mardi, 25 mars 2014

Lettre du Métropolite de l'Eglise Orthodoxe Russe Hors Frontières PHILARETE

+ Notre Bien-aimé Hiérarque Philarète de Bienheureuse Mémoire,

Métropolite de l’Église Orthodoxe Russe

Hors Frontières +Monseigneur Philarète - Monastère de la Transfiguration de Brooklin.jpg

Annexe au mémorandum

 

La bénédiction de S.E. le Métropolite PHILARETE sur notre mémorandum au sujet du CALENDRIER ORTHODOXE. (Original en Anglais)

 

            « Ainsi donc, mes frères, demeurez fermes et retenez les instructions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre » (2 Th. 2 : 15). Voici ce que nous commande le Saint Apôtre. C’est donc avec une vraie joie que nous vous recommandons la présente étude. Elle a été conçue par un frère Grec, le Père Basile Sakkas, prêtre sous notre Synode de l’Église Orthodoxe Russe Hors Frontières à Genève, Suisse. C’est la voix d’un vrai chrétien orthodoxe de l’Église Grecque affligée, au cours des cinquante dernières années, par des divisions, des disputes et des persécutions dont la cause a été l’innovation du calendrier par des modernistes hâtifs et utilisant des méthodes non-canoniques.

            Le Père Basile expose très clairement les raisons pour lesquelles beaucoup de nos frères orthodoxes Grecs en 1924 refusèrent d’adopter dans leurs églises ce changement non-canonique du calendrier. Il raconte comment, aidés par les Pères du saint Mont-Athos, ces chrétiens s’étaient opposés à cette innovation qui causa une inondation d’innovations perpétrées par les modernistes. Celles-ci ont abouti d’ailleurs aujourd’hui au triste état  dans lequel nous nous trouvons de l’hérésie de l’œcuménisme.

            Tous les chrétiens orthodoxes sérieux et responsables devraient s’inspirer de ce travail du Père Basile, surtout alors que les modernistes envisagent d’altérer les célébrations pascales. La traduction et la publication de cette étude est particulièrement précieuse étant donné que paraissent pour la première fois en anglais les textes des trois condamnations du calendrier grégorien décrétées par les Conciles Panorthodoxes au XVIème  siècle et la condamnation Panorthodoxe du modernisme du siècle dernier présidée par le Patriarche Anthemios.

            Ces condamnations n’ont jamais été annulées par d’ultérieurs conciles. Elles sont toujours valables et, obligatoires pour tous les chrétiens orthodoxes. L’introduction du nouveau calendrier n’a apporté que des schismes au sein des Églises qui l’ont adopté. C’est ainsi que maintenant la Grèce, Chypre, la Roumanie et même la Bulgarie ont goûté au fruit de la désobéissance. Il faut seulement regretter que les peuples de ces églises n’aient pas été capables de se rebeller ensemble, de vaincre et de dominer cette puissante vague d’innovations comme l’a fait notre peuple Russe au cours de ce siècle contre le modernisme de l’ « Église vivante (3) ».

            Notre propre Église Russe, en la personne de l’Archevêque Anastase d’heureuse mémoire, plus tard Métropolite et Premier Hiérarque de notre Synode, protesta fortement et résolument contre l’innovation du calendrier, et d’autres modernismes du Patriarche Meletios Metaxakis de triste mémoire. Ceci eut lieu lors de la réunion de 1923 à Constantinople appelée faussement panorthodoxe, puisque les patriarcats d’Alexandrie et de Jérusalem et l’Église de Chypre n’étaient pas présents !

            La plupart des hiérarques de l’Église de Constantinople, d’ailleurs, refusèrent également d’y participer, protestant ainsi contre la non-canonicité de l’élection politique imposée de Meletios en tant que Patriarche œcuménique. Le Primat de notre Église de ce temps-là, le Métropolite Antoine, protesta aussi contre cette réforme dans sa correspondance avec les Patriarches orientaux, et reçut des réponses soutenant son point de vue.

            « Gloire et honneur », donc, selon les paroles de l’Apôtre, à tous ceux qui demeurent fermement attachés à la Sainte Tradition, et gardent leur Foi telle que nous l’avons reçue sans adjonction ou soustraction, même si cela leur en coûte la calomnie et la persécution.

+ Métropolite PHILARETE

Le 14 avril 1972, Saint Martin le Confesseur, Pape de Rome, et les Évêques confesseurs avec lui en Occident.

 

(3) En 1921, de manière plus perverse que la persécution sanglante, le diable insinua au sein même de l’Église, un groupe d’ecclésiastiques modernistes et apostats dénommé l’Église Vivante, qui sous prétexte de réformes démocratiques, visait la sécularisation progressive du clergé, et nombre d’innovations liturgiques qui sapaient les fondements mêmes de la Sainte Tradition Orthodoxe.

 

+

dimanche, 23 mars 2014

Mémorandum au sujet du Calendrier Orthodoxe (22) Fin

 

Panagia Portaïtisa Iviron Mont Athos.jpg

+ Notre Très Sainte Mère de Dieu Portaïtissa de la Sainte Montagne de l'Athos. +

 

De plus, chaque homme sensé et bien-intentionné peut comprendre qu’à cause  de la divergence des conditions de vie entre les deux églises, autrement s’exprime l’Économie de l’Église Grecque des V.C.O. et autrement celle de l’Église Russe de la Diaspora !

            D’ailleurs, la reconnaissance des vrais chrétiens orthodoxes de Grèce par le Synode Russe et son attitude envers les clercs Grecs de la Diaspora, qui se sont réfugiés sous sa protection canonique, ont enlevé tout soupçon semé dans les cœurs des fidèles par la façon de présenter les choses du P. Athanase Gievtits, car quelle comparaison peut exister entre le Métropolite Philarète et Ieronymos ?

            Nous devons donc examiner si la TOLERANCE PARTIELLE du calendrier grégorien dans les limites de l’Église Russe de la Diaspora a comme mobile l’ECONOMIE ou l’INDIFFERENCE, comme aussi s’il y a relation et comparaison possibles entre l’attitude missionnaire de l’Église Russe de la Diaspora et l’arbitraire de l’Église Grecque de 1924.

            S’il s’agit du Salut des âmes et de l’intérêt de l’Église, non seulement sur le CALENDRIER nous appliquerons une économie, mais peut-être encore davantage. Le CALENDRIER ne constitue pas UN BUT EN SOI. C’est le Salut des âmes qui est un but en soi ! Ainsi, bien sûr si le salut des âmes nous oblige à une certaine CONDESCENDANCE, certes ceci n’est nullement un péché. Car cette condescendance ne s’effectue pas dans le but d’un mépris des institutions ecclésiastiques, mais imposée par une NECESSITE ! Saint Jean Chrysostome dit aussi que Dieu : « Loue la bonne intention » ! Sauf qu’une telle nécessité n’a pas existé en 1924.

            Si quelqu’un n’est pas d’accord avec ce qui précède il faut donc aussi condamner Saint Basile le Grand qui en cas de nécessité ne citait pas le Saint-Esprit aux ecphonèses ! Mais est-ce que nous pouvons soupçonner l’Aigle de Césarée et la gloire de toute la Cappadoce d’être un « Pneumatomaque » ? Qu’à Dieu ne plaise ! Pour cette Économie de Saint Basile, Saint Théodore le Studite pense qu’au moment où cette attitude ne causait pas un « DOMMAGE » dans l’Église, elle peut être acceptée. « Pour nous, dit-il, aucun dommage n’en résulte, puisque par d’autres mots nous connaissons que l’Esprit est Dieu (la vérité repose sur l’intelligence et non sur les sons vocaux) ! Ce serait un grand dommage causé à l’Église par un homme, car la Vérité serait persécutée… mais ces choses faites pour un certain temps n’ont rien de blâmables ! » Ainsi donc, nos adversaires doivent premièrement nous démontrer que l’économie appliquée au calendrier [1] n’a pas comme but d’éviter un « GRAND DOMMAGE » ! Mais si les intentions de l’Église Russe visent le salut des âmes, peut-être pourrions-nous avoir une opinion différente, et selon Saint Théodore : « n’ont rien de blâmable ! »

            La différence qui existe entre SAINT BASILE et MACEDONIOS, existe entre l’Église Russe de la Diaspora et l’Église Grecque sur la question du calendrier. Il est vrai que pour des buts missionnaires l’Église Russe non seulement a fait et continue de faire une ECONOMIE concernant le calendrier occidental, mais aussi concernant la Pascalie occidentale, et également avec le rituel occidental.

            Cela étant dit, ceux qui veulent à tout prix se scandaliser qu’ils se scandalisent, mais ceux qui veulent comprendre qu’ils comprennent !

            Cependant, si par exemple, l’Église Russe de la Diaspora permettait, ne serait-ce qu’à une seule de ses communautés de changer le calendrier orthodoxe pour l’occidental, ceci assurément la placerait sur le même niveau que l’Archevêque Chrysostome Papadopoulos. Mais, quand Elle est en face de communautés spirituellement fragiles et pauvres, son devoir est de les attirer avec humilité et douceur vers le Christ et la Vérité, même si pour cela Elle doit « pendant un certain temps » agir avec condescendance jusqu’au calendrier et la Pascalie occidentale !

            Que celui qui est de bonne foi prête attention :

  1. Il y a quelques années, la mission orthodoxe Hollandaise demanda sa dépendance canonique à l’Archevêque de l’Europe Occidentale, et ensuite à l’Archevêque de San-Francisco Monseigneur Jean Maximovitch de Bienheureuse mémoire. A cette mission fût accordé l’usage du nouveau calendrier et de la Pascalie occidentale, avec le rituel orthodoxe.
  2. La mission Française ayant déjà l’usage du calendrier et du rituel occidental, demanda que lui soit accordée aussi la Pascalie occidentale comme aux Hollandais. Or, le même Archevêque qui accorda cette Pascalie aux Hollandais, la refusa aux Français !
  3. Quelques années après l’Archevêque actuel de l’Europe Occidentale S.E. Mgr Antony, retira aux Hollandais l’usage de la Pascalie occidentale qui leur fût accordée auparavant, pendant un certain temps.
  4. Des communautés Françaises dépendantes du Synode (sous le Doyenné du T.R. Higoumène Ambroise) la communauté de Lyon et celle de Paris, ont quitté le calendrier grégorien pour adopter celui de l’Orthodoxie !
  5. Dernièrement, deux communautés russes, une en Floride et une en Pennsylvanie, ont demandé d’adhérer au Synode de Monseigneur Philarète. Les communautés russes dépendaient autrefois de la dite « METROPOLIA » qui leur avait permis de changer au profit du calendrier grégorien. Mais dans ce cas, notre Synode exigea le rejet du calendrier grégorien et le retour au calendrier orthodoxe. Ces communautés n’ayant pas accepté, leur demande fût rejetée. Le Saint Synode donc sait parfaitement discerner et être selon les différents cas : aussi bien SOUPLE que STRICT !

 

            Tout homme sensé se rend parfaitement compte qu’il se trouve en présence d’une véritable « ECO »-« NOMIE » (liter.= GERANCE DE LA MAISON) où se trouvent simultanément la souplesse et la rigueur, l’accord et le refus, la condescendance et le provisoire. Tout regarde vers l’INTERET ET LE SALUT DES FIDELES et partout on observe une LIGNE ASCENDANTE ! Tandis que dans le cas de la hiérarchie d’Hellade on remarque une LIGNE DESCENDANTE. Et peu importe à quel niveau on se trouve, l’essentiel étant la DIRECTION CHOISIE !

            Si l’on demande au Synode de la Diaspora pourquoi il tolère l’usage partiel du calendrier dans ses limites, il répondra : « Pour sauver des âmes, je dois quelque fois marcher « au pas des petits enfants », comme le Patriarche Jacob » ! Mais si l’on pose la même question à Chrysostome Papadopoulos et Mélétios Metaxàkis, que répondront-ils ? Le calendrier orthodoxe faisait-il obstacle au salut des fidèles, et fallait-il le changer ? Voilà comment il est possible que des faits véritables soient placés sous un ANGLE  DEFORMANT afin de leur donner une tout autre interprétation avec la méthode perfide du P. Athanase Gievtits.

            De même, Père Neketas Palàssis, Père Panaghiotis Karathanàsis et le Diacre Photius Touloùmis qui, avant de dépendre du Saint Synode, étaient des nouveaux calendaristes, et maintenant tous nous suivons le calendrier des Saints Pères. Y-a-t-il meilleure preuve que le calendrier orthodoxe constitue l’expression de la spiritualité de notre Synode ?

 

 

En Postface

 Il va sans dire, que le présent exposé ne revendique pas le lieu d’une définition dogmatique, et ne se présente pas comme la solution du problème. Bien que tout le peuple du Seigneur soit le « gardien de la Vérité », la définition, toutefois, des dogmes et de toute la Tradition ecclésiastique, est l’œuvre du Synode de la hiérarchie. En effet, le Synode de la hiérarchie constitue la bouche de l’Église, mais naturellement dans la mesure où les hiérarques membres du Synode sont authentiquement orthodoxes, c’est-à-dire qu’ils n’enseignent aucunes des hérésies reconnues comme telles par les Saints Conciles ou les Saints Pères.

 

            Parce que mon indignité ainsi qu’une grande multitude de fidèles avons trouvés dans la respectable personne de Votre Éminence « le hiérarque qui nous convenait » qui nous a accordé jusqu’à maintenant tant de preuves et de garanties au sujet de l’Orthodoxie, et que votre enseignement est aussi clair que le cristal, et que vous prêchez la Sainte Tradition de l’Église Orthodoxe : Sainte, Immaculée, complète, scellée par Dieu, et non sujette à diverses variations, je trouve une audace filiale, qui m’autorise à vous adresser ce mémorandum.

 

            En effet, la Tradition enseigne que nous, les Prêtres et les Diacres, nous sommes les yeux des Évêques, mais l’œil n’est que l’organe de l’esprit et c’est à l’esprit de juger ce que les yeux voient.

 

            Ainsi donc, je tente d’exprimer les oppositions qui se présentent dans la conscience de centaines de milliers de chrétiens orthodoxes, (ainsi que de la mienne) à la suite de la réforme du calendrier. Même si à mon « zèle » « l’intelligence » fait défaut, je suis confiant envers le Seigneur que le bon jugement paternel de Votre Éminence saura compléter les lacunes de ma foi, et corriger les points sur lesquels, éventuellement, je me trouverais égaré ou je manquerais de précision.

 

            Je dis ceci non par flatterie, qu’à Dieu ne plaise, mais ayant les preuves de l’amour de Votre Éminence envers l’Église, un amour sincère et sans arrière pensée, ce serait une arrogance de ma part de prétendre aimer l’Église plus que vous, ou de savoir et mieux servir Ses intérêts. Grâce à Dieu, jusqu’à présent je n’ai pas eu une telle tentation, mais je sens en moi la liberté et la confiance d’un fils envers son père.

 

            Depuis longtemps je désirais publier certains textes officiels de source grecque, se rapportant à la question du calendrier, inconnus de la Diaspora, dans lesquels on voit bien clairement la relation du calendrier avec les hérésies de l’œcuménisme et du modernisme, qui se cachent sournoisement derrière cette question, « insignifiante » pour certains !

 

            Mais la proximité de la convocation du Grand Concile de notre Très Sainte Église m’oblige à remettre à plus tard ce travail d’information, et à rédiger ce présent mémorandum dans l’espoir qu’il retiendra l’attention de Votre Éminence sur nos préoccupations spirituelles.

 

            Par manque de temps, il est impossible de recourir aux originaux de sources invoquées, qu’il me soit donc pardonné de me référer simplement aux différents ouvrages écrits à ce sujet par ceux qui depuis plus de 50 ans luttent en faveur de la Piété Chrétienne Ancestrale.

 

+

 

 7. Appel à S.E. L’Archevêque VITALY, (Archevêque de Montréal et du Canada de l’Église Orthodoxe Russe Hors-Frontières.)

            A présent Éminence, après toute la peine que vous vous êtes donné à prendre connaissance de nos conflits de conscience ; dans quelques jours dans l’Éparchie Archiépiscopale de Votre Éminence sera convoqué le Grand Concile de la Hiérarchie de notre Sainte Église. Nous vous en prions au nom des millions de fidèles, non seulement Grecs, mais aussi Roumains, Russes, Bulgares et autres, de demander au Saint Synode selon les normes de la Tradition : « SUIVANT LES SAINTS PERES » et en harmonie avec les Conciles précédents, de condamner elle aussi cette fabrication occidentale qui fût la cause de tant de maux, et d’une telle confusion.

            Que le Saint Synode nous pardonne également à nous, les vrais chrétiens orthodoxes, pour tout ce qu’en tant qu’hommes revêtus de chair et habitant ce monde (« car tous nous sommes fautifs sur plusieurs choses » dit le Saint Apôtre), nous avons éventuellement fait le mal, négligé d’avoir fait le bien ou, si nous avons en quelque chose agit précipitamment, ou parlé outre mesure, ou encore passionnellement nous nous sommes tournés contre quelqu’un. Que Dieu nous pardonne par les prières du Saint Synode, et de votre Éminence afin que nous mettions, d’après les Saints Pères, un nouveau « COMMENCEMENT » pour une marche commune de tous les Vrais Chrétiens Orthodoxes du monde entier et ce, sur la base de la Foi non-innovée. Amen !

            Confiant en votre aide et votre affection paternelle, j’ai osé la rédaction de ce mémorandum, en souhaitant dans mon indignité, que le Dieu du Ciel, par l’intercession de la Très Sainte Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, et de tous les Saints, vous accorde beaucoup d’années dans Sa Sainte Église, dans l’intégrité, en honneur, en santé, vivant de longs jours dispensant fidèlement la Parole de la Vérité de Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

De votre Éminence, fils soumis et obéissant. Révérend Père Basile SAKKAS.

Écrit à Genève (Suisse) le quatre du mois d’août 1971, Mardi, faisant mémoire des Sept Saints Adolescents d’Éphèse : Maximilien, Exacustodien, Jamblique, Martinien, Denys, Antonin et Constantin (ou Jean) ; de notre Sainte Mère Eudocie et du transfert de ses Saintes Reliques ; et des Saints Martyrs Thathouel, Ias et leur suite.

 

+

 

Les Pères du Saint Monastères d'Esphigménou au Mont-Athos..jpg

+ Le Saint Monastère d'Esphigménou du Mont-Athos, avec nos bien-aimés Pères Zélotes. +

 



[1]  Et ce n’est pas le moment maintenant de parler des autres aspects de l’Économie de l’Église Russe, néanmoins l’esprit reste le même.

jeudi, 06 mars 2014

Mémorandum au sujet du Calendrier Orthodoxe (21)

 

Saint Épiphane.jpg

         +  Saint Epiphane de Chypre  +

Les événements de 1964, confirment bien les craintes et les inquiétudes au sujet de la Foi de ceux qui ont lutté en 1924, et justifient leur démarche ! Cette démarche ne fut rien d’autre que l’application de l’enseignement et de l’exemple des Saints Pères.

  • « Mieux vaut n’être gouverné par personne, plutôt que d’être conduit par le méchant » (Saint Basile le Grand)
  • « En marchant sur la voie plane et vivifiante, enlevons l’œil qui scandalise ; non l’œil physique mais le spirituel. A savoir si l’évêque ou le prêtre, qui sont les yeux de l’Église, se comportent mal et scandalisent le peuple, IL FAUT LES CHASSER. Car mieux vaut se rassembler sans eux dans une maison de prières, plutôt que de se jeter avec eux, comme avec Anne et Caïphe, dans la géhenne du Feu. » (Voir la Patrologie de MIGNE Tome SECONDUS page 1257)
  • Comment Saint Paul dit « que nous devons faire confiance à nos supérieurs et leur obéir » ? Ayant dit plus haut « desquels vous observez les résultats de leur conduite » ! C’est alors seulement qu’il dit : « faites-leur confiance et obéissez-leur » ! Quoi donc ? Est-ce qu’il dit que quand ils sont méchants, nous ne leur obéirons pas ? Cela dépend comment tu entends le mot « méchants » ! « S’il s’agit de la Foi FUIS et DELAISSE, non seulement s’il est un homme, mais même si c’est un ange descendu du ciel. » ! (Saint Jean Chrysostome, discours 36ème aux Hébreux)
  • « Pour cela il faut fuir ceux qui prêchent les demi-mesures, car ils n’enseignent rien de sûr et de certain, mais comme des hypocrites ils s’adaptent à toutes les croyances, et vont de tous les côtés. » (Saint Marc l’Evgenikos Évêque d’Éphèse)
  • « Aucune concession n’est permise en ce qui concerne la Foi » ! (Saint Marc d’Éphèse)
  • « Les brebis sont raisonnables et non irraisonnées. Il ne faut pas que le laïque dise : moi, je suis brebis et non pasteur ! Car comme la brebis qui ne suit pas le bon pasteur s’expose à être dévorée par le loup, ainsi la brebis qui suit le mauvais pasteur A LA MORT MANIFESTE, car il la dévorera ! Pour cela il faut vraiment fuir les pasteurs corrupteurs » (Les ORDRES APOSTOLIQUES, Livre 8ème chapitre : 19)
  • « Il faut juger et mettre à l’épreuve ce que les Saints Docteurs disent. Ce qui est en accord avec les Saintes Écritures, il faut l’accepter, et rejeter le reste, en se détournant vigoureusement de ceux qui participent en de tels enseignements. » (Saint Basile, Contre Platon, 72)
  • « Celui qui oserait enlever quelque chose, ou transgresser une seule syllabe, ou déplacer quoi que ce soit, qu’il soit Patriarche, Métropolite, Évêque, clerc moine ou même laïque, qu’il soit sous la condamnation des Saints Pères, aposynagogue et étranger à la Communion des Orthodoxes, en tant que membre pourri, et retranché de la totalité du Corps de l’Église Catholique et Apostolique du Christ ! » (Patriarche Dosithée de Jérusalem, Tome de Katalaghis 41 : 69)
  • Parce que le Patriarche Athénagore cherche à changer complètement la Pascalie nous lui rappelons le 1er Canon du concile d’Antioche : « Tous ceux qui oseront dissoudre le terme du Saint Synode, convoqué à Nicée en présence de la piété du Roi Constantin ami de Dieu, concernant la Sainte Fête de la Pâque Salvatrice, qu’ils soient excommuniés et étrangers à l’Église, s’ils persistent à s’opposer à ce qui est bien défini ! Il faut non seulement les destituer de leur fonction, mais aussi ceux qui oseraient communier avec eux après leur destitution » ! Nous n’avons donc pas la même conception que les latins sur l’Église « ENSEIGNANTE » et « ENSEIGNEE ».

            Les nouveaux calendaristes nous demandent si leurs sacrements sont VALIDES ou NON VALIDES ! Ainsi, suivant notre réponse, ils veulent nous taxer soit comme INCONSEQUENTS et SCHISMATIQUES, soit comme FANATIQUES et ORGUEILLEUX ! Et plusieurs, malheureusement, se sont risqués à donner des réponses prématurées, ce qui provoqua une division parmi les vrais chrétiens orthodoxes. Mais nous, le jour du Jugement, nous ne serons pas questionnés sur la validité des sacrements des nouveaux-calendaristes, mais bien si nous avons nous-mêmes gardé la Foi Orthodoxe inaltérée !

            A nous suffit le témoignage de l’Église depuis 2000 ans que nous sommes Orthodoxes et que la responsabilité du schisme ne pèse pas sur nous ! Nous n’acceptons pas des discussions scholastiques et rationalistes sur ce sujet. Ils connaissent l’Écriture Sainte, ils connaissent les Saints Canons et les Saints Pères, qu’ils examinent eux-mêmes leur position à la lumière de la Tradition et qu’enfin ils tirent eux-mêmes leurs conclusions. Nous constatons simplement qu’en 1924 la Sainte TRADITION de l’Orthodoxie fut bafouée et nous n’aimons pas avoir une relation, ou une responsabilité d’un tel péché, et nous rendre coupables devant le « Redoutable Tribunal du Christ ». Le reste Dieu le montrera avec le temps (Comme d’ailleurs Il l’a déjà bien … montré).

