! Enfin, si quelqu'un se plaît à contester, qu'il sache, selon l'Apôtre, que nous n'avons pas cette habitude (1 Co 11 : 16).

     

    L'Encyclique de 1920 et l'innovation

     

                À toute personne intéressée, nous recommandons de lire la fameuse Encyclique promulguée en 1920 par le patriarcat de Constantinople (Publiée par Jean Karmiris dans Monuments Dogmatiques et Symboliques de l'Église Orthodoxe Catholique t.2, Graz, Autriche, 1968, p.1055-1058). L'Église papale et les Églises protestantes y sont qualifiées de «cohéritières et co corporelles de la promesse de Dieu en Christ» : le patriarche nie donc ouvertement l'unicité et l'exclusivité de l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, qui est l'Église Orthodoxe, Une et visible. Cette négation constitue la base de la «théorie des branches» ou de «l'Église invisible». L'Encyclique trace, en outre, le programme futur de l'Œcuménisme, dont le premier point est le changement de calendrier, explicitement proposé comme un moyen de se rapprocher des hérésies occidentales.

                De multiples hérésies se trouvent à présent liées au nouveau-calendrier. Certains demandent ce que nous ferions si les néo-calendaristes revenaient au calendrier des Pères. Nous répondons qu'un retour sincère, fût-ce sur un point mineur, serait sûrement agréable à Dieu. Toutefois, nous l'avons vu, le pape lui-même a des milliers de fidèles qui suivent le calendrier Julien. Nous ne nous battons pas pour des jours de plus ou de moins ! Nous tâchons, Dieu aidant, de garder toute la Tradition. Si l'Apôtre Jacques dit que l'observateur de la Loi, s'il transgresse un seul commandement, devient coupable de tous, à quoi servirait-il de garder un point de la Tradition comme le calendrier et de fouler le reste aux pieds ?

     

    La Pascalie n'est pas modifiée

     

                Un autre argument développé dans l'émission fut le suivant : le calendrier corrigé ne modifie rien à la date de Pâque et à toutes les fêtes du cycle pascal. C'est une erreur, et voici pourquoi.

    1) Jérémie II Tranos, au XVIème siècle, avait déjà dû expliquer que le calendrier des fêtes fixes, ou Ménologe, est inséparable du cycle de Pâque ou Pascalie. Un seul maillon qui saute et la chaîne est rompue. Il est superflu, mais néanmoins nécessaire de rappeler combien le cycle des Dimanches, des carêmes et des fêtes se trouve altéré.

    2) Nul n'ignore que l'Église de Finlande a adopté la date Grégorienne pour fêter Pâque, et cela depuis plus de dix ans.

    3) Si les novateurs n'ont pas changé la Pascalie, ce n'est pas que l'envie leur en ait manqué. L'histoire prouve que ce qui les a retenus, c'est la crainte d'une division plus importante, car les indécis nous auraient rejoints. L'Église grecque, au Concile pan-orthodoxe de 1923, a accepté le principe du changement de la Pascalie. Voici le texte officiel de la réponse de l'Église de Grèce au «Concile pan-orthodoxe» de 1923 sur l'éventuelle adoption de la Pascalie grégorienne : «Le Synode des Hiérarques de l'Église de Grèce décrète : Il approuve la conclusion du mémoire de sa Béatitude le Primat du Synode, au terme de laquelle 13 jours sont ajoutés au Calendrier Julien, sans changer aucunement la Pascalie. S'il arrive pourtant que le Concile panorthodoxe réuni à Constantinople se détermine sur une autre solution pour la fête de Pâque, l'Église de Grèce l'accepte...

    Question 3 : Est-il nécessaire de changer aussi la Pascalie, ou peut-on se contenter d'harmoniser les fêtes fixes avec les dates correspondantes du calendrier civil ?

    Réponse : Après l'acceptation par l'Église du nouveau calendrier, pour les nécessités de cette vie, la mise en conformité du calendrier des fêtes mobiles apparaît aussi comme inéluctable, et même à court terme. Une raison supplémentaire pour introduire immédiatement l'harmonisation de la Pascalie est la grande signification morale et l'impression que produirait sur tout le monde civilisé le rapprochement, obtenu par le moyen de cette initiative spontanée, des deux mondes chrétiens, celui de l'Orient et celui de l'Occident, dans la célébration commune des grandes fêtes chrétiennes (Voir La vérité sur le calendrier ecclésiastique, Athènes, 1929, p.6-7).

    4) L'unanimité des Pères a décidé que toutes les fêtes seraient célébrées en même temps par les orthodoxes, et non pas simplement celle de Pâque ! Jérémie II écrivait que les fêtes du Seigneur qui est né, qui a été baptisé, qui S'est transfiguré et qui a souffert une seule fois, ne sauraient être fêtées deux fois l'an, comme il arrive dans l'Église des néo-paléo-calendaristes. Si l'Église est une, comment pourrait-elle fêter deux fois Noël ? L'Église suit en cela le même ordre qu'en ce qui concerne la Divine Liturgie, qui n'est point célébrée deux fois sur le même autel, ou par le même prêtre, au cours de la même journée. Car l'Église nous sanctifie par cette connaissance, que le Christ nous a sauvé par une seule Incarnation, une seule Passion, et un seul Sacrifice offert pour l'éternité, «selon l'ordre de Melchisédek» (He 5 : 6).

     

    Argument nationaliste

     

                Un argument politico-national a été avancé : l'existence d'un calendrier civil et d'un calendrier ecclésiastique créerait une difficulté pour la fête nationale grecque, qui tombe le 25 mars, jour de l'Annonciation. Eh ! bien, mais le journal officiel n°24 du 25 janvier 1923 reproduit le décret royal du 18 janvier 1923, portant que la fête nationale et toutes les autres fêtes de l'État seront fêtées selon le calendrier Julien. Admettons toutefois qu'un problème naisse de là. Devrons-nous changer la vie universelle de l'Église pour une fête nationale ? Devrons-nous, pour maintenir une concordance dans la célébration de notre fête nationale, renverser la Tradition de l'Église et nous diviser spirituellement ? Les Roumains, les Bulgares, et les autres peuples, en feront-ils autant, chacun changeant le calendrier selon sa fête nationale ? En Christ, il n'est plus «ni Hellène, ni Barbare», et l'Église ne connaît pas les barrières nationales.

     

    L'Église a déjà modifié son calendrier

     

                Pour soutenir le droit au changement de calendrier, on a cité le cas des saints dont les fêtes tombent à des jours différents selon les endroits. Par exemple, l'Église Serbe fête sainte Catherine un jour plus tard que nous. Nous répondons que ces disparités ne portent pas atteinte à la vie ni à la Tradition de l'Église. Rien n'empêche l'Église, réunie un jour en Concile pan-orthodoxe, de remédier à ces menues divergences, dues aux malheurs des temps, à l'éloignement et à d'autres causes humaines. Cette mise à jour que nous évoquons n'a, bien entendu, rien à voir avec l'aggiornamento du calendrier des catholiques qui a consisté à retirer saint Georges, sainte Catherine, et d'autres, du calendrier des saints. Quant aux saints locaux, il est impossible, à cause de la «multitude des noms», comme le dit la Liturgie de saint Basile, de les mentionner tous dans les Ménées. En tout cas, la vie de l'Église n'en est pas altérée.

                D'autres exemples ont été cités. La fête de saint Jean Chrysostome, qui s'est endormi dans le Seigneur un 14 septembre, jour de l'Exaltation de la Sainte Croix, a été transférée au 13 novembre par l'Église, soucieuse d'honorer plus dignement et spécialement sa mémoire. De même, tout le corps de l'Église a décidé de déplacer la Transfiguration, originellement fêtée 40 jours avant le Grand Vendredi et, afin de la célébrer avec plus d'éclat, l'a placée hors du Grand Carême, au 6 août, c'est-à-dire quarante jours avant la fête de la Croix, qui est une sorte d'autre «Grand Vendredi».

                Ainsi, lorsqu'il se trouve des raisons théologiques, christologiques ou liturgiques, l'Église dans son universalité adapte son calendrier des fêtes à ses besoins spirituels, sans se soucier d'exactitude calendérique. Quant au nouveau calendrier, à quelle fonction théologique, christologique ou liturgique répond-il ? Non seulement il n'en remplit aucune, mais il a mis sens dessus dessous l'effort séculaire de l'Église pour arriver à une célébration commune. Il ne faut pas confondre l'acte de l'Église qui, lorsque deux fêtes tombent le même jour, déplace l'une d'elles ; et l'action brouillonne de quelques uns qui, contre toute raison, toute loi et toute harmonie, bouleversent les dates au mépris de la vie de l'Église.

                On a dit aussi dans l'émission que le calendrier Julien vient d'Occident et que dans son développement historique, il a été corrigé par l'intercalation de quatre-vingts jours. En quoi cela nous regarde-t-il ? Répétons-le : une planche n'est qu'un morceau de bois parmi d'autres; une fois qu'elle a reçu la forme et les couleurs qui en font l'icône du Christ, la planche sans prix ni beauté devient l'icône que nous vénérons. De même, le calendrier Julien n'était qu'un calendrier comme les autres. Guidée par l'Esprit Saint qui inspirait les Pères, l'Église inscrivit sur ce calendrier (hémérologion) son ménologe, sa Pascalie et son cycle dominical, ses jeûnes et ses fêtes, le transformant ainsi en calendrier des fêtes (heortologion), sacro-saint et divin, incarné dans la Tradition et dans la vie de l'Église et inséparable d'elles. L'Église ayant, dans des Conciles pan-orthodoxes, refusé, sous peine d'anathème, toute modification de ce calendrier des fêtes, son autorité s'en est trouvée renforcée et consacrée. Son usage multiséculaire le rend vénérable.

     

    N'éteignez pas l'Esprit

     

                Un auditeur a téléphoné pour dire qu'avec le nouveau calendrier il était impossible que les «deux Pâques» coïncident, c'est-à-dire que tombent ensemble l'Annonciation de la Mère de Dieu et la Résurrection du Seigneur. La réponse fut que la chose est sans importance et n'empêche pas les chrétiens de goûter la joie de la Résurrection. La question n'est pas là. Il existe une prophétie faite par un saint de l'Église Orthodoxe, qui devait se réaliser «quand les deux Pâques coïncideraient». Si le nouveau calendrier interdit cette possibilité, n'est-ce pas une preuve de son caractère erroné, étranger à la Tradition et condamnable, dans la mesure où il fait mentir le saint ? L'Apôtre Paul ne disait-il pas aux Thessaloniciens : «Ne méprisez pas les prophéties» ?

     

    Sagesse de ce monde et sagesse selon Dieu

     

                Un auditeur a souligné, au téléphone, que notre Christ n'a eu que douze disciples illettrés. Par ce rappel, il voulait signifier deux choses : que, lorsqu'il s'agit de la vérité, le nombre ne fait rien à l'affaire, non plus que la sagesse de ce monde. Et qu'a répondu l'animateur de l'émission ? Que l'apôtre Paul était professeur d'Université … ! S'il avait lu attentivement l'Écriture, il n'aurait pas parlé si à la légère. C'est pour notre instruction que le Christ notre Dieu n'a pas appelé Paul tout de suite, quoiqu'Il l'eût choisi dès le sein de sa mère. Tandis que les disciples illettrés recevaient immédiatement la grâce du tout Saint Esprit et la toute-Sagesse, Paul se noyait dans sa sagesse «universitaire», jusqu'à ce que le Seigneur le réveillât sur le chemin de Damas. Ne nous a-t-Il pas ainsi montré que l'homme doit se tenir en garde devant sa propre sagesse et ses propres forces ?

                Après avoir reçu la Lumière d'en-haut, qui purifia, sanctifia sa science et la rendit utile, Paul écrivit des choses admirables, pleines d'esprit de pénitence et d'émotion, sur la sagesse de ce monde, la folie de la prédication et la force de l'Évangile.

                Frères bien-aimés, pour qui le Christ est mort, vous devez vous aussi être circonspects à l'égard de votre « science universitaire », de peur qu'en étudiant trop chez les hérétiques et en vous fiant à vos propres forces, vous ne perdiez la Grâce de Dieu ! Sagesse, science et connaissance sont des dons de Dieu, mais sans la purification et la sanctification de l'Esprit Saint, elles deviennent ruineuses, comme l'électricité qui éclaire et qui peut tuer. Oui, des Pères Sages en tout domaine s'assemblèrent au Premier Concile œcuménique : mais qu'aurait-il été, sans le Théophore illettré qu'était Saint Spyridon, et le miracle de la tuile ? Il ne savait pas lire, mais les anges concélébraient avec lui et la mort même ne put résister à son ordre. De telles choses s'apprennent-elles à l'Université ? Et que serait, sans elles, notre Foi ?