            Ensuite ils nous ont fait la proposition suivante : commémorer la hiérarchie innovatrice d’Hellade et, en parallèle, observer le “ vieux-calendrier ”, espérant de cette façon nous annihiler par une attitude aussi absurde qu’illogique !

            En effet, si je peux concélébrer avec ceux qui observent le calendrier papal, quelle raison aurais-je d’observer l’orthodoxe ? Au moment où d’une façon ou d’une autre la SAINTE TRADITION ne subit aucun dommage, alors observer le calendrier orthodoxe serait une simple question de préférence, autrement dit une question sentimentale ! Mais nous ne sommes pas des « vieux croyants » ; nous ne demandons pas des PRIVILEGES !

La question du calendrier ne se résume pas à un simple décompte de jours !

            Maintenant même si la hiérarchie d’Hellade retournait au “ vieux calendrier ”, nous serions certes heureux, considérant ceci comme un pas positif, mais malgré tout il ne serait pas possible de communier avec eux ! Iéronymos fait une protestation à Athénagore parce que les Bolcheviques ont accordé les Sacrements aux Latins, alors qu’Athénagore proclame dans le même temps « sa joie pour cette décision de l’Église Russe » (Voir HELLENIC CHRONCILE 2.6.1970). En plus il déclara au Pasteur Schutz de Taizé : « Vous êtes prêtre ! J’aurais pu recevoir le Corps et le Sang du Christ de vos mains » et « J’aurais pu me confesser à vous ! »

            Maintenant donc, au-delà de la question primordiale du calendrier, si nous fatiguons Votre Éminence, et tous les futurs lecteurs de ce mémorandum, c’est dans l’Espoir que sur la base d’éléments précis, vous voudrez bien exposer devant le Très Saint Synode les conséquences vécues de cette réforme. De telle sorte que, demain, si certaines communautés soumettent des demandes pour l’acceptation de ce calendrier, on puisse mettre devant leurs yeux l’immense danger qui les menace.

 6. L’attitude de l’Église russe

            Lorsque les arguments de l’Archimandrite Épiphane Théodoropoulos se sont écroulés comme un château de carte, l’hiéromoine serbe Père Athanase Gievtits trouva un autre moyen pour venir à l’aide de son compagnon confondu. Il s’était rendu compte que le Synode du Métropolite Philarète constituait dorénavant la seule consolation pour des Vrais Chrétiens Orthodoxes (V.C.O.) de Grèce. S’il arrivait à semer le doute dans la conscience des V.C.O. quant à la CONSEQUENCE du Synode Russe de la Diaspora, la division entre les V.C.O. se stabiliserait d’une part, et d’autre part toute l’Église des Vrais Chrétiens Orthodoxes serait ridiculisée aux yeux du peuple grec.

            Ainsi donc le 25 août 1969, il publia à la presse religieuse sa première lettre, dans laquelle il écrit ce qui suit :

« LE METROPOLITE PHILARETE CONCELEBRE …

Monsieur le Directeur,

Retourné en Grèce après une absence d’une année, et ayant appris des choses désagréables, je juge de mon devoir de porter à la connaissance de vos lecteurs ce qui suit dans l’intention d’aider des âmes scandalisées, afin qu’elles évitent des actes pouvant diviser l’Église Orthodoxe. Le Métropolite Russe Philarète, résidant en Amérique, et Son Synode de l’Église Russe hors frontières, évitent dernièrement la communion avec l’Archevêque Iakovos et ceux qui sont avec lui comme avec le patriarcat œcuménique, mais ils conservent d’excellentes relations avec le clergé de l’Église Serbe malgré qu’Elle soit en Communion avec le Patriarche Œcuménique. Le Synode de Philarète communie non seulement avec le clergé de l’Église Serbe qui suit le vieux-calendrier, mais aussi avec les clercs serbes se trouvant hors de Serbie, et par conséquent concélébrant avec des orthodoxes qui suivent le nouveau-calendrier.

Pour éviter d’allonger, je me limite à vous dire que moi-même j’ai concélébré plusieurs fois dans l’année avec des clercs appartenant au Synode de Philarète, et le 15 juin passé j’ai concélébré à Paris avec l’Archevêque de Genève et de l’Europe Occidentale Antony, appartenant à l’Église de Philarète. Qu’il soit noté que l’Archevêque en question savait parfaitement que je célèbre avec le nouveau calendrier, soit en Grèce, soit en dehors et que je commémore le Patriarche Œcuménique quand je célèbre à l’Institut Russe « Saint Serge » de Paris, malgré toute mon opposition envers la ligne du Patriarche.

Ceux en Grèce qui pensent que l’Église de Grèce est hérétique parce qu’elle communie avec le Patriarche Œcuménique, doivent penser la même chose également pour l’Église Serbe qui communie aussi avec le Patriarche. Mais si l’Église Serbe est hérétique, l’est aussi le Synode de Philarète, lequel reconnaît les clercs de l’Église Serbe et concélèbre sans hésitation avec eux ; comme aussi sont hérétiques tous ceux qui, en Grèce, sont en communion avec le Synode de Philarète … » (Les soulignements dans le texte sous forme d’espacements).

 

            Nous avons répondu en grec au hiéromoine serbe, en démontrant la PERFIDIE de son agissement. Ici nous diront tout simplement que les Vrais Chrétiens Orthodoxes de Grèce qui mettaient leur espoir en notre Synode furent RIDICULISES ! Non pas parce que ce que Gievtits écrit est inexact, mais DE LA FACON dont il présente l’affaire, et donc des milliers d’âmes qui ne connaissent absolument pas l’état des choses complexes de la Diaspora, ainsi que les Pères du Saint Mont-Athos, se sont scandalisés. Et c’est évidemment cela que Gievtits cherchait précisément sous un masque d’hypocrisie, indigne d’un homme « de Paix de l’Église du Christ ».

            Lorsque Gievtits passa par Genève S.E. l’Archevêque Antony le réprimanda pour cet acte, et lui, hypocritement, promit de réparer son erreur. Mais parce que cet homme a ses propres idées et desseins, il composa une deuxième lettre par laquelle il tente, d’une part, de se justifier devant les Évêques Russes qu’il présentait ni plus ni moins indifférents envers les problèmes qui nous préoccupent ; d’autre part, de confirmer le chaos et la déception qu’il avait créé à la suite de sa première lettre dans les cœurs des fidèles grecs ! Pour cela sa deuxième lettre est pire que la première, car dans sa première lettre les V.C.O. sont ridicules, et dans sa deuxième, ils restent tels ! D’ailleurs jusqu’à aujourd’hui il ne fait que concélébrer avec le clergé du Synode pour troubler par la suite les Aghiorètes.

            Nous n’avons pas l’intention de passer sous silence des faits concernant l’ECONOMIE de l’Église Russe, car son attitude est si claire que nous pensons que ceux qui sont de bonne foi ne se scandaliseront point. Ceux qui sont par contre de mauvaise foi, se scandaliseront quoique nous disions ou faisions. Il est aussi possible que tous ne soit pas d’accord avec l’ECONOMIE de l’Église Russe, et avec une liberté fraternelle soumettre leurs oppositions qui seront sérieusement examinées du moment où elles proviennent de mobiles pures et honorables, ayant réellement pour but le bien de l’Église.

            Chaque homme sensé sait que la CONFUSION d’aujourd’hui avec laquelle le diable combat l’Église ne peut pas être affrontée dans les 24 heures qui suivent. Tantôt, nous utilisons l’ECONOMIE sous son aspect de SOUPLESSE et tantôt sous son aspect de RIGUEUR bien qu’il s’agisse pourtant et toujours de la même ECONOMIE !

+

vendredi, 17 janvier 2014

Mémorandum au sujet du Calendrier Orthodoxe (20)

    

 

joseph-lhesychaste-biographie-14.jpg

+ Notre Saint Père Joseph l'hésychaste, skite du Mont-Athos. +

        Nous ne nous faisons point d’illusions quant à l’avenir de l’Orthodoxie Universelle Officielle. Aujourd’hui, ils mentent sans honte ceux qui disent que nous constituons une minorité ; mais peut-être le temps est-il proche où nous serons véritablement une minorité ! Notre Très Doux Sauveur ne nous avertit-Il pas à ce sujet : « Quand le Fils de l’Homme viendra, trouvera-t-Il la Foi sur la terre ? » (Luc 18 : 8)

            Mais notre mission ne consiste pas à nous assurer une majorité, mais à garder précieusement la Foi qui nous a été transmise sans souillure, pure et intégrale. Voilà pourquoi nos Pères nous rappellent souvent les paroles de l’Écriture Sainte au sujet du « petit troupeau, Luc »  et du « reste selon l’élection de la Grâce, Rom. » ! Retenons bien leurs enseignements :

v  « Ce n’est point la multitude qui sera sauvée, mais les élus de Dieu ! » (Saint Basile le Grand).

v  « Toi, tu dénombres les milliers et Dieu ceux qui sont sauvé ! Toi, la poussière incommensurable et moi les vases d’élection » (Saint Grégoire le Théologien).

v  « Ce n’est pas par la multitude du peuple que l’Église est délimitée, mais bien par l’authenticité de la Foi. L’Église est là, où se trouve la vraie Foi » (Saint Jérôme).

v  « Mieux vaut un juste qui accomplit la volonté du Seigneur, que des milliers d’impies ! » (Sagesse de Sirach / Ecclésiastique).

v  « Mais s’ils persistent dans leur hérésie et peuvent attirer à eux les simples et les ignorants, en provoquant un tumulte et rassemblant une multitude, ils sont quand-même hors des frontières de l’Église ! Par contre, même si très peu persévèrent dans la PIETE et l’ORTHODOXIE, ce sont eux qui sont véritablement l’Église et c’est sur eux que reposent l’autorité et la protection des institutions ecclésiastiques. Même s’ils doivent souffrir pour la PIETE, ce sera pour leur gloire éternelle et le salut de leurs âmes » ! (Saint Nicéphore).

v  « On peut enfermer et lier la Vérité, mais non la vaincre ! Car elle se contente du petit nombre de Ses adeptes, et n’a pas peur de la multitude de ses adversaires. » (Dodecabible du Patriarche Dosithée de Jérusalem).

 

            Non seulement à cause de notre « minorité » les innovateurs se moquent de nous, mais aussi à cause de notre position dans l’Église et la simplicité de notre culture, ainsi que de notre niveau social. Toutefois, la Tradition des Orthodoxes ne prend jamais en considération de tels arguments, et nulle part il n’est écrit qu’il faut être évêque pour résister à l’Apostasie, mais bien au contraire :

            - « C’est un ordre du Seigneur de ne pas se taire quand la Foi est en danger. Alors quand il s’agit de la Foi, tu n’as pas le droit de dire : “qui suis-je moi ? Prêtre, magistrat, soldat, agriculteur, ou mendiant ? Ne te préoccupe de rien de tout cela ! Malheur ! Les pierres parleront et toi du resterais silencieux et insouciant ?” (Saint Théodore le Studite)

            - « Dans notre propre Hiérarchie, même si un prêtre ou un évêque se comporte mal et pense d’une façon erronée, il peut être repris et enseigné par un simple diacre ou un moine qui se comporte bien et pense correctement, comme l’atteste une multitude d’exemples. » (Saint Nicodème l’Aghiorète)

            - « Il n’est ni juste, ni autorisé, ni convenable aux hommes pieux de se taire quand on annule les Lois de Dieu, et que l’on cherche à instaurer l’erreur et la fraude… n’obéissez même pas aux évêques qui frauduleusement incitent de dire, de penser et d’agir contre les commandements. » (Saint Mélétios le Confesseur)

            - « Surveillez vos évêques seulement en ce qu’ils soient orthodoxes, pour qu’ils n’enseignent pas des doctrines contre la vraie Foi, et qu’ils ne concélèbrent pas avec les schismatiques et les hérétiques. Quant au reste, il est imputé soit à leur ignorance et à la malignité des temps, ce qui les excuse, soit à leur mauvaise intention, et eux seuls rendront des comptes à Dieu ! » (Patriarche Genade le Scholaire)

            - « Le prêtre ne doit pas se tromper en ce qui concerne les dogmes divins, quant au reste, ce n’est point toi son juge » ! (Saint Athanase le Sinaïte)

 

5.      Serions-nous des schismatiques ?

            La hiérarchie innovatrice a souvent essayé, mais en vain, de nous convaincre d’être soi-disant « SCHISMATIQUES » en utilisant comme moyen : soit des circulaires ou soit … les gendarmes !

Dernièrement, un de ses clercs illustre, l’Archimandrite Père Épiphane Théodoropoulos (secondé par son condisciple l’hiéromoine serbe P. Athanase Gievtits) s’est aventuré à nous convaincre de SCHISME par la voie théologique ! Son étude fut rédigée selon les prototypes de la scholastique occidentale et certains en furent scandalisés. Même l’honorable journal « LA LUTTE ECCLESIASTIQUE » fut entrainé par cette nouvelle « ecclésiologie » inventé en plein XXème siècle par le P. Épiphane. Dans un éditorial, il a voulu laisser comprendre que les vrais chrétiens orthodoxes, abusivement appelés « vieux-calendaristes », seraient soi-disant : « HORS DE L’ÉGLISE » !

            A l’Archimandrite en question nous avons répondu avec précision par :

v  Les Pères Zélotes Aghiorètes (Sainte Montagne de l’Athos) dans un livret édité par le Saint Monastère de Chrysovalàntou.

v  Le Moine Aghiannanite, Père Théodorète, par deux études et un superbe livre intitulé : « DIALOGUES DU DESERT AU SUJET DE L’OECUMENISME ».

v  Le Docteur Alexandre Kalomiros de Salonique, par une étude et une correspondance ouverte dans le journal la « VOIX DE L’ORTHODOXIE » !

v  Notre bulletin édité à Genève « LA FOI TRANSMISE » !

            L’Archimandrite Épiphane Théodoropoulos fut ainsi littéralement pulvérisé sur le domaine théologique, et battu comme un poulpe sur les rochers de la plage. Mais il l’a cherché dans son obstination. Et pour se faire écouter, il a dû recourir aux services des huissiers judiciaires, pour nous entraîner dans des discussions interminables, sans aucune valeur concrète.

 

            En effet, nous avons séparé nos responsabilités d’avec la hiérarchie innovatrice ; premièrement à cause de la réforme de 1924 où la PIETE fut bafouée, et deuxièmement parce que cette innovation avait pour but l’hérésie de l’œcuménisme qui fut officialisée en 1964 par la soi-disant « levée des anathèmes », les prières officielles communes à Jérusalem, Constantinople et Rome, les déclarations officielles du Patriarche Athénagore, Nicolas d’Alexandrie au sujet de la prétendue identification entre la Foi Orthodoxe et la foi latine, la satellisation officielle de l’Archevêque Iéronymos, l’acceptation des latins aux Saints Sacrements par le soi-disant « patriarcat de Moscou » !!!

 

            LA SEPARATION DE NOS RESPONSABILITES, certes ne constitue pas une innovation du vingtième siècle. Même dans ce cas nous marchons sur les traces des Pères et nous obéissons à la Sainte Tradition et toute l’Histoire Ecclésiastique.

 

            La destitution de Saint Jean Chrysostome fut moins grave que l’innovation du calendrier. Et celui qui monta sur le trône « par la miséricorde d’Eudoxie », non seulement ne prêchait pas l’hérésie, ni n’introduisait des innovations, mais il était Saint et comme tel l’honore la Sainte Église le 11 octobre. Mais du fait qu’il était « évêque adultérin », plusieurs clercs et laïques ne communièrent plus avec Saint Arsàkios : ce fut le schisme Ioannite. Saint Jean Chrysostome appelle les Ioannites : « martyrs », non parce qu’ils défendaient sa personne, ni parce que lui avait de l’amertume de la gloire du trône épiscopal perdu, mais bien comme nous lisons dans le synaxaire du sanctoral du 27 janvier :

« Ils étaient prêts à faire et à souffrir tout, pour ne pas communier à la TRANSGRESSION de ceux qui osaient faire ces choses … ayant soutenu les institutions de l’Église et les lois des Saints Pères qui étaient ébranlées … ainsi comment n’était-il pas juste qu’ils soient comptés dans le chœur des Martyrs » ?

            Et nous demandons : « Quel concile aurait condamné Saint Arsàkios, pour donner aux Ioannites le droit de la SEPARATION DE LEURS RESPONSABILITES ? »

            Saint Jean Chrysostome porte comme exemple Saint Jean Baptiste le Précurseur, pour montrer que le fidèle ne tolère aucun mépris des lois, si petites qu’elles soient !

« Ce n’est pas pour avoir refusé de sacrifier aux idoles que Jean Baptiste fut immolé ; il ne fut pas trainé devant les autels ni devant les statues, mais on lui trancha la tête pour une seule parole, pour avoir dit à Hérode : Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère Philippe ! »

            Quel concile condamna Jean Vekkos en 1275, quand le clergé et le peuple interrompit la communion avec lui jusqu’au martyre ? Nous avons toujours présents à l’esprit les 26 Saints Pères du Monastère de Zographos qui furent brûlés vifs, et les 12 Saints Pères du Monastère de Vatopédi qui préférèrent être massacrés plutôt que de commémorer Vekkos aux diptyques !

            Quel concile avait autorisé Saint Maxime le Confesseur de séparer ses responsabilités avec le pape de Rome Onorius, Serge de Constantinople, Athanase d’Antioche et Cyre d’Alexandrie, quand le pape et les trois autres patriarches furent souillés de l’hérésie monothélite ?

            Quel concile avait autorisé les clercs, moines et laïcs de séparer leurs responsabilités d’avec le Patriarche Nestorius ? Et pourtant voilà comment s’exprime en leur faveur Saint Cyrille : « … en renouvelant en vous-mêmes cette Foi à jamais ; gardez-vous purs et immaculés, sans communier avec le précité, ni le recevoir comme docteur, s’il préfère rester loup au lieu de pasteur … avec ceux parmi les CLERCS et les LAIQUES qui à cause de la vraie Foi, se sont séparés de lui, ou qui étaient destitués par lui, nous communions, sans entériner son jugement injuste, mais à plus forte raison nous les louons, et nous leur disons : Si vous êtes méprisés POUR le Seigneur, vous êtes des Bienheureux, car la Puissance de l’Esprit de Dieu repose sur vous » (MANSI IV)

 

            Nous pourrions multiplier les exemples, mais ceux-ci suffisent à démontrer que la séparation de nos responsabilités à la suite des événements de 1924 et de 1964, ne constitue aucunement une révolte, et n’inaugure pas plus une nouvelle ecclésiologie, ni UNE ATTITUDE NOUVELLE !

+

mercredi, 30 octobre 2013

Mémorandum au sujet du Calendrier Orthodoxe (19)

Saint Jean de Shangaï.jpg

+ Notre Saint Père l'Archevêque Jean Maximovitch +

 

1- Les « vieux-calendaristes » sont une minorité.

 

            C’est une affirmation gratuite et tout à fait inexacte. 80 % des chrétiens orthodoxes gardent encore le calendrier orthodoxe, qu’on a pris la mauvaise habitude d’appeler « vieux », tandis que jamais rien dans l’Église ne vieillit.

            Dernièrement, l’Église bulgare pressée par le gouvernement communiste, adhéra à l’usage du calendrier papal. Certes, le Patriarche de Bulgarie rendra des comptes devant Dieu. Nous ne pouvons pas juger l’homme car nous ne savons pas sous quelles conditions il se trouvait, mais en règle générale nous disons que le rôle principal d’un Patriarche consiste en un OUI ou un NON qu’il doit prononcer tous les trois ou quatre siècles, et qui suffit pour changer la face du monde. S’il s’agit seulement de « gestion administrative » on n’a pas besoin d’être orthodoxe pour cela !

            Nous sommes obligés de souligner ici la responsabilité de l’Église d’Hellade et surtout de l’Archevêque Chrysostome Papadopoulos et du Patriarche Meletios Metaxakis, lesquels, par le précédent qu’ils ont créé, ont donné lieu aux communistes d’imposer le microbe du modernisme sur la Sainte Église de Bulgarie, si bien que les fidèles se sont retrouvés sans défenses !

            Ce que dit le moine Aghiorète Père Théodoritos est très juste : « Quand comprendrez-vous que les Ministères des Affaires Étrangères des différentes Puissances constituent les vrais Patriarcats et que souvent les chefs des Églises agissent comme étant leurs subordonnés ? » En effet, du moment où une église locale peut innover et rester orthodoxe, pourquoi le gouvernement communiste ne pourrait-il pas exiger une telle attitude de la part de l’Église locale correspondante ? Ceci arrivera demain avec toute la Russie et personne ne pourra plus riposter quoi que ce soit !

            Voilà aussi pourquoi, malgré que le soi-disant « patriarcat de Moscou » ne nous inspire aucune confiance, nous partageons pourtant sa protestation quand, en 1967, les autorités civiles éloignèrent de force l’Archevêque légal d’Athènes Mgr Chrysostome (qui n’a jamais signé une démission même pour la forme), et ont imposé l’actuel Archevêque Ieronymos sur la tête duquel est suspendue la destitution et l’excommunication du 30ème Canon Apostolique !

            En tant qu’État libre, la Grèce devait résister à cette ingérence des autorités civiles, tandis que maintenant tout simplement elle a justifié les bourreaux du Kremlin et les persécuteurs de la Sainte Église Russe ; car en vertu de quelle logique les autorités civiles de la « droite » peuvent-elles s’immiscer dans la vie de l’Église et non celle de la « gauche » ? Ainsi, la question dégénère du niveau théologique et religieux, au niveau politique. Voilà pourquoi la réponse de la Hiérarchie de l’Hellade vers ledit « Patriarcat russe » en esclavage se résume à peu près à ceci : « Vous n’avez qu’à regarder vos propres affaires, car votre situation est bien pire », n’est ni orthodoxe, ni juste, et encore moins fraternelle !

            En effet, en ce qui concerne les relations entre l’ÉGLISE et l’État, dans la Papauté nous avons le système « papocésariste » et dans le protestantisme le système « césaropapiste », SEULE l’Orthodoxie connaît le système de la « MUTUALITE » le seule juste et théologique, d’après lequel le Patriarche est citoyen du Royaume et le Souverain fils de l’Église !

            Néanmoins dans le système orthodoxe, on a malheureusement souvent remarqué des ABUS, mais le système en lui-même est orthodoxe et théologique à l’encontre des systèmes occidentaux qui sont théologiquement erronés. Bien souvent certes, le Souverain ou le Tsar ont arbitrairement outrepassé les limites de leurs compétences. Toutefois parce que le système est JUSTE, bien qu’à travers plusieurs tribulations, ces abus tournèrent en bénédictions (Voir les cas Photius-Ignace, Chrysostome-Arsakios etc.).

            Depuis le XIXème siècle, quand enfin la nation grecque reconquit sa liberté, les grandes puissances lui imposèrent un roi bavarois dont le nom était Othon et de religion latine ! (Mais n’étant pas « fils de l’Église », aucune possibilité d’un système de MUTUALITE) Il est vrai cependant, qu’en tant qu’homme le roi Othon a fait de son mieux, mais ignorant la CONSCIENCE ORTHODOXE, il confia à son premier-ministre MARURER, également non-orthodoxe, la rédaction de la Charte des relations entre l’Église et l’État. Celui-ci trouva un collaborateur précieux en la personne du prêtre grec Théoklète Pharmakides qui avait vécu et fait ses études en Europe. De pensée excessivement protestante, il était l’ennemi acharné du Patriarcat Œcuménique et de la Russie !