     

    La succession apostolique des Vrais Chrétiens Orthodoxes de Grèce

     

                Les nouveaux-calendaristes ont ensuite mis en doute la succession apostolique de nos évêques. Nos premiers évêques auraient été déposés par l'Église de Grèce, et le premier évêque ancien calendariste, ordonné par le Synode Russe Hors Frontière de Monseigneur Philarète...

    Réponse : Pour ne pas alourdir l'exposé, nous résumerons les choses ainsi. Le Révérendissime Chrysostome de Florina revint le premier au calendrier des Pères : ce fut ensuite que la hiérarchie d'État le «déposa». Il n'avait jamais été déposé auparavant, et ne le fut que pour cette seule raison, son retour au calendrier de l’Église Orthodoxe. Tout homme sensé comprendra que, dans un tel cas, comme le dit Saint Cyrille, «nous n'acceptons pas leur injuste décision». L'évêque Chrysostome ordonna ensuite l'évêque Matthieu Carpadakhis de Vresthène. C'est de ce dernier que les anciens-calendaristes de Chypre tiennent le sacerdoce et l'épiscopat. Comment Papadopoulos peut-il dire, toujours avec autant de légèreté, que nous n'avons peut-être pas de sacerdoce ?

                En ce qui concerne le Synode Russe Hors Frontières du métropolite Anastase puis du métropolite Philarète, nous pouvons dire ceci. À cause des persécutions souffertes par les Vrais Chrétiens Orthodoxes, aussi bien en Grèce qu'en Roumanie et en Russie - sujet dont l'émission n'a pas soufflé mot … - les relations étaient quasiment interrompues entre nous. Les vrais chrétiens orthodoxes de Grèce n'avaient ni la possibilité d'étudier la théologie, ni celle de franchir la frontière ; la Roumanie de Ceaucescu était fermée ; les vrais chrétiens de Russie, dans les catacombes.

                Néanmoins, dans une lettre que nous avons reçue du métropolite Philarète, datée du 14 avril 1972, jour de saint Martin le Confesseur, Pape de Rome, on lit ceci sur le calendrier : «Ces condamnations (de 1583, 1587 et 1593) n'ont jamais été révoquées par un concile ultérieur. Elles gardent leur force et s'imposent à tous les chrétiens orthodoxes. L'innovation du nouveau calendrier a provoqué le schisme dans toutes les Églises locales qui l'ont adoptée. Ainsi la Grèce, Chypre, la Roumanie et maintenant la Bulgarie ont goûté le fruit de la désobéissance. Il est affligeant que le peuple n'ait pas pu se lever comme un seul homme et, tel une vague puissante, surmonter et refouler la marée des innovations... Notre Église Russe, en la personne de Monseigneur Anastase, Archevêque, puis Métropolite et primat de notre Synode, de bienheureuse mémoire, a protesté énergiquement et radicalement contre les innovations du nouveau calendrier, et des autres formes de modernisme introduites par le patriarche Mélétios Métaxakis de triste mémoire, lors du conciliabule de Constantinople en 1923, et qu'on appelle à tort «pan-orthodoxe», puisque ni le patriarcat d'Alexandrie, ni celui de Jérusalem, ni l'Église de Chypre n'y étaient représentés. La majeure partie des hiérarques de l'Église de Constantinople avaient refusé d'y prendre part, pour protester contre l'anti canonique élévation de Mélétios au patriarcat Œcuménique, imposée de force par la puissance politique. Le Métropolite Antoine, alors primat de notre Église, a également protesté contre la réforme du calendrier, dans sa correspondance avec les patriarches orientaux, et il a reçu des réponses qui confirmaient sa position. Ainsi donc, gloire et honneur, selon les paroles du Saint Apôtre Paul, à tous ceux qui gardent les Traditions et la Foi telles que nous les avons reçues sans ajout ni suppression, quelque calomnie ou persécution qu'il leur faille endurer». C'est sur ce texte officiel que reposait notre opinion sur le Synode russe.

     

    Les divisions des Vrais Chrétiens Orthodoxes de Grèce

     

                Les organisateurs de l'émission n'ont pas manqué de signaler que nous sommes huit juridictions. Si nous voulions recenser les absurdités des « hiérarchies officielles » grecque ou chypriote, il faudrait un livre entier. Quand Jérôme Cotsonis s'empara, grâce aux puissants de ce monde, de l'Église, alors que l'Archevêque Chrysostome était encore en place, combien l'Église d'État eut-elle alors d'Archevêques d'Athènes ? Quand Mélétios Métaxakis, membre, depuis mars 1919, de la loge maçonnique Harmonie de Constantinople, chassé de la Métropole de Kition, devint Patriarche œcuménique, n'avait-il pas déjà été déposé par l'Église Grecque … ?

                Certes, nous ne pratiquons pas la politique de l'autruche à l'égard de nos propres faiblesses humaines. Nous essayons d'y remédier peu à peu, avec la Grâce de Dieu, et il faudra du temps, comme pour le schisme historique entre Paulin d'Antioche et saint Mélèce.

                Enfin, à qui la responsabilité des présentes divisions incombe-t-elle ? Aurions-nous eu tant de crises, sans votre maudite innovation ? N'est-ce pas l'introduction du calendrier qui a provoqué ces schismes, comme Monseigneur Philarète le disait à l'instant, et comme vos historiens impartiaux l'ont eux-mêmes reconnu ?

                J'entends bien : il fallait «pratiquer ceci sans omettre cela», garder la Tradition Orthodoxe et conserver le bon ordre de l'Église. Tous nos problèmes internes, cependant, ne changent rien au fait de l'innovation elle-même. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs : que l'on s'entende sur la Tradition et le calendrier qu'il convient de garder, le reste viendra ensuite.

                À quoi servirait une unité extérieure et administrative, si les points les plus graves de la Foi sont ébranlés ? L'Église du pape au Vatican jouit d'une telle unité : elle compte trois fois plus de membres que nous. À quoi bon pourtant ? Puisqu'elle gît dans l'hérésie depuis des siècles.

     

    Exhortation fraternelle

     

                L'on nous reproche parfois d'oser, nous le petit nombre, traiter de schismatiques les orthodoxes officiels et plus nombreux. Mais n'appelons-nous pas hérétiques le pape et ses millions de fidèles ?

                Très chers frères ! Si vous étudiez l'histoire, vous verrez que ce n'est pas nous, mais vos propres hiérarques et historiens, qui reconnaissent que vous avez créé un schisme dans l'Église.

                Il ne faut pas confondre les fautes personnelles avec le changement de loi que représente le calendrier. Anciens et nouveaux-calendaristes ont tous des fautes humaines. Mais le calendrier touche à la Foi. Il n'est donc pas juste de dire que c'est par égoïsme que les anciens-calendaristes ne fréquentent par les églises du nouveau. Participer aux mêmes prières reviendrait pour eux, en effet, à consentir aux innovations et aux actes œcuménistes, et à se rendre co-responsables devant le tribunal du Christ. L'amour peut-il aller sans la Foi et la Vérité ? Peut-on par sympathie humaine fréquenter une Église ? Prétendre aimer des frères tout en restant indifférent à leur éternité ?

                Non, frères très chers ! Mais, comme l'a dit quelque jour le Patriarche Anthime : que l'on rejette l'innovation, si innovation il y a, et où qu'elle soit ; que l'on rejette l'œcuménisme, si œcuménisme il y a, et où qu'il soit ; que l'on rejette le modernisme, si modernisme il y a, et où qu'il soit. Alors nous n'aurons plus besoin d'émissions ni d'articles polémiques : tous, d'une seule bouche et d'un seul cœur nous adorerons le Christ Sauveur qui nous a aimés jusqu'à la mort, et la mort de la croix : nous serons une seule Église, dans l'Esprit et la Vérité ! Qu'il en soit ainsi, par les prières de notre Souveraine la Mère de Dieu et de tous les Saints qui depuis le commencement ont plu au Seigneur et que les uns et les autres honorons et glorifions ! Amen.

    La seconde émission aussi partisane que la première

     

                L'émission du 7 juillet 1993 s'est déroulée dans les mêmes conditions que la précédente : malgré le vœu d'un auditeur qui avait téléphoné lors de la première, demandant que soit organisé un débat contradictoire pour que l'on puisse entendre les deux côtés, les anciens-calendaristes n'ont toujours pas été invités. Dès lors à quoi bon multiplier les émissions ? Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son, la ferait-on sonner des milliers de fois. C'est pourquoi nous jugeons nécessaire de faire entendre à nos concitoyens le deuxième son. Que chacun décide ensuite pour lui-même, devant Dieu, selon les exigences de sa conscience.

                Il serait très long de reprendre un à un tous les points abordés, mais une question primordiale se pose, qui emporte la solution du reste. De deux choses l'une, en effet : ou bien le changement du calendrier est un acte d'Église, ou bien il n'est pas tel. Dans le second cas, il ne sert de rien de présenter d'autres difficultés aux anciens-calendaristes. Dans le premier, si c'est l'Église qui a changé le calendrier, ce changement s'impose à tout le corps de l'Église, depuis l'instant où la décision en fut prise par un Concile qui, selon M. Phédon Papadopoulos, «ne diffère d'un Concile œcuménique que par le nom». Mais remarquez bien l'incohérence de ce théologien. Le même Papadopoulos a, en effet, qualifié le père Épiphane Théodoropoulos de «saint nouvellement manifesté» de l'Église ! Or ce dernier traitait le Concile en question de «totalement insensé», «très mauvais», «inconsidéré», «de nulle utilité», il le considérait comme une «faute» introduisant «la division, (Le père Épiphane Théodoropoulos, théologien de l'Église d'État, dans son livre « Les Deux Extrêmes » se présentait comme partisan d'une voie moyenne entre l'œcuménisme et le zélotisme des anciens-calendaristes. Selon lui, on devait lutter contre les innovations, mais sans rompre la communion avec les novateurs qui restent l'Église. Les termes cités se trouvent dans son livre, « Ta Duo Akra ». Or le temps a vite montré l'impuissance de cette résistance «interne»)» ! Quelle division peut-il y avoir entre les fruits du Saint Esprit ? L'Église guidée par l'Esprit Saint aurait pris une décision ; un prêtre se lève pour la déclarer «insensée» et nous ensuite le proclamerions … «saint» !

     

    Les demi-mesures d'Épiphane Théodoropoulos

     

                Voici ce que déclare Épiphane Théodoropoulos : «L'Église de Grèce est restée, malgré le changement absolument insensé et inutile, une portion canoniquement saine de l'Église Orthodoxe universelle». Ainsi nous aurions, comme dit le proverbe, «le beurre et l'argent du beurre» : nous pourrions tranquilliser la conscience des néo-calendaristes «conservateurs» et donner satisfaction aux «libéraux». Toutefois, cette nouvelle ecclésiologie est totalement hérétique. Elle fera rire, sans doute, les ennemis de l'Église, mais ne suscitera que des larmes d'amertume chez tout orthodoxe un tant soit peu sérieux et conscient. C'est d'elle pourtant que se réclame M. Phédon Papadopoulos, en bon disciple de son maître, puisqu'il a dit mot pour mot, à propos du calendrier, qu'il est possible «d'introduire cette innovation sans toucher à la Foi» … Un autre théologien de l'Église officielle, le père Philothéos Zervakos, higoumène du monastère de la Source Vivifiante, à Paros, appelait le nouveau calendrier «une innovation diabolique». De quels pères M. Papadopoulos a-t-il reçu une foi mêlée d'innovations, et de surcroît, diaboliques, nous l'ignorons !?

                Comment l'Église pourrait-elle nous guider de manière insensée, vaine, inconsidérée, erronée, très mauvaise, portant la division, et demeurer l'Église ? L'Église ne peut se tromper, et c'est bien pourquoi les partisans du pape ont été contraints de forger le dogme de l'infaillibilité papale, pour conférer un tel caractère à chacun de leurs égarements successifs. Notre Église a uniquement pour tête le Christ Sauveur qui, selon sa promesse, reste avec nous jusqu'à la fin du monde et conduit l'Église dans l'Esprit Saint vers toute la Vérité. C'est donc un blasphème absurde et irrecevable que de dire que des pasteurs peuvent nous conduire de manière vaine, fausse et inconsidérée, et que nous devrions continuer de les commémorer pour ne pas tomber dans le schisme. Au contraire, Saint Mélèce le Confesseur nous enseigne : «Résistez même aux évêques qui vous suggèrent avec perfidie des pensées, des paroles et des actes nuisibles».

                Nous avons appris de nos prédécesseurs que «les Divins Pères qui ont tout disposé avec sagesse» ont fixé le mode et les temps du culte Divin, garantissant ainsi notre unité liturgique, de manière que nous, tous les Orthodoxes du monde, nous adorions Dieu d'une seule bouche et d'un seul cœur, sans que l'un soit en train de jeûner pendant que l'autre célèbre la fête. Voilà l'unité dans la prière, l'unité de l'Église ; quant aux choses insensées ou qui provoquent la division, nous n'y prêtons aucune attention.

                Le théologien Delembase dit avec justesse : «L'innovation du nouveau calendrier n'a pour lui aucun argument véritable. Toutes les tentatives faites pour le justifier ne sont que des thèses anti patristiques et des prétextes non-orthodoxes. Elles ont néanmoins impressionné beaucoup de personnes, à cause de la présentation fallacieuse qu'en ont fait des érudits et des hiérarques, qui, sans aucun respect pour la vérité et reniant la Foi Orthodoxe, sont devenus les pervers ouvriers de l'apostasie anti christique (Pascha Kyriou, p.705)».

     

    L'argument majeur des néo-calendaristes

     

                Les deux émissions nous ont fait entendre à satiété le même air : «L'usage de tel ou tel calendrier n'a aucune importance, et la date de chaque fête est indifférente». Nous répondons que ce que vous dites n'a aucune importance : seule en a la voix multiséculaire de l'Église. Vous devez ou revenir sur votre erreur et la corriger, ou vous justifier. Or que dites-vous ? «C'est un point sans importance». Les nestoriens, les iconomaques, les latins et les autres hérétiques n'en disent-ils pas autant pour leurs dogmes ? Et l'Église authentique les a-t-elle suivis ? Et ne disent-ils pas aussi : «Où est-il dit dans le Credo que la Mère de Jésus est Théotokos, Mère de Dieu, Enfantrice de Dieu ?», «Où est-il écrit qu'il faut vénérer les icônes», «Où le Credo précise-t-il que l'Esprit procède du Père seul ?» Cependant l'Église a répondu sur tous ces points. De même, ce n'est pas à vous à déterminer ce qui est important et ce qui ne l'est pas. Seule l'Église a autorité pour cela et le fera.

                Pensez-vous être les premiers à avoir utilisé cet argument ? Et s'il a été formulé dans le passé, quelle réponse l'Église a-t-elle donnée à ceux qui disaient : «Ce n'est pas dogmatique, c'est un point sans importance ?»

                L'Église a répondu que, si nous supposons que la chose est sans importance, il convient de suivre la tradition des Pères. Ce n'est pas parce qu'une chose est sans importance qu'il convient d'agir selon notre guise. Au XVIème siècle, les partisans d'idées analogues aux vôtres, qui déclaraient que le calendrier fait partie des «choses indifférentes» s'attirèrent cette réponse du Patriarche d'Alexandrie, Mélétios Pigas : «Eh ! bien, mais c'est une raison de plus pour suivre les Saints Pères, si la chose est indifférente. Quoi donc ? N'est-il pas plus juste et plus pieux, dans les choses indifférentes, de se trouver conformes aux Pères Théophores ?» «Si nous nous écartons (des Pères), dit Saint Athanase le Grand, nous devenons étrangers à leur communion» (BEPES 33, 172). Ce qui ne signifie pas assurément que Mélétios Pigas considérât la chose comme indifférente, mais il prenait les innovateurs à leurs propres paroles. Mélétios connaissait l'histoire de Naboth (3 Rois 21 : 3-16), qui préféra perdre la vie plutôt que d'abandonner l'héritage qui lui était échu, tant il honorait son père selon la chair. Et il s'agissait d'une vigne ! Et nous abandonnerions nos Pères spirituels qui nous ont engendrés en Christ et, entre mille héritages, nous ont transmis le mode et les temps du Culte Divin !

                Selon l'historien Sozomène, les hérétiques Novatiens croyaient que chacun peut célébrer les fêtes selon son bon plaisir : «que la diversité des fêtes n'était pas une cause telle de division de l'Église qu'elle méritât considération (Migne, PG 47,360)». Tel ne fut pas l'avis des Pères, que nous voyons s'inquiéter infiniment, dès avant le premier Concile œcuménique et dans toute la suite, des divisions produites par la célébration des fêtes. Ils ont beaucoup peiné pour amener l'accord et la symphonie en cette matière, et n'ont pas dit à ceux qui fêtaient Pâque différemment - comme les néo-calendaristes d'aujourd'hui - : «Cela n'a pas d'importance, fêtez quand vous voudrez et nous fêterons nous aussi quand bon nous semblera». Loin de là ! L'Église Une se devait de trouver une solution théologique, christologique, traditionnelle, obligatoire et commune pour tous. Il ne s'agit pas d'un mauvais raccommodage. Quel fut le modèle des Pères ? La Sainte Écriture. Quand donc l'Esprit Saint descendit-Il sur les Apôtres, dont nous fêtons aujourd'hui la synaxe ? Ce fut «alors qu'ils se trouvaient tous assemblés unanimement en un même lieu». L'Écriture ne dit pas que la moitié d'entre eux étaient montés dans la chambre haute, tandis que l'autre moitié allait le faire treize jours plus tard ! Et dans l'Ancien Testament, Dieu dit : «Toute l'assemblée des fils d'Israël fera cela», et non lorsque chacun voudra. Ou bien, serait-ce que le calendrier des Hébreux était scientifiquement plus exact que le calendrier dit Julien ?

     

    Détournement des écrits de Saint Paul

     

                Pour prouver que la question du calendrier «n'a guère d'importance», les néo-calendaristes ont cité Paul : «Vous observez les jours, les mois, les temps et les années ! Je crains d'avoir inutilement travaillé pour vous» (Ga 4 : 10-11). Que font-ils d'autre que crier plus fort pour avoir raison ? Qui ignore, en effet, que ce passage a d'abord été cité par les partisans de la tradition, précisément contre les innovateurs qui plaçaient l'exactitude scientifique au-dessus de l'unité liturgique et spirituelle de l'Église ?

                La vérité est qu'on ne saurait sérieusement citer un passage de la Sainte Écriture sans connaître le sens que lui donne et la Tradition et l'Histoire de l'Église. Comment l'Église a-t-elle compris ce texte de Saint Paul ?

                La commission du Patriarcat œcuménique convoquée pour statuer sur l'exposé présenté par l'astronome smyrniote Épaminondas Polydorou rendit, le 5 septembre 1902, la sentence que voici : «Examinant la question du point de vue de l'Église, (la commission) ne trouve rien qui justifie cultuellement la nécessité de rompre avec la pratique ecclésiale consacrée par les siècles, et de remplacer le calendrier jugé astronomiquement imparfait par un autre supposé plus parfait, pour respecter l'exactitude astronomique dans la célébration de la Résurrection vivifiante du Seigneur. Célèbrent la fête d'une manière agréable à Dieu non pas ceux qui soignent l'exactitude astronomique en observant les temps, mais ceux qui observent exactement la pureté de l'âme, selon l'Apôtre. Le fait d'observer les jours, les temps, les années et les nouménies témoigne d'une foi encore infantile et suffit à rendre étranger à l'Esprit vivifiant du Christ, et à faire retomber dans la lettre morte du judaïsme et du pharisaïsme».

                Avant d'organiser leurs émissions, les néo-calendaristes devraient donc y regarder à deux fois : M. Papadopoulos a répondu à une auditrice que le nouveau calendrier était «astronomiquement plus exact». Croient-ils que nos Pères ont ignoré l'astronomie ? Au contraire, ils savaient que les rectifications scientifiques n'ont pas de terme assigné, comme l'écrivait Mélétios Pigas : «le besoin de nouvelles corrections se faisant toujours sentir, indéfiniment, pour autant du moins que durera le monde présent».

                Que répondait, quatre siècles auparavant, le Patriarche Jérémie II, à ceux qui voulaient, sous prétexte d'astronomie, enchaîner l'unité liturgique de l'Église au char du scientisme et du modernisme ? «Même si le temps et le mouvement des luminaires célestes provoque quelque irrégularité dans la fixation de la Sainte Pâque, cela du moins n'offense en rien la piété (Delembase, Pascha Kyriou, p.577)». Il écrivait au doge de Venise, Nicolas Daponte que nous n'avons pas besoin de recourir sans cesse aux astronomes pour corriger notre calendrier des fêtes : «...le divin Clément et le Concile de Nicée ont tout bien considéré et composé une règle calendérique excellente et perpétuelle, qui ne nécessite pas le recours permanent aux astronomes». Ceux qui vont à chaque fois trouver ces savants, voilà les chronolâtres. Certainement pas nous ! Comment pourrait-on nous appliquer le passage de Saint Paul, alors que ce n'est pas le temps qui nous soucie, mais la Tradition, les Lois de l'Église et son Unité dans la prière que définit saint Ignace dans sa Lettre aux Magnésiens : «Une seule prière, une seule supplication, une seule pensée, une seule espérance dans l'amour, dans la joie irréprochable, qui est Jésus-Christ, Lui meilleur que tout. Courez tous vous rassembler dans le même temple de Dieu, au pied du même autel».

                Saint Jean Chrysostome interprétait ainsi le texte de Paul, dans sa onzième homélie : «...nous n'observons ni les jours ni les temps ni les années, mais nous suivons partout très fidèlement l'Église, préférant à toute chose l'Amour et la Paix. Quand bien même, en effet, l'Église se serait ici trompée, le bien qui résulterait de la correction des dates ne serait pas si grand que le mal qui sortirait de ce schisme et de cette division... Ne cherche donc qu'une seule chose : que nous fassions toute chose dans la paix et la concorde; de crainte que, tandis que nous jeûnerons et que le peuple entier, ainsi que les prêtres, présenteront leurs supplications communes pour toute la terre, tu ne restes seul à t'enivrer chez toi. Voyez combien un tel acte relève de l'opération du diable et enveloppe non pas un, ni deux, ni trois péchés, mais une multitude. Aussi bien l'Église ignore-t-elle l'exactitude en matière de temps; mais, puisqu'il a plu, à l'origine, à tous les Pères autrefois séparés de se rassembler et de fixer cette date, l'Église qui honore toujours la symphonie et qui aime la concorde, a accepté leur décret. Rien ne saurait vraiment diviser l'Église autant que l'amour du pouvoir. Rien n'irrite tant Dieu que de diviser l'Église... C'est pourquoi je vous dis et je vous proteste qu'il n'est pas moins grave de faire un schisme dans l'Église que de tomber dans l'hérésie» (PG 48, 861 sqq).

                Le VIème Concile œcuménique dit, dans le même sens que «l'Église de Dieu répandue sur toute la terre [doit] mener le jeûne en suivant une même ordonnance». Que les uns jeûnent pendant qu'un autre est ivre, voilà qui renferme une multitude de péchés : or c'est à quoi aboutit le néo-calendrier, qui célèbre Noël pendant que les Vrais Chrétiens Orthodoxes jeûnent.

                Par amour du pouvoir, les innovateurs ont donc fait le contraire de l'Œuvre des Pères, qui avaient tant travaillé pour l'unité. Où régnait la concorde, ils ont mis la division et ils ne rougissent pas de dire : «Cela n'a rien de dogmatique !», tout en se nommant eux-mêmes Église et réclamant l'obéissance à leur apostasie ! Il ne suffit pas qu'ils soient en communion entre eux pour être l'Église. Comme le dit saint Théodore le Studite : «Il ne sert de rien qu'ils aient réuni des Conciles importants et des participants très nombreux, et qu'ils se soient eux-mêmes intitulés Église de Dieu, qu'ils aient ensuite fait semblant de respecter les canons, alors que leur vrai mobile les anime contre les canons... Un concile ne consiste pas dans le simple rassemblement d'évêques et de prêtres, quelque nombreux qu'ils soient - car mieux vaut un qui fait la volonté de Dieu que des milliers qui la transgressent - mais dans le pouvoir de lier et de délier au Nom du Seigneur, dans la Paix et la garde des Canons, et non pas au petit bonheur, mais en suivant la Vérité, les Canons et la Règle de la rigueur».