            En 1833, l’Église d’Hellade se rendit SCHISMATIQUE face au Patriarcat Œcuménique (jusqu’en 1850) et adopta une Charte selon le prototype des états occidentaux concernant les relations entre l’Église et l’État. Tandis qu’avant, d’après les principes de la MUTUALITE, (dite « byzantine ») les Canons de l’Église constituaient des Lois pour l’État, maintenant, les lois de l’État deviennent … « Canons » de l’Église. Ainsi, la responsabilité de l’Église d’Hellade est très grande, car elle crée des précédents au préjudice des autres églises diversement persécutées qui partagent la Foi commune. Nous voyons donc que la réforme de 1924 eut de terribles conséquences !

            Voilà pourquoi Saint Jean Chrysostome dit dans son commentaire aux Galates : « Voilà avant tout la cause de tous les maux : Ne point protester au sujet des petites choses. A cause de cela se sont introduits les plus grands péchés. Car les choses minimes ne se corrigent pas adéquatement. Comme pour le corps, ceux qui ne prêtent pas attention aux blessures subissent la fièvre, la gangrène et la mort, de même pour l’âme, ceux qui passent outre les petites choses INTRODUISENT LES GRANDES ! Si, dès le début, ceux qui entreprenaient de transgresser les institutions divines en déplaçant quelque chose, si petite soit-elle, recevaient la réprimande adéquate, aujourd’hui, un tel hiver ne se serait pas abattu sur l’Église. Qui renverse la plus petite chose de la Foi saine, menace LE TOUT ».

+

mercredi, 08 mai 2013

Mémorandum au sujet du Calendrier Orthodoxe (18)

 


Saint Nicodème l'Hagiorite.jpg


LES OPPOSITIONS DE NOS ADVERSAIRES

 

            Généralités

 

            Sur ce chapitre du présent mémorandum, il faut ajouter les arguments et oppositions de nos adversaires afin d’y apporter une réponse aussi courte que possible, à l’aide incontournable de notre Très Sainte Tradition.

1.  Il s’agirait d’un détail

            De tout ce que nous venons d’exposer plus haut nous espérons qu’il soit rendu clair que du moment où, à cause de cette innovation fut méprisée la TRADITION, la PIETE et le DOGME de l’ÉGLISE, si petite  que puisse être considérée l’affaire du calendrier, il nous est impossible de la considérer comme un détail. Dans le domaine spirituel, le commandement n’est pas mesuré quantitativement par son volume, mais par la dignité de CELUI qui commande ! Était-ce aussi un détail le fruit d’Éden, mais qui fut le COMMANDANT, et quelles en furent les terribles CONSEQUENCES !

            A Aaron, il ne fut pas même permis de pleurer ses propres fils que Dieu avait punis de mort à cause d’un détail, en mettant sur l’autel « un feu étranger » !

            Quelqu’un a osé ramasser du bois le jour du Sabbat et il fut lapidé par toute l’assemblée des fils d’Israël. C’était aussi un détail !

            Le Seigneur foudroya Uza pour avoir touché à l’Arche de l’Alliance pour la protéger pourtant (privilège exclusif des Lévites), tandis qu’Il avait permis qu’Elle soit capturée par les Philistins, mais pour leur plus grand malheur cependant.

            Les sept Saints Adolescents Maccabées et leur Sainte mère, préférèrent le martyre plutôt que de manger de la viande de porc, bien qu’il s’agissait d’une prescription pédagogique provisoire pour Israël !

            A cause de tout ceci nos Saints Pères nous ont transmis comme héritage spirituel ce qui suit :

- « … sache que même la plus petite transgression des choses transmises causerait le mépris du dogme tout entier », « … même si on altère une toute petite partie (de la Foi), on opère un grand déshonneur et immédiatement reçoit le reproche … » (4ème et 6ème Épîtres du Saint et Grand Photius).

- « Toutes ces choses sont communes à tous et il est nécessaire de les garder et avant tout ce qui se rapporte à la Foi, d’où, si l’on dévie même peu, on commet un péché mortel » (Lettre du Grand Saint Photius au Pape Nicolas).

- « Il nous est préférable de verser notre sang plutôt que d’innover un seul iota » (Saint Sabba le Sanctifié à l’Empereur Anastase).

- « N’invoque pas Jacques ni Jean, car même si quelqu’un parmi les premiers Anges du Ciel, corrompt la prédication, qu’il soit anathème. Et il n’a pas dit : s’ils renversent ou contredisent tout, mais même si l’on annonce une moindre chose contre ce que nous vous avons annoncé, même s’ils ont déplacé n’importe quoi, qu’ils soient anathème » ! (Saint Jean Chrysostome, commentaires aux Galates 1 : 18)

- « Nous ne permettrons point, ni à nous-mêmes ni aux autres de toucher au DEPÔT présent, ni de transgresser une seule syllabe. » (4ème Concile Œcuménique)

- « Il est appelé hérétique et sous le coup des lois concernant les hérétiques, celui qui dévie même un tout petit peu de la Vraie Foi. (Georges Scholaire)

- « Il ne faut pas seulement chasser de la communion de l’Église ceux qui pensent mal au sujet des choses primordiales et des principaux Mystères, mais aussi ceux qui pèchent contre les choses secondaires, nous les séparons également comme cacodoxes » (Athanase de Paros, Epitome Chap. 7)

 

2.  Le calendrier dit “Julien” n’est pas exact

            Ils nous disent même qu’à cause de l’inexactitude de notre calendrier, nous risquons de fêter Noël au … mois d’Août ! Or à cela nous répondons premièrement que nulle part nous n’avons reçu de la Sainte Tradition que nous devons fêter Noël avec de la neige et encore moins avec des sapins ; deuxièmement quand nous, nous fêtons Noël avec la neige, comment le fêtent EN MEME TEMPS nos frères dans la même Foi Orthodoxe en … Australie ?

            Aussi, quand notre Église calcule la Fête Pascale en tenant compte de « l’équinoxe de printemps pour les orthodoxes australiens », nous aimerions qu’ils nous disent : “l’équinoxe pascal, reste-t-il printanier” ?

            Nous avons reçu du divin Saint Basile que : « Il ne faut pas servir le temps mais le Seigneur » et l’illustre Théophore Saint Jean Chrysostome commande : « Il ne faut pas observer des jours, des années et des temps, mais suivre l’ÉGLISE partout avec précision et préférer l’amour et la paix au-dessus de toute autre chose » !

            Pas seulement cela mais il ne faut surtout pas oublier que l’Église n’a jamais eu une notion SCHOLASTIQUE et RATIONALISTE sur la PRECISION ! L’Église, débarrassée du corsé de l’esprit scholastique, attribue à la vie de Ses enfants de nouvelles dimensions incomparablement plus vastes que les dimensions de réalité et de précision de ce monde foncièrement limité.

            Cette attitude de l’Église, nous ne la rencontrons pas uniquement dans l’astronomie, mais aussi bien dans l’histoire, la littérature et en général en tout. Sur la Croix, l’inscription historique du Christ est « I.N.R.I. » (bien que non d’une façon identique dans les quatre Évangiles). Nous préférons pourtant l’inscription : « LE ROI DE LA GLOIRE » ou bien « L’ARBRE » car la Théologie Mystique prédomine sur la précision historique. Regardant Jésus sur la Croix avec les yeux de la PIETE et de la Connaissance véritable, nous le voyons en vérité comme le ROI de la GLOIRE, et non comme le “Roi des Juifs” comme le voyait la précision de l’histoire écrite par … Ponce Pilate !

Quel serait au juste le texte de la Prière Dominicale « Notre Père », car elle n’est pas non plus identique dans les Saints Évangiles, qui la mentionnent ! Pas seulement ceci, mais tous les récits évangéliques ne sont pas identiques. Mais chaque fois que fut proposée à l’Église la compilation des quatre Évangiles en un texte prétendument unifié, l’Église rejeta la proposition, jugeant que les « différences » absolument non contradictoires en question, ne La dérangent pas.

            Souvent les Latins (façonnés par leurs dogmes erronés à un type d’homme différent avec une autre logique) “perdent leur latin” en discutant avec les orthodoxes : « Lorsque cela vous plaît vous prenez un mot au sens littéral et quand cela vous plaît au sens mystique, toujours comme cela vous arrange ! » Ceci parce qu’ils ne comprennent pas que les mots n’ont pas d’autre signification propre que celui que l’Église leur attribue !

            Dans le Synaxaire du Jeudi-Saint nous lisons ceci : «  … Les Pères divins qui ont tout bien prescrit … nous ont transmis de fêter quatre choses » Et nous demandons : « Est-ce arbitrairement que nous fêtons les Fêtes ou selon la Sainte Tradition ? Certes selon la Sainte Tradition car il est dit : “ils nous ont transmis” (TRADITION=TRANSMISSION) ! Ceux qui nous ont transmis étaient-ils les premiers venus ? Non, car on dit “les divins Pères”. Leur Tradition était-elle juste ou erronée ? Il est dit encore : “qui ont tout bien prescrit” ! Or, ne connaissaient-ils pas les différences astronomiques ? Mais certes que OUI ! Au moment donc où eux n’en étaient nullement dérangés, nous, à quels titres le serions-nous ?

 

3.  Il crée des difficultés dans la vie sociale contemporaine

            Nous n’avons pas connu jusqu’à ce jour une nation plus commerciale que la nation juive. Où qu’on puisse tourner la tête, on vérifiera de ses propres yeux le rôle de l’élément hébraïque : dans le commerce, l’industrie, les sciences, les beaux-arts, la politique ! Et nous demandons : Les Juifs ne se sont-ils jamais sentis dérangés du fait qu’ils utilisent en même temps un calendrier civil pour leurs transactions commerciales, et un autre religieux pour leurs besoins cultuels ? De-même les musulmans ne se sont-ils jamais sentis ennuyés eux qui utilisent en même temps un calendrier civil SOLAIRE et un calendrier religieux LUNAIRE ? Bien au contraire, ils  tiennent scrupuleusement à leurs calendriers différents et ce, notamment dans leur vie religieuse !

            C’est seulement nous, les chrétiens orthodoxes qui sommes dérangés par la Véritable Tradition de nos Saints Pères et ne l’honorons pas, au moins du même honneur, dont les gens des autres religions honorent  leurs Traditions pourtant fausses ! Dieu avait béni les enfants de Yonadab,  fils de Rékab qui, selon l’ordre de leur père, demeuraient sous des tentes et ne buvaient pas de vin, et les proposa comme exemple aux Israélites !

            Naboth (3ème livre des Rois 20 : 3) refusa au Roi Achab même, de vendre sa vigne pour honorer son père selon la chair, et nous, nous poserions devant la pantoufle papale l’héritage sacré de ceux qui nous ont engendrés par la Grâce de l’Évangile, eux qui ont tracé devant nous le chemin étroit qui mène au Ciel, et nous ferions ceci avec un retard de quatre siècles ?

            NON, chers adversaires, nous n’acceptons pas l’appellation que vous cherchez à nous imposer de « VIEUX-CALENDARISTES », car ni notre calendrier avec lequel notre Église vit et nous sanctifie depuis vingt siècles n’a jamais vieilli, ni nous-mêmes n’avons jamais adopté un calendrier plus ancien que celui qu’utilisait et utilise la Sainte Église Catholique – Orthodoxe de Jésus-Christ !

            Nous ne sommes pas des « vieux-croyants » ou « sentimentaux » ; nous n’idolâtrons aucunement les jours et nous ne sommes pas non plus attachés au passé. Mais tout simplement nous marchons sur les traces de nos Saints bien-aimés Pères et Mères qui nous ont engendré par le Saint et Divin Évangile. Il nous suffit amplement par la Grâce du Christ et à leur stature. Parce que c’est avec ce calendrier soi-disant “non-précis” que se sanctifièrent Saint Jean Chrysostome, Saint Basile le Grand, Saint Grégoire le Théologien, Saint Grégoire Palamas, Saint Cosmas d’Étolie, Saint Nectaire d’Égine, Saint Jean de Crondstadt, Saint Gérasime de Céphalinie, Saint Séraphim de Sarov, Sainte Théoktiste de Lesvos, Sainte Marcelle de Chio, etc. la liste est innombrable !

            Or, c’est avec ce calendrier “erroné” qu’ils se sont sanctifiés, ont versé leur sang pour le Christ, ont confessé exactement la Foi, se sont consumés comme des cierges allumés par l’Amour du Christ, et ont fait des signes et des prodiges. Mais votre CALENDRIER, qui de nos Pères ou Mères nous l’a jamais transmis ? Ceci n’est qu’une tradition purement papale, mais nous « nous n’acceptons nullement des institutions papales » ! Pour nous le pape n’est ni saint, ni orthodoxe, ni même membre de l’Église Catholique de Jésus-Christ ! Comment donc pourrions-nous suivre comme Pasteur un étranger et un inconnu ?

            Vous, par contre, vous avez adopté quelque chose DE NOUVEAU, que vous n’avez pas reçu, qui n’est pas selon la TRADITION, et c’est à juste titre que vous êtes des « NOUVEAUX-CALENDARISTES » et ainsi prenez soin de plaire aux schismatiques et hérétiques de l’Occident, plutôt qu’à vos Saints Pères qui vous ont engendré dans la Foi et vos propres Frères !

            Ainsi, vous ressassez des prétextes mondains, creux et matérialistes, privés de toute spiritualité ou de base théologique. Vous empruntez les arguments scholastiques et rationalistes des occidentaux ; concernant “l’adaptation aux prétendus besoins contemporains de l’humanité” du “progrès et de l’évolution de la précision scientifique”, mais en quoi tout ceci intéresse l’ÉGLISE, la plus réelle de toutes les réalités ?

            Voilà, nous vous avons rendu des comptes par les Saintes Écritures et les Saints Pères, à savoir pourquoi nous persistons sur la TRADITION. Donnez-nous à votre tour une réponse, un argument : évangélique, ecclésiastique, théologique, canonique, qui vous a forcé à innover ! Mais comme disaient les anciens philosophes : « Tu ne recevras RIEN de celui qui n’a RIEN » ! Et parce que vous ne disposez pas d’un seul argument canonique, d’une façon lâche vous vous jetez contre nous par la violence, les persécutions et la calomnie ! (Le Saint monastère d’Esphigménou et ses pieux moines persécutés au Mont-Athos pour la Foi Orthodoxe, en est un triste et sombre exemple parmi tant d’autres !)

+


mardi, 30 avril 2013

Réfutation de la prétendue " Vie de Jésus " de M. Renan par l'abbé Guettée.




Le saint vieillard Siméon, tenant l'enfant Jésus entre ses bras, dit à la Vierge Mère : " Celui-ci est placé pour la chute et pour la résurrection d'un grand nombre en Israël, et pour être un signe de contradiction. "

Le prophète Isaïe avait dit de lui : qu'il serait une pierre d'achoppement et de chute ; que celui qui s'y heurterait s'y briserait ; que celui sur lequel elle tomberait en serait écrasé.

Pourquoi donc nous étonner des attaques dont Jésus-Christ est l'objet ? Depuis dix-huit siècles, il est un signe de contradiction, et il le sera jusqu'au jour où il régnera sur le ciel, sur l'enfer et sur la terre. La lutte est prédite. Il faut que les prophéties s'accomplissent ; et ceux mêmes qui n'y croient pas concourront à leur accomplissement.

La pierre mystérieuse est un rocher immuable auquel doivent s'attacher les élus, au milieu des tempêtes de contradictions dont ce monde est le théâtre ; ces tempêtes, au lieu de diminuer leur foi, doivent la fortifier ; car ils savent que les flots soulevés, depuis dix-huit siècles, par les erreurs et les passions des hommes, sont venus se briser contre le rocher divin, et qu'il en sera ainsi jusqu'à ce que le règne de Dieu advienne.

Pensez-vous que ce soit M. Ernest Renan qui portera le coup de mort au christianisme ? La triste guerre qu'il a déclarée à l'Homme-Dieu n'aura pas plus de résultat que celles qui l'ont précédée. Il se brisera, comme les autres, contre le rocher mystérieux.

Cependant M. Renan pourrait séduire des hommes de peu de foi par ses prétentions à la science et à l'esprit philosophique. Nous regardons, en conséquence, comme un devoir de lui arracher ces belles apparences, et de ne lui laisser que ses erreurs et ses contradictions ; elles ne pourront plus séduire personne dès qu'elles seront exposées telles qu'elles sont, débarrassées des oripeaux de style sous lesquels il les a dissimulées. Nous suivrons M. Renan pas à pas, afin de ne rien laisser sans réfutation...

 

...Lien du site de la Bibliothèque nationale de France : GALLICA / bibliothèque numérique. Veuillez cliquer sur le lien ci-dessous pour lire l'ouvrage au format pdf.

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65596n.r=wladimir+g...

 

Bibliograhie pdf : Voici la bibliographie complète des œuvres du Père Wladimir GUETTEE (1).pdf

Voici la bibliographie complète des œuvres du Père Wladimir GUETTEE mise à jour le 28.11.2011.pdf

mardi, 05 février 2013

Il y a qu'une seule Eglise.


Archevêque Sébastien Métropolite de l'Eglise de Chypre et Successeur de Monseigneur Epiphane de Bienheureuse mémoire..jpg

Monseigneur Sébastien Métropolite de l'Eglise Orthodoxe de Chypre (successeur de Monseigneur Epiphane de Bienheureuse Mémoire)


QUI SE SEPARA DE L'AUTRE ?


On entend souvent des expressions comme celles-ci : "Quand l'orient se sépara de l'occident", "quand les orthodoxes se séparèrent de l'église romaine", "les grecs schismatiques" (voir Larousse) et maintenant, comme l'exige la courtoisie œcuménique..."les frères séparés"! Ainsi, dans la conscience des peuples occidentaux, se forma la conviction qu'en 1054, l'église orthodoxe de l'orient...se sépara de Rome "pour diverses raisons historiques et par la méchanceté des hommes".


Une mise au point est donc nécessaire. En réalité, nous ne nous sommes jamais séparés de qui que ce soit. En effet, le 34ème canon apostolique prescrit : "Les évêques de chaque nation doivent savoir qui est le premier d'entre eux, le considérer comme leur tête, et ne rien faire sans son opinion, mais faire seulement ce qui incombe à chacun dans son territoire et les pays qui lui sont annexés. Mais lui aussi (le premier) ne doit rien faire sans l'opinion de tous. C'est seulement de cette façon qu'il y aura la concorde et que Dieu sera glorifié par le Seigneur dans le saint Esprit..."Ainsi donc, la structure ecclésiale de l'orthodoxie est basée sur la tradition apostolique qui prescrit le système des Eglises autocéphales, structurées indépendamment les unes des autres, en "circuit fermé", si l'on peut dire, quant à leur administration et leurs affaires internes.

Aucune interdépendance juridique n'a jamais existé entre les Eglises autocéphales, chacune jouissant d'une complète autonomie. L'Eglise orthodoxe ne connaît pas et n'a jamais connu une autre forme de structure ecclésiale. Si par la suite différentes Eglises autocéphales, pour des raisons purement historiques et humaines, ont joui d'un certain prestige ou d'une certaine primauté (dans l'ordre chronologique suivant : Jérusalem - Antioche - Rome - Constantinople), ceci était d'ordre purement honoratif et moral, mais n'a jamais impliqué une suprématie canonique d'une Eglise locale par rapport à une autre Eglise locale, ni un centralisme concernant l'ensemble de l'Eglise.

Chaque Eglise locale constitue à elle seule l'image de la plénitude ecclésiale !

Telle a été depuis toujours la relation entre les Eglises orientales et occidentales, car à l'époque toutes les Eglises de l'occident (par exemple l'Eglise d'Espagne) n'étaient pas absorbées par Rome.

Nous ne connaissons pas et n'avons jamais connu un canon équivalent ayant prescrit une autre structure ecclésiale que celle définie par le 3ème canon apostolique susmentionné. Nous n'avons donc jamais été sous la tutelle juridique et canonique romaine de telle façon que l'on puisse nous imputer une "révolte", un "schisme", ou un "détachement" d'une hiérarchie supérieure. Nous n'avons jamais existé comme fraction d'une Eglise ayant un chef suprême sur la terre.

Nos relations avec Rome, à part une primauté en dignité stipulée par le 28ème canon du 4ème concile œcuménique, étaient des relations d'Eglises-sœurs, d'égale à égale, et nous n'avons jamais existé en tant que dépendance ou annexe de l'Eglise romaine.

Le canon en question dit : "Les pères ayant attribué l'ancienneté (ou la doyenneté) au trône de l'ancienne Rome, car il était dans une ville régnante..." et non à cause d'un prétendu droit divin découlant de la succession de saint Pierre.

Même si l'on prend au sérieux les contestations ultérieures des papes à ce sujet, il n'en est pas moins évident que, d'après les canons apostoliques et œcuméniques, "les grecs" n'ont jamais reconnu chez le pape de Rome autre chose qu'une primauté d'honneur PRIMUS INTER PARES (premier entre égaux). Mais si, dans l'antiquité, des papes ont prétendu à un "droit divin de primauté", ceci a toujours été repoussé par les Grecs (au sens large) comme une prétention unilatérale d'une Eglise locale. On ne peut donc pas parler d'une acceptation de l’Eglise indivise" sur les prétendus "droits divins" de l'évêque de Rome ; plusieurs papes ont d'ailleurs dénoncé cette idée comme complètement absurde.

Il n'y a donc jamais eu "coupure", "rupture" ou "séparation" canonique et juridique des Eglises orthodoxes du siège de Rome, pour la pure et simple raison que les Eglises orthodoxes ont toujours été "AUTOCEPHALES" et "AUTONOMES" depuis les origines de leur Tradition apostolique. Ce serait tout bonnement faire preuve d'ignorance que de supposer par exemple que l'autocéphalie et l'autonomie des Eglises orthodoxes est, soit un phénomène ultérieur et tardif, soit un élargissement de pouvoir local, concédé comme un avantage ou un privilège accordé par une hiérarchie dominante. L'autocéphalie des Eglises orthodoxes est donc née avec elles, elle fait partie intégrante de de leur hypostase.

Les patriarches de l'orient n'ont jamais été des... cardinaux, mais égaux du patriarche de l'occident. Les patriarches d'orient ont toujours été autonomes depuis leur origine au même titre que le patriarche d'occident ! (Que l'on excuse nos répétitions, mais il faut que l'on prenne enfin conscience !) Par conséquent, appeler les grecs "schismatiques" ne peut être qu'ignorance ou malhonnêteté théologique.

D'autre part : les ruptures entre l'orient et l'occident avant la date fatale de 1054 représentent une période de temps qui au total dépasse largement deux siècles. Ces ruptures ont été réitérées (nous indiquons ceci pour que l'on ne suppose pas que les grecs sont "tombés" dans le schisme par inadvertance !) Si ces ruptures ont été réitérées, c'est qu'elles ont été conscientes : ce qui prouve que les grecs d'avant 1054 ne considéraient pas comme une condition sine qua non de leur plénitude ecclésiale la communion in sacris avec l'ancienne Rome ! Ces ruptures ne pourraient pas s'expliquer si les grecs avaient considéré le pape comme le chef de l'Eglise catholique. Mais ces ruptures (et autres actes et attitudes que nous verrons plus loin) montrent bien que pour eux dès le début de l'Eglise indivise, l'interruption de la communion in sacris n'amoindrissait guère leur plénitude ecclésiale. Ils ne se sentaient pas mutilés à cause de cette interruption, mais pouvaient vivre dans la plénitude de la grâce soit avec le pape, soit sans lui.

Quand avons-nous jamais fait amende honorable au pape pour avoir méprisé sa fonction de soi-disant "chef infaillible de l'Eglise", "vicaire de Jésus Christ sur la terre" et "par droit divin successeur de l'apôtre saint Pierre", ou bien quand l'avons-nous reçu et confessé comme tel ?

Celui qui ignore avec quelle véhémence l'orient orthodoxe, pendant des siècles avant la date de 1054, a combattu les innovations dogmatiques et liturgiques de l'occident (Filioque, jeûne du samedi, célibat des prêtres, chrismation par l'évêque seul, azymes), et qui n'a pas connaissance des excommunications qui se croisaient alors de part et d'autre, ne peut évidemment pas comprendre facilement l'indépendance complète que l'orient orthodoxe a toujours opposée à Rome, prétentieuse alliée de l'empereur carolingien.

Le seul fait que nous puissions convoquer un concile et excommunier le pape, et même l'anathématiser dans certains cas (Honorius), prouve que nous ne l'avons jamais admis ni comme notre chef, ni que nous ne l'avons jamais tenu pour infaillible à cause de sa fonction sine concessum ecclesiae (sans le consensus de l'Eglise). Car comment aurions-nous pu excommunier "notre chef", qui par sa fonction même recevait le don de l'infaillibilité, sans avoir besoin du consentement de l'Eglise ?

Il ne faut donc pas confondre les orthodoxes avec les prétendus "patriarches" uniates et leur position servile et pitoyable dans les conciles de Rome, se dégradant en prenant le nom de... cardinaux !

Nos patriarches à nous ne furent jamais cardinaux. Chaque Eglise autocéphale, en orient orthodoxe, désignait, choisissait, élisait, sacrait et intronisait ses évêques et ses patriarches par sa propre initiative et sous sa propre responsabilité. Une fois que le patriarche était sacré et intronisé, on communiquait son nom aux autres patriarches comme signe d'unité et de catholicité de l'Eglise. Mais nos évêques ou nos patriarches ne furent jamais élus ou désignés par le pape, et ils n'ont jamais reçu de lui aucune investiture ! De plus, nos patriarches, quand ils le jugeaient opportun, excommuniaient le pape de Rome, ce qui montre bien que leur comportement envers lui a toujours été un comportement d'égal à égal.

En outre, depuis toujours nous avons eu des litiges avec Rome au sujet des revendications territoriales (par exemple l'Eglise de Bulgarie, grecs de Sicile, etc.). Au cours de ces litiges, le patriarche de Rome et celui de Constantinople demandaient le rattachement d'un même territoire à sa propre Eglise locale. Cette revendication serait aussi un non-sens si Rome avait été la maîtresse de toute l'Eglise : comment aurait-elle pu revendiquer quelque chose auprès de Constantinople, soi-disant sous sa juridiction, si Constantinople elle-même lui avait appartenu !

Nous ne nous sommes donc pas séparés après 1054 tout en étant soi-disant au fond "catholiques romains", ou "fortes-têtes" (un peu selon le modèle des "libertés gallicanes" ou du "concile de Bâle"), mais l'ORTHODOXIE a depuis toujours eu sa propre voix, qu'elle a toujours fait entendre, et cette voix n'a jamais confessé le système de la papauté ! Nous n'avons jamais été des "catholiques qui s'ignorent", mais bien au contraire, nous avons toujours protesté contre toutes les innovations de Rome dès le début et très énergiquement.

Nous avons toujours considéré le système de la papauté comme une prétention orgueilleuse, comme un système adultérin et complètement étranger à la sainte Tradition apostolique ! Nous ne nous sommes donc jamais séparés, mais nous avons toujours dénoncé et protesté contre les innovations romaines.

On nous a toujours accusés de "frigidité" maladive, au lieu de reconnaître notre IMMUABILITE ! Nous confessons un Christ éternel et immuable, et l'Eglise, son Corps et son Epouse, également éternelle et immuable à l'image de son divin Epoux. Les pratiques de la vie ecclésiale jusqu'à ses détails les plus minimes : jeûnes, habits, coutumes, portent le sceau du très saint et vivifiant Esprit, et on ne peut y toucher sans crainte et tremblement. Si pour le culte de l'ancienne Alliance, Dieu n'a pas négligé les détails les plus insignifiants, allant jusqu'à indiquer la couleur des poils de chèvres pour la fabrication de la tente sacrée et le nombre des piquets à utiliser, quelle vénération ne devons-nous pas maintenant au culte de la grâce, dans lequel nous sommes en face non d'une loi gravée sur la pierre, mais du Législateur lui-même ?

Qui a autorisé les latins et leur pape à mettre les affaires sacrées du culte divin sens dessus-dessous, à mettre la vie de l'Eglise à la remorque du véhicule de ce monde mensonger et périssable, de couper, d'ajouter, de changer, de modifier ? D'où tiennent-ils leurs traditions d'AGGIORNAMENTO, de RENOUVELLEMENT, d'ADAPTATION ?

Que l'on nous montre si nous-mêmes avons changé quoi que ce soit en matière de dogmes, de structure ecclésiale et de canons, et nous ferons amende honorable.

En quoi consisterait notre "schisme", notre "séparation", ou notre hérésie ? Si donc nous n'avons bougé en rien, s'il n'y a pas eu chez nous DEPLACEMENT, comment pourrait-on nous imputer une séparation ? Nous restons toujours unis à la sainte Tradition apostolique, qui ignore et a toujours ignoré le Filioque, l'Immaculée conception de la sainte Vierge, l'infaillibilité papale, les réformes liturgiques, l'aggiornamento. Il y a certes eu séparation, mais elle n'a pas été effectuée par l'Eglise orthodoxe. Prétendre que l'Orthodoxie s'est séparée de Rome, ce serait prétendre qu'à cause de la chute, Dieu s'est séparé de l'homme. Or, Dieu étant immuable par nature, la responsabilité de la séparation, de l'éloignement, de la distance entre le Créateur et la créature pèse sur l'homme seul !

Qui donc est séparé de l'autre ? On pourrait nous répondre qu'il ne s'agit là que d'un jeu de mots. Mais c'est un jeu de mots extrêmement dangereux que Rome a très bien su utiliser. Elle a voulu mettre l'Orthodoxie en position de "répondante", ce qu'elle cherche toujours à faire de nos jours, même si elle a remplacé le terme de "schismatique" par celui de "frère séparé", ce qui veut dire exactement la même chose. Elle veut imposer dans la conscience des peuples l'idée selon laquelle l'Orthodoxie aurait soi-disant transgressé les structures ecclésiales primitives et qu'elle devrait se justifier et répondre de son attitude de transgression, de sa position "schismatique". Après l'avoir désignée comme coupable, il est aujourd'hui un peu facile de lui faire grâce et de lui pardonner. Il s'agit de la même logique.

Or, l'Orthodoxie refuse catégoriquement le banc de l'accusée en ce qui concerne les anciennes structures ecclésiales. Par nature, elle n'a ni à répondre, ni à se justifier, étant elle-même juge, et non accusée ! Bien sûr, si nous étions administrativement ou canoniquement unis à Rome, nous devrions nous séparer d'elle dans le cas où nous considérerions que la foi est en danger. Et dans pareil cas, nous serions obligés de nous "défendre " et de "justifier" notre décision de schisme. Tandis qu'en réalité, d'après la structure de l'Eglise d'avant 1054, nous ne sommes même pas dans le cas d'un "schisme justifié", n'ayant en rien transgressé les anciennes structures.

Qu'on nous appelle "frères séparés" est donc un terme admis UNILATERALEMENT, mais que nous n'acceptons et n'admettons pas. Si nous sommes frères, nous ne pouvons pas être séparés in sacris, car si nous sommes séparés in sacris...nous ne sommes pas frères !!!

Rome, hélas, s'obstine à nous regarder du haut de sa clémence. Elle veut nous convaincre que nous sommes des catholiques malgré nous. Peut-être des catholiques un peu à part et quelque peu bizarres, un peu en marge, mais des catholiques quand même. Elle aimerait nous persuader malgré nous-mêmes d'être ce que nous ne sommes pas. Insister, c'est une méthode comme une autre. C'est une stratégie !

Il est certes épuisant de polémiquer. C'est même très dangereux pour nous-mêmes de prendre l'attitude des "défenseurs" de l'Orthodoxie. Toutefois, nous vivons dans un siècle où la confusion règne un peu partout. Ce qui nous oblige à être sur nos gardes, c'est qu'hélas plusieurs hiérarques de l'Eglise orthodoxe ne font que propager et alimenter cette confusion. Ceci nous contraint à leur rappeler que nous attendons autre chose d'eux.

Il va sans dire que notre polémique ne s'adresse pas aux catholiques en tant que personnes. Nous ne nous dressons même pas contre le pape lui-même en tant que personne. Nous ne voulons pas mettre en doute ni les vertus, ni la sincérité, ni les bonnes intentions de qui que ce soit. Nous sommes obligés de regarder aussi bien le pape que les catholiques en général comme des personnes absolument sincères et de bonne foi. Toutefois, ni la bonne foi, ni la sincérité en elles-mêmes ne sont suffisantes dans nos relations avec Dieu. Il y a des millions de gens sincères et de bonne foi qui sont égarés dans les différents systèmes philosophiques et les différentes religions.

Nous ne pouvons pas comprendre Rome et nous doutons fort que Rome se comprenne elle-même ! Son attitude théologique envers nous n'a ni fondement, ni raison. Elle dit que nous sommes "schismatiques", ou si l'on préfère "frères séparés", mais elle admet que nos sacrements sont valides, que nous avons la grâce du sacerdoce, que l'on peut dans notre Eglise parvenir au salut et à la sanctification ! Mais si ceci est vrai, alors Rome se nie elle-même. Ou bien elle admet qu'il peut y avoir deux Eglises sur la terre ! Un atelier de salut et de sanctification qui œuvrerait en parallèle avec l'Eglise ! Mais dans ce cas, son pape et ses dogmes deviennent simplement souhaitables, mais pas indispensables.

Que penser de tout cela ? Ignorance théologique ? Confusion sciemment entretenue ? Ou impasse du système de la papauté ? Nous l'avons toujours dit, et on nous a pris pour des "fanatiques" et des "arriérés", que le papisme latin est à l'origine de toute l'anarchie spirituelle de l'occident et de toutes les hérésies et sectes qui ont suivi. Le papisme latin est également la cause de la crise actuelle de l'Eglise romaine. La crise actuelle n'est pas un accident, c'est simplement la fièvre d'une maladie qui dure depuis son origine. Cependant Rome, grâce à sa grande subtilité et ses facultés extraordinaires d'adaptation, pourrait peut-être bien sortir de cette crise, tout en sauvegardant son unité et son prestige mondial grâce à des réformes bien étudiées et très intelligemment appliquées. Nous ne parlons pas de la question de "la foi", car elle semble avoir relégué cela au second plan. Elle est plutôt soucieuse de sa force et de sa gloire plutôt que d'une foi vivante, ayant littéralement robotisé son clergé et ses fidèles, les ayant transformés en instruments dociles et maniables servant à sa domination.

Mais ce n'est pas à nous, ni de faire son bilan, ni de lui proposer des remèdes, elle n'a pas besoin de nous. Ce qui nous préoccupe, c'est l'attitude inconsciente et scandaleuse d'un grand nombre d'hiérarques orthodoxes qui font tout leur possible pour nous plonger dans la confusion actuelle. Oublient-ils que si nous sommes contaminés par ce même virus, notre absorption par le mégathérium romain ne sera plus qu'une question de temps et de circonstances ? Ces hiérarques aimeraient-ils vraiment nous faire sortir de cette liberté dont nous jouissons dans l'obéissance à Dieu pour nous ravaler au rang de "satellites" uniates destinés à suivre Rome dans toutes les phases de son... "évolution" ? Ces évêques ont-ils déjà oublié les fleuves de sang orthodoxe qui ont coulé il y a à peine 30 ans par la main meurtrière de l'amabilité romaine en Serbie orthodoxe, et que leur chef a, par son silence, approuvé ces horreurs ? Non ! Nous n'admettons pas les latins, ni comme persécuteurs, ni comme "frères séparés". Nous ne nous sommes jamais séparés de l'Eglise du Christ, mais nous avons complètement séparé notre responsabilité de tous ceux qui altèrent la foi ! L'orient ne s'est donc jamais séparé de l'occident. Tout simplement l'orient est resté et reste encore, par la grâce divine à la place qui lui fut assignée par le Christ, par les saints apôtres et les pères, qui nous ont engendrés par l'Evangile. Notre seule espérance et notre seule gloire, c'est de rester à cette place, comme des sentinelles fidèles à leur poste, environnés des ténèbres de la nuit du monde, jusqu'au jour glorieux du retour de notre bien-aimé Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, quand il viendra sur les nuées accompagné de ses saints anges et de la foule des témoins des saints et des bienheureux. Jusqu'à l'aurore sans crépuscule de ce jour glorieux, disons avec Joseph Vryènios, le maître de saint Marc d'Ephèse :

"Nous ne te renierons pas, Orthodoxie bien-aimée !
Nous ne te démentirons pas, ô piété transmise par nos Pères !
En toi, nous sommes nés, en toi nous vivons,
et si le temps l'exige,
mille fois pour toi nous mourrons !"

 

 

 Père Basile M. Sakkas

 
 
 


mercredi, 30 janvier 2013

Annexe sur le Mémorandum / sur les néo-calendaristes.

 

Saint-Basile-de-Grand-ou-Basile-de-Césarée-Fresque-Ohrid-Macédoine.jpg

Document annexe au Mémorandum du calendrier de l'Eglise

 

RÉPONSES AUX NÉO-CALENDARISTES

 

Publié dans les éditions "Age d'homme"

Institut Saint Épiphane de Salamine (sous la juridiction de Mgr Sébastien de Chypre)

 

Mardi 24 juin/ 7 juillet 1993 - Nativité de saint Jean Baptiste

            A propos de l'émission : «A la lumière de l'Orthodoxie» diffusée sur LOGOS le 30 juin du calendrier civil, sur le thème : «L'ancien et le nouveau calendrier», avec la participation de M. Phédon Papadopoulos, professeur de théologie, nous désirons faire quelques remarques, par amour de la Vérité. Certes, on ne saurait songer à reprocher à la hiérarchie néo-calendariste un souci de catéchiser ses fidèles; mais elle devrait le faire sur d'autres bases que celles de cette émission, sans lesquelles elle désinforme au lieu d'aider à comprendre.

            Comment les auditeurs pourraient-ils se former une idée juste des points controversés, du moment que les connaissances nécessaires, en théologie comme en histoire, leur font le plus souvent défaut ? Un seul exemple : si l'on avait eu connaissance du contenu exact de l'Encyclique de 1920 à laquelle l'orateur s'est référé au petit bonheur, comme cela l'arrangeait, la discussion aurait pris un tout autre tour ! Si la station de radio avait souhaité autre chose que de la propagande à sens unique, elle se devait d'inviter des théologiens des deux côtés, et de même compétence; alors les auditeurs auraient pu se former une idée moins imprécise de l'enjeu du débat.

            Je dis «une idée moins imprécise». En effet, la question n'a rien de simple et ne saurait être réglée en une heure d'émission ! À l'époque de l'iconoclasme, les adversaires des icônes soutenaient aussi devant les orthodoxes qu'il ne s'agissait que d'un changement sans caractère dogmatique - comme le prétendent encore aujourd'hui -, pour le nouveau calendrier, ses partisans. Les iconoclastes trouvaient indignes de la haute spiritualité chrétienne la vénération de planches coloriées et demandaient où cette vénération avait été prescrite. Cependant, à l'arrière-fond de ce changement d'apparence anodine, les Pères théophores surent discerner «l'hérésie et le bouleversement le plus athée qui soit».

            Il est, de même, difficile à un fidèle du nouveau calendrier, de soupçonner l'ampleur de l'apostasie qu'il recèle. Et ce n'est guère des émissions du genre de celle-ci qui nous aideront ! Nous vivons assurément une époque d'indifférence religieuse : beaucoup pratiquent de façon formelle, voire ne vont fêter Pâque que pour allumer des pétards le soir de la fête. Il existe néanmoins des êtres pieux, «des vrais Israélites, des hommes sans fraude», en grand nombre, parmi les néo-calendaristes; mais ils ne peuvent, spirituellement, franchir les cadres que l'enseignement de leurs docteurs leur ont malheureusement imposés.

 

Les «anciens-calendaristes» font-ils de la propagande ?

 

            Voilà pourquoi nous nous efforçons de tenir, à l'égard des néo-calendaristes, une conduite digne et cohérente. Si quelqu'un vient dans nos églises, nous ne le chassons pas : «Celui qui vient à Moi, Je ne le chasserai pas» (Jn 6 : 37), ni ne refusons de prier pour lui, comme il se doit, ni de lui offrir l'hospitalité, sans viser d'autre but. Et ces choses, nous les devons à tout homme. Dieu qui fait luire son soleil sur les bons et les méchants et pleuvoir sur les justes et les injustes, n'agit pas par prosélytisme !

            Mais que le Seigneur nous garde du péché de se servir de son Saint Corps et Sang comme d'un moyen de prosélytisme, pour faire revenir les fidèles à l'ancien calendrier ! Nous prions, certes, pour que tous - néo-calendaristes, hérétiques, schismatiques, athées, etc. - reviennent à la vérité. Mais si les néo-calendaristes croient que là où ils se trouvent, ils communient au Corps et au Sang du Christ, qu’ils ont leur salut assuré, et que leur Église garde toutes les traditions sans innovation ni altération, et sans fouler aux pieds les Saints Canons, qu'ils cherchent en conscience, avec le critère de l'enseignement de l'Église, ce qu'ils répondront devant Dieu.

            Nous ne sommes pas prêts à organiser un quelconque «tourisme ecclésiastique», pas plus que nous n'essayons de faire nombre, contrairement à ce qui a été sottement prétendu au cours de l'émission. Un seul fidèle à la loi de Dieu vaut mieux que mille transgresseurs. C'est pourquoi nous avons refusé la diffusion télévisée de nos liturgies. Pourrions-nous, à l'heure où les Séraphins se voilent la face de crainte, donner nos Mystères en spectacle ?!

            Nous croyons, selon le livre des Actes, que le Seigneur «ajoute à l'Église le nom de ceux qui sont sauvés». Notre devoir n'est pas de faire de la propagande, mais de prendre garde à nous, de crainte que nos chutes ne scandalisent certains de ceux qui cherchent sincèrement la vérité.

 

Précisions préliminaires

 

            Les deux intervenants de l'émission - M. Papadopoulos et son interlocuteur - nous ont lancé deux accusations contradictoires :

- Le premier a dit que nous mettions en avant le Mont Athos et les Églises slaves, qui suivent l'ancien calendrier, pour paraître plus nombreux !

- Le second a déclaré que nous nous glorifions d'être «le petit nombre des élus» ! Répondons-leur :

A. Premièrement, nous ne nous considérons ni comme «ancien-calendaristes», ni comme «zélotes», ni rien d'autre. Ce que nous étions jusqu'au 9 mars 1923, nous le sommes encore à présent. Le nom que nous revendiquions alors, nous le revendiquons toujours. Nous adorons le Dieu de nos pères comme nous L'adorions alors : notre calendrier n'a pas vieilli !

            À cause des circonstances cependant, et comme la hiérarchie au pouvoir s'attribue le nom que nous revendiquons - celui d'orthodoxe - nous nous sommes vus contraints, pour éviter toute confusion, de faire usage d'épithètes et d'ajouts qui sont, en eux-mêmes, de purs et simples pléonasmes : «Vrai chrétien orthodoxe». Et puisque Notre très doux Seigneur et Sauveur, entre autres titres, reçoit celui d'Ancien des Jours, nous acceptons nous-mêmes l'appellation d'«anciens-calendaristes», portant ainsi son opprobre.

B. Si nous mentionnons les Slaves et l'Athos, ce n'est pas pour les tirer à nous. Que dire des milliers d'anciens-calendaristes ukrainiens que compte l'Église papale ? Non, si nous rappelons l'Athos et les Slaves, c'est pour manifester clairement l'incohérence des néo-calendaristes. Car si c'est l'Église, comme ils le soutiennent, qui a changé le calendrier, pourquoi toute leur Église ne suit-elle pas le même nouveau calendrier liturgique ? Comment justifier un pareil chaos : dans la même Église, l'un célèbre la fête, tandis que l'autre jeûne, on célèbre deux fois l'an la Nativité du Christ qui ne S'est incarné qu'une fois, Noël tombe après la Théophanie, et autres absurdités ! Si le nouveau calendrier est meilleur, puisque corrigé, pourquoi tous ne l'adoptent-ils pas, et pourquoi suivent-ils le calendrier «ancien», à l'instar des «illettrés» que nous sommes, des «schismatiques privés du sacerdoce canonique» ? Or «ce qui est ancien, ce qui a vieilli, est près de disparaître» selon l'apôtre Paul ; quoique, pour nous, le calendrier en question ne soit nullement un calendrier ancien, mais celui de l'Église et des Saints Pères.

C. Ce n'est ni le petit ni le grand nombre qui a raison, mais l'Église du Christ. Nous faisons tous nos efforts pour rester fidèles au Canon de saint Vincent de Lérins et pour vivre ce qui a été cru «toujours, partout et par tous» dans l'Église. C'est pourquoi, selon ses recommandations, nous suivons les Pères et l'antiquité. Si nous sommes nombreux, nous nous réjouissons de ce que beaucoup savent la vérité ; si nous sommes peu, nous ne cessons pas de glorifier Dieu : trois hommes peuvent, selon les Saints, être l'Église Universelle ; et, comme le dit saint Maxime le Confesseur : un chrétien et Dieu, voilà la majorité !

D. À ceux qui aiment la vérité, nous disons qu'il faut être conscient de ce que l'on recherche. Les Pères disent : «Donne ton sang, tu recevras l'Esprit». Nous ne pouvons pas, d'un côté, rester attachés à nos petits plaisirs, aux biens de ce monde, et à un culte pratiqué par habitude, pour espérer, ensuite, apprendre la vérité dans une émission de télévision ! Dieu n'est pas le serviteur de nos curiosités ! Le Seigneur vient à notre recherche, en vue de notre bien éternel. Il nous a aimés le premier. Lorsque nous répondons à son Amour, Il Se fait connaître à nous ; et la Vérité nous libère des ténèbres. Dès lors, il devient possible de comprendre ce qu'il en est du calendrier des fêtes, quel enjeu s'y cache, et bien d'autres choses encore.

            C'est pourquoi nous disons qu'une confrontation entre des gens sérieux et informés aurait permis à l'auditeur moyen de se faire une idée moins fausse de l'enjeu spirituel ; ou tout au moins, de savoir où la chercher.

 

Vrai et faux dialogue

 

            On nous a également accusés de falsification, de manière déloyale. Celui qui nous accuse ainsi devait le faire publiquement, en nous laissant la faculté de répondre. C'est pourquoi un fidèle du nouveau calendrier a téléphoné durant l'émission pour dire qu'on aurait dû permettre à «l'autre parti» de s'exprimer. Les organisateurs devaient-ils attendre ce rappel de leur devoir, et des règles démocratiques les plus élémentaires ?

            Cela dit, nous n'avons aucun goût pour la manie des dialogues et des discussions à perte de vue qui sévissent actuellement, et où chacun s'écoute parler. Peu nous importe de passer ou pas sur les ondes : nous avons besoin de pleurer nos péchés et non pas de nous donner en spectacle ! Les dialogues que les néo-calendaristes conduisent depuis de si longues années avec les papistes, les luthériens, les calvinistes et autres hérétiques ; les rencontres, symposiums, prières communes et échanges d'étudiants et de théologiens, à quoi tout cela a-t-il abouti ? A-t-on jamais vu un seul hétérodoxe revenir à l'orthodoxie à la suite des milliers de dialogues, de compromissions et de transgressions des Canons ? Le seul résultat a été la décadence spirituelle lamentable de l'Église nouvelle calendariste, qui se dégrade un peu plus chaque jour, et qui s'est mise sous l'anathème des Saints Pères et des Canons.

            Si vous le souhaitez cependant vraiment, nous pouvons tous témoigner. Chacun de nous se tient prêt à «se défendre avec douceur et crainte, devant quiconque nous demande raison de l'espérance qui est en nous» (1 P 3 : 15). Nous expliquerons avec patience tout ce que nous croyons et pour quelle raison nous le croyons. Ensuite, que celui qui nous interroge compare nos dires avec la Tradition de l'Orthodoxie et, s'il trouve juste notre manière de faire, qu'il l'embrasse ; s'il ne la trouve pas juste, qu'il suive la Tradition ! Enfin, si quelqu'un se plaît à contester, qu'il sache, selon l'Apôtre, que nous n'avons pas cette habitude (1 Co 11 : 16).