                Théodoret de Cyr, au Vème siècle, écrit : «Or, puisque la lumière spirituelle a dissipé ce brouillard, partout, sur la terre et la mer, habitants des îles et du continent célèbrent en commun les fêtes de notre Dieu et Sauveur, et où que l'on désire porter ses pas, soit vers l'orient, soit vers l'occident, partout l'on voit la panégyrie célébrée à la même date» (PG 83, 1241). Saint Épiphane de Salamine de Chypre parlait aussi de : «garder les mêmes jours pour les vigiles, les supplications et la concorde, pour le jeûne, l'abstinence, la tempérance...» (PG 42, 371). Et saint Constantin le Grand dans sa lettre : «...comme il est inconvenant et effroyable que les uns soient en train de jeûner, pendant que les autres festoient».

                Tels sont les auteurs que l'on aurait aimé voir citer par M. Phédon Papadopoulos, puisqu'il sort d'une « École de théologie », au lieu de l'entendre réciter le mythe du «concile qui ne le cède que pour le nom à un concile œcuménique». Nous renvoyons au livre La Vérité sur le Calendrier de l'Église (Athènes, 1929) qui relate tous les abus de pouvoirs et manœuvres de coulisse de Chrysostome Papadopoulos. Le nouveau calendrier ne s'est pas introduit dans l'Église par la porte des brebis, mais hélas en passant par une porte dérobée, tout comme un brigand et un voleur.

     

    Le calendrier est une tradition de l'Église

     

                Les néo-calendaristes appellent le nouveau calendrier, non pas «Grégorien» ou «papal», mais «Julien rectifié», pour dissimuler leur innovation. Et que soutiennent certains d'entre eux ? Qu'ils n'ont pas changé la Pâque, parce qu'il existe un canon sur la date de Pâque, mais qu'ils ont changé les fêtes fixes, parce que nul canon ne les en empêchait. Cet attachement judaïque à la lettre des canons est inconnu de l'Église et de sa Tradition. Comme le dit saint Basile le Grand, aucun Canon n'impose de faire le signe de croix ou de se tourner vers l'orient pour prier. Pouvons-nous en déduire que ce ne sont pas des dogmes, ni des points essentiels pour le salut ? La tradition ne divise pas le ménologe d'avec la Pascalie : ils forment un unique calendrier des fêtes, selon lequel l'Église Une, fête d'une voix unanime, une fois l'an, chacune de ses fêtes.

                Jérémie II écrivait au Doge de Venise, Nicolas Daponte en 1583 : «Nous ne sommes pas au-dessus des Canons de l’Église - beaucoup ont ici dévié de la voie droite - mais nous les accomplissons avec obéissance, utilisant dans la mesure du possible, pour l'édification, l'autorité que nous a donnée le Seigneur dans notre Église, qui tient des Saints beaucoup de discours, de témoignages, de Canons, et autres textes lus dans l'ordre durant toute l'année, et si nous rompons un maillon de cette chaîne d'or, nous porterons inutilement un coup qui ruinera l'ensemble... puisque, par la Grâce de Dieu, l'ancienne et la nouvelle Rome ont jusqu'ici célébré ensemble et comme il se doit, une seule fois l'an, l'unique Christ qui a souffert une seule fois la passion, à quoi bon cette confusion et ce scandale des fameux dix jours, qui atteint le monde entier. (Décalage de dix jours au départ, devenu de treize au vingtième siècle.) ?»

                Depuis des siècles, nous expliquons aux Protestants que, conformément à l'Écriture Sainte, notre Tradition est de deux sortes : écrite et non écrite, et qu'il n'est nullement nécessaire qu'une institution de l'Église se retrouve dans l'Écriture ou sous forme de Canon pour avoir force de loi. Le décret du VIIème Concile œcuménique dit : «Nous gardons, sans y introduire d'innovation, toutes les traditions, écrites et non écrites, de l'Église qui nous ont été transmises comme des lois sacrées... Pour ceux qui osent penser ou enseigner autrement, ou selon les hérétiques impurs, rejeter les traditions de l'Église ou inventer quelque innovation... ou imaginer des manœuvres et des artifices pour renverser ne serait-ce qu'une seule des traditions légitimes de l'Église catholique... nous ordonnons, s'ils font partie du clergé, de les déposer, et s'ils sont moines ou laïcs, de les priver de la communion». Les hérétiques d'alors disaient : «Vous adorez des planches et des couleurs. Et quel canon l'ordonne ?» «Où est-il écrit qu'on doive vénérer l'icône du Christ ?» (PG 99). Les novateurs d'aujourd'hui disent : «Vous observez les temps». La vénération des icônes n'en constituait pas moins, avant d'avoir été codifiée, une tradition légitime de l'Église Catholique. (Catholique dans le sens exact du terme, c’est-à-dire universel)

                Le VIIème Concile œcuménique, sachant parfaitement cela, ajoute à son décret cette proclamation : «Nous anathématisons ceux qui ajoutent ou retranchent quelque chose à l'Église catholique... Si quelqu'un rejette une Tradition, quelle qu'elle soit, écrite ou non écrite, de l'Église, anathème !» Saint Taraise, s'adressant aux empereurs, dans le même Concile, déclare : «Au lieu de paix, ils ont appelé la guerre sur le peuple, au lieu de bon grain, ils ont semé l'ivraie dans le champ de l'Église... Le jugement vrai et très droit de l'Église ne tolère qu'on introduise en elle aucune innovation, ni qu'on en ôte la moindre chose !» Telle est la différence entre le calendrier traditionnel et le nouveau : tandis que le premier est légitime, l'autre n'est qu'ivraie.

                Saint Épiphane de Chypre dit : «...l'Église ne peut pas ne pas agir ainsi, ayant reçu cette Tradition des Pères. Or, qui pourrait annuler le précepte d'une mère ou la loi d'un père ? Comme il est dans Salomon : Écoute mon fils, les paroles de ton père et ne rejette pas les préceptes de ta mère (Pr 6 : 20), montrant que l'enseignement a été donné à la fois écrit et non écrit par le Père, c'est-à-dire Dieu, le Fils Unique et le Saint Esprit, et que notre Mère l'Église a en elle des préceptes absolus, qui ne sauraient être annulés !» (PG 42, 516). Le calendrier est l'un de ces préceptes.

                Saint Grégoire de Nysse, en effet, dit ceci : «Il suffit, pour notre démonstration, de tenir de nos Saints Pères cette tradition» (PG 45, 653). Le nouveau calendrier n'est pas un précepte des Pères, il est né de l'appétit du pouvoir de Chrysostome Papadopoulos et de Mélétios Métaxakis. Comme le dit le IVème Concile œcuménique : «Suivant en tout les décisions des Saints Pères». Quel Père les nouveaux-calendaristes suivent-ils ?

                Le Concile Quinisexte, dans son premier Canon, déclare : «Commençant avec la Grâce de Dieu ces paroles sacrées, nous décidons de conserver sans innovation ni altération la Foi qui nous a été transmise... car nous affirmons formellement, avec toute la force que nous pouvons, qu'on ne peut faire ni la moindre addition ni la moindre soustraction à ce qui a déjà été défini», rejoignant Saint Athanase le Grand (PG 26, 593, 638).

                Que M. Phédon Papadopoulos cesse donc de dire que son calendrier «Julien corrigé» ne saurait être «appelé Grégorien». Qu'il soit l'un ou l'autre, il innove. Du reste, comment peut-on dire que c'est, dans notre bouche, une injustice que d'appeler ce calendrier Grégorien, quand les meilleures sources en Grèce, ecclésiastiques ou profanes, en font autant ? Citons simplement la grande Encyclopédie Orthodoxe Religieuse et Morale de Martin (tome 6, p.49) et l'Histoire du Peuple Grec (tome 15, p.260).

                Que disait le métropolite Irénée de Cassandre, en 1929, dans son Mémoire au Synode de la Sacrée Hiérarchie de l'Église de Grèce ? «Je considère comme un devoir sacré de dénoncer comme un acte audacieux, anti canonique et comme une plaisanterie dans des choses qui ne souffrent pas plaisanterie, la modification ou complémentation, ou rectification, ou de quelque nom qu'on veuille la nommer, du calendrier Julien, qui, ne formant qu'un même tissu avec toute la vie de notre Église, lié à son sort pour le meilleur et pour le pire des vicissitudes qu'elle a connues, associé aux anniversaires des grands martyrs de notre Église, et, d'une manière générale, à tout le cycle des fêtes de notre Sainte Église Orthodoxe, constitue sa marque la plus caractéristique, qui garde, comme un ange gardien, la Foi, les Traditions, les us et coutumes de tous ses enfants dispersés sur la surface de la terre, et leur rappelle qu'en célébrant les fêtes selon lui, ils appartiennent à l'Église Une du Christ, la seule qui a l'antiquité pour Elle et qui n'a point varié». Et le même Irénée de Cassandre confessa dans le Synode : «La question du calendrier fait partie du programme moderniste, qu'ils ont tenté, dans ces derniers temps, d'introduire dans l'Église autocéphale de Grèce et il convient de l'examiner comme telle».

                Telles sont les paroles et la confession d'un évêque néo-calendariste, cinq ans après le Concile que M. Phédon Papadopoulos égale en autorité aux Conciles œcuméniques ! Pour nous, nous ne savons qu'ajouter à ces paroles, sinon ceci : comme notre Foi, selon l'Évangile, est morte si elle reste sans œuvre, nous sommes tenus de confirmer notre confession par nos actes et de rompre avec les innovateurs, comme l'ordonnent tous les Saints Pères et les Canons sacrés. Si nous agissions autrement, la hiérarchie novatrice nous laisserait tranquilles et poursuivrait la réalisation de son programme moderniste. Nous sommes un obstacle pour eux, c'est pourquoi ils nous persécutent ou, quand ils ne peuvent le faire, nous appellent «schismatiques».

                C'est l'opposition des «anciens-calendaristes» qui a empêché l'adoption de la Pascalie papale, laquelle a néanmoins été admise en Finlande depuis 1917. Tous les évêques finlandais ont reçu, en récompense, des titres de métropolites au cours de la dernière décennie. Ce n'est qu'une question de temps et de stratégie, comme le laisse clairement entendre M. Phédon Papadopoulos quand il déclare que «il est mathématiquement certain qu'il sera adopté par toutes les Églises». C'est pourquoi ils s'efforcent d'émousser la conscience et la sensibilité orthodoxes des fidèles, réalisant peu à peu leur projet, véritable apostasie !

                Le diable ne chôme jamais, mais il a trouvé dans les années 20 des hiérarques capables d'imposer le nouveau calendrier : le franc-maçon Mélétios Métaxakis, Chrysostome Papadopoulos et Anthime de Bizyè, puis de Maronée. Ce dernier fut le théoricien du nouveau calendrier. Dans son livre « La Question du Calendrier », paru à Constantinople en 1922, il déclarait que l'adoption de son système calendérique permettrait d'économiser des tonnes de papier et d'encre d'imprimerie. Il écrivait (p.7) : «Le principal objet que vise le présent ouvrage est de démontrer que la réforme du calendrier Julien s'impose nécessairement, en accord avec les résultats et affirmations de la science». Et ailleurs : «De toute nécessité, il est impératif de trouver et de mettre en pratique un autre calendrier, dans lequel chaque date du mois tombera aussi un jour fixe dans la semaine» (p.101 et 120). Par exemple, le 25 mars sera toujours un samedi. Le même auteur nous apprend (p.102 - 106) qu'il avait présenté au saint Synode du Patriarcat de Constantinople une suggestion pour stabiliser la date de Pâque, laquelle fut transmise au gouvernement anglais ! «Dois-je gémir sur son impiété ou détester son ignorance ?» (Saint Basile le Grand, PG 31, 476).

                Nos bons amis les « théologiens radiophoniques » nous disent qu'avec le calendrier que nous suivons, nous nous trompons de date, notre 25 Mars n'étant pas le 25 mars astronomique ! Mais peu nous chaut l'astronomie ! Nous savons qu'en ouvrant nos Ménées au 25 mars, nous «résumons les temps en image, selon nos forces», comme dit saint Jean Chrysostome (PG 59, 752), afin «qu'il y ait une même symphonie et une même confession, une seule fête célébrée pour manifester l'unité de l'Église» (Épiphane de Chypre, PG 42, 359) et que tous les orthodoxes, de Chypre, de Grèce, d'Europe, d'Australie, d'Amérique ou de Laponie, dans le même temps - autant que le permet la sphéricité de la terre - ouvrent la bouche pour chanter d'un seul cœur : «Aujourd'hui c'est la révélation de notre salut...»