 

L'Encyclique de 1920 et l'innovation

 

            À toute personne intéressée, nous recommandons de lire la fameuse Encyclique promulguée en 1920 par le patriarcat de Constantinople (Publiée par Jean Karmiris dans Monuments Dogmatiques et Symboliques de l'Église Orthodoxe Catholique t.2, Graz, Autriche, 1968, p.1055-1058). L'Église papale et les Églises protestantes y sont qualifiées de «cohéritières et co corporelles de la promesse de Dieu en Christ» : le patriarche nie donc ouvertement l'unicité et l'exclusivité de l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, qui est l'Église Orthodoxe, Une et visible. Cette négation constitue la base de la «théorie des branches» ou de «l'Église invisible». L'Encyclique trace, en outre, le programme futur de l'Œcuménisme, dont le premier point est le changement de calendrier, explicitement proposé comme un moyen de se rapprocher des hérésies occidentales.

            De multiples hérésies se trouvent à présent liées au nouveau-calendrier. Certains demandent ce que nous ferions si les néo-calendaristes revenaient au calendrier des Pères. Nous répondons qu'un retour sincère, fût-ce sur un point mineur, serait sûrement agréable à Dieu. Toutefois, nous l'avons vu, le pape lui-même a des milliers de fidèles qui suivent le calendrier Julien. Nous ne nous battons pas pour des jours de plus ou de moins ! Nous tâchons, Dieu aidant, de garder toute la Tradition. Si l'Apôtre Jacques dit que l'observateur de la Loi, s'il transgresse un seul commandement, devient coupable de tous, à quoi servirait-il de garder un point de la Tradition comme le calendrier et de fouler le reste aux pieds ?

 

La Pascalie n'est pas modifiée

 

            Un autre argument développé dans l'émission fut le suivant : le calendrier corrigé ne modifie rien à la date de Pâque et à toutes les fêtes du cycle pascal. C'est une erreur, et voici pourquoi.

1) Jérémie II Tranos, au XVIème siècle, avait déjà dû expliquer que le calendrier des fêtes fixes, ou Ménologe, est inséparable du cycle de Pâque ou Pascalie. Un seul maillon qui saute et la chaîne est rompue. Il est superflu, mais néanmoins nécessaire de rappeler combien le cycle des Dimanches, des carêmes et des fêtes se trouve altéré.

2) Nul n'ignore que l'Église de Finlande a adopté la date Grégorienne pour fêter Pâque, et cela depuis plus de dix ans.

3) Si les novateurs n'ont pas changé la Pascalie, ce n'est pas que l'envie leur en ait manqué. L'histoire prouve que ce qui les a retenus, c'est la crainte d'une division plus importante, car les indécis nous auraient rejoints. L'Église grecque, au Concile panorthodoxe de 1923, a accepté le principe du changement de la Pascalie. Voici le texte officiel de la réponse de l'Église de Grèce au «Concile panorthodoxe» de 1923 sur l'éventuelle adoption de la Pascalie grégorienne : «Le Synode des Hiérarques de l'Église de Grèce décrète : Il approuve la conclusion du mémoire de sa Béatitude le Primat du Synode, au terme de laquelle 13 jours sont ajoutés au Calendrier Julien, sans changer aucunement la Pascalie. S'il arrive pourtant que le Concile panorthodoxe réuni à Constantinople se détermine sur une autre solution pour la fête de Pâque, l'Église de Grèce l'accepte...

Question 3 : Est-il nécessaire de changer aussi la Pascalie, ou peut-on se contenter d'harmoniser les fêtes fixes avec les dates correspondantes du calendrier civil ?

Réponse : Après l'acceptation par l'Église du nouveau calendrier, pour les nécessités de cette vie, la mise en conformité du calendrier des fêtes mobiles apparaît aussi comme inéluctable, et même à court terme. Une raison supplémentaire pour introduire immédiatement l'harmonisation de la Pascalie est la grande signification morale et l'impression que produirait sur tout le monde civilisé le rapprochement, obtenu par le moyen de cette initiative spontanée, des deux mondes chrétiens, celui de l'Orient et celui de l'Occident, dans la célébration commune des grandes fêtes chrétiennes (Voir La vérité sur le calendrier ecclésiastique, Athènes, 1929, p.6-7).

4) L'unanimité des Pères a décidé que toutes les fêtes seraient célébrées en même temps par les orthodoxes, et non pas simplement celle de Pâque ! Jérémie II écrivait que les fêtes du Seigneur qui est né, qui a été baptisé, qui S'est transfiguré et qui a souffert une seule fois, ne sauraient être fêtées deux fois l'an, comme il arrive dans l'Église des néo-paléo-calendaristes. Si l'Église est une, comment pourrait-elle fêter deux fois Noël ? L'Église suit en cela le même ordre qu'en ce qui concerne la Divine Liturgie, qui n'est point célébrée deux fois sur le même autel, ou par le même prêtre, au cours de la même journée. Car l'Église nous sanctifie par cette connaissance, que le Christ nous a sauvé par une seule Incarnation, une seule Passion, et un seul Sacrifice offert pour l'éternité, «selon l'ordre de Melchisédek» (He 5 : 6).

 

Argument nationaliste

 

            Un argument politico-national a été avancé : l'existence d'un calendrier civil et d'un calendrier ecclésiastique créerait une difficulté pour la fête nationale grecque, qui tombe le 25 mars, jour de l'Annonciation. Eh ! bien, mais le journal officiel n°24 du 25 janvier 1923 reproduit le décret royal du 18 janvier 1923, portant que la fête nationale et toutes les autres fêtes de l'État seront fêtées selon le calendrier Julien. Admettons toutefois qu'un problème naisse de là. Devrons-nous changer la vie universelle de l'Église pour une fête nationale ? Devrons-nous, pour maintenir une concordance dans la célébration de notre fête nationale, renverser la Tradition de l'Église et nous diviser spirituellement ? Les Roumains, les Bulgares, et les autres peuples, en feront-ils autant, chacun changeant le calendrier selon sa fête nationale ? En Christ, il n'est plus «ni Hellène, ni Barbare», et l'Église ne connaît pas les barrières nationales.

 

L'Église a déjà modifié son calendrier

 

            Pour soutenir le droit au changement de calendrier, on a cité le cas des saints dont les fêtes tombent à des jours différents selon les endroits. Par exemple, l'Église Serbe fête sainte Catherine un jour plus tard que nous. Nous répondons que ces disparités ne portent pas atteinte à la vie ni à la Tradition de l'Église. Rien n'empêche l'Église, réunie un jour en Concile panorthodoxe, de remédier à ces menues divergences, dues aux malheurs des temps, à l'éloignement et à d'autres causes humaines. Cette mise à jour que nous évoquons n'a, bien entendu, rien à voir avec l'aggiornamento du calendrier des catholiques qui a consisté à retirer saint Georges, sainte Catherine, et d'autres, du calendrier des saints. Quant aux saints locaux, il est impossible, à cause de la «multitude des noms», comme le dit la Liturgie de saint Basile, de les mentionner tous dans les Ménées. En tout cas, la vie de l'Église n'en est pas altérée.

            D'autres exemples ont été cités. La fête de saint Jean Chrysostome, qui s'est endormi dans le Seigneur un 14 septembre, jour de l'Exaltation de la Sainte Croix, a été transférée au 13 novembre par l'Église, soucieuse d'honorer plus dignement et spécialement sa mémoire. De même, tout le corps de l'Église a décidé de déplacer la Transfiguration, originellement fêtée 40 jours avant le Grand Vendredi et, afin de la célébrer avec plus d'éclat, l'a placée hors du Grand Carême, au 6 août, c'est-à-dire quarante jours avant la fête de la Croix, qui est une sorte d'autre «Grand Vendredi».

            Ainsi, lorsqu'il se trouve des raisons théologiques, christologiques ou liturgiques, l'Église dans son universalité adapte son calendrier des fêtes à ses besoins spirituels, sans se soucier d'exactitude calendérique. Quant au nouveau calendrier, à quelle fonction théologique, christologique ou liturgique répond-il ? Non seulement il n'en remplit aucune, mais il a mis sens dessus dessous l'effort séculaire de l'Église pour arriver à une célébration commune. Il ne faut pas confondre l'acte de l'Église qui, lorsque deux fêtes tombent le même jour, déplace l'une d'elles ; et l'action brouillonne de quelques uns qui, contre toute raison, toute loi et toute harmonie, bouleversent les dates au mépris de la vie de l'Église.

            On a dit aussi dans l'émission que le calendrier Julien vient d'Occident et que dans son développement historique, il a été corrigé par l'intercalation de quatre-vingts jours. En quoi cela nous regarde-t-il ? Répétons-le : une planche n'est qu'un morceau de bois parmi d'autres; une fois qu'elle a reçu la forme et les couleurs qui en font l'icône du Christ, la planche sans prix ni beauté devient l'icône que nous vénérons. De même, le calendrier Julien n'était qu'un calendrier comme les autres. Guidée par l'Esprit Saint qui inspirait les Pères, l'Église inscrivit sur ce calendrier (hémérologion) son ménologe, sa Pascalie et son cycle dominical, ses jeûnes et ses fêtes, le transformant ainsi en calendrier des fêtes (heortologion), sacro-saint et divin, incarné dans la Tradition et dans la vie de l'Église et inséparable d'elles. L'Église ayant, dans des Conciles panorthodoxes, refusé, sous peine d'anathème, toute modification de ce calendrier des fêtes, son autorité s'en est trouvée renforcée et consacrée. Son usage multiséculaire le rend vénérable.

 

N'éteignez pas l'Esprit

 

            Un auditeur a téléphoné pour dire qu'avec le nouveau calendrier il était impossible que les «deux Pâques» coïncident, c'est-à-dire que tombent ensemble l'Annonciation de la Mère de Dieu et la Résurrection du Seigneur. La réponse fut que la chose est sans importance et n'empêche pas les chrétiens de goûter la joie de la Résurrection. La question n'est pas là. Il existe une prophétie faite par un saint de l'Église Orthodoxe, qui devait se réaliser «quand les deux Pâques coïncideraient». Si le nouveau calendrier interdit cette possibilité, n'est-ce pas une preuve de son caractère erroné, étranger à la Tradition et condamnable, dans la mesure où il fait mentir le saint ? L'Apôtre Paul ne disait-il pas aux Thessaloniciens : «Ne méprisez pas les prophéties» ?

 

Sagesse de ce monde et sagesse selon Dieu

 

            Un auditeur a souligné, au téléphone, que notre Christ n'a eu que douze disciples illettrés. Par ce rappel, il voulait signifier deux choses : que, lorsqu'il s'agit de la vérité, le nombre ne fait rien à l'affaire, non plus que la sagesse de ce monde. Et qu'a répondu l'animateur de l'émission ? Que l'apôtre Paul était professeur d'Université … ! S'il avait lu attentivement l'Écriture, il n'aurait pas parlé si à la légère. C'est pour notre instruction que le Christ notre Dieu n'a pas appelé Paul tout de suite, quoiqu'Il l'eût choisi dès le sein de sa mère. Tandis que les disciples illettrés recevaient immédiatement la grâce du tout Saint Esprit et la toute-Sagesse, Paul se noyait dans sa sagesse «universitaire», jusqu'à ce que le Seigneur le réveillât sur le chemin de Damas. Ne nous a-t-Il pas ainsi montré que l'homme doit se tenir en garde devant sa propre sagesse et ses propres forces ?

            Après avoir reçu la Lumière d'en-haut, qui purifia, sanctifia sa science et la rendit utile, Paul écrivit des choses admirables, pleines d'esprit de pénitence et d'émotion, sur la sagesse de ce monde, la folie de la prédication et la force de l'Évangile.

            Frères bien-aimés, pour qui le Christ est mort, vous devez vous aussi être circonspects à l'égard de votre « science universitaire », de peur qu'en étudiant trop chez les hérétiques et en vous fiant à vos propres forces, vous ne perdiez la Grâce de Dieu ! Sagesse, science et connaissance sont des dons de Dieu, mais sans la purification et la sanctification de l'Esprit Saint, elles deviennent ruineuses, comme l'électricité qui éclaire et qui peut tuer. Oui, des Pères Sages en tout domaine s'assemblèrent au Premier Concile œcuménique : mais qu'aurait-il été, sans le Théophore illettré qu'était Saint Spyridon, et le miracle de la tuile ? Il ne savait pas lire, mais les anges concélébraient avec lui et la mort même ne put résister à son ordre. De telles choses s'apprennent-elles à l'Université ? Et que serait, sans elles, notre Foi ?

 

La succession apostolique des Vrais Chrétiens Orthodoxes de Grèce

 

            Les nouveaux-calendaristes ont ensuite mis en doute la succession apostolique de nos évêques. Nos premiers évêques auraient été déposés par l'Église de Grèce, et le premier évêque ancien calendariste, ordonné par le Synode Russe Hors Frontière de Monseigneur Philarète...

Réponse : Pour ne pas alourdir l'exposé, nous résumerons les choses ainsi. Le Révérendissime Chrysostome de Florina revint le premier au calendrier des Pères : ce fut ensuite que la hiérarchie d'État le «déposa». Il n'avait jamais été déposé auparavant, et ne le fut que pour cette seule raison, son retour au calendrier de l’Église Orthodoxe. Tout homme sensé comprendra que, dans un tel cas, comme le dit Saint Cyrille, «nous n'acceptons pas leur injuste décision». L'évêque Chrysostome ordonna ensuite l'évêque Matthieu Carpadakhis de Vresthène. C'est de ce dernier que les anciens-calendaristes de Chypre tiennent le sacerdoce et l'épiscopat. Comment Papadopoulos peut-il dire, toujours avec autant de légèreté, que nous n'avons peut-être pas de sacerdoce ?

            En ce qui concerne le Synode Russe Hors Frontières du métropolite Anastase puis du métropolite Philarète, nous pouvons dire ceci. À cause des persécutions souffertes par les Vrais Chrétiens Orthodoxes, aussi bien en Grèce qu'en Roumanie et en Russie - sujet dont l'émission n'a pas soufflé mot … - les relations étaient quasiment interrompues entre nous. Les vrais chrétiens orthodoxes de Grèce n'avaient ni la possibilité d'étudier la théologie, ni celle de franchir la frontière ; la Roumanie de Ceaucescu était fermée ; les vrais chrétiens de Russie, dans les catacombes.

            Néanmoins, dans une lettre que nous avons reçue du métropolite Philarète, datée du 14 avril 1972, jour de saint Martin le Confesseur, Pape de Rome, on lit ceci sur le calendrier : «Ces condamnations (de 1583, 1587 et 1593) n'ont jamais été révoquées par un concile ultérieur. Elles gardent leur force et s'imposent à tous les chrétiens orthodoxes. L'innovation du nouveau calendrier a provoqué le schisme dans toutes les Églises locales qui l'ont adoptée. Ainsi la Grèce, Chypre, la Roumanie et maintenant la Bulgarie ont goûté le fruit de la désobéissance. Il est affligeant que le peuple n'ait pas pu se lever comme un seul homme et, tel une vague puissante, surmonter et refouler la marée des innovations... Notre Église Russe, en la personne de Monseigneur Anastase, Archevêque, puis Métropolite et primat de notre Synode, de bienheureuse mémoire, a protesté énergiquement et radicalement contre les innovations du nouveau calendrier, et des autres formes de modernisme introduites par le patriarche Mélétios Métaxakis de triste mémoire, lors du conciliabule de Constantinople en 1923, et qu'on appelle à tort «panorthodoxe», puisque ni le patriarcat d'Alexandrie, ni celui de Jérusalem, ni l'Église de Chypre n'y étaient représentés. La majeure partie des hiérarques de l'Église de Constantinople avaient refusé d'y prendre part, pour protester contre l'anti canonique élévation de Mélétios au patriarcat Œcuménique, imposée de force par la puissance politique. Le Métropolite Antoine, alors primat de notre Église, a également protesté contre la réforme du calendrier, dans sa correspondance avec les patriarches orientaux, et il a reçu des réponses qui confirmaient sa position. Ainsi donc, gloire et honneur, selon les paroles du Saint Apôtre Paul, à tous ceux qui gardent les Traditions et la Foi telles que nous les avons reçues sans ajout ni suppression, quelque calomnie ou persécution qu'il leur faille endurer». C'est sur ce texte officiel que reposait notre opinion sur le Synode russe.

 

Les divisions des Vrais Chrétiens Orthodoxes de Grèce

 

            Les organisateurs de l'émission n'ont pas manqué de signaler que nous sommes huit juridictions. Si nous voulions recenser les absurdités des « hiérarchies officielles » grecque ou chypriote, il faudrait un livre entier. Quand Jérôme Cotsonis s'empara, grâce aux puissants de ce monde, de l'Église, alors que l'Archevêque Chrysostome était encore en place, combien l'Église d'État eut-elle alors d'Archevêques d'Athènes ? Quand Mélétios Métaxakis, membre, depuis mars 1919, de la loge maçonnique Harmonie de Constantinople, chassé de la Métropole de Kition, devint Patriarche œcuménique, n'avait-il pas déjà été déposé par l'Église Grecque … ?

            Certes, nous ne pratiquons pas la politique de l'autruche à l'égard de nos propres faiblesses humaines. Nous essayons d'y remédier peu à peu, avec la Grâce de Dieu, et il faudra du temps, comme pour le schisme historique entre Paulin d'Antioche et saint Mélèce.

            Enfin, à qui la responsabilité des présentes divisions incombe-t-elle ? Aurions-nous eu tant de crises, sans votre maudite innovation ? N'est-ce pas l'introduction du calendrier qui a provoqué ces schismes, comme Monseigneur Philarète le disait à l'instant, et comme vos historiens impartiaux l'ont eux-mêmes reconnu ?

            J'entends bien : il fallait «pratiquer ceci sans omettre cela», garder la Tradition Orthodoxe et conserver le bon ordre de l'Église. Tous nos problèmes internes, cependant, ne changent rien au fait de l'innovation elle-même. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs : que l'on s'entende sur la Tradition et le calendrier qu'il convient de garder, le reste viendra ensuite.

            À quoi servirait une unité extérieure et administrative, si les points les plus graves de la Foi sont ébranlés ? L'Église du pape au Vatican jouit d'une telle unité : elle compte trois fois plus de membres que nous. À quoi bon pourtant ? Puisqu'elle gît dans l'hérésie depuis des siècles.

 

Exhortation fraternelle

 

            L'on nous reproche parfois d'oser, nous le petit nombre, traiter de schismatiques les orthodoxes officiels et plus nombreux. Mais n'appelons-nous pas hérétiques le pape et ses millions de fidèles ?

            Très chers frères ! Si vous étudiez l'histoire, vous verrez que ce n'est pas nous, mais vos propres hiérarques et historiens, qui reconnaissent que vous avez créé un schisme dans l'Église.

            Il ne faut pas confondre les fautes personnelles avec le changement de loi que représente le calendrier. Anciens et nouveaux-calendaristes ont tous des fautes humaines. Mais le calendrier touche à la Foi. Il n'est donc pas juste de dire que c'est par égoïsme que les anciens-calendaristes ne fréquentent par les églises du nouveau. Participer aux mêmes prières reviendrait pour eux, en effet, à consentir aux innovations et aux actes œcuménistes, et à se rendre co-responsables devant le tribunal du Christ. L'amour peut-il aller sans la Foi et la Vérité ? Peut-on par sympathie humaine fréquenter une Église ? Prétendre aimer des frères tout en restant indifférent à leur éternité ?

            Non, frères très chers ! Mais, comme l'a dit quelque jour le Patriarche Anthime : que l'on rejette l'innovation, si innovation il y a, et où qu'elle soit ; que l'on rejette l'œcuménisme, si œcuménisme il y a, et où qu'il soit ; que l'on rejette le modernisme, si modernisme il y a, et où qu'il soit. Alors nous n'aurons plus besoin d'émissions ni d'articles polémiques : tous, d'une seule bouche et d'un seul cœur nous adorerons le Christ Sauveur qui nous a aimés jusqu'à la mort, et la mort de la croix : nous serons une seule Église, dans l'Esprit et la Vérité ! Qu'il en soit ainsi, par les prières de notre Souveraine la Mère de Dieu et de tous les Saints qui depuis le commencement ont plu au Seigneur et que les uns et les autres honorons et glorifions ! Amen.

La seconde émission aussi partisane que la première

 

            L'émission du 7 juillet 1993 s'est déroulée dans les mêmes conditions que la précédente : malgré le vœu d'un auditeur qui avait téléphoné lors de la première, demandant que soit organisé un débat contradictoire pour que l'on puisse entendre les deux côtés, les anciens-calendaristes n'ont toujours pas été invités. Dès lors à quoi bon multiplier les émissions ? Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son, la ferait-on sonner des milliers de fois. C'est pourquoi nous jugeons nécessaire de faire entendre à nos concitoyens le deuxième son. Que chacun décide ensuite pour lui-même, devant Dieu, selon les exigences de sa conscience.

            Il serait très long de reprendre un à un tous les points abordés, mais une question primordiale se pose, qui emporte la solution du reste. De deux choses l'une, en effet : ou bien le changement du calendrier est un acte d'Église, ou bien il n'est pas tel. Dans le second cas, il ne sert de rien de présenter d'autres difficultés aux anciens-calendaristes. Dans le premier, si c'est l'Église qui a changé le calendrier, ce changement s'impose à tout le corps de l'Église, depuis l'instant où la décision en fut prise par un Concile qui, selon M. Phédon Papadopoulos, «ne diffère d'un Concile œcuménique que par le nom». Mais remarquez bien l'incohérence de ce théologien. Le même Papadopoulos a, en effet, qualifié le père Épiphane Théodoropoulos de «saint nouvellement manifesté» de l'Église ! Or ce dernier traitait le Concile en question de «totalement insensé», «très mauvais», «inconsidéré», «de nulle utilité», il le considérait comme une «faute» introduisant «la division, (Le père Épiphane Théodoropoulos, théologien de l'Église d'État, dans son livre « Les Deux Extrêmes » se présentait comme partisan d'une voie moyenne entre l'œcuménisme et le zélotisme des anciens-calendaristes. Selon lui, on devait lutter contre les innovations, mais sans rompre la communion avec les novateurs qui restent l'Église. Les termes cités se trouvent dans son livre, « Ta Duo Akra ». Or le temps a vite montré l'impuissance de cette résistance «interne»)» ! Quelle division peut-il y avoir entre les fruits du Saint Esprit ? L'Église guidée par l'Esprit Saint aurait pris une décision ; un prêtre se lève pour la déclarer «insensée» et nous ensuite le proclamerions … «saint» !

 

Les demi-mesures d'Épiphane Théodoropoulos

 

            Voici ce que déclare Épiphane Théodoropoulos : «L'Église de Grèce est restée, malgré le changement absolument insensé et inutile, une portion canoniquement saine de l'Église Orthodoxe universelle». Ainsi nous aurions, comme dit le proverbe, «le beurre et l'argent du beurre» : nous pourrions tranquilliser la conscience des néo-calendaristes «conservateurs» et donner satisfaction aux «libéraux». Toutefois, cette nouvelle ecclésiologie est totalement hérétique. Elle fera rire, sans doute, les ennemis de l'Église, mais ne suscitera que des larmes d'amertume chez tout orthodoxe un tant soit peu sérieux et conscient. C'est d'elle pourtant que se réclame M. Phédon Papadopoulos, en bon disciple de son maître, puisqu'il a dit mot pour mot, à propos du calendrier, qu'il est possible «d'introduire cette innovation sans toucher à la Foi» … Un autre théologien de l'Église officielle, le père Philothéos Zervakos, higoumène du monastère de la Source Vivifiante, à Paros, appelait le nouveau calendrier «une innovation diabolique». De quels pères M. Papadopoulos a-t-il reçu une foi mêlée d'innovations, et de surcroît, diaboliques, nous l'ignorons !?

            Comment l'Église pourrait-elle nous guider de manière insensée, vaine, inconsidérée, erronée, très mauvaise, portant la division, et demeurer l'Église ? L'Église ne peut se tromper, et c'est bien pourquoi les partisans du pape ont été contraints de forger le dogme de l'infaillibilité papale, pour conférer un tel caractère à chacun de leurs égarements successifs. Notre Église a uniquement pour tête le Christ Sauveur qui, selon sa promesse, reste avec nous jusqu'à la fin du monde et conduit l'Église dans l'Esprit Saint vers toute la Vérité. C'est donc un blasphème absurde et irrecevable que de dire que des pasteurs peuvent nous conduire de manière vaine, fausse et inconsidérée, et que nous devrions continuer de les commémorer pour ne pas tomber dans le schisme. Au contraire, Saint Mélèce le Confesseur nous enseigne : «Résistez même aux évêques qui vous suggèrent avec perfidie des pensées, des paroles et des actes nuisibles».

            Nous avons appris de nos prédécesseurs que «les Divins Pères qui ont tout disposé avec sagesse» ont fixé le mode et les temps du culte Divin, garantissant ainsi notre unité liturgique, de manière que nous, tous les Orthodoxes du monde, nous adorions Dieu d'une seule bouche et d'un seul cœur, sans que l'un soit en train de jeûner pendant que l'autre célèbre la fête. Voilà l'unité dans la prière, l'unité de l'Église ; quant aux choses insensées ou qui provoquent la division, nous n'y prêtons aucune attention.

            Le théologien Delembase dit avec justesse : «L'innovation du nouveau calendrier n'a pour lui aucun argument véritable. Toutes les tentatives faites pour le justifier ne sont que des thèses anti patristiques et des prétextes non-orthodoxes. Elles ont néanmoins impressionné beaucoup de personnes, à cause de la présentation fallacieuse qu'en ont fait des érudits et des hiérarques, qui, sans aucun respect pour la vérité et reniant la Foi Orthodoxe, sont devenus les pervers ouvriers de l'apostasie anti christique (Pascha Kyriou, p.705)».

 

L'argument majeur des néo-calendaristes

 

            Les deux émissions nous ont fait entendre à satiété le même air : «L'usage de tel ou tel calendrier n'a aucune importance, et la date de chaque fête est indifférente». Nous répondons que ce que vous dites n'a aucune importance : seule en a la voix multiséculaire de l'Église. Vous devez ou revenir sur votre erreur et la corriger, ou vous justifier. Or que dites-vous ? «C'est un point sans importance». Les nestoriens, les iconomaques, les latins et les autres hérétiques n'en disent-ils pas autant pour leurs dogmes ? Et l'Église authentique les a-t-elle suivis ? Et ne disent-ils pas aussi : «Où est-il dit dans le Credo que la Mère de Jésus est Théotokos, Enfantrice de Dieu ?», «Où est-il écrit qu'il faut vénérer les icônes», «Où le Credo précise-t-il que l'Esprit procède du Père seul ?» Cependant l'Église a répondu sur tous ces points. De même, ce n'est pas à vous à déterminer ce qui est important et ce qui ne l'est pas. Seule l'Église a autorité pour cela et le fera.

            Pensez-vous être les premiers à avoir utilisé cet argument ? Et s'il a été formulé dans le passé, quelle réponse l'Église a-t-elle donnée à ceux qui disaient : «Ce n'est pas dogmatique, c'est un point sans importance ?»

            L'Église a répondu que, si nous supposons que la chose est sans importance, il convient de suivre la tradition des Pères. Ce n'est pas parce qu'une chose est sans importance qu'il convient d'agir selon notre guise. Au XVIème siècle, les partisans d'idées analogues aux vôtres, qui déclaraient que le calendrier fait partie des «choses indifférentes» s'attirèrent cette réponse du Patriarche d'Alexandrie, Mélétios Pigas : «Eh ! bien, mais c'est une raison de plus pour suivre les Saints Pères, si la chose est indifférente. Quoi donc ? N'est-il pas plus juste et plus pieux, dans les choses indifférentes, de se trouver conformes aux Pères Théophores ?» «Si nous nous écartons (des Pères), dit Saint Athanase le Grand, nous devenons étrangers à leur communion» (BEPES 33, 172). Ce qui ne signifie pas assurément que Mélétios Pigas considérât la chose comme indifférente, mais il prenait les innovateurs à leurs propres paroles. Mélétios connaissait l'histoire de Naboth (3 Rois 21 : 3-16), qui préféra perdre la vie plutôt que d'abandonner l'héritage qui lui était échu, tant il honorait son père selon la chair. Et il s'agissait d'une vigne ! Et nous abandonnerions nos Pères spirituels qui nous ont engendrés en Christ et, entre mille héritages, nous ont transmis le mode et les temps du Culte Divin !

            Selon l'historien Sozomène, les hérétiques Novatiens croyaient que chacun peut célébrer les fêtes selon son bon plaisir : «que la diversité des fêtes n'était pas une cause telle de division de l'Église qu'elle méritât considération (Migne, PG 47,360)». Tel ne fut pas l'avis des Pères, que nous voyons s'inquiéter infiniment, dès avant le premier Concile œcuménique et dans toute la suite, des divisions produites par la célébration des fêtes. Ils ont beaucoup peiné pour amener l'accord et la symphonie en cette matière, et n'ont pas dit à ceux qui fêtaient Pâque différemment - comme les néo-calendaristes d'aujourd'hui - : «Cela n'a pas d'importance, fêtez quand vous voudrez et nous fêterons nous aussi quand bon nous semblera». Loin de là ! L'Église Une se devait de trouver une solution théologique, christologique, traditionnelle, obligatoire et commune pour tous. Il ne s'agit pas d'un mauvais raccommodage. Quel fut le modèle des Pères ? La Sainte Écriture. Quand donc l'Esprit Saint descendit-Il sur les Apôtres, dont nous fêtons aujourd'hui la synaxe ? Ce fut «alors qu'ils se trouvaient tous assemblés unanimement en un même lieu». L'Écriture ne dit pas que la moitié d'entre eux étaient montés dans la chambre haute, tandis que l'autre moitié allait le faire treize jours plus tard ! Et dans l'Ancien Testament, Dieu dit : «Toute l'assemblée des fils d'Israël fera cela», et non lorsque chacun voudra. Ou bien, serait-ce que le calendrier des Hébreux était scientifiquement plus exact que le calendrier dit Julien ?

 

Détournement des écrits de Saint Paul

 

            Pour prouver que la question du calendrier «n'a guère d'importance», les néo-calendaristes ont cité Paul : «Vous observez les jours, les mois, les temps et les années ! Je crains d'avoir inutilement travaillé pour vous» (Ga 4 : 10-11). Que font-ils d'autre que crier plus fort pour avoir raison ? Qui ignore, en effet, que ce passage a d'abord été cité par les partisans de la tradition, précisément contre les innovateurs qui plaçaient l'exactitude scientifique au-dessus de l'unité liturgique et spirituelle de l'Église ?

            La vérité est qu'on ne saurait sérieusement citer un passage de la Sainte Écriture sans connaître le sens que lui donne et la Tradition et l'Histoire de l'Église. Comment l'Église a-t-elle compris ce texte de Saint Paul ?

            La commission du Patriarcat œcuménique convoquée pour statuer sur l'exposé présenté par l'astronome smyrniote Épaminondas Polydorou rendit, le 5 septembre 1902, la sentence que voici : «Examinant la question du point de vue de l'Église, (la commission) ne trouve rien qui justifie cultuellement la nécessité de rompre avec la pratique ecclésiale consacrée par les siècles, et de remplacer le calendrier jugé astronomiquement imparfait par un autre supposé plus parfait, pour respecter l'exactitude astronomique dans la célébration de la Résurrection vivifiante du Seigneur. Célèbrent la fête d'une manière agréable à Dieu non pas ceux qui soignent l'exactitude astronomique en observant les temps, mais ceux qui observent exactement la pureté de l'âme, selon l'Apôtre. Le fait d'observer les jours, les temps, les années et les nouménies témoigne d'une foi encore infantile et suffit à rendre étranger à l'Esprit vivifiant du Christ, et à faire retomber dans la lettre morte du judaïsme et du pharisaïsme».

            Avant d'organiser leurs émissions, les néo-calendaristes devraient donc y regarder à deux fois : M. Papadopoulos a répondu à une auditrice que le nouveau calendrier était «astronomiquement plus exact». Croient-ils que nos Pères ont ignoré l'astronomie ? Au contraire, ils savaient que les rectifications scientifiques n'ont pas de terme assigné, comme l'écrivait Mélétios Pigas : «le besoin de nouvelles corrections se faisant toujours sentir, indéfiniment, pour autant du moins que durera le monde présent».

            Que répondait, quatre siècles auparavant, le Patriarche Jérémie II, à ceux qui voulaient, sous prétexte d'astronomie, enchaîner l'unité liturgique de l'Église au char du scientisme et du modernisme ? «Même si le temps et le mouvement des luminaires célestes provoque quelque irrégularité dans la fixation de la Sainte Pâque, cela du moins n'offense en rien la piété (Delembase, Pascha Kyriou, p.577)». Il écrivait au doge de Venise, Nicolas Daponte que nous n'avons pas besoin de recourir sans cesse aux astronomes pour corriger notre calendrier des fêtes : «...le divin Clément et le Concile de Nicée ont tout bien considéré et composé une règle calendérique excellente et perpétuelle, qui ne nécessite pas le recours permanent aux astronomes». Ceux qui vont à chaque fois trouver ces savants, voilà les chronolâtres. Certainement pas nous ! Comment pourrait-on nous appliquer le passage de Saint Paul, alors que ce n'est pas le temps qui nous soucie, mais la Tradition, les Lois de l'Église et son Unité dans la prière que définit saint Ignace dans sa Lettre aux Magnésiens : «Une seule prière, une seule supplication, une seule pensée, une seule espérance dans l'amour, dans la joie irréprochable, qui est Jésus-Christ, Lui meilleur que tout. Courez tous vous rassembler dans le même temple de Dieu, au pied du même autel».

            Saint Jean Chrysostome interprétait ainsi le texte de Paul, dans sa onzième homélie : «...nous n'observons ni les jours ni les temps ni les années, mais nous suivons partout très fidèlement l'Église, préférant à toute chose l'Amour et la Paix. Quand bien même, en effet, l'Église se serait ici trompée, le bien qui résulterait de la correction des dates ne serait pas si grand que le mal qui sortirait de ce schisme et de cette division... Ne cherche donc qu'une seule chose : que nous fassions toute chose dans la paix et la concorde; de crainte que, tandis que nous jeûnerons et que le peuple entier, ainsi que les prêtres, présenteront leurs supplications communes pour toute la terre, tu ne restes seul à t'enivrer chez toi. Voyez combien un tel acte relève de l'opération du diable et enveloppe non pas un, ni deux, ni trois péchés, mais une multitude. Aussi bien l'Église ignore-t-elle l'exactitude en matière de temps; mais, puisqu'il a plu, à l'origine, à tous les Pères autrefois séparés de se rassembler et de fixer cette date, l'Église qui honore toujours la symphonie et qui aime la concorde, a accepté leur décret. Rien ne saurait vraiment diviser l'Église autant que l'amour du pouvoir. Rien n'irrite tant Dieu que de diviser l'Église... C'est pourquoi je vous dis et je vous proteste qu'il n'est pas moins grave de faire un schisme dans l'Église que de tomber dans l'hérésie» (PG 48, 861 sqq).

            Le VIème Concile œcuménique dit, dans le même sens que «l'Église de Dieu répandue sur toute la terre [doit] mener le jeûne en suivant une même ordonnance». Que les uns jeûnent pendant qu'un autre est ivre, voilà qui renferme une multitude de péchés : or c'est à quoi aboutit le néo-calendrier, qui célèbre Noël pendant que les Vrais Chrétiens Orthodoxes jeûnent.

            Par amour du pouvoir, les innovateurs ont donc fait le contraire de l'Œuvre des Pères, qui avaient tant travaillé pour l'unité. Où régnait la concorde, ils ont mis la division et ils ne rougissent pas de dire : «Cela n'a rien de dogmatique !», tout en se nommant eux-mêmes Église et réclamant l'obéissance à leur apostasie ! Il ne suffit pas qu'ils soient en communion entre eux pour être l'Église. Comme le dit saint Théodore le Studite : «Il ne sert de rien qu'ils aient réuni des Conciles importants et des participants très nombreux, et qu'ils se soient eux-mêmes intitulés Église de Dieu, qu'ils aient ensuite fait semblant de respecter les canons, alors que leur vrai mobile les anime contre les canons... Un concile ne consiste pas dans le simple rassemblement d'évêques et de prêtres, quelque nombreux qu'ils soient - car mieux vaut un qui fait la volonté de Dieu que des milliers qui la transgressent - mais dans le pouvoir de lier et de délier au Nom du Seigneur, dans la Paix et la garde des Canons, et non pas au petit bonheur, mais en suivant la Vérité, les Canons et la Règle de la rigueur».

            Théodoret de Cyr, au Vème siècle, écrit : «Or, puisque la lumière spirituelle a dissipé ce brouillard, partout, sur la terre et la mer, habitants des îles et du continent célèbrent en commun les fêtes de notre Dieu et Sauveur, et où que l'on désire porter ses pas, soit vers l'orient, soit vers l'occident, partout l'on voit la panégyrie célébrée à la même date» (PG 83, 1241). Saint Épiphane de Salamine de Chypre parlait aussi de : «garder les mêmes jours pour les vigiles, les supplications et la concorde, pour le jeûne, l'abstinence, la tempérance...» (PG 42, 371). Et saint Constantin le Grand dans sa lettre : «...comme il est inconvenant et effroyable que les uns soient en train de jeûner, pendant que les autres festoient».

            Tels sont les auteurs que l'on aurait aimé voir citer par M. Phédon Papadopoulos, puisqu'il sort d'une « École de théologie », au lieu de l'entendre réciter le mythe du «concile qui ne le cède que pour le nom à un concile œcuménique». Nous renvoyons au livre La Vérité sur le Calendrier de l'Église (Athènes, 1929) qui relate tous les abus de pouvoirs et manœuvres de coulisse de Chrysostome Papadopoulos. Le nouveau calendrier ne s'est pas introduit dans l'Église par la porte des brebis, mais hélas en passant par une porte dérobée, tout comme un brigand et un voleur.

 

Le calendrier est une tradition de l'Église

 

            Les néo-calendaristes appellent le nouveau calendrier, non pas «Grégorien» ou «papal», mais «Julien rectifié», pour dissimuler leur innovation. Et que soutiennent certains d'entre eux ? Qu'ils n'ont pas changé la Pâque, parce qu'il existe un canon sur la date de Pâque, mais qu'ils ont changé les fêtes fixes, parce que nul canon ne les en empêchait. Cet attachement judaïque à la lettre des canons est inconnu de l'Église et de sa Tradition. Comme le dit saint Basile le Grand, aucun Canon n'impose de faire le signe de croix ou de se tourner vers l'orient pour prier. Pouvons-nous en déduire que ce ne sont pas des dogmes, ni des points essentiels pour le salut ? La tradition ne divise pas le ménologe d'avec la Pascalie : ils forment un unique calendrier des fêtes, selon lequel l'Église Une, fête d'une voix unanime, une fois l'an, chacune de ses fêtes.

            Jérémie II écrivait au Doge de Venise, Nicolas Daponte en 1583 : «Nous ne sommes pas au-dessus des Canons de l’Eglise - beaucoup ont ici dévié de la voie droite - mais nous les accomplissons avec obéissance, utilisant dans la mesure du possible, pour l'édification, l'autorité que nous a donnée le Seigneur dans notre Église, qui tient des Saints beaucoup de discours, de témoignages, de Canons, et autres textes lus dans l'ordre durant toute l'année, et si nous rompons un maillon de cette chaîne d'or, nous porterons inutilement un coup qui ruinera l'ensemble... puisque, par la Grâce de Dieu, l'ancienne et la nouvelle Rome ont jusqu'ici célébré ensemble et comme il se doit, une seule fois l'an, l'unique Christ qui a souffert une seule fois la passion, à quoi bon cette confusion et ce scandale des fameux dix jours, qui atteint le monde entier. (Décalage de dix jours au départ, devenu de treize au vingtième siècle.) ?»

            Depuis des siècles, nous expliquons aux Protestants que, conformément à l'Écriture Sainte, notre Tradition est de deux sortes : écrite et non écrite, et qu'il n'est nullement nécessaire qu'une institution de l'Église se retrouve dans l'Écriture ou sous forme de Canon pour avoir force de loi. Le décret du VIIème Concile œcuménique dit : «Nous gardons, sans y introduire d'innovation, toutes les traditions, écrites et non écrites, de l'Église qui nous ont été transmises comme des lois sacrées... Pour ceux qui osent penser ou enseigner autrement, ou selon les hérétiques impurs, rejeter les traditions de l'Église ou inventer quelque innovation... ou imaginer des manœuvres et des artifices pour renverser ne serait-ce qu'une seule des traditions légitimes de l'Église catholique... nous ordonnons, s'ils font partie du clergé, de les déposer, et s'ils sont moines ou laïcs, de les priver de la communion». Les hérétiques d'alors disaient : «Vous adorez des planches et des couleurs. Et quel canon l'ordonne ?» «Où est-il écrit qu'on doive vénérer l'icône du Christ ?» (PG 99). Les novateurs d'aujourd'hui disent : «Vous observez les temps». La vénération des icônes n'en constituait pas moins, avant d'avoir été codifiée, une tradition légitime de l'Église Catholique. (Catholique dans le sens exact du terme, c’est-à-dire universel)

            Le VIIème Concile œcuménique, sachant parfaitement cela, ajoute à son décret cette proclamation : «Nous anathématisons ceux qui ajoutent ou retranchent quelque chose à l'Église catholique... Si quelqu'un rejette une Tradition, quelle qu'elle soit, écrite ou non écrite, de l'Église, anathème !» Saint Taraise, s'adressant aux empereurs, dans le même Concile, déclare : «Au lieu de paix, ils ont appelé la guerre sur le peuple, au lieu de bon grain, ils ont semé l'ivraie dans le champ de l'Église... Le jugement vrai et très droit de l'Église ne tolère qu'on introduise en elle aucune innovation, ni qu'on en ôte la moindre chose !» Telle est la différence entre le calendrier traditionnel et le nouveau : tandis que le premier est légitime, l'autre n'est qu'ivraie.

            Saint Épiphane de Chypre dit : «...l'Église ne peut pas ne pas agir ainsi, ayant reçu cette Tradition des Pères. Or, qui pourrait annuler le précepte d'une mère ou la loi d'un père ? Comme il est dans Salomon : Écoute mon fils, les paroles de ton père et ne rejette pas les préceptes de ta mère (Pr 6 : 20), montrant que l'enseignement a été donné à la fois écrit et non écrit par le Père, c'est-à-dire Dieu, le Fils Unique et le Saint Esprit, et que notre Mère l'Église a en elle des préceptes absolus, qui ne sauraient être annulés !» (PG 42, 516). Le calendrier est l'un de ces préceptes.

            Saint Grégoire de Nysse, en effet, dit ceci : «Il suffit, pour notre démonstration, de tenir de nos Saints Pères cette tradition» (PG 45, 653). Le nouveau calendrier n'est pas un précepte des Pères, il est né de l'appétit du pouvoir de Chrysostome Papadopoulos et de Mélétios Métaxakis. Comme le dit le IVème Concile œcuménique : «Suivant en tout les décisions des Saints Pères». Quel Père les nouveaux-calendaristes suivent-ils ?

            Le Concile Quinisexte, dans son premier Canon, déclare : «Commençant avec la Grâce de Dieu ces paroles sacrées, nous décidons de conserver sans innovation ni altération la Foi qui nous a été transmise... car nous affirmons formellement, avec toute la force que nous pouvons, qu'on ne peut faire ni la moindre addition ni la moindre soustraction à ce qui a déjà été défini», rejoignant Saint Athanase le Grand (PG 26, 593, 638).

            Que M. Phédon Papadopoulos cesse donc de dire que son calendrier «Julien corrigé» ne saurait être «appelé Grégorien». Qu'il soit l'un ou l'autre, il innove. Du reste, comment peut-on dire que c'est, dans notre bouche, une injustice que d'appeler ce calendrier Grégorien, quand les meilleures sources en Grèce, ecclésiastiques ou profanes, en font autant ? Citons simplement la grande Encyclopédie Orthodoxe Religieuse et Morale de Martin (tome 6, p.49) et l'Histoire du Peuple Grec (tome 15, p.260).

            Que disait le métropolite Irénée de Cassandre, en 1929, dans son Mémoire au Synode de la Sacrée Hiérarchie de l'Église de Grèce ? «Je considère comme un devoir sacré de dénoncer comme un acte audacieux, anti canonique et comme une plaisanterie dans des choses qui ne souffrent pas plaisanterie, la modification ou complémentation, ou rectification, ou de quelque nom qu'on veuille la nommer, du calendrier Julien, qui, ne formant qu'un même tissu avec toute la vie de notre Église, lié à son sort pour le meilleur et pour le pire des vicissitudes qu'elle a connues, associé aux anniversaires des grands martyrs de notre Église, et, d'une manière générale, à tout le cycle des fêtes de notre Sainte Église Orthodoxe, constitue sa marque la plus caractéristique, qui garde, comme un ange gardien, la Foi, les Traditions, les us et coutumes de tous ses enfants dispersés sur la surface de la terre, et leur rappelle qu'en célébrant les fêtes selon lui, ils appartiennent à l'Église Une du Christ, la seule qui a l'antiquité pour Elle et qui n'a point varié». Et le même Irénée de Cassandre confessa dans le Synode : «La question du calendrier fait partie du programme moderniste, qu'ils ont tenté, dans ces derniers temps, d'introduire dans l'Église autocéphale de Grèce et il convient de l'examiner comme telle».

            Telles sont les paroles et la confession d'un évêque néo-calendariste, cinq ans après le Concile que M. Phédon Papadopoulos égale en autorité aux Conciles œcuméniques ! Pour nous, nous ne savons qu'ajouter à ces paroles, sinon ceci : comme notre Foi, selon l'Évangile, est morte si elle reste sans œuvre, nous sommes tenus de confirmer notre confession par nos actes et de rompre avec les innovateurs, comme l'ordonnent tous les Saints Pères et les Canons sacrés. Si nous agissions autrement, la hiérarchie novatrice nous laisserait tranquilles et poursuivrait la réalisation de son programme moderniste. Nous sommes un obstacle pour eux, c'est pourquoi ils nous persécutent ou, quand ils ne peuvent le faire, nous appellent «schismatiques».

            C'est l'opposition des «anciens-calendaristes» qui a empêché l'adoption de la Pascalie papale, laquelle a néanmoins été admise en Finlande depuis 1917. Tous les évêques finlandais ont reçu, en récompense, des titres de métropolites au cours de la dernière décennie. Ce n'est qu'une question de temps et de stratégie, comme le laisse clairement entendre M. Phédon Papadopoulos quand il déclare que «il est mathématiquement certain qu'il sera adopté par toutes les Églises». C'est pourquoi ils s'efforcent d'émousser la conscience et la sensibilité orthodoxes des fidèles, réalisant peu à peu leur projet, véritable apostasie !

            Le diable ne chôme jamais, mais il a trouvé dans les années 20 des hiérarques capables d'imposer le nouveau calendrier : le franc-maçon Mélétios Métaxakis, Chrysostome Papadopoulos et Anthime de Bizyè, puis de Maronée. Ce dernier fut le théoricien du nouveau calendrier. Dans son livre « La Question du Calendrier », paru à Constantinople en 1922, il déclarait que l'adoption de son système calendérique permettrait d'économiser des tonnes de papier et d'encre d'imprimerie. Il écrivait (p.7) : «Le principal objet que vise le présent ouvrage est de démontrer que la réforme du calendrier Julien s'impose nécessairement, en accord avec les résultats et affirmations de la science». Et ailleurs : «De toute nécessité, il est impératif de trouver et de mettre en pratique un autre calendrier, dans lequel chaque date du mois tombera aussi un jour fixe dans la semaine» (p.101 et 120). Par exemple, le 25 mars sera toujours un samedi. Le même auteur nous apprend (p.102 - 106) qu'il avait présenté au saint Synode du Patriarcat de Constantinople une suggestion pour stabiliser la date de Pâque, laquelle fut transmise au gouvernement anglais ! «Dois-je gémir sur son impiété ou détester son ignorance ?» (Saint Basile le Grand, PG 31, 476).