                Ce n'est donc point nous qui nous inquiétons des temps, mais bien Monsieur Phédon Papadopoulos, selon ses propres dires. Nous savons que le temps, du fait du péché, a été soumis, comme le reste de la création, à la vanité et que, dans la forme où nous le connaissons à présent, il ne subsistera pas mais sera détruit. Saint Basile le Grand dit : «La nature du temps qui s'écoule accompagne ce monde corruptible. Il est, en effet, étroitement lié et apparenté aux choses visibles : il s'en va conjointement aux choses qui se meurent, il accompagne dans l'existence celles qui naissent et deviennent, il partage l'attente et l'espérance de celles qui sont encore à venir» (PG 30, 232).

                Notre équinoxe est conventionnel et point astral; nous judaïserions si nous le changions. Quand nous parlons d'équinoxe du printemps, nous nous plaçons du point de vue de l'hémisphère nord, comme valant pour le monde entier, suivant en cela l'exemple des Pères qui ont fixé les dates de manière purement conventionnelle, de façon que la Pâque tombe entre le 22 mars et le 25 avril du calendrier Julien. Sans quoi, si nous étions attachés au temps, il faudrait que nos frères d'Australie célèbrent Pâque six mois plus tard, vu que notre équinoxe de printemps correspond à celui d'automne dans l'hémisphère sud. La nature et le but du calendrier des fêtes ressort suffisamment des citations patristiques que nous avons rapportées.

     

    Antique condamnation du nouveau calendrier

     

                À propos des diverses condamnations dont le nouveau calendrier a fait l'objet dans l'Église, et qui font partie intégrante de sa Tradition, les théologiens de l'émission nous disent que le moine Théoclète de Saint-Denys affirme que le Sigillion (Décision synodale signée sous Jérémie II et condamnant le nouveau calendrier.) de 1583 a été corrompu au siècle dernier par le moine Jacob de Néa Skiti. On a déjà beaucoup écrit dans les deux sens ; mais, comme il est difficile au lecteur moyen de se rendre évidemment à l'Athos pour y vérifier les manuscrits 772 du Monastère de Saint-Pantéléimon et 285 de la Cellule de l'Hymne Acathiste, et au Sinaï, où existent d'autres manuscrits, nous rassemblons ci-après les témoignages de hiérarques anciens et d'historiens néo-calendaristes récents, qui sont aisés à vérifier en bibliothèque.

    1. Le Métropolite d'Athènes Mélétios, originaire de Joannina (1703-1714), écrit dans son Histoire Ecclésiastique (t.3, p.402) : «Sous le patriarcat de Jérémie, un concile se tint, dans Constantinople, en 1583, alors que Silvestre d'Alexandrie se trouvait aussi dans cette ville. Ce concile condamna le calendrier innové par Grégoire de Rome. Il le refusa, malgré la demande des Latins».

    2. Philarète Bapheidos, Métropolite de Didymoteichos : «Jérémie, considérant les difficultés de la mise en place de cette réforme, rejette la proposition du pape et, en commun avec Silvestre d'Alexandrie, il publie en 1583 une lettre où, définissant les quatre prescriptions du Concile de Nicée sur la date de Pâque, il montre aussi les défauts du calendrier Grégorien. Cette lettre a été écrite à la suite du Concile réuni cette année-là dans Constantinople, lequel a condamné officiellement le calendrier Grégorien» (Histoire Ecclésiastique, tome 3, p.125).

    3. Basile Stéphanidès, professeur d'histoire ecclésiastique, néo-calendariste, rapporte que tout effort, toute tentative faits pour changer le calendrier ont déjà été rejetés il y a six siècles, et que des anathèmes sont même venus s'ajouter à ce refus constant. «Les erreurs du calendrier Julien avaient été reconnues dès la période byzantine. Nicéphore Grégoras (1324) avait proposé une rectification, qui reçut les suffrages du moine Isaac et de Matthieu Vlastaris (1371). Georges Gémiste (+1420) composa un nouveau calendrier» (Histoire Ecclésiastique, éd. Astir, Athènes, 1970, p.762). «Ce concile - de 1593 - proclama, contre les innovations de Rome, la permanence de l'attachement aux décisions des conciles œcuméniques et jeta l'anathème et l'excommunication sur ceux qui viendraient à transgresser les règles fixées par ces conciles pour la date de Pâque» (Ibid, p.699).

    4. Sur le rejet panorthodoxe du nouveau calendrier, le professeur de mathématiques G.L. Arbanitakis, se plaçant d'un point de vue purement historique, écrit, dans la Grande Encyclopédie Hellénique (t.12, p.274) : «L'Église orthodoxe a aussitôt condamné la réforme Grégorienne. Exactement en 1582, les Patriarches de Constantinople, d'Alexandrie et d'Antioche écrivirent une déclaration commune contre les Latins qui avaient contraint de force les chrétiens de Palestine à embrasser leur réforme. Jérémie, patriarche Œcuménique, écrivit aux orthodoxes de Pologne, menaçant d'excommunication tous ceux qui accepteraient la réforme ; en 1593 à Constantinople, un Concile auquel prirent part les quatre Patriarches et le représentant de la Russie, renouvela l'excommunication. Jusqu'à la Grande Guerre, les orthodoxes persistèrent dans leur refus».

    5. Le professeur Jean Karmiris, néo-calendariste, écrit dans l'Encyclopédie de Martin (t.6, p.781) : «Mais Jérémie II refusa - ce calendrier - condamnant à plusieurs reprises la réforme Grégorienne : par son encyclique synodale du 28 novembre 1583, rédigée en commun avec le Patriarche Silvestre ; par une autre adressée à Constantin Ostrogoski ; par sa lettre de février 1583 au prince de Venise, Nicolas Daponte ; par sa lettre aux protestants de Tübingen de septembre 1589, écrite de Moldovalaquie ; par une lettre identique adressée au Métropolite de Philadelphie, Gabriel Sévère, le 7 juillet 1590, comme par la décision du Concile réuni à Constantinople en 1593».

     

    Contradictions de Chrysostome Papadopoulos

     

                D'après les historiens qui ont étudié ce point, l'archevêque d'Athènes lui-même, Chrysostome Papadopoulos, aurait voulu tenter de présenter le Sigillion de 1593 comme un faux fabriqué par les «moines de la Sainte Montagne de l’Athos» ! C'est alors qu'on lui représenta ce qu'il avait écrit de sa main lorsque, encore archimandrite, il enseignait dans l'Université d'Athènes et composait une Histoire de l'Église : «Le nouveau calendrier, écrivait-il, fut refusé d'une manière plus officielle encore par le Concile qui se tint à Constantinople en 1593. Ce Concile rejeta le calendrier Grégorien comme un modernisme contraire aux Canons et aux Ordonnances de l'Église» (Kamaretsou, L'Agonie, p.39). «À cause de cette lutte, le Patriarche de Jérusalem Sophronios IV partit en voyage en 1584, afin de collecter des dons puis, s'étant rendu à Constantinople cette même année, il y prit part à la délibération du Concile réuni par Jérémie II Tranos, en vue de dénoncer et rejeter le calendrier Grégorien, par lequel l'Église latine visait à égarer les orthodoxes» (Histoire de Chrysostome Papadopoulos, p.482). !

     

    L'attitude multiséculaire de l'Église

     

                Chers frères ! Ces témoignages sont-ils des inventions ? Alors comment a-t-on pu négliger ces condamnations prononcées par l'Église ? Depuis le rejet de la proposition de Nicéphore Grégoras (1324) jusqu'à la condamnation du projet d'Épaminondas Polydore de 1902, combien de siècles ont passé ? Et l'Église n'a point varié dans son refus de rectifier le calendrier des fêtes. Voilà pourquoi l'Encyclique patriarcale du 12 mai 1904, que nous citons avec la réserve qui sied. confirme dans sa conclusion ce qui suit : «Faut-il, tout en gardant inchangé le calendrier Julien et les dates des fêtes, sauter seulement treize jours pour faire coïncider nos fêtes fixes avec celles de l'autre calendrier ? Cette solution est insensée et inutile, aucune raison d'ordre ecclésiale ou scientifique n'imposant un tel recalage, sans compter que la coïncidence ainsi obtenue ne saurait être perpétuelle, puisqu'en 2100 un nouveau décalage d'un jour réapparaîtrait. Faut-il dès lors réformer carrément le calendrier Julien, comme scientifiquement incorrect, et mettre ainsi l'année usuelle plus en harmonie avec l'année tropique ? Nous jugeons cette solution prématurée, pour le moment du moins, et totalement superflue : pour nous, en effet, nous ne sommes nullement tenus, du point de vue ecclésiastique, de changer le calendrier ; quant à la science, comme certains l'assurent, elle ne s'est pas encore prononcée définitivement sur la détermination exacte de l'année tropique» (J. Karmiris, Monuments Dogmatiques et Symboliques de l'Église Orthodoxe, t.2, p.1043). Devant cette attitude multiséculaire de l'Église face au changement de calendrier, et après tant de décisions conciliaires, comment peut-on encore prêcher sur les ondes que le calendrier «n'est pas dogmatisé», «n'appartient pas au culte», «n'est pas d'ordre canonique» ? Le 20 avril 1924, avec plus de sens que n'en montrent ces néo-théologiens, le Patriarche Photios d'Alexandrie écrivait à Chrysostome Papadopoulos : «Cher et très zélé frère, comment dire que cette différence sera considérée comme simplement étrangère et sans rapport aux liens et aux décisions dogmatiques et canoniques, du moment qu'elle sera cause que des peuples entiers risqueront d'être scandalisés et de s'éloigner de l'Église ?» Sa formation de théologien et son expérience des affaires de l'Église le protégeait des improvisations grossières des plus jeunes : il savait que le dogme et la vie de l'Église sont à jamais indissociables.

     

    Tout est important

     

                Que de fois, dans les vies des saints et dans les exemples de la conduite de l'Église, nous voyons des traits qui passeraient pour des détails aux yeux des « théologiens » d'aujourd'hui, mais qui étaient, pour les Pères, indissolublement liés au dogme du Salut. Dans l'Ancien Testament, pour apprendre aux hommes à marcher dans la crainte de Dieu et le respect de ses moindres commandements, nous voyons Dieu Se montrer, à l'égard de son peuple «au cou raide», d'une sévérité effrayante. L'homme sorti ramasser du bois dans un jour de sabbat fut lapidé par ordre de Dieu. Il ne permit pas même à Aaron de pleurer sur ses fils mis à mort pour avoir apporté sur l'autel un feu étranger ! Uzza fut frappé pour avoir tendu la main vers l'Arche qu'il voulait pourtant protéger, tandis que Dieu permit que la même Arche fût ouverte par les Philistins et qu'ils y déposassent, à côté de la Loi écrite de sa Main, de la Verge d'Aaron qui avait fleuri et du vase contenant la manne, des imitations en or des rats et des hémorroïdes dont ils avaient souffert. Saint Eléazar, maître des sept saints adolescents Maccabées, lorsque les soldats, pris de pitié, lui dirent qu'ils lui donneraient de la viande de bœuf pour sa nourriture, répondit : «Et comment les enfants d'Abraham sauront-ils que ce n'est pas du porc ?» Et c’est pourquoi, pour ne pas scandaliser les autres, il choisit la mort du martyre !

                Du Nouveau Testament, quel enseignement tirons-nous ? Saint Jean Chrysostome dit de Saint Jean Baptiste : «Jean n'avait point reçu l'ordre de sacrifier et ne fut pas tué pour l'avoir refusé, ni approché de force devant l'autel, ni tiré devant des idoles; il eut la tête tranchée pour une simple parole, parce qu'il avait dit à Hérode : il ne t'est pas permis d'avoir la femme de ton frère Philippe».

     

    S'agissant de Dieu, il n'est point de détails

     

                Qu'avait-elle de dogmatique, l'affaire du remariage anti canonique de Constantin VI, empereur de Constantinople - au point de conduire deux fois jusqu'au schisme -,  de faire persécuter Saint Théodore le Studite et ses moines et de créer tant de soucis à Saint Taraise qui avait indirectement usé de cette économie pour lutter contre l'iconoclasme ?