            Nos bons amis les « théologiens radiophoniques » nous disent qu'avec le calendrier que nous suivons, nous nous trompons de date, notre 25 Mars n'étant pas le 25 mars astronomique ! Mais peu nous chaut l'astronomie ! Nous savons qu'en ouvrant nos Ménées au 25 mars, nous «résumons les temps en image, selon nos forces», comme dit saint Jean Chrysostome (PG 59, 752), afin «qu'il y ait une même symphonie et une même confession, une seule fête célébrée pour manifester l'unité de l'Église» (Épiphane de Chypre, PG 42, 359) et que tous les orthodoxes, de Chypre, de Grèce, d'Europe, d'Australie, d'Amérique ou de Laponie, dans le même temps - autant que le permet la sphéricité de la terre - ouvrent la bouche pour chanter d'un seul cœur : «Aujourd'hui c'est la révélation de notre salut...»

            Ce n'est donc point nous qui nous inquiétons des temps, mais bien Monsieur Phédon Papadopoulos, selon ses propres dires. Nous savons que le temps, du fait du péché, a été soumis, comme le reste de la création, à la vanité et que, dans la forme où nous le connaissons à présent, il ne subsistera pas mais sera détruit. Saint Basile le Grand dit : «La nature du temps qui s'écoule accompagne ce monde corruptible. Il est, en effet, étroitement lié et apparenté aux choses visibles : il s'en va conjointement aux choses qui se meurent, il accompagne dans l'existence celles qui naissent et deviennent, il partage l'attente et l'espérance de celles qui sont encore à venir» (PG 30, 232).

            Notre équinoxe est conventionnel et point astral; nous judaïserions si nous le changions. Quand nous parlons d'équinoxe du printemps, nous nous plaçons du point de vue de l'hémisphère nord, comme valant pour le monde entier, suivant en cela l'exemple des Pères qui ont fixé les dates de manière purement conventionnelle, de façon que la Pâque tombe entre le 22 mars et le 25 avril du calendrier Julien. Sans quoi, si nous étions attachés au temps, il faudrait que nos frères d'Australie célèbrent Pâque six mois plus tard, vu que notre équinoxe de printemps correspond à celui d'automne dans l'hémisphère sud. La nature et le but du calendrier des fêtes ressort suffisamment des citations patristiques que nous avons rapportées.

 

Antique condamnation du nouveau calendrier

 

            À propos des diverses condamnations dont le nouveau calendrier a fait l'objet dans l'Église, et qui font partie intégrante de sa Tradition, les théologiens de l'émission nous disent que le moine Théoclète de Saint-Denys affirme que le Sigillion (Décision synodale signée sous Jérémie II et condamnant le nouveau calendrier.) de 1583 a été corrompu au siècle dernier par le moine Jacob de Néa Skiti. On a déjà beaucoup écrit dans les deux sens ; mais, comme il est difficile au lecteur moyen de se rendre évidemment à l'Athos pour y vérifier les manuscrits 772 du Monastère de Saint-Pantéléimon et 285 de la Cellule de l'Hymne Acathiste, et au Sinaï, où existent d'autres manuscrits, nous rassemblons ci-après les témoignages de hiérarques anciens et d'historiens néo-calendaristes récents, qui sont aisés à vérifier en bibliothèque.

1. Le Métropolite d'Athènes Mélétios, originaire de Joannina (1703-1714), écrit dans son Histoire Ecclésiastique (t.3, p.402) : «Sous le patriarcat de Jérémie, un concile se tint, dans Constantinople, en 1583, alors que Silvestre d'Alexandrie se trouvait aussi dans cette ville. Ce concile condamna le calendrier innové par Grégoire de Rome. Il le refusa, malgré la demande des Latins».

2. Philarète Bapheidos, Métropolite de Didymoteichos : «Jérémie, considérant les difficultés de la mise en place de cette réforme, rejette la proposition du pape et, en commun avec Silvestre d'Alexandrie, il publie en 1583 une lettre où, définissant les quatre prescriptions du Concile de Nicée sur la date de Pâque, il montre aussi les défauts du calendrier Grégorien. Cette lettre a été écrite à la suite du Concile réuni cette année-là dans Constantinople, lequel a condamné officiellement le calendrier Grégorien» (Histoire Ecclésiastique, tome 3, p.125).

3. Basile Stéphanidès, professeur d'histoire ecclésiastique, néo-calendariste, rapporte que tout effort, toute tentative faits pour changer le calendrier ont déjà été rejetés il y a six siècles, et que des anathèmes sont même venus s'ajouter à ce refus constant. «Les erreurs du calendrier Julien avaient été reconnues dès la période byzantine. Nicéphore Grégoras (1324) avait proposé une rectification, qui reçut les suffrages du moine Isaac et de Matthieu Vlastaris (1371). Georges Gémiste (+1420) composa un nouveau calendrier» (Histoire Ecclésiastique, éd. Astir, Athènes, 1970, p.762). «Ce concile - de 1593 - proclama, contre les innovations de Rome, la permanence de l'attachement aux décisions des conciles œcuméniques et jeta l'anathème et l'excommunication sur ceux qui viendraient à transgresser les règles fixées par ces conciles pour la date de Pâque» (Ibid, p.699).

4. Sur le rejet panorthodoxe du nouveau calendrier, le professeur de mathématiques G.L. Arbanitakis, se plaçant d'un point de vue purement historique, écrit, dans la Grande Encyclopédie Hellénique (t.12, p.274) : «L'Église orthodoxe a aussitôt condamné la réforme Grégorienne. Exactement en 1582, les Patriarches de Constantinople, d'Alexandrie et d'Antioche écrivirent une déclaration commune contre les Latins qui avaient contraint de force les chrétiens de Palestine à embrasser leur réforme. Jérémie, patriarche Œcuménique, écrivit aux orthodoxes de Pologne, menaçant d'excommunication tous ceux qui accepteraient la réforme ; en 1593 à Constantinople, un Concile auquel prirent part les quatre Patriarches et le représentant de la Russie, renouvela l'excommunication. Jusqu'à la Grande Guerre, les orthodoxes persistèrent dans leur refus».

5. Le professeur Jean Karmiris, néo-calendariste, écrit dans l'Encyclopédie de Martin (t.6, p.781) : «Mais Jérémie II refusa - ce calendrier - condamnant à plusieurs reprises la réforme Grégorienne : par son encyclique synodale du 28 novembre 1583, rédigée en commun avec le Patriarche Silvestre ; par une autre adressée à Constantin Ostrogoski ; par sa lettre de février 1583 au prince de Venise, Nicolas Daponte ; par sa lettre aux protestants de Tübingen de septembre 1589, écrite de Moldovalaquie ; par une lettre identique adressée au Métropolite de Philadelphie, Gabriel Sévère, le 7 juillet 1590, comme par la décision du Concile réuni à Constantinople en 1593».

 

Contradictions de Chrysostome Papadopoulos

 

            D'après les historiens qui ont étudié ce point, l'archevêque d'Athènes lui-même, Chrysostome Papadopoulos, aurait voulu tenter de présenter le Sigillion de 1593 comme un faux fabriqué par les «moines de la Sainte Montagne de l’Athos» ! C'est alors qu'on lui représenta ce qu'il avait écrit de sa main lorsque, encore archimandrite, il enseignait dans l'Université d'Athènes et composait une Histoire de l'Église : «Le nouveau calendrier, écrivait-il, fut refusé d'une manière plus officielle encore par le Concile qui se tint à Constantinople en 1593. Ce Concile rejeta le calendrier Grégorien comme un modernisme contraire aux Canons et aux Ordonnances de l'Église» (Kamaretsou, L'Agonie, p.39). «À cause de cette lutte, le Patriarche de Jérusalem Sophronios IV partit en voyage en 1584, afin de collecter des dons puis, s'étant rendu à Constantinople cette même année, il y prit part à la délibération du Concile réuni par Jérémie II Tranos, en vue de dénoncer et rejeter le calendrier Grégorien, par lequel l'Église latine visait à égarer les orthodoxes» (Histoire de Chrysostome Papadopoulos, p.482). !

 

L'attitude multiséculaire de l'Église

 

            Chers frères ! Ces témoignages sont-ils des inventions ? Alors comment a-t-on pu négliger ces condamnations prononcées par l'Église ? Depuis le rejet de la proposition de Nicéphore Grégoras (1324) jusqu'à la condamnation du projet d'Épaminondas Polydore de 1902, combien de siècles ont passé ? Et l'Église n'a point varié dans son refus de rectifier le calendrier des fêtes. Voilà pourquoi l'Encyclique patriarcale du 12 mai 1904, que nous citons avec la réserve qui sied. confirme dans sa conclusion ce qui suit : «Faut-il, tout en gardant inchangé le calendrier Julien et les dates des fêtes, sauter seulement treize jours pour faire coïncider nos fêtes fixes avec celles de l'autre calendrier ? Cette solution est insensée et inutile, aucune raison d'ordre ecclésiale ou scientifique n'imposant un tel recalage, sans compter que la coïncidence ainsi obtenue ne saurait être perpétuelle, puisqu'en 2100 un nouveau décalage d'un jour réapparaîtrait. Faut-il dès lors réformer carrément le calendrier Julien, comme scientifiquement incorrect, et mettre ainsi l'année usuelle plus en harmonie avec l'année tropique ? Nous jugeons cette solution prématurée, pour le moment du moins, et totalement superflue : pour nous, en effet, nous ne sommes nullement tenus, du point de vue ecclésiastique, de changer le calendrier ; quant à la science, comme certains l'assurent, elle ne s'est pas encore prononcée définitivement sur la détermination exacte de l'année tropique» (J. Karmiris, Monuments Dogmatiques et Symboliques de l'Église Orthodoxe, t.2, p.1043). Devant cette attitude multiséculaire de l'Église face au changement de calendrier, et après tant de décisions conciliaires, comment peut-on encore prêcher sur les ondes que le calendrier «n'est pas dogmatisé», «n'appartient pas au culte», «n'est pas d'ordre canonique» ? Le 20 avril 1924, avec plus de sens que n'en montrent ces néo-théologiens, le Patriarche Photios d'Alexandrie écrivait à Chrysostome Papadopoulos : «Cher et très zélé frère, comment dire que cette différence sera considérée comme simplement étrangère et sans rapport aux liens et aux décisions dogmatiques et canoniques, du moment qu'elle sera cause que des peuples entiers risqueront d'être scandalisés et de s'éloigner de l'Église ?» Sa formation de théologien et son expérience des affaires de l'Église le protégeait des improvisations grossières des plus jeunes : il savait que le dogme et la vie de l'Église sont à jamais indissociables.

 

Tout est important

 

            Que de fois, dans les vies des saints et dans les exemples de la conduite de l'Église, nous voyons des traits qui passeraient pour des détails aux yeux des « théologiens » d'aujourd'hui, mais qui étaient, pour les Pères, indissolublement liés au dogme du Salut. Dans l'Ancien Testament, pour apprendre aux hommes à marcher dans la crainte de Dieu et le respect de ses moindres commandements, nous voyons Dieu Se montrer, à l'égard de son peuple «au cou raide», d'une sévérité effrayante. L'homme sorti ramasser du bois dans un jour de sabbat fut lapidé par ordre de Dieu. Il ne permit pas même à Aaron de pleurer sur ses fils mis à mort pour avoir apporté sur l'autel un feu étranger ! Uzza fut frappé pour avoir tendu la main vers l'Arche qu'il voulait pourtant protéger, tandis que Dieu permit que la même Arche fût ouverte par les Philistins et qu'ils y déposassent, à côté de la Loi écrite de sa Main, de la Verge d'Aaron qui avait fleuri et du vase contenant la manne, des imitations en or des rats et des hémorroïdes dont ils avaient souffert. Saint Eléazar, maître des sept saints adolescents Maccabées, lorsque les soldats, pris de pitié, lui dirent qu'ils lui donneraient de la viande de bœuf pour sa nourriture, répondit : «Et comment les enfants d'Abraham sauront-ils que ce n'est pas du porc ?» Et c’est pourquoi, pour ne pas scandaliser les autres, il choisit la mort du martyre !

            Du Nouveau Testament, quel enseignement tirons-nous ? Saint Jean Chrysostome dit de Saint Jean Baptiste : «Jean n'avait point reçu l'ordre de sacrifier et ne fut pas tué pour l'avoir refusé, ni approché de force devant l'autel, ni tiré devant des idoles; il eut la tête tranchée pour une simple parole, parce qu'il avait dit à Hérode : il ne t'est pas permis d'avoir la femme de ton frère Philippe».

 

S'agissant de Dieu, il n'est point de détails

 

            Qu'avait-elle de dogmatique, l'affaire du remariage anti canonique de Constantin VI, empereur de Constantinople - au point de conduire deux fois jusqu'au schisme -,  de faire persécuter Saint Théodore le Studite et ses moines et de créer tant de soucis à Saint Taraise qui avait indirectement usé de cette économie pour lutter contre l'iconoclasme ?

            Qu'avait-elle de dogmatique, la déposition de Saint Jean Chrysostome ? Néanmoins, ce saint Père déclare ceci, à propos des Joannites qui, refusant de s'associer à l'injustice, avaient rompu la communion avec Saint Arsace, créant un schisme et souffrant mille maux effroyables : «...préférant tout supporter et tout souffrir, plutôt que d'être mêlés à la transgression... Eux qui soutinrent les lois des Pères et les règles de l'Église alors qu'elles étaient attaquées... comment ne seraient-ils pas mille et mille fois dignes de figurer dans le chœur des Saints Martyrs ?»

            Qu'avait-elle de dogmatique, la coutume latine de jeûner le samedi ? Que dit, pourtant, Saint Photios dans sa Lettre aux Trônes épiscopaux d'Orient : «Ils ont commencé par introduire en Bulgarie, contre les saints Canons, le jeûne du samedi. Or, le moindre rejet des Traditions conduit très communément au mépris total du dogme» et dans sa lettre 6 il ajoute : «... ainsi donc, celui qui inflige la plus petite modification à la Foi et au culte chrétiens, dont la beauté et l'éclat dépassent véritablement toute chose, celui-là commet une action très laide et en reçoit aussitôt le blâme».

            Qu'y a-t-il de dogmatique à emprunter, pour son usage personnel, un peu de cire ou d'huile de la réserve de l'Église, ou un récipient Lui appartenant ? Et pourtant les Canons 72 et 73 des Apôtres punissent ces méfaits d'excommunication.

            Est-ce une faute dogmatique que de jouer aux dés ? Et pourtant, le clerc qui s'y adonne encoure la déposition, selon le Canon 42 des Apôtres.

            Certains néo-théologiens tentent d'introduire une distinction entre les Canons «dogmatiques» et ceux qui ne le seraient pas. Or les Canons sont liés les uns aux autres et nous n'avons jamais reçu de l'Église une telle distinction, dans la mesure où tous expriment la même et unique Tradition ecclésiastique. Est-il d'importance dogmatique que nous chantions dans la liturgie, lors de certaines fêtes du Seigneur, «Vous tous qui avez été baptisés en Christ» à la place du Trisagion, alors même que les baptêmes ne sont généralement plus célébrés lors de ces fêtes comme ils l'étaient autrefois ? Sont-ce des actes dogmatiques que d'allumer des cierges, de brûler de l'encens et, pour les prêtres, de porter la barbe et de revêtir le rasso et le camylafque (vêtement et coiffe ecclésiastique) ? Celui qui néanmoins voudrait changer tout cet ensemble, bouleverserait de fond en comble la vie séculaire de l'Église (Le fait que ces divers éléments ont connu une évolution au cours des siècles prouve que la Tradition n'est pas une masse figée, mais un «progrès dans le même sens» sous la conduite de l'Esprit. Il n'est permis à personne de changer l'habit ecclésiastique, sauf à l'Église, qui amène peu à peu, dans sa marche temporelle chaque tradition à sa perfection, et lorsque l'Église s'est prononcée, son jugement est définitif).

 

À propos des icônes

 

            M. Phédon Papadopoulos nous a également accusés d'avoir des icônes occidentalisantes.

            Avec nos pauvres moyens matériels, nous nous sommes efforcés d'embellir notre calendrier de cette année en l'ornant de saintes icônes pour le recueillement et l'instruction de nos fidèles : nous le distribuons gratuitement à qui le désire, comme bénédiction. Si quelqu'un y trouve une icône à l'occidentale, qu'il l'indique et nous l'enlèverons.

            Je poserai à mon tour une question à M. Phédon Papadopoulos : n'y a-t-il donc aucune icône de ce genre dans vos églises et monastères ? Quelle sorte d'icône la Fraternité Zoï distribue-t-elle depuis des dizaines d'années aux enfants des écoles catéchétiques ? Est-ce de nous que les moines du Mont Athos ont appris à peindre, pour répondre au goût du public, tantôt des icônes orthodoxes, tantôt des images occidentales ? Toutes les images occidentalisantes qui sortent des presses de Grèce et qui fleurissent aux devantures des boutiques ne sont pas destinées qu'aux «anciens-calendaristes» ! Il en existait, en Grèce, avant 1924. C'est l'inoubliable Photios Kontouglou qui a fait connaître l'œuvre des iconographes russes, notamment d'Ouspensky, et qui est revenu à l'iconographie traditionnelle.

            Notre peuple a vécu, sous la turcocratie, des siècles d'esclavage très pénibles, dans la pauvreté et l'ignorance, et il a subi l'influence de divers courants étrangers. Le petit peuple s'est efforcé de garder sa Foi avec les icônes qu'il trouvait. Quand, par la Grâce de Dieu, nous avons retrouvé la liberté, la hiérarchie de notre Église, au lieu de corriger les abus et d'instruire le peuple sur ce point, a renversé toute l'Église, au point même d'ajouter aux icônes occidentales le calendrier occidental et de nous faire adorer «à la franque», comme des catholiques-romains ! Citez-nous une seule encyclique pastorale de la hiérarchie apostat qui traite de la réforme de l'iconographie ? Est-ce nous qui l'aurions empêchée ?

            Rien de ce qui touche à la Sainte Tradition de l'Orthodoxie ne nous est indifférent. Qu'il s'agisse du Typikon, de l'iconographie sacrée, de la musique ecclésiastique, de l'architecture des églises, etc. Il n'y a point pour nous de choses petites ou grandes, premières ou secondaires, car de l'Évangile nous avons appris que «c'est ceci qu'il fallait pratiquer, sans négliger cela !» Dès l'instant qu'une chose «est une Tradition», comme le dit Saint Jean Chrysostome, nous ne cherchons pas au-delà. La Foi que nous avons reçue de nos Pères n'est pas objet d'étude pour les oiseux. Hommes faibles, toutefois, nous sommes nous aussi incapables de surmonter toujours les nombreuses difficultés des temps.

            Lorsque, en 1924, les orthodoxes furent chassés de leurs églises par les innovateurs, ils emportèrent avec eux les icônes qu'ils trouvaient. La hiérarchie d'alors n'avait pas décidé l'introduction d'icônes occidentales, c'est pourquoi il n'était pas nécessaire que les orthodoxes prissent position sur ce point comme ils devaient le faire pour le calendrier.

            Certes, le diable ne sommeille jamais et s'efforce sans cesse de semer l'ivraie dans le champ de l'Église, ce qui nous oblige à une vigilance de tous les instants. Toutefois, les orthodoxes étaient alors outrageusement persécutés de toutes les manières, leurs églises fermées... il y eut même des célébrations en plein air devant les portes closes, sans icône ni rien d'autre. Même les études de théologie à l'université leur étaient interdites. Voici le communiqué officiel de la Faculté de Théologie d'Athènes en date du 10 octobre 1950 : «Il est porté à la connaissance des étudiants de l'École que, selon une décision unanime de l'École, prise lors de la réunion du 10 octobre 1950, ne seront pas admis à passer l'examen tous ceux qui suivent l'ancien calendrier, et donc ne se trouvent pas en relation canonique avec les Autorités Ecclésiastiques légitimes. Ceux qui se trouvaient jusqu'ici dans cette situation devront présenter à l'École le libelle canonique» (Protestation du Saint Synode de l'Église Vrai Chrétienne Orthodoxe Grecque, octobre 1950, p.5). Il est certain que la vraie théologie ne s'apprend pas dans les universités, indépendamment de la prière, de la pénitence et de la vie sacramentelle; mais tel était le fanatisme des nouveaux-calendaristes : par le système d'échange prévu dans l'Encyclique de 1920, ils ouvraient leurs universités aux étudiants papistes et protestants et, dans le même temps, ils en fermaient l'accès aux étudiants orthodoxes et ce, dans leur propre pays ! Et ils ne rougissent pas de honte de nous accuser calomnieusement d'avoir introduit des icônes occidentales !!!

 

Sur l'œcuménisme

 

            Un auditeur a téléphoné pour dire qu'il pouvait montrer des milliers de photographies de liturgie et de prières communes entre les nouveaux-calendaristes et des hérétiques. «Ce sont des mythes», a rétorqué Phédon Papadopoulos, (parce que quelqu'un a souri ou donné une poignée de main, nous, les anciens-calendaristes, nous l'interpréterions par malignité comme une concélébration). «En réalité, les néo-calendaristes n'entretiennent avec les non-orthodoxes - selon ses propres mots - qu'un dialogue ayant pour but de les amener à la Foi Orthodoxe. Et s'il arrive qu'un évêque se rende chez eux à une heure de liturgie - sans, bien sûr, y prendre part - celui qui s'en scandalise doit en référer au Synode et ne pas s'instituer, à lui tout seul, juge des évêques»

La mémoire de M. Phédon Papadopoulos commence, semble-t-il, à lui jouer des tours … !

Citons :

1. L'Album édité par un nouveau-calendariste, l'Archimandrite Athanase I. Basilopoulou, Apo ten poreian tes agapes (Du chemin de l'amour), Athènes, 1968. Le lecteur, entre autres, y verra :

- L'Archevêque anglican de Cantorbéry revêtu de tous ses ornements bénissant, depuis les Portes Saintes de l'église Sainte-Sophie de Londres, le peuple orthodoxe, en faisant le signe de croix, tandis qu'à sa gauche, le patriarche Athénagoras, avec tous ses ornements d'archevêque, trace de même le signe de croix.

- L'Archevêque catholique-romain de New-York, Terence Cook, avec tous ses ornements, bénit le peuple, depuis les Portes Saintes, en l'église de la Sainte-Trinité de New-York ; à sa gauche, avec ses ornements d'archevêque, l'Archevêque Jacob ainsi que des clercs arméniens et d'autres confessions.

- À Boston, le Cardinal Cushing bénit le peuple orthodoxe avec la croix de l'Archevêque Jacob. Autour de lui, Jacob et les autres évêques, en grand appareil archiépiscopal, et parmi eux Emilien de Séleucie qui porte, en guise d'icône, une photo d'Athénagoras ! (membre d’une loge franc-maçonnique) !