                Qu'avait-elle de dogmatique, la déposition de Saint Jean Chrysostome ? Néanmoins, ce saint Père déclare ceci, à propos des Joannites qui, refusant de s'associer à l'injustice, avaient rompu la communion avec Saint Arsace, créant un schisme et souffrant mille maux effroyables : «...préférant tout supporter et tout souffrir, plutôt que d'être mêlés à la transgression... Eux qui soutinrent les lois des Pères et les règles de l'Église alors qu'elles étaient attaquées... comment ne seraient-ils pas mille et mille fois dignes de figurer dans le chœur des Saints Martyrs ?»

                Qu'avait-elle de dogmatique, la coutume latine de jeûner le samedi ? Que dit, pourtant, Saint Photios dans sa Lettre aux Trônes épiscopaux d'Orient : «Ils ont commencé par introduire en Bulgarie, contre les saints Canons, le jeûne du samedi. Or, le moindre rejet des Traditions conduit très communément au mépris total du dogme» et dans sa lettre 6 il ajoute : «... ainsi donc, celui qui inflige la plus petite modification à la Foi et au culte chrétiens, dont la beauté et l'éclat dépassent véritablement toute chose, celui-là commet une action très laide et en reçoit aussitôt le blâme».

                Qu'y a-t-il de dogmatique à emprunter, pour son usage personnel, un peu de cire ou d'huile de la réserve de l'Église, ou un récipient Lui appartenant ? Et pourtant les Canons 72 et 73 des Apôtres punissent ces méfaits d'excommunication.

                Est-ce une faute dogmatique que de jouer aux dés ? Et pourtant, le clerc qui s'y adonne encoure la déposition, selon le Canon 42 des Apôtres.

                Certains néo-théologiens tentent d'introduire une distinction entre les Canons «dogmatiques» et ceux qui ne le seraient pas. Or les Canons sont liés les uns aux autres et nous n'avons jamais reçu de l'Église une telle distinction, dans la mesure où tous expriment la même et unique Tradition ecclésiastique. Est-il d'importance dogmatique que nous chantions dans la liturgie, lors de certaines fêtes du Seigneur, «Vous tous qui avez été baptisés en Christ» à la place du Trisagion, alors même que les baptêmes ne sont généralement plus célébrés lors de ces fêtes comme ils l'étaient autrefois ? Sont-ce des actes dogmatiques que d'allumer des cierges, de brûler de l'encens et, pour les prêtres, de porter la barbe et de revêtir le rasso et le camylafque (vêtement et coiffe ecclésiastique) ? Celui qui néanmoins voudrait changer tout cet ensemble, bouleverserait de fond en comble la vie séculaire de l'Église (Le fait que ces divers éléments ont connu une évolution au cours des siècles prouve que la Tradition n'est pas une masse figée, mais un «progrès dans le même sens» sous la conduite de l'Esprit. Il n'est permis à personne de changer l'habit ecclésiastique, sauf à l'Église, qui amène peu à peu, dans sa marche temporelle chaque tradition à sa perfection, et lorsque l'Église s'est prononcée, son jugement est définitif).

     

    À propos des icônes

     

                M. Phédon Papadopoulos nous a également accusés d'avoir des icônes occidentalisantes.

                Avec nos pauvres moyens matériels, nous nous sommes efforcés d'embellir notre calendrier de cette année en l'ornant de saintes icônes pour le recueillement et l'instruction de nos fidèles : nous le distribuons gratuitement à qui le désire, comme bénédiction. Si quelqu'un y trouve une icône à l'occidentale, qu'il l'indique et nous l'enlèverons.

                Je poserai à mon tour une question à M. Phédon Papadopoulos : n'y a-t-il donc aucune icône de ce genre dans vos églises et monastères ? Quelle sorte d'icône la Fraternité Zoï distribue-t-elle depuis des dizaines d'années aux enfants des écoles catéchétiques ? Est-ce de nous que les moines du Mont Athos ont appris à peindre, pour répondre au goût du public, tantôt des icônes orthodoxes, tantôt des images occidentales ? Toutes les images occidentalisantes qui sortent des presses de Grèce et qui fleurissent aux devantures des boutiques ne sont pas destinées qu'aux «anciens-calendaristes» ! Il en existait, en Grèce, avant 1924. C'est l'inoubliable Photios Kontouglou qui a fait connaître l'œuvre des iconographes russes, notamment d'Ouspensky, et qui est revenu à l'iconographie traditionnelle.

                Notre peuple a vécu, sous la turcocratie, des siècles d'esclavage très pénibles, dans la pauvreté et l'ignorance, et il a subi l'influence de divers courants étrangers. Le petit peuple s'est efforcé de garder sa Foi avec les icônes qu'il trouvait. Quand, par la Grâce de Dieu, nous avons retrouvé la liberté, la hiérarchie de notre Église, au lieu de corriger les abus et d'instruire le peuple sur ce point, a renversé toute l'Église, au point même d'ajouter aux icônes occidentales le calendrier occidental et de nous faire adorer «à la franque», comme des catholiques-romains ! Citez-nous une seule encyclique pastorale de la hiérarchie apostat qui traite de la réforme de l'iconographie ? Est-ce nous qui l'aurions empêchée ?

                Rien de ce qui touche à la Sainte Tradition de l'Orthodoxie ne nous est indifférent. Qu'il s'agisse du Typikon, de l'iconographie sacrée, de la musique ecclésiastique, de l'architecture des églises, etc. Il n'y a point pour nous de choses petites ou grandes, premières ou secondaires, car de l'Évangile nous avons appris que «c'est ceci qu'il fallait pratiquer, sans négliger cela !» Dès l'instant qu'une chose «est une Tradition», comme le dit Saint Jean Chrysostome, nous ne cherchons pas au-delà. La Foi que nous avons reçue de nos Pères n'est pas objet d'étude pour les oiseux. Hommes faibles, toutefois, nous sommes nous aussi incapables de surmonter toujours les nombreuses difficultés des temps.

                Lorsque, en 1924, les orthodoxes furent chassés de leurs églises par les innovateurs, ils emportèrent avec eux les icônes qu'ils trouvaient. La hiérarchie d'alors n'avait pas décidé l'introduction d'icônes occidentales, c'est pourquoi il n'était pas nécessaire que les orthodoxes prissent position sur ce point comme ils devaient le faire pour le calendrier.

                Certes, le diable ne sommeille jamais et s'efforce sans cesse de semer l'ivraie dans le champ de l'Église, ce qui nous oblige à une vigilance de tous les instants. Toutefois, les orthodoxes étaient alors outrageusement persécutés de toutes les manières, leurs églises fermées... il y eut même des célébrations en plein air devant les portes closes, sans icône ni rien d'autre. Même les études de théologie à l'université leur étaient interdites. Voici le communiqué officiel de la Faculté de Théologie d'Athènes en date du 10 octobre 1950 : «Il est porté à la connaissance des étudiants de l'École que, selon une décision unanime de l'École, prise lors de la réunion du 10 octobre 1950, ne seront pas admis à passer l'examen tous ceux qui suivent l'ancien calendrier, et donc ne se trouvent pas en relation canonique avec les Autorités Ecclésiastiques légitimes. Ceux qui se trouvaient jusqu'ici dans cette situation devront présenter à l'École le libelle canonique» (Protestation du Saint Synode de l'Église Vrai Chrétienne Orthodoxe Grecque, octobre 1950, p.5). Il est certain que la vraie théologie ne s'apprend pas dans les universités, indépendamment de la prière, de la pénitence et de la vie sacramentelle; mais tel était le fanatisme des nouveaux-calendaristes : par le système d'échange prévu dans l'Encyclique de 1920, ils ouvraient leurs universités aux étudiants papistes et protestants et, dans le même temps, ils en fermaient l'accès aux étudiants orthodoxes et ce, dans leur propre pays ! Et ils ne rougissent pas de honte de nous accuser calomnieusement d'avoir introduit des icônes occidentales !!!

     

    Sur l'œcuménisme

     

                Un auditeur a téléphoné pour dire qu'il pouvait montrer des milliers de photographies de liturgie et de prières communes entre les nouveaux-calendaristes et des hérétiques. «Ce sont des mythes», a rétorqué Phédon Papadopoulos, (parce que quelqu'un a souri ou donné une poignée de main, nous, les anciens-calendaristes, nous l'interpréterions par malignité comme une concélébration). «En réalité, les néo-calendaristes n'entretiennent avec les non-orthodoxes - selon ses propres mots - qu'un dialogue ayant pour but de les amener à la Foi Orthodoxe. Et s'il arrive qu'un évêque se rende chez eux à une heure de liturgie - sans, bien sûr, y prendre part - celui qui s'en scandalise doit en référer au Synode et ne pas s'instituer, à lui tout seul, juge des évêques»

    La mémoire de M. Phédon Papadopoulos commence, semble-t-il, à lui jouer des tours … !

    Citons :

    1. L'Album édité par un nouveau-calendariste, l'Archimandrite Athanase I. Basilopoulou, Apo ten poreian tes agapes (Du chemin de l'amour), Athènes, 1968. Le lecteur, entre autres, y verra :

    - L'Archevêque anglican de Cantorbéry revêtu de tous ses ornements bénissant, depuis les Portes Saintes de l'église Sainte-Sophie de Londres, le peuple orthodoxe, en faisant le signe de croix, tandis qu'à sa gauche, le patriarche Athénagoras, avec tous ses ornements d'archevêque, trace de même le signe de croix.

    - L'Archevêque catholique-romain de New-York, Terence Cook, avec tous ses ornements, bénit le peuple, depuis les Portes Saintes, en l'église de la Sainte-Trinité de New-York ; à sa gauche, avec ses ornements d'archevêque, l'Archevêque Jacob ainsi que des clercs arméniens et d'autres confessions.

    - À Boston, le Cardinal Cushing bénit le peuple orthodoxe avec la croix de l'Archevêque Jacob. Autour de lui, Jacob et les autres évêques, en grand appareil archiépiscopal, et parmi eux Emilien de Séleucie qui porte, en guise d'icône, une photo d'Athénagoras ! (membre d’une loge franc-maçonnique) !

                Ces exemples de photographies sont-ils des mythes ? Quant au dialogue «pour le retour des hérétiques à la Foi Orthodoxe»... que dire, et par où commencer ? Voici une déclaration du Saint Synode de l'Église de Grèce, publiée dans le périodique Macédoine du 7 novembre 1967 : «Lors de la session du Saint Synode, a été lue la relation, envoyée par le patriarcat œcuménique, de la visite que sa Sainteté le Patriarche œcuménique a rendue à sa « sainteté le pape de Rome » du 26 au 28 octobre, ainsi que les discours et déclarations échangés entre eux et d'autres dignitaires de l'Église de Rome. Après lecture et étude de ces documents, le Saint Synode a constaté avec une particulière satisfaction que, par la bénédiction de Dieu, cette visite et cette nouvelle rencontre des deux présidents des deux Églises, catholique-romaine et orthodoxe, avait été réalisée selon l'attente et la prière fervente du Saint Synode et du pieux plérôme de l'Église ! Dans le communiqué officiel publié après la rencontre, le Saint Synode a souligné en particulier que les deux chefs reconnaissent que le vrai dialogue d'amour sur lequel doivent être fondées toutes les relations entre eux et entre leurs Églises doit être basé sur une confiance intégrale dans le seul Seigneur Jésus-Christ et le respect réciproque des traditions propres de chacune des deux Églises, et que le dialogue d'amour entre ces Églises doit porter les fruits de la collaboration désintéressée... sur le plan communiel et spirituel dans le respect mutuel de la fidélité des chrétiens de chaque parti à l'égard de nos Églises respectives. C'est pourquoi le Saint Synode a aussi exprimé ses vœux pour une heureuse issue de la visite de sa sainteté le Patriarche œcuménique Athénagoras, et son désir de toute son âme pour que le dialogue ainsi entrepris dans l'amour et le respect mutuel sur pied d'égalité entre les Églises, soit conduit jusqu'à son terme propice pour la gloire de notre sainte Église et de son divin Fondateur». Ce texte est-il mythique ? Oui, absolument, quant à son contenu ; mais malheureusement non, quant à son existence historique, c’est un FAIT !

                Que nous apprend Théodoropoulos de « l'ecclésiologie d'Athénagoras » ? En voici un aperçu : «Mais nous avons aussi beaucoup de différences, dites-vous. Lesquelles ? Le filioque ? Il existait depuis le septième siècle et les Églises n'étaient point séparées. La Primauté et l'Infaillibilité ? Que nous importe ? Chaque Église gardera ses propres Canons. Si l'Église catholique le souhaite, elle gardera ces deux-là... Du reste, nous nous considérons tous comme infaillibles. Dans notre travail, notre réflexion, bref, partout. Ta femme te demande combien de sel elle doit mettre dans ton pot ? Elle aussi, elle a son infaillibilité. Que le Pape ait la sienne s'il lui plaît ainsi. Nous ne cherchons pas à avoir la même chose» (Les Deux extrêmes p.36).