            Ces exemples de photographies sont-ils des mythes ? Quant au dialogue «pour le retour des hérétiques à la Foi Orthodoxe»... que dire, et par où commencer ? Voici une déclaration du Saint Synode de l'Église de Grèce, publiée dans le périodique Macédoine du 7 novembre 1967 : «Lors de la session du Saint Synode, a été lue la relation, envoyée par le patriarcat œcuménique, de la visite que sa Sainteté le Patriarche œcuménique a rendue à sa « sainteté le pape de Rome » du 26 au 28 octobre, ainsi que les discours et déclarations échangés entre eux et d'autres dignitaires de l'Église de Rome. Après lecture et étude de ces documents, le Saint Synode a constaté avec une particulière satisfaction que, par la bénédiction de Dieu, cette visite et cette nouvelle rencontre des deux présidents des deux Églises, catholique-romaine et orthodoxe, avait été réalisée selon l'attente et la prière fervente du Saint Synode et du pieux plérôme de l'Église ! Dans le communiqué officiel publié après la rencontre, le Saint Synode a souligné en particulier que les deux chefs reconnaissent que le vrai dialogue d'amour sur lequel doivent être fondées toutes les relations entre eux et entre leurs Églises doit être basé sur une confiance intégrale dans le seul Seigneur Jésus-Christ et le respect réciproque des traditions propres de chacune des deux Églises, et que le dialogue d'amour entre ces Églises doit porter les fruits de la collaboration désintéressée... sur le plan communiel et spirituel dans le respect mutuel de la fidélité des chrétiens de chaque parti à l'égard de nos Églises respectives. C'est pourquoi le Saint Synode a aussi exprimé ses vœux pour une heureuse issue de la visite de sa sainteté le Patriarche œcuménique Athénagoras, et son désir de toute son âme pour que le dialogue ainsi entrepris dans l'amour et le respect mutuel sur pied d'égalité entre les Églises, soit conduit jusqu'à son terme propice pour la gloire de notre sainte Église et de son divin Fondateur». Ce texte est-il mythique ? Oui, absolument, quant à son contenu ; mais malheureusement non, quant à son existence historique, c’est un FAIT !

            Que nous apprend Théodoropoulos de « l'ecclésiologie d'Athénagoras » ? En voici un aperçu : «Mais nous avons aussi beaucoup de différences, dites-vous. Lesquelles ? Le filioque ? Il existait depuis le septième siècle et les Églises n'étaient point séparées. La Primauté et l'Infaillibilité ? Que nous importe ? Chaque Église gardera ses propres Canons. Si l'Église catholique le souhaite, elle gardera ces deux-là... Du reste, nous nous considérons tous comme infaillibles. Dans notre travail, notre réflexion, bref, partout. Ta femme te demande combien de sel elle doit mettre dans ton pot ? Elle aussi, elle a son infaillibilité. Que le Pape ait la sienne s'il lui plaît ainsi. Nous ne cherchons pas à avoir la même chose» (Les Deux extrêmes p.36).

            La décision de donner la communion aux catholiques-romains, prise par le patriarcat de Moscou et par le métropolite de Thyatire, fut-elle mythique ?

            Que nous apprend le même Théodoropoulos sur la « Foi »  de Jacob Archevêque d'Amérique du Nord et du Sud et des deux Océans Pacifique et Atlantique ? «Nous ne pouvons pas nous abuser nous-mêmes davantage et dire que le christianisme tel que nous l'avons conçu jusqu'à présent est réellement adapté à notre peuple... nous avons besoin d'un nouveau christianisme, entièrement fondé sur des conceptions et des termes neufs... nous ne pouvons enseigner le genre de culte que nous trouverons dans les générations futures... Nous pensons que le Mouvement œcuménique, quoique d'origine chrétienne, doit développer un mouvement de toutes les religions, de rapprochement de l'une vers l'autre, afin que le dialogue soit vrai, car toutes les religions servent Dieu et l'homme. Il n'y a qu'un seul Dieu...» (Ibid., p.23, 27) !!!

Du mythe, encore ? Qu'ont donc fait les poissons des Océans Atlantique et Pacifique, pour mériter un tel … archevêque ?

            C'est un mythe, monsieur Papadopoulos, que l'archevêque de Crête Eugène, à l'heure de la Divine Liturgie, dans l'église Saint-Ménas d'Hérakléion, dans laquelle il est censé concélébrer avec les Anges, ait pendu au cou du cardinal Willebrands un pectoral d'évêque, tandis que le cardinal «bénissait» et que le peuple chantait le Axios (il est digne) et Christ est Ressuscité, ainsi que beaucoup d'années au pape et à Athénagoras. Timothée d'Arcadie a suspendu aussi un pectoral d'évêque sur la poitrine du cardinal Carpino. Peut-on imaginer Saint Athanase ou Saint Cyrille passant l'insigne de leur dignité d'archevêque des orthodoxes autour du cou des ariens et des nestoriens ? !!!

            Est-ce un mythe que la réception spectaculaire du pape par le métropolite Damaskinos de Suisse, en 1984, dans l'église Saint-Paul du Centre Patriarcal de Chambézy, avec ornements, prières et «beaucoup d'années» ? N'a-t-il pas nommé cette visite «une seconde Pentecôte» ? !!!

            Pour citer un exemple plus proche, le patriarche Bartholomée a appelé récemment le papisme «second poumon» de l'Église; et le métropolite américain du patriarcat d'Antioche a rendu public, dans son périodique The Word, d'avril 1992, le typicon (ordo) des prières communes, concélébrations et communion dans les sacrements entre orthodoxes et monophysites syriens. Sont-ce des mythes ? !!!

            Ce n'est là, chers frères en Christ, qu'une bien mince sélection de quelques actes et proclamations de l'apostasie. Il en existe des centaines d'exemples et chaque jour en ajoute de nouveaux ; mais si ceux que nous venons de mentionner ne suffisent pas à vous faire prendre conscience que notre Église Orthodoxe traverse un orage gravissime et que chacun doit veiller pour ne pas faire naufrage, il serait superflu de vous fournir d'autres preuves. Quand un œuf est sur la table, point n'est besoin de le manger tout entier pour savoir s'il est frais.

            Nous ne parlons pas ainsi pour faire du prosélytisme. Il ne s'agit pas de vous faire abandonner vos pasteurs au profit des nôtres, comme s'il se trouvait chez nous plus de vertu. Nous sommes des pécheurs, qui avons besoin de l'Hôpital du Christ.

            Or, c'est justement parce que nos plaies sont purulentes que nous voulons d'un hôpital pur et sans tache. Dans certains hôpitaux d'ici-bas, on attrape parfois une maladie du fait même des instruments médicaux, couverts de microbes. De tels établissements ont pourtant un personnel en blouse blanche. Telle est l'apostasie. Comme en fait foi les Divines Écritures et l'Histoire de l'Église, c'est de l'intérieur de l'Église qu'elle se manifeste ; sans quoi, elle ne serait pas l'apostasie, mais simple attaque extérieure. Elle est introduite par des clercs respectables, qui jeûnent, font de longues cérémonies, de grandes panégyries, et qui ont un certain rayonnement. Sans quoi, ils ne seraient pas des «imposteurs et des magiciens» égarés eux-mêmes et égarant les autres, comme le témoigne l'Écriture prophétique.

            C'est pourquoi, frères bien-aimés, Saint Ignace Théophore avertit : «Tout homme qui parle contre les ordonnances - de l'Église - même s'il est digne de foi, qu'il jeûne, qu'il reste vierge, qu'il opère des signes, considère-le comme un loup qui, sous la peau de la brebis, massacre le troupeau». Saint Basile dit aux clercs d'aujourd'hui qui se réunissent avec les hétérodoxes pour des prières communes : «Ceux qui font semblant de confesser la Vraie Foi Orthodoxe, mais communient avec les hétérodoxes, si, après un avertissement, ils ne cessent pas, on doit non seulement rompre la communion avec eux, mais ne plus même les nommer frères !»

            Il n'est pas exact que nous devions attendre un concile pour consommer cette rupture, comme le suggère M. Phédon Papadopoulos. Les moines athonites qui moururent martyrs sous Beccos n'avaient pas attendu de concile pour rompre avec lui !

            Frères bien-aimés, nous n'avons attaqué personne ; mais notre Sainte Foi Orthodoxe, celle de nos Pères et la vôtre aussi, a été attaquée, et nous avons répondu. Vous ne l'avez pas gardée avec assez de vigilance et maintenant l'ennemi sème l'ivraie tandis que nous dormons. C'est pourquoi nous vous disons ce que nous nous disons d'abord à nous-mêmes et que nous avons reçu du Sauveur : Veillez !

            L'animateur de l'émission a dit que votre Église avait fait des propositions d'union que nous avons refusées. Quelles propositions ? À quoi bon s'unir dans l'apostasie ? Par contre, si votre hiérarchie revient vraiment à l'Orthodoxie et rejette officiellement, publiquement, conciliairement, et dans les faits, l'erreur sous toutes ses formes, alors nous serions fous de refuser une union qui ramènerait à l'Église ses brebis égarées et toute sa gloire !

            Nous ne vous demandons pas de nous suivre, mais de suivre non pas votre foi, mais LA FOI DE L’ÉGLISE QUI NOUS A ÉTÉ TRANSMISE sans la changer ; de suivre non pas votre tradition, mais LA TRADITION DE L’EGLISE QUI NOUS A ÉTÉ TRANSMISE sans la modifier.

            Ainsi, que Dieu soit notre Sauveur à tous, par les prières de notre toute pure Souveraine, la Mère de Dieu et toujours Vierge Marie, des Saints et glorieux Apôtres, dont nous célébrons la mémoire en ce jour selon le calendrier des Pères et l'ordre de l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique de Notre Seigneur Dieu Jésus-Christ.

 

 

Institut Saint Épiphane de Salamine

Larnaka, Chypre, 1993

+

dimanche, 27 janvier 2013

Mémorandum au sujet du Calendrier Orthodoxe (17)

 

 

Métropolite Épiphane de Chypre.jpg

+ Notre Saint Père Épiphane, Métropolite de l’Église de Chypre +

 

DECOLORISATION DE L’ÉGLISE

 

            La civilisation technocratique de l’Antéchrist travaille à uniformiser au maximum l’être humain. Pour régner l’Antéchrist, n’a pas besoin d’hommes libres, conscients mais d’individus constituant les cellules d’une masse amorphe, homogène et ANONYME. Il cherche à y parvenir progressivement par de nombreux moyens, en utilisant même des slogans très idéalistes sur la FRATERNITE, l’EGALITE, la LIBERTE etc., mais qui ont comme principe la destruction de la notion de la HIERARCHIE des VALEURS. Par l’Hébréo-maçonnerie, il tend donc vers l’EGALISATION de tous et de tout ! La FAMILLE, étant la force de la PERSONNE et d’une société consciente doit peu à peu s’abolir : par le féminisme, on cherche premièrement l’égalisation des deux sexes, au lieu de la distinction hiérarchique entre l’HOMME et la FEMME ; on nous propose le « couple nouveau » avec une égalisation hiérarchique entre le MALE et la FEMELLE. On le voit bien aujourd’hui avec ce tapage médiatisé à outrance du prétendu « mariage pour les homosexuels… » Égalisation au point de vue des droits légaux, afin qu’il n’y ait pas une TETE réelle dans la nouvelle famille ! Mais aussi une égalisation aux apparences extérieures, même l’habillement et la coiffure doivent se confondre. Peu hélas, sinon rares sont ceux qui se rendent compte que l’esprit de l’Antéchrist mène à de nouvelles formules de structures sociales ayant des conséquences spirituelles terribles, pour tout le monde. La famille est combattue également par la licence des mœurs. Les « PERES » et les « MERES » de demain, sont très souvent spirituellement et charnellement dépravés de sorte qu’ils ne puissent transmettre à leurs enfants plus qu’ils ne possèdent eux-mêmes ! Et pourtant on ne parle que de … « libération » et de « modernité » !

            L’égalisation des individus s’opère principalement sur le domaine spirituel et religieux. Jusqu’à hier, chaque hérésie revendiquait pour elle-même l’exclusivité de la VERITE. Aujourd’hui les choses se présentent sous un jour complètement nouveau. La Vérité serait quelque chose de « relatif » et qui n’existerait pas réellement. Il faut détruire les facultés spirituelles dont Dieu dota l’homme ! Nous ne sommes pas contre les spectacles par esprit de « piétisme » ou de « puritanisme », mais nous constatons chaque jour que par les divers spectacles, la télévision, l’internet on exerce une terrifiante influence, ayant comme but une sorte de paralysie de l’esprit humain, qui se fatigue et se livre à une forme de narcose de DOUTE et d’INDIFFERENCE envers DIEU ! L’éternité étant devenue pour l’homme d’aujourd’hui quelque chose d’INCERTAIN, il limite ses efforts vers les « CHOSES VISIBLES » qu’il accepte comme les seules réelles et certaines. Ainsi, il fraternise avec les autres hommes sur des idéaux communs et strictement terrestres, les « CHOSES NON VISIBLES » constituant pour lui une UTOPIE et une INCERTITUDE insupportable !

            C’est donc une conséquence naturelle de chercher à améliorer ses conditions de vie sur cette terre, non d’une manière PACIFIQUE mais PACIFISTE ! L’Église de Jésus-Christ se dresse comme un obstacle, car Elle rappelle à l’homme constamment la vanité de ce monde et cherche à orienter son attention vers le Ciel et les choses qui doivent vraiment arriver. Elle exige des sacrifices, la pureté, l’effort, l’affliction, et rejette toute surestimation des choses terrestres. Alors l’esprit enténébré n’est plus capable de distinguer l’absolu de la Vérité Évangélique, et cherche à apaiser sa conscience en trouvant une manière de satisfaction par le compromis avec les exigences de la religion, du monde matérialiste, cherchant désespérément à contracter … « une assurance de vie éternelle pour le cas où existerait une vie éternelle après la mort ! »

            L’Antéchrist prévoit également ce besoin métaphysique de l’homme et lui propose une religion idéaliste avec de grands mots et de jolis slogans comme ceux-ci : « Dieu est amour et nous devons aimer tous les hommes et les considérer comme frères indépendamment de leurs croyances », nous devons avant tout « vivre en paix avec les autres et avec des sentiments de respect mutuel envers les conceptions, les coutumes, usages, et traditions d’autrui » ; nous devons « tourner notre attention à faire toujours le bien et venir en aide aux besoins d’autrui et particulièrement de ceux qui souffrent » car « en effet peu importe ce que chacun croit, pourvu qu’il soit sincère dans ses convictions et ses mobiles » et beaucoup d’autres paroles belles et fascinantes à première vue !

 

            Cependant du fait que l’hérésie cherche, par la moitié d’une vérité, à masquer l’autre moitié, dans ce cas il n’est naturellement point question ni du Deuxième Avènement du Christ, ni du Jugement Éternel, ni de devoir confesser notre Foi « jusqu’à la mort », ni de maints avertissements de l’Évangile comme « la voie est étroite et resserrée » (Mt. 7 : 13) ; « qu’il nous faut passer par beaucoup d’afflictions pour entrer dans le Royaume de Dieu » (Ac 14 : 22) ; « dans le monde vous aurez des tribulations » (Jn 16 : 33) ; les rachetés viendront de « la grande tribulation » (Ap 7 : 14) ; ni que « tout le monde git dans le mal » (I Jn 5 : 19 – Ga 1 : 4 – Ep 5 : 16) que l’on rencontre à chaque page de la Sainte Écriture et des Saints Pères.

            Aussi on comprend facilement que l’on ne parle pas de la venue de l’Antéchrist (2 Th. 2 : 3-12) ; ni que dans les derniers jours « des hommes mauvais et imposteurs progresserons toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes » (2 Tm. 3 : 13) ; et que « beaucoup d’hommes seront égarés » (Mt. 24 : 4-25), « s’il était possible, même les élus » (idem). Ni que « dans les derniers temps » les gens seront de plus en plus « égoïstes, amis de l’argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d’orgueil, aimant le plaisir plutôt que Dieu, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force ». (2 Tm. 3 : 2-5)

            Les Pasteurs ne rappellent plus à leur troupeau que sur la terre nous sommes « des étrangers et émigrants » (Hé 11 : 13) et « haïs de tous pour le Nom » de Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ! (Mt. 10 : 22)

 

            Mais au lieu de ces Vérités, le monde, au contraire est amené à un paradis ARTIFICIEL, une sorte d’Euphorie, où l’homme cherche à attirer le maximum de satisfaction possible, la religion n’étant plus « LA VIE EN CHRIST » mais reléguée au niveau d’une simple conviction intellectuelle que l’on adopte soit par habitude, soit par éducation soit par l’influence du milieu dans lequel on a toujours vécu ! Un support de … civilisation et de culture !

            Or la Sainte Église du Christ ayant prévu la dégénérescence de cette époque « POST-CHRETIENNE » que nous traversons, nous recommande par Ses Saints Apôtres et à plusieurs reprises dans les textes sacrés (Rm 12 : 2) : « NE VOUS CONFORMEZ PAS AU SIECLE PRESENT »

 

            Jusqu’en 1924, l’Orthodoxie vivait au milieu du monde sa propre vie qui est « cachée en Jésus-Christ » ! Par l’exemple et la médiation sanctifiante de Notre Dame La Très Sainte Mère de Dieu, des Saints Anges, des Saints Prophètes, des Saints Apôtres, des Saints Pères, Mères, Martyrs et Confesseurs, le fidèle prenait conscience de sa haute et éternelle destinée ! Qu’il ne constitue pas une UNITE INDIVIDUELLE, un anonyme « uniforme », mais qu’il est une PERSONNE unique dont les cheveux sont assurément tous comptés (Mt 10 : 30 ; Lc 12 : 7 & 21 : 18 ; Ac 27 : 34), et qui tient dans sa main une « pierre blanche » (Ap 2 : 17) sur laquelle est écrit son propre nom, et que ce nom est UNIQUE. C’est ce nom unique qui lui attribue sa qualité d’HOMME créé « à l’Image de Dieu et à Sa ressemblance » (Gn 1 : 26-27) « un peu inférieur aux Anges », d’après la nature, mais appelé à devenir un « dieu » par la Grâce, et surpasser même les Armées Angéliques, comme ce fut le cas avec la Très Sainte Vierge Marie !

            Il est un homme car à l’encontre des autres créatures terrestres, il est une AME RAISONNABLE et étant une âme raisonnable, il est le Temple de Dieu, il a reçu un APPEL et une DESTINEE et la possibilité de LIBERTE de CHOIX et d’ETERNITE ! Tout ceci en fait une PERSONNE RESPONSABLE, qui marche sur la terre de son émigration à l’aide d’une boussole, avec un itinéraire prescrit. Il suit sa propre direction et ne se limite pas à la marche et à la direction des autres, car il n’est pas une cellule d’une masse anonyme, ni un animal d’un troupeau quelconque. Il a reçu un APPEL PERSONNEL « il sait en Qui il a cru » et peut choisir ses propres compagnons de route.

            Jusqu’en 1924, l’ORTHODOXIE vivait sa vie et son calendrier n’était rien d’autre que la pulsation de cette vie, le BATTEMENT DE SON CŒUR ! Depuis 1924, on cherche à l’obliger à suivre le monde et à se « conformer » à ce siècle, afin que son cœur batte selon la pulsation de ce monde, même si « la forme de ce monde passe » (I Co 7 : 31) malgré toute sa « logique », toute sa précision mathématique et astronomique, malgré ses exploits scientifiques et spatiaux impressionnants !

            Demain peut-être, que l’on découvrira ou mettra au point un autre calendrier, encore plus scientifique, ou une nouvelle mesure de temps. Car pourquoi par exemple maintenir le cycle hebdomadaire de 7 jours ? Pourquoi l’O.N.U. ne trouverait pas un autre système avec des « jours blancs » de sorte que le premier jour de l’an soit par exemple un « Dimanche » avec de nouvelles divisions ? Faudra-t-il alors que l’Orthodoxie, une fois de plus, change Ses Pascalies, Son Octoïche, Ses Sanctoraux, et toute sa vie et Tradition pour se « conformer » et « s’adapter » aux nouvelles exigences d’une époque plus récente et soi-disant mieux adaptée ?

            Mais les réformateurs de 1924 et de nos jours qui n’ont pas encore compris que « Les cieux et la terre passeront » (Mt 24 : 35) avec tous leurs systèmes de mesures, de calculs, et que toutes ces questions d’après le Patriarche Jérémie II, l’Illustre, constituent des « ENFANTILLAGES », ont répondu OUI il y a déjà maintenant 89 ans.

            Ainsi, au lieu que l’ÉGLISE sanctifie le monde et le vivifie et lui attribue de nouvelles dimensions « au dessus du temps », Elle est - pour ainsi dire - obligée de s’adapter Elle-même aux matrices que le monde lui propose et de se « conformer » à lui, et se traîner derrière le char du monde, comme le cadavre d’Hector d’autrefois !

 

            Comme précisément, au lieu que l’homme, en regardant les Saintes Icônes se sanctifie pour devenir « icône » lui-même, il dessine la Très Sainte Mère de Dieu sous les traits de la X ou Y courtisane de la Renaissance Romaine justifiant ainsi les « Bibles » maçonniques d’après lesquelles « l’homme créa dieu  à son image et ressemblance » ! Les hommes ne pouvant pas distinguer la beauté spirituelle des icônes orthodoxes préfèrent les décalcomanies charnelles de l’Occident ! Ne voyant pas les dimensions spirituelles et supra-temporelles de l’ÉGLISE, ils préfèrent la « précision » du calendrier grégorien ! D’après leur « foi » s’ensuit  aussi leurs icônes, leur musique, leur architecture, leur calendrier etc. comme nous avertit Saint Jean Damascène.

            Danger du conditionnement scientifique

            Les hommes ayant perdu l’espérance de la deuxième Venue du Christ, cherchent sur cette terre la totalité de leur bonheur ! Mais ce « bonheur » est dépendant du PROGRES de l’humanité, et le progrès est dépendant du développement de la science et celle-ci présuppose la PRECISION ! Ainsi la recherche de la précision scientifique est devenue maintenant une véritable psychose, car leur bonheur n’est qu’humaniste ! Lorsque les hommes sont allés sur la lune, l’Archevêque Ieronymos appela ce fait … « le plus grand miracle de l’humanité » ! Des Te Deum furent chantés en la Cathédrale d’Athènes et ailleurs, des prières, ainsi que des cantiques furent improvisés dans les églises en l’honneur des astronautes … Donc pour un très grand nombre, qu’est-ce que cela peut faire d’être hérétique, au moment où l’on est parvenu à marcher sur la … lune !!! Voilà des « miracles » … bien tangibles !

            La plus grande corporation religieuse de la Grèce : « ZOI » qui engendra l’Archevêque Ieronymos et la plupart des nouveaux Métropolites (en remplacement des anciens) édita et diffusa, comme chaque année un agenda religieux de poche. En dehors d’un vieillard barbu sur la première page, symbole indéfinissable d’un vague déisme quelconque, l’agenda était encombré d’images d’astronautes, d’engins spatiaux, de voitures lunaires, d’inventeurs de fusées ! Pour tout ceci, on a trouvé une place dans l’agenda de « ZOI » ! Mais pour le signe de la Sainte Croix, l’icône du Sauveur, de la « plus vénérable que les Chérubins » ou d’un de nos Saints, IL N’Y A PAS EU DE PLACE !!!

            Mais les astronautes se sont tout simplement déplacés dans les limites de la nature ! Nos Saints, par contre, ont vécu comme « des hommes célestes et des anges terrestres », comme ayant « vaincu la chair, vaincu la nature, et ayant précisément vaincu la nature sont devenus SURNATURELS », tandis que les astronautes, traverseraient-ils toutes les galaxies, ne pourront jamais devenir « surnaturels » sans le « deuil joyeux » de la Foi de la Sainte Église Orthodoxe !

 

            Ainsi donc jugent les choses l’Archevêque Ieronymos et tous ses adeptes ? Tels sont les exploits qui les éblouissent tant jusqu’au délire ? Telle devrait-être l’attitude d’un « Pasteur » Orthodoxe qui par sa position ne regarde pas vers les choses « visibles mais invisibles, car les visibles sont passagères, tandis que les invisibles sont éternelles » ?  (2 Co 4 : 18)

 

            Voilà donc pourquoi la réforme de 1924 constitue l’indice très grave D’UNE DECADENCE SPIRITUELLE de la majorité qui revendique le titre (arbitrairement d’ailleurs) de la prétendue « Orthodoxie Officielle » !