                La décision de donner la communion aux catholiques-romains, prise par le patriarcat de Moscou et par le métropolite de Thyatire, fut-elle mythique ?

                Que nous apprend le même Théodoropoulos sur la « Foi »  de Jacob Archevêque d'Amérique du Nord et du Sud et des deux Océans Pacifique et Atlantique ? «Nous ne pouvons pas nous abuser nous-mêmes davantage et dire que le christianisme tel que nous l'avons conçu jusqu'à présent est réellement adapté à notre peuple... nous avons besoin d'un nouveau christianisme, entièrement fondé sur des conceptions et des termes neufs... nous ne pouvons enseigner le genre de culte que nous trouverons dans les générations futures... Nous pensons que le Mouvement œcuménique, quoique d'origine chrétienne, doit développer un mouvement de toutes les religions, de rapprochement de l'une vers l'autre, afin que le dialogue soit vrai, car toutes les religions servent Dieu et l'homme. Il n'y a qu'un seul Dieu...» (Ibid., p.23, 27) !!!

    Du mythe, encore ? Qu'ont donc fait les poissons des Océans Atlantique et Pacifique, pour mériter un tel … archevêque ?

                C'est un mythe, monsieur Papadopoulos, que l'archevêque de Crête Eugène, à l'heure de la Divine Liturgie, dans l'église Saint-Ménas d'Hérakléion, dans laquelle il est censé concélébrer avec les Anges, ait pendu au cou du cardinal Willebrands un pectoral d'évêque, tandis que le cardinal «bénissait» et que le peuple chantait le Axios (il est digne) et Christ est Ressuscité, ainsi que beaucoup d'années au pape et à Athénagoras. Timothée d'Arcadie a suspendu aussi un pectoral d'évêque sur la poitrine du cardinal Carpino. Peut-on imaginer Saint Athanase ou Saint Cyrille passant l'insigne de leur dignité d'archevêque des orthodoxes autour du cou des ariens et des nestoriens ? !!!

                Est-ce un mythe que la réception spectaculaire du pape par le métropolite Damaskinos de Suisse, en 1984, dans l'église Saint-Paul du Centre Patriarcal de Chambézy, avec ornements, prières et «beaucoup d'années» ? N'a-t-il pas nommé cette visite «une seconde Pentecôte» ? !!!

                Pour citer un exemple plus proche, le patriarche Bartholomée a appelé récemment le papisme «second poumon» de l'Église; et le métropolite américain du patriarcat d'Antioche a rendu public, dans son périodique The Word, d'avril 1992, le typicon (ordo) des prières communes, concélébrations et communion dans les sacrements entre orthodoxes et monophysites syriens. Sont-ce des mythes ? !!!

                Ce n'est là, chers frères en Christ, qu'une bien mince sélection de quelques actes et proclamations de l'apostasie. Il en existe des centaines d'exemples et chaque jour en ajoute de nouveaux ; mais si ceux que nous venons de mentionner ne suffisent pas à vous faire prendre conscience que notre Église Orthodoxe traverse un orage gravissime et que chacun doit veiller pour ne pas faire naufrage, il serait superflu de vous fournir d'autres preuves. Quand un œuf est sur la table, point n'est besoin de le manger tout entier pour savoir s'il est frais.

                Nous ne parlons pas ainsi pour faire du prosélytisme. Il ne s'agit pas de vous faire abandonner vos pasteurs au profit des nôtres, comme s'il se trouvait chez nous plus de vertu. Nous sommes des pécheurs, qui avons besoin de l'Hôpital du Christ.

                Or, c'est justement parce que nos plaies sont purulentes que nous voulons d'un hôpital pur et sans tache. Dans certains hôpitaux d'ici-bas, on attrape parfois une maladie du fait même des instruments médicaux, couverts de microbes. De tels établissements ont pourtant un personnel en blouse blanche. Telle est l'apostasie. Comme en fait foi les Divines Écritures et l'Histoire de l'Église, c'est de l'intérieur de l'Église qu'elle se manifeste ; sans quoi, elle ne serait pas l'apostasie, mais simple attaque extérieure. Elle est introduite par des clercs respectables, qui jeûnent, font de longues cérémonies, de grandes panégyries, et qui ont un certain rayonnement. Sans quoi, ils ne seraient pas des «imposteurs et des magiciens» égarés eux-mêmes et égarant les autres, comme le témoigne l'Écriture prophétique.

                C'est pourquoi, frères bien-aimés, Saint Ignace Théophore avertit : «Tout homme qui parle contre les ordonnances - de l'Église - même s'il est digne de foi, qu'il jeûne, qu'il reste vierge, qu'il opère des signes, considère-le comme un loup qui, sous la peau de la brebis, massacre le troupeau». Saint Basile dit aux clercs d'aujourd'hui qui se réunissent avec les hétérodoxes pour des prières communes : «Ceux qui font semblant de confesser la Vraie Foi Orthodoxe, mais communient avec les hétérodoxes, si, après un avertissement, ils ne cessent pas, on doit non seulement rompre la communion avec eux, mais ne plus même les nommer frères !»

                Il n'est pas exact que nous devions attendre un concile pour consommer cette rupture, comme le suggère M. Phédon Papadopoulos. Les moines athonites qui moururent martyrs sous Beccos n'avaient pas attendu de concile pour rompre avec lui !

                Frères bien-aimés, nous n'avons attaqué personne ; mais notre Sainte Foi Orthodoxe, celle de nos Pères et la vôtre aussi, a été attaquée, et nous avons répondu. Vous ne l'avez pas gardée avec assez de vigilance et maintenant l'ennemi sème l'ivraie tandis que nous dormons. C'est pourquoi nous vous disons ce que nous nous disons d'abord à nous-mêmes et que nous avons reçu du Sauveur : Veillez !

                L'animateur de l'émission a dit que votre Église avait fait des propositions d'union que nous avons refusées. Quelles propositions ? À quoi bon s'unir dans l'apostasie ? Par contre, si votre hiérarchie revient vraiment à l'Orthodoxie et rejette officiellement, publiquement, conciliairement, et dans les faits, l'erreur sous toutes ses formes, alors nous serions fous de refuser une union qui ramènerait à l'Église ses brebis égarées et toute sa gloire !

                Nous ne vous demandons pas de nous suivre, mais de suivre non pas votre foi, mais LA FOI DE L’ÉGLISE QUI NOUS A ÉTÉ TRANSMISE sans la changer ; de suivre non pas votre tradition, mais LA TRADITION DE L’ÉGLISE QUI NOUS A ÉTÉ TRANSMISE sans la modifier.

                Ainsi, que Dieu soit notre Sauveur à tous, par les prières de notre toute pure Souveraine, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, des Saints et glorieux Apôtres, dont nous célébrons la mémoire en ce jour selon le calendrier des Pères et l'ordre de l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique de Notre Seigneur Dieu Jésus-Christ.

     

     

    Institut Saint Épiphane de Salamine

    Larnaka, Chypre, 1993

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  • PROFESSION DE FOI ET CATECHETIQUE (28, 29, 30, 31)

    28. Je crois et je confesse que l’Église de Jésus-Christ est instituée d’une façon VISIBLE et HIERARCHIQUE sur la terre, que le Saint-Esprit s’est manifesté visiblement au milieu d’une assemblée visible et hiérarchiquement constituée par la Très Sainte Vierge Marie, les Saints Apôtres et les Fidèles. Je rejette les théories de « l’Église Invisible » et de la « Théorie des branches » d’après lesquelles l’Église serait constituée d’une façon invisible par des clercs et des laïques appartenant à des assemblées et des corporations religieuses ayant des confessions de foi diverses et sans unité sacramental. Je crois et je confesse que les Sacrements de l’Église ne constituent pas de simples cérémonies commémoratives ou symboliques mais qu’il s’agit de moyens par lesquels la Grâce se transmet dans l’Église ; assurant ainsi la perpétuation du jour de la Sainte Pentecôte dans la chambre haute, et comme en dehors de la chambre haute il n’y a pas eu de langues de Feu ; ainsi en dehors de l’Église il n’y a pas de sacrement, l’Église étant la Source des Sacrements : le Sacrement par excellence ! Je crois et je confesse que l’Église est le filet contenant des poissons bons et mauvais, un champ ou croissent ensemble le blé et l’ivraie jusqu’au jour de la Moisson, à savoir la Deuxième Venue en Gloire de Notre Seigneur Jésus-Christ1. Je rejette les idées cathares et je crois que la sainteté de l’Église ne réside pas dans la valeur humaine et la bonne conduite de ses membres, mais à la Sainteté de Sa Tête qui est le Christ, et dont Elle est le Corps, à la Sainteté du Très Saint Bon et Vivifiant Saint-Esprit qui opère les Sacrements au milieu d’Elle, à la Sainteté de Sa Vocation, à la Sainteté de Sa Vérité, à la Sainteté de Sa Mission dans le monde et l’univers entier, à la Sainteté de ceux qui ont réalisé le but que Dieu leur avait proposé. Je crois et je confesse que l’Église de Jésus-Christ est le Saint des Saints de tout l’univers. Je crois et je confesse l’Unité de l’Église. Comme une tumeur qui se développe dans le corps, quand on l’enlève, ne fait pas perdre au corps son intégrité, ainsi l’Église n’a jamais perdu Son Unité, et Elle ne s’est jamais rendue infirme par le départ de Son sein des hérétiques, des schismatiques ou des pécheurs endurcis et excommuniés. Je crois et je confesse que l’Unité de l’Église est garantie non par la multitude de ses adeptes mais exclusivement par la pureté de Sa profession de Foi ! Ainsi les Saints Canons nous autorisent et les Pères nous intiment de nous séparer de nos propres hiérarques quand ceux-ci proclament des « hérésies reconnues comme telles par les Conciles et les Pères » ! Et les Saints Canons précisent que le but de cette séparation est de préserver consciencieusement l’Unité de l’Église et de la mettre à l’abri du vrai schisme.

    29. Je crois et je confesse que l’Église ne se distingue ni par la race des croyants qui la composent, ni par leur nationalité, ni par leur langue. Les Églises Orthodoxes Sœurs et Autocéphales se circonscrivent par des limites étatiques, géographiques, juridictionnelles, mais jamais par des limites ethniques ou linguistiques. Ainsi selon le Droit Canon, sauf arrangement préalable par Synode Majeur, deux évêques ne peuvent exercer leur fonction pastorale dans la même ville. Toutefois les différents groupements ethniques soumis juridiquement à une hiérarchie orthodoxe d’une origine différente, conservent intactes leurs propres hypostases ethniques, à l’image théandrique de Notre Seigneur Jésus-Christ2 et à l’image des relations qui existent entre l’âme et le corps, où il n’y a ni fusion ni absorption d’une part, ni séparation ou division d’autre part.

    30. Je crois et je confesse que les possibilités d’existence de la nature humaine sont trois : contre-nature, naturelle, surnaturelle ! L’état de péché est un état contre-nature de notre existence. Le mariage honorable contracté sur les bases chrétiennes est l’état naturel de l’homme. Selon les Conciles, celui qui devient moine par dégoût du mariage, est excommunié comme insultant la création de Dieu ! Le monachisme pour le chrétien est un état surnaturel dans lequel il est appelé à vivre par la pénitence, dès maintenant comme « un homme Céleste et comme un Ange terrestre ! » Et comme les Pères enseignent ailleurs : « Qui a vaincu la chair, a vaincu la nature, et qui a vaincu la nature est devenu surnaturel ! » par la Grâce de Dieu ! Le but de l’ascèse corporelle n’est pas la domination du corps par l’esprit comme chez les fakirs, mais la sanctification de l’être tout entier. L’ascèse n’a pas comme but ou mobile le mépris envers le corps, mais vise à la libération du corps et de tout notre être de la servitude du besoin, et au rétablissement de l’équilibre entre le corps et l’esprit, le rétablissement de la hiérarchie des valeurs, choses qui ont été altérées par le péché. « Comme les Anges sont la lumière des moines, ainsi les moines sont la lumière des laïcs ! » Le monachisme et la « Prière du cœur3» existent depuis les temps les plus reculés comme en témoigne l’Ancien Testament, exercés et pratiqués par les Justes, les Prophètes, le Précurseur, les Apôtres et tous les Saints Pères. Le monachisme constitue la règle de vie qui inspire toute la vie de l’Église. Le but du monachisme n’est pas utilitariste (bienfaisance, éducation, etc) mais son but est la communion avec Dieu recherchée et réalisée dans la prière. La prière est « L’OEUVRE PRIMORDIALE » du moine (« ERGON - έργον4), tandis que la bienfaisance est une œuvre « SECONDAIRE » et occasionnelle (« PARERGON - πάρεργον5) ! Abolir le monachisme ou le transformer à une activité utilitariste, équivaudrait à un changement et une dégénérescence de la norme de vie de toute l’Église. Je crois que la bienfaisance par excellence que le chrétien puisse offrir à l’humanité est son propre Salut. Ainsi la vie monastique est le fruit par excellence de la vie de l’Église, comme le dit l’Ange à Saint Pachôme le Grand6 : « C’est dans cette forme (de vie) que toute chair sera sauvée ! » Ainsi je crois que la Véritable Église ne peut exister sans monachisme, comme un corps ne peut vivre sans poumons. Et parce qu’alors l’Évangile deviendrait irréalisable, et dans ce cas il ne nous concernerait pas !

    31. Je crois et je confesse que le Chef Unique de l’Église Orthodoxe est Jésus-Christ. L’Église Orthodoxe n’a jamais eu et n’aura jamais de chef visible. Un « Primat » ou un « Patriarche Œcuménique » ne doit jamais être confondu avec un « Pape » ! L’Église Orthodoxe peut exister avec un « Patriarche Œcuménique » ou sans « Patriarche Œcuménique » ! L’Unité de l’Église Orthodoxe n’est pas exprimée par la centralisation du pouvoir ecclésiastique entre les mains d’une personne, mais par la pureté de sa Foi. Jésus-Christ, malgré Son Ascension corporelle au Ciel, en tant que Dieu et selon Sa Promesse, reste avec nous jusqu’à la fin des temps7. Le fait qu’Il est au Ciel ne signifie pas qu’Il soit absent de la terre pour avoir besoin sur cette terre d’un « vicaire » ou d’un « représentant » ! C’est le Saint-Esprit qui dirige l’Église au milieu de Laquelle Notre Seigneur Jésus-Christ continue à être toujours présent ! Les Conciles œcuméniques ou locaux ne créent pas un Credo, mais, guidés par le Saint-Esprit, rendent témoignage de ce qui a été cru dans l’Église depuis toujours, partout et par tout le monde, et prennent ainsi les dispositions nécessaires pour la mise en pratique de la Foi telle qu’Elle fut vécue et professée dès le commencement. L’INFAILLIBILITE est un attribut de la Catholicité de l’Église du Christ, et non un don attribué à une personne ou à une assemblée hiérarchique de facto8! Un Concile n’est pas œcuménique à cause de la légalité extérieure de sa composition, (ceci n’obligerait pas le Saint-Esprit de parler par lui) mais à cause de la pureté de la Foi Évangélique qu’il confesse ! Au-dessus des Conciles il n’y a pas un « pape » ou un « primat » qui se prononce en dernier lieu, mais LA CONSCIENCE DE L’EGLISE (qui est seule infaillible) qui reconnaît ou non l’authenticité du Concile et sait y reconnaître ou non la Voix du Saint-Esprit ! Pour cela des conciles portant toutes les conditions extérieures de l’œcuménicité furent rejetés par l’Église. Le Critère de l’Église est … uniquement l’ÉGLISE.

    1- Mt. 24 : 27 ; 1 Th. 4 : 15-18, 5 : 23 ; 2 Th. 2 : 1-2 ; 2 Tm. 4 : 1-2 ; Jc. 5 : 7-8 ; 1 Jn 2 : 28.

    2- 4ème Saint Concile Œcuménique de Chalcédoine / 451 : Définit et confessa qu'il y a bien deux natures dans le Christ, l'Une Divine et l'Autre Humaine, sans division ni confusion.

    3- Voir entre autres à ce sujet l'admirable et vraiment sainte « Philocalie des Pères Neptiques » publiée pour la première fois par Saint Nicodème l'Hagiorite à Venise, en 1782. Disponible en français aux Éditions Monastiques de l'Abbaye de Bellefontaine. Bégrolles-en-Mauges. F. 49122 Le May-sur-Evre.

    http://www.bellefontaineabbaye.com/04eb5ba4720e83001/04eb5ba4720e89d05/index.html

    4- Œuvre, travail ou tâche principale.

    5- Accessoire, secondaire.

    6- Voir le Synaxaire (Vies des Saints de l’Église Orthodoxe) au 15 mai.

    7- Mt. 28 : 20.

    8- Signifiant « de fait ».

     

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  • PROFESSION DE FOI ET CATECHETIQUE (17, 18, 19)

    17. Je crois et je confesse que si Dieu ressuscitait des morts par mon intermédiaire, je me considérerais tout de même indigne du Royaume des Cieux1. Si Dieu opère en moi des signes et des prodiges, Il les opère non à cause de mes mérites mais bien par Son Amour et Sa Grâce. Je ne suis pas sauvé à cause des talents, des facultés ou des bonnes œuvres par lesquels Dieu m’honorera, mais par Sa Grâce et Sa Miséricorde ! Je déclare n’avoir jamais fait quoi que ce soit de bien sur la terre, que si je peux me glorifier d’avoir accompli quelque chose « avant ma naissance », ce serait seulement à ce moment que je pourrais avoir le droit de me glorifier aussi de quelque chose accomplie après ma naissance. Je ne possède rien que je n’aie reçu selon les Saintes Écritures2. Rien ne m’appartient hormis mes péchés. Selon le Saint Apôtre Paul, c’est uniquement dans mes péchés et mes faiblesses que je me glorifie3, et je demande à Dieu qu’Il m’accorde Sa Grâce pour me repentir. Je ne suis digne que de l’Enfer, mais je ne désespère pas de mon salut. Car si je désespérais, ce serait un blasphème contre la Grâce de Dieu qui est infiniment plus puissante, et surpasse le nombre infini de tous les péchés de l’humanité. Je m’approche de mon Dieu tremblant et confiant en même temps, triste et joyeux, ayant comme David mon péché « constamment devant moi4» ; triste à cause de l’abîme de mon iniquité et joyeux à cause de l’abîme insondable de l’Amour de Dieu ! Sur cette terre de péché, ma joie sera toujours mélangée de tristesse et ma tristesse allégée par la joie. Si Dieu me fait Miséricorde, c’est seulement dans Son Royaume que ma joie sera vraiment sans mélange. Mais sur cette terre « qui gît dans le mal5 » je fuis l’exaltation, l’illuminisme et ne recherche pas une euphorie, ni des preuves métaphysiques d’aucune sorte. La Miséricorde du Seigneur me suffit !

    18. Je crois et je confesse que la nature de la Très Sainte Vierge Marie était identique à la nôtre. Après l’acceptation libre et consciente de Sa part, du plan du Salut offert à l’homme de la part de Dieu et non imposé, le Saint-Esprit est venu sur Elle et la Puissance du Très-Haut, l’a couverte, et « Avec la Voix de l’Archange Gabriel le Maître de l’Univers s’incarnait en Elle6» ! Ainsi Notre Seigneur Jésus-Christ est devenu participant réellement de notre nature en tout et complètement, hormis le péché. C’est donc ainsi que la nature déchue de l’homme, la nature Adamique portant les stigmates du péché, de la dégénérescence et de la corruption fut restaurée à sa première beauté. Mais elle fut en plus participante de la nature Divine ! La nature de l’homme restaurée et régénérée par la Grâce, dépasse l’état de l’innocence Adamique d’avant la chute. Car selon les Saints Pères, « Dieu devient Homme afin que l’homme puisse devenir dieu7 » C’est pour cela que Saint Grégoire le Théologien s’écrie : « O merveilleuse chute qui nous a valu un tel Salut ! » L’homme créé « un peu inférieur aux Anges8 », par la Grâce de Dieu, peut même surpasser l’état Angélique, c’est pour cela que nous chantons à la Très Sainte Vierge Marie : « Toi plus Vénérable que les Chérubins et incomparablement plus Glorieuse que les Séraphins » ! Je rejette toutes les doctrines occidentales, ignorées par les Saints Pères, sur le « péché originel » ou la prétendue « Immaculée conception de Marie » ou toute autre doctrine étrangère à la Sainte Tradition Apostolique de l’Église qui tendrait à déformer la place de la «  Théotokos – Mère de Dieu », identifiée à notre nature humaine et qui représente authentiquement toute l’humanité dans l’acceptation du Salut offert par Dieu. Dieu est également le Sauveur de la Très Sainte Vierge Marie, comme le dit Elle-même, et Elle est sauvée, Elle aussi, par la même Grâce que tous les rachetés. Elle n’est pas « La Mère de l’Église » dissociée de l’Église ou au-dessus de l’Église, mais Elle est la Mère de tous les croyants de l’Église, dont Elle fait Elle-même partie, occupant une place Unique ; une place qui lui a été préparée par Dieu dans le mystère du Salut.

    19. Je crois et je confesse que Dieu « glorifie ceux qui Le glorifient9» et qu’Il est « Merveilleux dans l’assemblée de Ses Saints10 » qu’Il est le « Sauveur du Corps de l’Église11 » selon les Saintes Écritures, et que nous sommes sauvés en tant que membres du Corps, et non dans une relation individuelle avec Lui indépendamment de l’ensemble de ce Corps. Je crois et je confesse que notre Dieu est « le Dieu de nos Pères 12» et qu’Il nous fait miséricorde à cause de notre filiation avec nos Pères qui étaient et sont Ses Saints et Ses Serviteurs, comme l’atteste les Saintes Écritures à plusieurs endroits13. Je crois et je confesse que, selon le Saint Apôtre Jacques, « la prière du Juste est puissante 14». Ceux que Dieu glorifie je les glorifie aussi, en tant que glorifiés par Lui. A cause de Celui qui les glorifie, je me confie à leurs prières et à leurs intercessions, comme en témoigne les Saintes Écritures depuis le temps de la Genèse où l’Ange du Seigneur conseille à Abimèlek de s’en remettre à l’intercession d’Abraham15. Je crois et je confesse que ma vénération envers les Saints est un culte agréable rendu à Dieu, car c’est à cause de Lui et pour Lui que je les vénère. Je ne vénère aucune autre créature, aucun autre être visible et invisible, en dehors de sa relation avec la Très Sainte Trinité ! Je ne vénère aucune personne pour sa propre vertu, mais pour « la Grâce qui lui a été faite », car c’est Dieu Lui-même qui accorde à Ses Saints le ministère de leur Intercession en notre faveur. Je les prie et je suis en communion avec eux, même après leur mort biologique, car la mort, selon le Saint Apôtre Paul, ne peut pas nous séparer de l’Amour du Christ16 qui nous unit ; et selon la promesse du Seigneur, ceux qui croient en Lui « ne meurent jamais, mais sont passés de la mort à la Vie 17».

    1- Lc 17 : 10.

    2- 1 Co. 4 : 7.

    3- 2 Co. 11 : 30.

    4- Ps. 50 : 5.

    5- Jn 16 : 8-9 ; Mt. 18 : 7 ; 1 Co. 1 : 21 ; 1 Jn 5 : 19.

    6- Mt. 1 : 16-25.

    7- Voir Saint Grégoire PALAMAS (cf. note 122 au chapitre 30), mais également tous les Pères Théophores et Docteurs de l’Église.

    8- He. 2 : 7-8.

    9-  Jn 17 : 10.

    10- Ps. 88 : 6.

    11- Ep. 1 : 22-23 ; 5 : 23 ; Col. 1 : 18, 24.

    12- Gn. 31 : 5 ; Dt. 10 : 15, 26 : 7 ; Jr. 11 : 3-5 ; 1er Esd. 7 : 27 ; 1Ch. 12 : 17 ; 2 Ch. 20 : 6 ; Ac. 3 : 13, 7 : 32 , 22 : 14.

    13- Voir les quelques références ci-dessus (n° 84).

    14- Jc. 5 : 16.

    15- Gn. 20 : 2-7.

    16- Rm. 8 : 37-38.

    17- Lc 20 : 34-36 ; Jn 5 : 24, 6 : 47 ; 1 Jn 3 : 14 ;

     

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  • HISTOIRE DE L'EGLISE DE FRANCE - Tome 9.

    Père Wladimir Guettée.jpg

     

     

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